Fayard

  • Originaire d´une famille de modestes marins et lui-même marin, Garibaldi a choisi tout jeune de consacrer sa vie à la cause de la liberté. En Amérique latine d´abord où il a combattu pendant près de quinze ans au service des démocrates du Rio Grande do Sul et de l´Uruguay, puis en Italie où ce guérillero désintéressé a achevé de bâtir sa légende. Personnage aux multiples visages, immortalisé par la chemise rouge qui fait de lui une cible vivante et que portent également ses compagnons d´armes, Garibaldi restera jusqu´à sa mort, et longtemps après encore le « héros des Deux-Mondes », l´homme qui le plus a oeuvré pour l´émancipation et pour l´unité de l´Italie, avant de militer pour la paix entre les peuples et pour plus de justice sociale. Fidèle à ses engagements et désireux d´acquitter la « dette » qu´il dit avoir contracté envers la France, à demi-infirme et souffrant de douloureux rhumatismes articulaires, il débarque à Marseille avec quelques centaines de « chemises rouges » pour apporter « ce qu´il reste de lui » au gouvernement de la République et remporter, à Dijon, l´un des rares combats victorieux livrée aux Prussiens par l´armée de la Défense nationale. C´est ce personnage de légende, sans doute celui dont la notoriété dépasse celle de tous les « grands hommes » du XIXe siècle, dont Pierre Milza retrace dans ce livre le destin héroïque.

  • Mort il y a tout juste 850 ans, Bernard de Clairvaux (1091-1153) est de ces personnages à ce point complexes qu'ils en deviennent paralysants. Y compris pour les historiens.

    Issu d'une famille de l'aristocratie, premier abbé de Clairvaux, il est, d'abord, la figure de proue du prodigieux essor des cisterciens, ces " moines blancs " qui ont rénové en profondeur - et durablement - la vie religieuse de l´Occident médiéval. Encore fallait-il jauger le poids réel d'un génie aux facettes innombrables en le replaçant au coeur d'un siècle lui aussi complexe qui aura connu un schisme dévastateur et des mutations qui touchent à tous les aspects de la vie de l'Orient et de l'Occident. Celui qui s'est dit " la chimère de son siècle " a initié une croisade et théorisé la " guerre sainte ", a mis la main à tout ce qui a pu agiter la vie religieuse, politique, intellectuelle ou artistique d'un moment de l'Histoire entre tous fécond. Moine engagé aux foucades redoutées des papes comme des princes, brutal dès lors qu'il s'engage - pas toujours à bon escient : l'" affaire Abélard " en est une illustration caricaturale -, Bernard de Clairvaux est aussi un prêcheur formidable, un écrivain de haute volée, un ascète exigeant et un mystique parmi les plus inspirés. Un demi-siècle et plus de savantes recherches bernardines intenses permettent d'évaluer à nouveaux frais la personnalité la plus charismatique et la plus controversée du premier XIIe siècle, tout comme l'exacte nature des impulsions d'un homme tout entier féodal qui, souvent hors du cloître, a pesé sur son temps davantage que quiconque. Connaisseur sans pareil du xiie siècle et écrivain de grande race, Pierre Aubé relève avec panache un défi difficile et comble brillamment une lacune dans la galerie des portraits du Moyen Age européen.

    Pierre Aubé, médiéviste, professeur à Rouen pendant trente ans, a publié des ouvrages constamment réédités et traduits en plusieurs langues :Baudouin IV de Jérusalem, Les Empires normands d'Orient, Jérusalem 1099, Roger II de Sicile,un surprenantEloge du moutonet, chez Fayard, des biographies deGodefroy de Bouillonet deThomas Becket.

  • Sophocle

    Jouanna-J

    En guidant son lecteur dans le siècle de Périclès à Athènes, parmi les travaux et les jours de Sophocle (il occupa les fonctions de stratège, il contribua à l´introduction du culte d'Asclépios et même fut héroïsé après sa mort) et dans son oeuvre théâtrale, Jacques Jouanna accomplit le tour de force de nous rendre proche ce véritable " monstre sacré " du théâtre antique que fut Sophocle, sur lequel il ne nous est pourtant parvenu qu´un seul témoignage direct et dont on n´a conservé, sur un total de 120 ou 130, que sept pièces, toutes des chefs- d'oeuvre.

    Appuyé sur une formidable érudition, avec l'art, la retenue et la pénétration d'un éminent savant, Jacques Jouanna fait sentir à l'homme d'aujourd'hui le destin d'un homme qui a réussi à maintenir l'équilibre entre ses devoirs de citoyen et son activité de poète. D'analyses approfondies de textes en croisements entre les oeuvres, les personnages et les procédés dramaturgiques, il montre l'incroyable diversité des sujets abordés par Sophocle et la profondeur psychologique de figures vivantes qui, pour certaines, sont devenues des archétypes.

  • Ses contemporains ont comparé George Villiers, duc de Buckingham (1592-1628), à un astre dont la trajectoire rapide illumine le ciel l'espace d'un instant, puis disparaît en laissant une trace scintillante. L'aventure du petit gentilhomme pauvre, parvenu en quelques années aux marches du trône, et périssant, à peine âgé de trente-six ans, sous les coups d'un assassin ne cesse de fasciner, tout comme celle du séducteur qui, pendant quelques jours, put se croire (et être cru) près de devenir l'amant de la reine de France, et du chef de guerre qui, peut-être, si les vents l'avaient aidé, aurait changé le cours de l'histoire en empêchant Richelieu de conquérir La Rochelle.
    En définitive, une destinée hors normes. Une carrière passionnée, éblouissante, tragique. Un personnage dont la séduction a survécu aux siècles. Et, comme dit l'inscription de son tombeau, à tout jamais " l'énigme du monde ".

    Inspecteur général des Archives de France, Michel Duchein est l'auteur de biographies de Marie Stuart (1987), d'Elisabeth d'Angleterre (1992), du tome III de la collection dirigée par Jean Favier, " Archives de l'Occident ", Les Temps modernes, 1559-1700 (1995), et d'une Histoire de l'Ecosse (1998), tous ouvrages publiés chez Fayard, ainsi que d'une biographie de Charles Ier (Payot- Rivages, 2000).

  • Abdülhamid II (1876-1909) a-t-il été le dernier grand sultan, modernisateur de l'Empire ottoman, ou le despote sanguinaire dénoncé à l'époque comme le " sultan rouge " ? Né en 1842 au début des réformes des Tanzimat, monté sur le trône à trente-trois ans, il se retrouve à la tête d'un empire qui s'étend de l'Adriatique au golfe Persique et du Caucase à l'Afrique du Nord. Mais celui-ci est fragile, il est " l'homme malade de l'Europe ". Confronté dès son avènement à l'une des plus graves crises de l'histoire ottomane, le sultan ne peut éviter une lourde défaite face aux armées russes ni les graves amputations territoriales du traité de Berlin.

    Souverain d'un empire désormais moins étendu et affaibli, Abdülhamid met tout en oeuvre pour le redresser. Reclus dans son palais de Yõldõz, il établit un régime autocratique, modernise la bureaucratie, la justice, l'armée et l'enseignement. Jouant de sa qualité de calife, il s'appuie sur les musulmans des provinces, s'efforce de freiner les aspirations nationales des Albanais, des Arabes et des Kurdes. Prenant acte du recul dans les Balkans, il consolide la présence de l'Etat en Anatolie et au Proche-Orient. Cette politique se heurte à l'émergence du nationalisme arménien, aux pressions accrues de l'Europe, aux activités terroristes en Macédoine et, pour finir, à l'opposition des Jeunes Turcs. La révolution de 1908 cantonne l'autocrate de Yõldõz dans le rôle de monarque constitutionnel, avant de le déposer quelques mois plus tard.
    Sultan déchu, il s'éteint en 1918, l'année de la disparition de l'Empire.

    S'appuyant sur les recherches les plus récentes, François Georgeon éclaire la figure controversée d'un souverain qui voulait à tout prix sauver " l'homme malade " et rêvait de faire de son empire un Etat moderne et une grande puissance musulmane.

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