Fayard/Mille et une nuits

  • « À l'âge de ceux auxquels je m'adresse aujourd'hui, je vivais la perplexité du jeune étudiant devant l'Himalaya des savoirs. Je pris le parti de jouer à la loterie. Et la roue du destin s'arrêta sur une case qui ne manquait pas d'être énigmatique : « Droit ».Ainsi commença ma navigation, par l'apprentissage juridique, lequel en ce temps-là, comme je le découvris par la suite, était une voie, si je puis dire royale, pour entrer dans la compréhension de la civilisation industrielle enfantée par l'Occident. La bonne fortune aidant, je tombai un jour sur la dédicace de l'empereur Justinien en introduction à ce manuel de droit romain si célèbre dans l'histoire de la culture européenne, appelé « Institutiones » : « À la jeunesse désireuse des lois » (« Juventuti cupidæ legum »). Cette amicale formule m'est devenue inoubliable.De ces premiers mots, que je reçus alors comme un emblème, je fais ici matière à la réflexion, pour remettre en honneur le désir de savoir, que menace d'ensevelir, de tout temps, le bourrage de crâne, mais aussi, à notre époque, son inverse symétrique, c'est-à-dire la vacuité promue au nom de la circulation des connaissances. D'où mon adresse : À la jeunesse désireuse...Mais que veut dire désirer savoir ? »P. L.La Balafre est le texte de la conférence prononcée par Pierre Legendre sur le savoir et l'ignorance, en octobre 2006, devant des élèves de classes préparatoires, au lycée Louis-le-Grand à Paris." Les Quarante Piliers ", une collection d'ouvrages pour rappeler au lecteur la structure oubliée par le monde occidental, dans la perspective de l'Anthropologie dogmatique développée par Pierre Legendre.

  • Le Point fixe rassemble trois conférences prononcées en 2009 sur l´architecture dogmatique des sociétés.



    "Pour entrer dans ce champ de recherches, il est nécessaire de revenir vers l´Occident, traité ici à l´instar des civilisations qui se sont développées en dehors de la matrice judéo-romano-chrétienne. Étudiant le noyau dur de la constitution anthropologique euro-américaine, je propose un parcours en trois temps qui, partant d´une mémoire juridique plus de deux fois millénaire, aboutit au panorama des apports théologiques et politiques du christianisme à la domination planétaire occidentale. Entre ces deux pôles, un exposé intermédiaire examine l´exigence logique à laquelle l´espèce parlante est assujettie depuis la Préhistoire et sans discrimination géographique : l´impératif universel d´interpréter. Une préface méditative considère cet horizon et rappelle aussi l´élément à ne jamais oublier, un composant des civilisations : l´agressivité." P. L.

  • En 1940, lorsqu´il fait son cours de droit public devant ses étudiants à la Sorbonne,Gabriel Le Bras a conscience d´avancer des faits et une vision déjà oubliés dans la France laïcisée, celle qui vit sous le régime de la séparation de l'Église et de l'État depuis 1905 et qui se déchristianise (le catholicisme n´est plus religion d´État que depuis la Monarchie de Juillet, en 1830). Il reste pourtant de nombreuses traces, en particulier dans la fonction préfectorale, de l´exercice pendant des siècles d´une police religieuse de l´État, ce qu´on nommerait, dans un langage contemporain, une action politique en matière religieuse.

    Comment, dans quelles circonstances l´État - royal - s´est-il engagé dans l´exercice d´une police religieuse alors que l´Église disposait de ses propres instruments, en particulier ses tribunaux ? Comment cette police s´est-elle emparée des affaires religieuses, au côté de l´Église, voire en la relayant ?
    Comment l´État traita-t-il de la magie, de la sorcellerie et de l´hérésie ?
    Quels bouleversements furent induis par le protestantisme ? Ce sont là quelques points d´une longue histoire de la tolérance et de l´intolérance que retrace avec érudition Gabriel Le Bras.

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