FeniXX réédition numérique (Éditions Buchet - Chastel)

  • On croit qu'en partant faire son service militaire dans la coopération technique à Panama, on ne trouvera rien d'extraordinaire si ce n'est un canal et des chapeaux bien connus. Mais les chapeaux dits de Panama ne se font pas à Panama et le canal devenu trop petit, pose des problèmes. Les volcans éteints se réveillent ; les aventures de Vasco Nunez de Balboa qui, en 1513, prit à Panama possession du Pacifique au nom du roi d'Espagne, sa passion de l'or, son amour pour Anayansi, princesse indienne qui fut son guide dans la jungle, son interprète et son épouse, continuent, transposés sur le mode actuel. Luttes politiques, religieuses, amoureuses, recherches archéologiques exacerbées par la fièvre de l'or ont incité l'auteur à prendre Panama qu'elle connaît bien pour y avoir longtemps vécu, comme lieu géométrique des passions de l'humanité.

  • Sur la nationale 9, qui draine au moment de l'été le rush des vacanciers, un jeune stoppeur déambule avec tout un cinéma dans sa tête, au rythme fou de la route, à la recherche de son amie. De l'Espagne à la nationale 9, en passant par la nouvelle station de Port-Leucate-Barcarès, sur le littoral du Languedoc-Roussillon, il erre, se perd, dans le lacis des routes récemment créées, remettant en question « un monde friqué et policé » se débattant avec son désir pour une fille trop « attractive », jusqu'au moment où l'imprévu survient avec une brutalité qui va ouvrir la porte au merveilleux : la rencontre d'une femme dans les collines de l'arrière-pays. Monde de la route, hallucinant, monde de l'estive moderne à plusieurs facettes, « Nationale 9 » est un kaléidoscope où tournent les jeunes, les moins jeunes, avec ou sans voiture, avec ou sans havre, provisoire ou non, tourbillon violent et romantique. Un ton, un tempérament, du rythme que la jeunesse reconnaîtra.

  • Dominique Piett n'en est pas à son coup d'essai, puisque son premier roman « Le dessous du ciel », inspiré par ses propres aventures de parachutiste, a fait l'objet d'un feuilleton télévisé et a obtenu une très large audience. Son héroïne, qui parle à la première personne, raconte ici, avec autant d'imagination que d'humour, des aventures d'une autre sorte. Journaliste à Fort-de-France, dans un canard assez minable, afin de pouvoir rentrer en Europe, elle a l'idée d'avoir recours aux petites annonces, sans passer par une agence matrimoniale. Après avoir fait un tri parmi les nombreuses réponses reçues, elle débarque à Paris, accompagnée d'une petite métisse, fille d'une de ses amies et d'un Haïtien, ce qui n'est pas fait pour faciliter les choses. Le premier postulant, à sa grande surprise, est jeune et beau, mais c'est un adepte du yoga et de toutes sortes de régimes éprouvants. Le deuxième est un diplomate sud-américain, dont l'hôtel est le théâtre d'orgies sans fin. Le troisième est un médecin de province. Par prudence elle s'y présente comme cliente, ce qui lui vaut d'apprendre qu'elle n'est pas sortie indemne du séjour chez le diplomate. Après être restée chez le médecin le temps d'être guérie, elle passe au suivant, dynamique, désintéressé mais incurablement bohème qui s'occupe d'un foyer pour jeunes gens. C'est le plus charmant et le plus infidèle des amants ; et c'est pourquoi l'auteur le quitte de peur d'en tomber amoureuse. Finalement, elle retrouve avec bonheur les îles des Antilles. Ecrit avec beaucoup de verve, voilà assurément le roman le plus drôle de l'année.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La biographie de Christophe Colomb a été maintes fois écrite, a-t-elle été bien lue ? La découverte de l'Amérique ne doit pas masquer l'essentiel et derrière l'apparence d'une grande aventure maritime, comment ne pas deviner une mission plus secrète ? A quatorze ans déjà, le célèbre voyageur choisissait la mer pour chemin de vie "parce que l'art de la navigation incite à connaître les mystères du monde". On savait le marin génial, l'homme mystique... on découvre l'initié, porte-drapeau d'une société secrète ! Son fils Fernando l'avait révélé : "Au surplus ma conviction étant que les grandes actions de mon père eurent pour premier principe une influence mystérieuse". Appareillant à Palos le vendredi 3 août 1492, quel secret Christophe Colomb emportait-il vers le Nouveau Monde ? Dans son ouvrage, Jean-Jacques Bossa lève le voile. Skipper de la "Coriphène", mais également passionné d'ésotérisme, ce marin au long cours jette un regard neuf sur les questions que l'histoire a laissé sans réponse. Menant une véritable enquête, la minutie de ses investigations l'a conduit à élaborer une thèse inédite et fascinante : les quatre voyages de Colomb procèdent d'une véritable quête initiatique. Sur cette route les étapes s'appellent Thulé ou Jérusalem ; la voie conduit au Paradis Terrestre ; René d'Anjou, Frédéric II de Hohenstaufen, Jacques Coeur, Jeanne d'Arc, Godefroy de Bouillon, le roi Salomon, Mérovée, Joachim de Flore... et quelques autres : princes, alchimistes, troubadours. Dans cet imbroglio, des ordres secrets tirent les ficelles : Calatrava, le Temple, la Toison d'or, les Chevaliers teutoniques... sans compter les confréries du Croissant et du Navire. Il existe bien un mystère Christophe Colomb ou plus exactement plusieurs mystères. Cette aventure commence à Calvi, ville fortifiée par Gênes qui dresse ses remparts au-dessus d'un des golfes les plus prestigieux de Corse. Là, affirme l'auteur, preuves à l'appui, est né Christophe Colomb.

  • « Rachel regarde le garçon, longtemps, m'a-t-il paru. Et lui laisse un pourboire représentant deux fois la somme du café. Le garçon ne dit rien. Humble, il lui ouvre la porte. Il s'incline à son passage. La femme blonde n'a pas vu le salut. Elle hèle un taxi, mais sans mots. Elle demande s'il aime son cul. Comme il semble hésitant, elle affirme que les Noires ont les plus belles croupes. Elle ajoute qu'elle est satisfaite de ne pas avoir de poitrine, ainsi les clients peuvent se concentrer totalement sur la chute de ses reins... »

  • L'histoire que raconte « Au bord du monde » se déroule dans une ville étrange minée par des taupes sournoises plus ou moins mythiques. Mais nous ne saurons jamais si les maisons s'écroulent réellement. Nous ne saurons jamais si ce que dit le narrateur est le rêve ou la réalité. Ce narrateur est un singulier personnage. Il n'a pas de nom. Il n'a pas d'âge. Il vit la réalité comme s'il rêvait. Ou peut-être rêve-t-il comme s'il vivait. En tout cas on ne le saura pas non plus. Il s'agit d'une épopée dérisoire et farfelue dans un monde qui paraît chavirer. Des aventures banales ou étranges, burlesques ou tragiques, se succèdent et se télescopent comme la réalité condensée sur l'écran d'un téléviseur, ou comme les rêves en miettes dans un kaléidoscope détraqué. Le tout dans le vacarme des sirènes et le bruit des bulldozers. Peut-être s'agit-il d'une descente cocasse aux enfers. Mais cette fois Béatrice joue à cache-cache...

  • Enfin une vie de Gauguin débarrassée de sa légende, de ses erreurs, des clichés faciles qui ont successivement présenté l'artiste comme un matelot sans instruction, un banquier peintre du dimanche, un commis agent de change devenu laveur de vitres, un Homme aux lèvres scellées, un banni des îles tahitiennes, un Noble Sauvage, ou encore un Gauguin empoisonné par un gendarme ou mort lépreux. Historien d'art, auteur de nombreux ouvrages, Maurice Malingue a consacré 40 ans de sa vie à sa quête passionnée de l'homme et de l'artiste prédestiné, génial, qui après l'Impressionnisme, a tant influencé la peinture moderne. Ami de la famille Gauguin, il a rencontré ceux qui, de près ou de loin, ont connu l'artiste, au Danemark, en France, à Tahiti. Il a eu accès à bon nombre de photos, correspondances, documents inédits. Il est ainsi en mesure de nous livrer aujourd'hui ce passionnant portrait qui, loin du roman-feuilleton, restitue la réalité d'une vie et d'une oeuvre si riches et si complexes.

  • Ceux qui voudraient trouver dans les syndicats « en quête d'une révolution » un guide parfait du petit agitateur international, seront sans doute déçus. En revanche, ceux qui tentent de trouver dans l'évolution du monde ouvrier un fil d'Ariane pour comprendre le rôle des syndicats par rapport aux partis seront récompensés de leur peine. L'autogestion, le pouvoir ouvrier, la part du syndicat dans l'entreprise, la définition du syndicalisme par rapport à la politique, autant de questions qui agitent la gauche et les syndicats depuis les explosions sociales de Mai 1968.

  • Charles Gillard, qui était tout récemment encore chef de la brigade des stupéfiants, révèle les secrets des grandes affaires dont il s'est occupé. Aucun roman policier n'est aussi passionnant. C'est le cas de dire que la réalité dépasse la fiction.

  • Parti de rien, Henri Delauze a fait fortune en créant la première société mondiale d'ingénierie sous-marine, la Comex. Le lecteur traverse toute l'histoire de la plongée moderne en partageant ce destin hors du commun : les premières « maisons sous la mer » dans les années 60, tentatives romantiques mais vouées à l'échec ; puis les débuts du pétrole sous-marin, qui fut le principal moteur économique de la pénétration des hommes sous la mer, alors que Delauze invente les solutions permettant à l'homme de vivre et travailler à grande profondeur. Né dans une famille modeste de vignerons provençaux, Henri Delauze a une enfance rude et difficile Il parvient néanmoins à faire des études d'ingénieur Un vieux compresseur, quelques bi-bouteilles, un garage, et 50 000 F de capital : voilà tout l'attirai lorsqu'il crée la Comex, en 1961. Dérisoire. Vingt ans plus tard, sa société est la première du monde, et son chiffre d'affaire dépasse le milliard de francs !... Plongeur-aventurier devenu un grand capitaine d'industrie, Henri Delauze a su garder à travers le succès la fraîcheur d'esprit des pionniers : volontiers mécène, il a mis au jour, avec le plongeur-historien Robert Sténuit, plusieurs trésors engloutis qui, aujourd'hui, ornent les musées.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Laerte, haut perchée sur son promontoire dominant la mer dans la beauté d'une baie méditerranéenne, recèle entre ses murs des amours qui transfigurent les êtres ou les entachent de frustrations, et de passions plus étranges encore où se mêlent souffrance et bonheur en une quête qui n'est plus celle de l'autre mais celle de l'absolu. Foisonnant de personnages et d'histoires, ce roman éclate en six parties comme autant de visages de cette ville qui, bien qu'explorée dans sa réalité la plus concrète, acquiert une dimension mythique dans laquelle le destin du fils recouvre celui du père. Les obsessions abolissent le temps chronologique tandis qu'un jeune homme apprenti-écrivain a pour maîtres un marin, un fou et un prisonnier. Avant que d'être un modeste bijou, la corne de corail est une amulette contre les sortilèges. Quand bien même pourrait-elle nous défendre à coup sûr des passions, bien peu l'accrocheraient à leur cou.

  • Le 24 juin 1914, le cuirassé Salvatore considéré comme perdu corps et biens, depuis quatorze ans, rentre au port de Gaète... Tout peut arriver. Tout est possible, le temps n'existe pas, ni l'espace. Que s'est-il passé ? Sur quels océans a-t-il dérivé ? Où a-t-il échoué ? Quelles aventures extraordinaires a-t-il vécues ? Pas à pas, à l'occasion des confidences du commandant, de l'amiral et du médecin du bord, on va remonter le temps perdu. C'est au travers de la forêt vierge, des espaces désolés de l'Amérique du Sud ou sur les bords inhospitaliers des côtes de la Nouvelle-Poméranie, après un fabuleux cyclone, que va se dérouler ce douloureux et étrange voyage. On va vivre la vie du cuirassé, microcosme isolé du monde, nef des fous modernes, dans une allégorie de la vie avec des personnages tourmentés à la recherche de leur identité. Une interrogation dramatique sur la raison de vivre et de lutter face à l'absurdité du Destin humain.

  • Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église, tu es Florence, je marche à l'ombre de tes cyprès. Raconter une histoire, mais débuter, terminer. Morceaux de vie, oeil éphémère sur deux existences ou peut-être un frère et une soeur qui vivent ensemble. Récit, non sur les relations sexuelles, mais sur le sexe, d'une manière brute en avoir ou pas. Obsession de la description quotidienne, lenteur des jours qui coulent, épaisseur de la trame qui se dénoue, langage en interrogation, à qui attribuer les pensées ou les bouts de phrases lancées, préméditées et au hasard, chacun étant le mur où rebondit la balle. Renvoi détourné, instauration d'un nouveau monologue et vivre en référence dans le regard de l'autre, dans les écrits ou les images des pères. Anne Théron

  • Les oeuvres de Claude Aveline paraissent, à première vue, très diverses : des romans, probablement plus ou moins autobiographiques comme la trilogie de « La vie de Philippe Denis », des nouvelles et même des romans policiers et des poèmes, une pièce de théâtre, des essais tels que celui sur la religieuse portugaise, « Et tout le reste n'est rien », dont le plus récent est « Le haut mal des créateurs ou Le complexe d'un siècle inexistant » (1973), des récits de voyages, des livres pour enfants, des oeuvres audiovisuelles parmi lesquelles il faut citer une adaptation personnelle de « L'abonné de la ligne U » en quarante épisodes. Enfin, des critiques de cinéma. Mais Claude Aveline est aussi un peintre, même s'il y est venu assez tardivement puisque ce n'est qu'en 1968 qu'il a découvert l'usage des crayons-feutre, en noir et en couleur. Cependant, la diversité de son oeuvre, de ses intérêts, de ses activités est plus apparente que réelle, et l'on pourrait citer, sans y changer une ligne, à propos d'« Hoffmann Canada », ce qu'écrivait de lui Louis Martin-Chauffier : « Que ce clair écrivain, classique dans sa forme, libre dans sa pensée, rigoureux dans sa composition, et chez qui l'extrême subtilité ne tourne jamais à la confusion, montre un goût des plus marqués pour des histoires fantastiques qui défient la droite raison, cette dérivation n'est surprenante qu'en apparence. Si la donnée en est absurde, et la fin déroutante, tout le récit se déroule avec une logique qui introduit le naturel dans l'irréel, et égare d'autant mieux le lecteur qu'on le promène dans le mystère par des voies si bien tracées, si familières qu'il oublie qu'elles sont sans issue. » Comme toute oeuvre de valeur, le but ultime de celle-ci est d'exprimer l'indicible : lorsque Jean Lescure l'estime tout occupé de la recherche d'un salut, il a sans doute raison.

  • La vie de Victoire c'est la vie, d'abord, ouverte. Et la ville. Rues en marche. Mais on ne peut pas rester macadam-trotteur trop longtemps. Il faut partir. Et Victoire s'en va... Elle trouve un chapeau, un nom à épeler, des rires, de quoi jouir, des voix d'Amérique, des inconnus, Jeremy, la Morgan Limited, une volière immense, un noyé, l'Uncle John, une vieille femme céleste qui danse, les joues pilées au couteau, trop Douce... La vie a changé. Elle fuit, la Douce la décale, la désaxe. Et Victoire revenue dans sa ville cherche le nom qu'on épèle, le nom à coucher dehors, ce Greene des voyages. La vie bouge, en flots ondulants, à ras des trottoirs, macadam... à ras des comptoirs, bars de nuit. Rencontres. Echappées... Le temps passe, les rires aussi, entre les allers et retours de Greene en fantôme et l'âme ambiguë de la Douce, toujours royale. Le temps passe, mais il faut jouir. Sueurs et Vice. Et rire encore ! Même s'il n'y a plus rien à épeler, même si Greene ne sait plus jouer. L'axe de la vie c'est d'en rire, ou d'aimer. On ne peut pas faire autrement ! Un lit, deux êtres, une ombre...

  • Dans "l'homme à chagrin", du coup de foudre au coup de grâce nous sommes projetés dans le paysage de la passion. Ici Racine rejoint Mauriac. De nombreuses pages évoquant les pins blessés des Landes et le vol lourd des palombes sous le ciel bas du Médoc. C'est le huis clos d'un amour voué à la destruction, la ronde infernale du désir. Pauvres amants enchaînés, rivés l'un à l'autre et condamnés à la stérilité théâtrale des mauvaises comédies jouées sans y croire. C'est l'histoire éternelle et banale de l'impasse qui se referme sur eux. Ils croient désespérément que l'amour est refuge, île fortunée, enclos préservé des clameurs du monde alors que réduit à lui-même, fondé sur la faiblesse et la peur de vivre il devient vite cette prison où deux galériens s'épuisent autour d'une noria chimérique sans que jamais la source jaillisse. Avec son troisième roman Marie-Claude Sandrin approfondit l'exploration de ce territoire où n'ayant pas su renoncer à leurs prérogatives, deux amants égarés miment une pièce dérisoire parce que, autrefois, les adultes leur ont volé la mémoire d'une enfance heureuse.

  • Qui est Bérénice ? Une jeune femme comme il y en a tant d'autres, heureuse entre son mari et ses enfants. Cependant l'une de ses passions serait d'écrire un roman. Sortie de chez elle par un petit matin d'hiver, voici que brutalement la fiction qui commençait à lui germer dans la tête se fait réalité. Alors elle se laisse embarquer sans scrupules dans une série de mésaventures burlesques, émouvantes, sentimentales, malgré la petite voix intérieure qui ne cesse de lui souffler : Il faut que je rentre. Elle ne rentre pas. Elle ira loin, la belle Bérénice, parce qu'elle est obstinée et veut mener jusqu'au bout l'étrange expérience de sa liberté. Elle plaît aux hommes et les hommes lui plaisent. Joyeusement, sensuellement, amoureusement, elle va s'identifier à l'héroïne de son roman en cours. La petite fille fantasque qu'elle fut autrefois et la femme audacieuse d'aujourd'hui finiront par se confondre. Se jugera-t-elle digne alors de rentrer à la maison ? Ce voyage d'évasion ressemble fort aux bondissantes étapes d'une psychanalyse. Mais au lieu de rester inerte sur le canapé accueillant d'un spécialiste, Bérénice a le courage insensé de la vivre debout, vibrante et mouvante, avec humour, candeur, clairvoyance et gravité.

  • Achille Nain est un sympathique garçon sorti de l'Ecole des Chartes et que rien ne prédispose à la crédulité ou à l'angoisse métaphysique. Il aime son amie Dorothée. Ses occupations consistent en recherches historiques et en conférences qu'il donne au Père Lachaise devant le mausolée de morts illustres. La fantaisie le prend, après l'une de ces conférences, de rapporter à Dorothée dont il a oublié, la veille de fêter l'anniversaire, l'une des roses de céramique qui se trouvait au pied d'une ancienne sépulture... La Septième Rose est le récit des aventures d'Achille Nain pendant la semaine qui suit ce rapt d'apparence si anodin. Tout se passe comme si le héros du livre devenait l'objet d'une conjuration occulte. Sa vie est bouleversée par une cascade d'événements imprévisibles dont le plus grave est la disparition de Dorothée. Toutes les aventures sinistres ou burlesques qui marquent ces sept jours ne sont-elles que des coïncidences ? Est-ce son imagination déréglée qui tisse le lien qui semble les relier entre elles ? Il en arrive par moment à craindre pour sa raison. Les choses et les gens lui apparaissent sous un éclairage nouveau, à la fois insolite et inquiétant. S'agit-il d'un conte fantastique ? Mais le plus extravagant des contes fantastiques ne serait-il pas justement la vie ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Qui n'a rêvé un jour de Tahiti et de ses îles de toute beauté ? Qui n'a rêvé de ses vahinés, de ses plages, de ses paysages enchanteurs ? Mais qui connaît vraiment le Tahiti d'antan, celui d'avant les Français ? Dans ce Tahiti-là, le Tahiti méconnu de 1827 à 1847, au temps de la légendaire reine Pomaré, l'auteur nous raconte l'histoire de Vanaa, jeune maori de lignée royale qui, à la veille de devenir à son tour roi de l'Ile de Mataîa à la suite de son grand-père Omaî et d'épouser Térita, choisie par sa famille, s'éprend de Moira, jeune Anglaise venue vivre à Tahiti auprès de son beau-frère William Willingson, diplomate en mission pour le gouvernement de la reine Victoria. Des personnages historiques illustres traversent cette histoire où Moira vivra deux amours, tout comme Vanaa, et où l'imaginaire et le réel s'entremêlent étroitement : Morenhout, premier Consul de France à Tahiti, Dumont d'Urville, Dupetit-Thouars, Bruat, premier Gouverneur de la Polynésie, et surtout la jeune Aimata, Pomaré IV Vahiné, alors au début agité de son long règne. D'autres personnages attachants peuplent ce roman d'amour dans une Polynésie déchirée par la lutte entre Français et Anglais pour la possession de ces îles et par les affrontements sanglants qui en résultent : Maxime de la Ferrière, séduisant lieutenant de Vaisseau Français, bras droit du consul, Térita, la radieuse adolescente au destin exceptionnel et tragique, Omaî, le vieil arii chef de Mataïa et son compagnon Paofaï, le grand prêtre, Tahéa, l'ami fidèle de Vanaa, le père Vincent, père catholique original, Hitota, le Hors-la-loi porteur de malheur... tous feront rêver de cette Polynésie ancienne avec les rites, les tabous, les danses et la sensualité de ce peuple fataliste et superstitieux. On retrouvera heureusement ces personnages fascinants dans le Tome 2 qui nous conte l'histoire des fils de Vanaa : Taaroa ou Les plaisirs de la Cour.

  • Haut fonctionnaire dès 1944, ancien ministre de l'Intérieur dans le Gouvernement de Michel Debré, Pierre Chatenet a vécu en témoin privilégié et éclairé les moments cruciaux de la décolonisation française. A travers souvenirs et réflexions avec pondération et subtilité, il analyse ici - en apportant certains éclaircissements tout à fait nouveaux - deux dossiers fondamentalement différents qu'il a particulièrement bien connus, qui ont suscité bien des passions et contribuèrent à modifier radicalement l'équilibre des relations internationales. En tout premier lieu, l'auteur rappelle comment la 2e Guerre mondiale sonna le glas des empires coloniaux et comment le phénomène lui apparut dans toute son évidence dès la Conférence de San Francisco, en 1945. Il relate ensuite la marche de la Tunisie vers une indépendance négociée, long processus bien souvent chaotique qui l'a captivé de la Résidence générale de Tunis où il était alors en poste et où il fut fréquemment consulté. Il révèle pourquoi cette indépendance était sans doute possible dès 1950 et comment le cas envisagé cinq ans plus tôt a finalement servi de base aux accords de 55 et 56. Tout autre fut le cas de l'Algérie, véritable arrachement d'un morceau de la République française. Alors ministre de l'Intérieur, Pierre Chatenet fut mêlé de près aux événements algériens et a pu suivre, en particulier, le développement de la psychologie et de l'action du général de Gaulle, "passionnant, parfois terrible, toujours grand qui mit fin à ce drame grâce à son prestige et à sa lucidité triste mais ferme." Enfin, rappelle l'auteur, il ne faut pas oublier que la décolonisation a alimenté les effectifs du tiers-monde. Fâcheuse rencontre pour celui-ci dont les problèmes pèsent déjà lourd sur la fin de ce siècle.

  • Les camps de concentration ont marqué une date. Utilisant des pratiques qui ont sévi plus ou moins sévèrement à toutes les époques et dans tous les pays, l'Allemagne d'Hitler a systématisé, codifié deux types d'entreprise, les camps d'extermination qui tuent vite et ceux qui tuent lentement. Jamais volonté d'avilissement et d'anéantissement n'est arrivée à une telle perfection. L'auteur, à son retour de Buchenwald, a écrit ces pages sur son expérience d'un camp qui utilisait ses détenus avant de les tuer. Dans la profusion d'une littérature de circonstance, il avait renoncé à les publier. Il les a relues ; il les croit d'actualité car elles touchent à un certain fond d'inhumanité qui est latent chez les hommes sans contrôle. Il relatait sans s'étendre sur ce sujet personnel la vie qu'il mena mais il tentait de s'élever objectivement à la compréhension du mécanisme d'une entreprise férocement meurtrière. Il a relu ces pages, il n'y ajoute rien et n'en retranche rien. Le jugement qu'il porte sur les Allemands l'offusquerait maintenant qu'il a repris des relations sur un autre plan mais, au camp, SS et détenus qu'il chargeait de responsabilités se rassemblaient étrangement, rivalisaient dans la brutalité, le mépris, la cruauté, la rigueur burlesque. Il eut de brèves occasions de constater que l'Allemagne silencieuse était tout autre mais n'est-il pas judicieux de signaler, en toute franchise, que les défauts de ces brutes fanatisées par l'hystérie nazie ou consentant à la servir sont comme le revers de vertus solides, précieuses, réconfortantes pour un Européen, qu'ils sont pour les Allemands eux-mêmes une leçon à ne pas oublier, pour les Français une sollicitation à faire un examen de conscience.

empty