FeniXX réédition numérique (Éditions du centurion)

  • Comme un certain nombre d'écrivains spiritualistes, l'auteur de « Terre des Hommes » a été l'objet de plusieurs tentatives d'annexion au christianisme. Clément Borgal s'élève avec véhémence contre ces interprétations abusives. Cela ne saurait étonner ceux qui connaissent ses précédents ouvrages sur Nerval, Baudelaire, Alain Fournier. Fidèle à son entreprise de "démythification", il passe impitoyablement au crible chacun des textes de Saint-Exupéry. En ce "géant du ciel", il voit le type même de l'écrivain partagé entre les exigences de son humanisme et une soif inextinguible de religion. Mystique certes, mais intellectuellement hostile à toute forme de révélation : tel lui apparaît le poète moraliste du « Petit Prince ». Aucune idée qui ne soit immédiatement confirmée par une citation précise. L'exégèse tire sa force de cette référence constante à l'oeuvre, et notamment à « Citadelle », si souvent laissée de côté par les commentateurs.

  • Catholique de tempérament ardent, Bernanos, dans son oeuvre et dans sa vie, était destiné à dénoncer les impostures de toute espèce qui défigurent les individus, la société, ce doux royaume de la Terre qu'il malmenait et qu'il aimait tant. D'où ses analyses, poussées à fond, du mal saisi dans ses formes les plus sataniques ; d'où ses indignations torrentielles ; d'où, aussi, son admiration pour les esprits inspirés par la foi. Un réalisme, appliqué au spirituel comme au temporel, plaçait l'écrivain, doué d'une imagination prodigieuse, au point de jonction de la nature et du surnaturel. Le croyant passionné a pu s'égarer, être injuste : il n'a cessé de penser que la vérité peut nous libérer dès ici-bas et dès à présent.

  • Le thème central de l'oeuvre de Péguy, affirme en substance Georges Cattaui, est celui de l'Incarnation. Incarnation dans le domaine proprement religieux : Verbe fait chair. Incarnation de l'idéal dans l'action politique : son socialisme, même le premier, est fondamentalement chrétien. Incarnation de la poésie même : lourde, dense, d'une pesanteur de glèbe, de chair de labeur paysan. Les lecteurs de Georges Cattaui savent que sa méthode ne doit rien à la sèche documentation ni à la froide logique de l'essai universitaire. De caractère plutôt symphonique, musical, son étude nous permet de mesurer le degré de sympathie qui l'attache à l'écrivain commenté. Finalement, c'est Péguy tout entier que nous retrouvons dans ce livre, tous les aspects de son art et de sa pensée, mais sans cesse éclairés à la lumière de cette étoile qui jadis annonça aux hommes la miraculeuse descente de l'Éternel dans le temps.

  • Rendre compte d'une sensibilité éparse dans le siècle, retracer l'expérience d'un homme d'aujourd'hui vis-à-vis de la révolte, telles furent les deux idées maîtresses de l'oeuvre que nous a laissée Albert Camus. Ni prophète, ni théoricien, refusant le lyrisme des Pythies comme la logique des philosophes, l'auteur de La Peste s'est voulu le chroniqueur de notre temps partagé entre l'histoire et la religion, l'épée et la croix. Le refus maintes fois affirmé de Dieu, le mépris professé à de nombreuses pages pour l'Église, n'ont pas empêché Camus de s'interroger sur le Christ et de manifester, pour ceux qui suivent ses enseignements, compréhension et sympathie. La liberté et le bonheur de l'homme peuvent-ils, ou non, se concilier avec le fait de croire ? La réponse de Camus à cette question garde le ton de l'inquiétude. Le présent essai, construit à partir de l'analyse des textes, s'efforce d'éclairer son débat.

  • Catholique de tempérament ardent, Bernanos, dans son oeuvre et dans sa vie, était destiné à dénoncer les impostures de toute espèce qui défigurent les individus, la société, ce doux royaume de la Terre qu'il malmenait et qu'il aimait tant. D'où ses analyses, poussées à fond, du mal saisi dans ses formes les plus sataniques ; d'où ses indignations torrentielles ; d'où, aussi, son admiration pour les esprits inspirés par la foi. Un réalisme, appliqué au spirituel comme au temporel, plaçait l'écrivain, doué d'une imagination prodigieuse, au point de jonction de la nature et du surnaturel. Le croyant passionné a pu s'égarer, être injuste : il n'a cessé de penser que la vérité peut nous libérer dès ici-bas et dès à présent.

  • Le thème central de l'oeuvre de Péguy, affirme en substance Georges Cattaui, est celui de l'Incarnation. Incarnation dans le domaine proprement religieux : Verbe fait chair. Incarnation de l'idéal dans l'action politique : son socialisme, même le premier, est fondamentalement chrétien. Incarnation de la poésie même : lourde, dense, d'une pesanteur de glèbe, de chair de labeur paysan. Les lecteurs de Georges Cattaui savent que sa méthode ne doit rien à la sèche documentation ni à la froide logique de l'essai universitaire. De caractère plutôt symphonique, musical, son étude nous permet de mesurer le degré de sympathie qui l'attache à l'écrivain commenté. Finalement, c'est Péguy tout entier que nous retrouvons dans ce livre, tous les aspects de son art et de sa pensée, mais sans cesse éclairés à la lumière de cette étoile qui jadis annonça aux hommes la miraculeuse descente de l'Éternel dans le temps.

  • Rendre compte d'une sensibilité éparse dans le siècle, retracer l'expérience d'un homme d'aujourd'hui vis-à-vis de la révolte, telles furent les deux idées maîtresses de l'oeuvre que nous a laissée Albert Camus. Ni prophète, ni théoricien, refusant le lyrisme des Pythies comme la logique des philosophes, l'auteur de La Peste s'est voulu le chroniqueur de notre temps partagé entre l'histoire et la religion, l'épée et la croix. Le refus maintes fois affirmé de Dieu, le mépris professé à de nombreuses pages pour l'Église, n'ont pas empêché Camus de s'interroger sur le Christ et de manifester, pour ceux qui suivent ses enseignements, compréhension et sympathie. La liberté et le bonheur de l'homme peuvent-ils, ou non, se concilier avec le fait de croire ? La réponse de Camus à cette question garde le ton de l'inquiétude. Le présent essai, construit à partir de l'analyse des textes, s'efforce d'éclairer son débat.

  • Comme un certain nombre d'écrivains spiritualistes, l'auteur de « Terre des Hommes » a été l'objet de plusieurs tentatives d'annexion au christianisme. Clément Borgal s'élève avec véhémence contre ces interprétations abusives. Cela ne saurait étonner ceux qui connaissent ses précédents ouvrages sur Nerval, Baudelaire, Alain Fournier. Fidèle à son entreprise de "démythification", il passe impitoyablement au crible chacun des textes de Saint-Exupéry. En ce "géant du ciel", il voit le type même de l'écrivain partagé entre les exigences de son humanisme et une soif inextinguible de religion. Mystique certes, mais intellectuellement hostile à toute forme de révélation : tel lui apparaît le poète moraliste du « Petit Prince ». Aucune idée qui ne soit immédiatement confirmée par une citation précise. L'exégèse tire sa force de cette référence constante à l'oeuvre, et notamment à « Citadelle », si souvent laissée de côté par les commentateurs.

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