FeniXX réédition numérique (Del Duca)

  • Par sa présence, l'homme modifie le visage de la planète. L'augmentation de la population et l'accroissement de l'activité humaine tendent à rompre sans cesse des équilibres naturels établis depuis des millénaires. Des espèces animales sont massacrées, les forêts détruites ; les mers, les cours d'eau, l'atmosphère sont pollués. L'humanité évolue vers un destin qu'elle veut ignorer. Pourtant des savants avisés savent que la vie, élaborée au cours du dernier stade des milliards d'années nécessaires à la formation de la Terre, ne peut être sans risque transformée artificiellement. Ils poussent un cri d'alarme avant qu'il soit trop tard et que l'auto-intoxication de notre globe, due à la pullulation de l'espèce humaine, soit complète. Le but de cet ouvrage est surtout de montrer l'importance de l'enjeu et d'essayer de débrouiller les données complexes du problème. Bien entendu, il n'est pas possible d'amener une transformation radicale des conceptions, mais il est indispensable de tenter d'éveiller l'intérêt pour des questions vitales. Nous n'avons pu que « survoler », au cours des pages qui suivent, les multiples aspects des modifications apportées par l'homme à la Nature. Chaque chapitre pourrait faire l'objet d'un livre à lui seul, mais il est bon, pensons-nous, de faire une synthèse, même si elle n'est pas complète. Nous avons voulu éliminer au maximum tous les mots savants pour que la lecture ne soit pas trop rébarbative. Nous remercions tous ceux qui nous ont apporté leur aide, volontaire ou involontaire, par leurs conseils ou leurs publications.

  • Tous les jours, des milliers de personnes se sentent perdues parce qu'elles vont devoir subir une intervention chirurgicale. Elles ont peur parce qu'elles ignorent tout des soins et des précautions scientifiques qui, aujourd'hui, précèdent et accompagnent tout acte opératoire. On a beaucoup écrit au sujet des cancers, de l'artérite ou d'autres maladies, mais souvent la vérité fut sacrifiée à l'effet de sensation, lorsqu'on ne pécha pas par ignorance. Quand des ouvrages de valeur leur ont été consacrés, les termes hermétiques du langage médical en ont tenu éloigné tout profane. « Maladies et douleurs au XXe siècle » a été écrit pour que le futur opéré, le malade atteint d'un cancer ou d'une artérite, sachent ce qu'ils peuvent attendre des traitements médicaux et chirurgicaux présents. L'anesthésie n'est plus ce qu'elle fut. La préparation d'un malade à une opération n'est plus un fait hasardeux. La réanimation-transfusion a supprimé les moments pénibles suivant toute intervention chirurgicale. La mortalité opératoire est devenue exceptionnelle dans les grands centres chirurgicaux. Parallèlement, l'accouchement bénéficie chaque jour des découvertes anesthésiques. Ainsi, bientôt, la douleur déjà expulsée des salles d'opération le sera aussi des maternités.

  • Qu'est réellement Norma Wurther ? Vue coquette, une femme insatisfaite, une romantique attardée, un petit être sensuel, une victime, un bourreau ? Quelle est exactement sa responsabilité dans le lynchage du jeune noir Billy, son adorateur naïf et fidèle, son docile camarade d'enfance ? Insaisissable, tour à tour perverse ou candide, émouvante ou révoltante elle est femme. Une femme dont l'auteur reçut un jour l'ahurissante confession que voici...

  • Un roman ? Une autobiographie ? Ni l'un ni l'autre. Les aventures de Daniel Burger, un homme possédé par un démon hybride. Des décors de toutes sortes : le monde fardé de la réclame, le monde ambigu de la politique, le monde miné de l'amour. Des personnages à qui l'on a arraché le masque : affairistes, hystériques, indicateurs, tyrans à la petite semaine, géants aux pieds d'argile. Certains, comiques malgré eux, d'autres froids comme des reptiles, d'autres encore chuchotant des confessions inimaginables ou cachant une arme dans la manche. Mais aussi des hommes sains, des révolutionnaires sans arrière-pensée et de vrais amoureux. Et tout autour, la ville qui éclate et la nature qui console. Et Daniel Burger qui tombe et se relève, ne cessant de défier les idoles souriantes et redoutables...

  • Monique se laisse marier par raison et lâcheté à un homme qu'elle n'aime pas. Jolie, sûre d'elle, illogique, elle décide de punir son mari de n'être pas celui qu'elle eût spontanément choisi, et disparaît le premier soir de leur voyage de noces. Bertrand ne fait ni scène ni reproche mais, atrocement humilié, disparaît à son tour, ayant donné à sa jeune femme dix jours de réflexion pour choisir entre l'acceptation raisonnable, sinon amoureuse, de leur mariage, ou son annulation. Livrée à elle-même, Moni s'aperçoit vite de la difficulté, de l'amertume d'être une jeune femme seule dans un palace étranger. Un touriste au grand nom se présente pour la consoler. Bertrand est à Salzbourg. Qu'il y reste donc ! Mais une nuit, une apparition hallucinante déclenchera une suite d'aventures et de rebondissements imprévus dans le déroulement de ce voyage de noces sans mari. Moni, jeune épouse illogique et méchante, appelle au secours le mari ulcéré qui refuse de se laisser émouvoir. C'est la fin du voyage de noces. La vie emportera ce couple désuni depuis la première heure et qui n'a pas connu d'étreinte. Mais...

  • Une énorme fusée quitte lentement le sol, accélérant progressivement dans un vacarme épouvantable. Direction Lune. Dans cette fusée, pas très à l'aise dans un habitacle conditionné, il y a l'auteur de ce livre, Robert Lechene. Cinq jours de voyage, et il abordera la Lune... Encore un récit de science-fiction ? Non ! Spoutnik 1 : 80 kg... Spoutnik II : 500 kg... Spoutnik III : 1 300 kg... Etc. Dès Spoutnik II, il était possible d'atteindre la Lune : la puissance de la fusée le permettait. Celle qui a porté Spoutnik III aurait pu faire tourner un satellite de 100 kg autour de la lune... Le voyage de Cyrano de Bergerac n'est donc plus du domaine de la gasconnade. C'est pour demain... C'est peut-être pour aujourd'hui... Et qui dit voyage dit guide. Ce livre est le petit guide du voyage, tel qu'on peut l'établir présentement : ce qu'il faut voir, ce qu'il faut savoir, les lieux pittoresques (car il y en a), les moyens de transport, les plans d'urbanisme... Il y manque encore la liste des bonnes tables et des produits régionaux : la culture maraîchère là-haut n'est pas pour tout de suite. Un jour pourtant, la salade poussera dans des serres lunaires. Ce jour-là, les savants le préparent très sérieusement, et c'est à leurs travaux que le livre se réfère. Sans gâcher la part du rêve. Le rêve s'embellit presque, à mesure qu'il prend forme de réalité.

  • Rosita Napolione a quinze ans, une peau veloutée au parfum de fruit, la démarche provocante, juste assez d'esprit pour une jeune fille et une candeur à toute épreuve ! Comment s'étonner dès lors si son apparition suscite des ravages ? Qu'il s'agisse du richissime planteur de Monstruc, du matelot norvégien ou du beau directeur mulâtre, chaque homme est prêt à lui offrir ce qu'il possède de plus précieux : l'un sa fortune ; l'autre une virginité de coeur et d'âme ; le dernier un tempérament plein d'ardeur. Mais Rosita ne rêve que du beau Louis de Kerzouëc qui s'efforce de lui résister. Pour le conquérir, elle usera de tous les moyens et, pareille au joueur de poker qui connaît ses atouts, elle jettera sur la table sa carte maîtresse qui n'est pas celle de la morale traditionnelle... Ce roman, qui se situe dans une île des Antilles, est une tendre satire de l'amour et des moeurs modernes. Jacqueline de Boulle mène son récit comme un ballet : il en a la gaieté, le mouvement, l'envolée.

  • Le titre de ce livre indique bien qu'il s'agit là d'histoires extraordinaires. En effet, toute la première partie est fabuleuse : des contes de poètes pour adultes émerveillés. Oui, mais on trouve ensuite une série de portraits, gravés à l'acide, qui, pour être réalistes n'en sont pas moins extraordinaires ! Reste à savoir si les récits fabuleux du début ne sont pas aussi réalistes, à leur manière, que les récits réalistes de la fin sont fabuleux d'autre façon. C'est qu'en vérité, il s'agit toujours de réalités secrètes et on remarquera vite que tous les récits traitent ces trois grands problèmes de l'homme : l'amour, la fuite des jours, la mort.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • C'est dans un cadre cruellement vrai que Paul Zumthor a situé son dernier roman, « Les Hautes Eaux », dont le héros est l'une des innombrables victimes du raz de marée de février 1953, en Hollande. Joost van der Moere, paysan de l'île de Duiveland, alors la plus durement frappée, appartient à une secte protestante austère dont les membres pratiquent une confiance aveugle dans la Providence. Le fléau frappe Joost avec une soudaineté qui paralyse en lui les premiers réflexes du bon sens. La mer envahit la maison. Joost se réfugie avec les siens sur le toit au milieu du déchaînement de la tempête. Mais il refuse de s'enfuir alors qu'il en est encore temps : il lui semble qu'avec « les hautes eaux » un Dieu vengeur se révèle qui l'emprisonne dans sa foi et exige que l'épreuve soit subie jusqu'au bout. Tandis que meurent l'un après l'autre, autour de lui, les membres de sa famille, Joost éprouve le sentiment douloureux d'entrer dans un mystère atroce mais salvateur, réservé à lui seul. Est-il donc devenu fou, comme tant d'autres durant ces trois nuits d'horreur ? Paul Zumthor, qui vit aux Pays-Bas et fut témoin des inondations de 1953, a su rendre avec une intense vérité ce milieu de paysans zélandais, aspect d'une Hollande inconnue des touristes ; il nous le peint à travers un drame serré dont les événements s'enchaînent avec la rigueur d'une tragédie.

  • Conteur brillant, René Vigo a situé son roman dans l'atmosphère colorée d'un grand cirque en voyage. Fabian, l'ancien voltigeur, connaît une nouvelle carrière, mais il la doit à Cécilia, si désirable avec ses longs cheveux d'or pâle, à Cécilia qui devient pour lui comme un encens, un besoin, une nourriture. Au cours d'un accident de montage la jeune femme est sauvée par un étranger qui apparaît : Alexandre, l'homme à l'allure de corsaire fabuleux. Une étrange et farouche passion jette ces deux êtres l'un vers l'autre. Fabian remâche alors le goût amer de la défaite. Il rate ses numéros et subit le drame poignant des acteurs déchus. On le suspectera d'avoir, par dépit, saboté les accessoires de sa partenaire et provoqué la mort de Lola, rêveuse et douce, qui s'est sacrifiée... Cécilia suivra-t-elle Alexandre qui, seul, l'attire désormais avec ses regards chargés d'aventures ? La magie du cirque n'a pas dit son dernier mot et elle peut encore balayer cet amour tragique qui ne cesse de meurtrir les âmes...

  • La Camargue : L'eau croupissait dans la roubine, patiemment absorbée par l'atmosphère assoiffée. Un instant, Mathieu eut l'illusion d'être ailleurs, sur une terre où la lumière prenait au visage, blessait les yeux. « L'homme venu de là-bas » : Un été brûlant, et l'angoisse au coeur de Mathieu, le rapatrié : Je les ai laissés dans l'Aurès, sans défense. Une douzaine de harkis avec leur famille. Le jour de mon adieu, Saïd, presque mon frère, m'a dit : « C'est fini, nous ne nous reverrons plus. » Repartir, les ramener en France, ses compagnons d'armes ? Leur offrir la douceur d'une paix retrouvée ? Là-bas, la peur. Ici, Elisabeth, cette jeune femme attachante, solitaire entre son mari, médecin camarguais accaparé par ses malades, et son frère, être bizarre, trouble. Là-bas, la haine, la mort. Ici, la vie, Elisabeth... Venu d'un pays couvert de sang, Mathieu réussira-t-il à sauver ses harkis, à garder Elisabeth ? Cessera-t-il enfin d'être « l'étranger » au sein de cette terre sauvage où « La mer paraît... » ?

  • « Brulador » : Je brûle, j'adore. Ces mots étaient gravés sur l'écusson du domaine que la famille Fabrone possédait au Capril, au sommet d'un plateau privilégié, face au vent du Sud. Ne cherchez pas le Capril sur des cartes, même anciennes. Ce duché, florissant à l'aube du XVIe siècle, a été inventé de toutes pièces par l'auteur. Mais, tout autour de l'imaginaire Capril, Lucie Derain évoque de grands pays méditerranéens, l'Espagne de Charles V, la Venise patricienne, la France de François Ier, à l'époque où Rhodes résistait héroïquement au Turc. C'est dans le tumulte, l'ardeur féconde, le foisonnement de la Renaissance que se déroule l'histoire d'un jeune amour trahi, l'amour de Gil Fabrone pour Chrysa, son amie d'enfance. De sa première douleur d'homme, Gil sortira aigri, façonné pour la haine et la vengeance. Et de cette vengeance, par un choc en retour, il sera aussi, cruellement meurtri que ses ennemis. Les personnages de Brûlador vivent, dans ce roman singulier, avec une grande intensité. Tour à tour délicats et rugueux, tendres et passionnés, ils surgissent d'un temps encore barbare et déjà raffiné, avec une humanité qui les rend proches de notre sensibilité moderne. Chrysa la chimérique, la gracieuse Sille, Gil, doux et terrible, le brutal Carlian, l'austère Rudo, Dina, la patricienne, autant de figures attachantes, baignées dans ce monde Renaissance que l'auteur a su peindre avec autant d'amour que de poésie. Vous n'oublierez pas la vérité des caractères gravés sur des paysages féeriques, trempés dans une lumière de rêve, vous n'oublierez pas ce livre insolite et cruel, écrit pour la surprise et le plaisir du lecteur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Il était une fois dans Paris, la grand-ville, un lion et une demoiselle. À la vérité, le lion n'était ni très gros ni très redoutable, et la demoiselle était retraitée des Postes, Télégraphes et Téléphones. Il y eut entre ces deux êtres une merveilleuse histoire d'amour, qui devait, comme toutes les histoires d'amour, finir par la mort. Autour d'eux, dans la grand-ville, des femmes et des hommes vivaient bien ou mal, faisaient tour à tour le bien et le mal. Ces hommes, ces femmes ont vécu et vivent encore. Le lecteur mettra peut-être un nom sur certains personnages d'une chronique qui n'est pas si imaginaire que l'on croit. Conte philosophique ? Satire sociale ? Livre à clef ?... Pourquoi enfermer l'auteur dans un genre ? « Le lion et la demoiselle » est en tout cas une oeuvre originale, où l'humour met en pièces, subtilement, certaines de nos institutions. Mais qui se cache donc derrière Pierre Debassac ?

  • À Saïgon, en pleine rue, dans la phase cruciale des « événements » d'Indochine, un Français, dont l'action répressive contrarie les plans du Vietminh, est abattu. Deux de ses proches collaborateurs, dont l'un vietnamien, se retrouvent autour d'un plateau à opium, et s'entretiennent des circonstances de sa mort. À la version officielle en est opposée une autre, qui nous révèle l'envers du décor exotique d'un pays depuis trop longtemps déjà en proie aux tiraillements, où les valeurs morales s'altèrent à mesure que se dégradent les anciennes positions coloniales, où les amours et les haines, les passions humaines les plus pures comme les plus sordides, chez les Blancs comme chez les Jaunes, s'opposent dans une atmosphère de fin d'un monde.

  • Imaginez un pays soumis à une dictature. Un jour, la mort frappe tous les citoyens. Une mort étrange, différente de celle que nous connaissons. Seules quelques personnes sont épargnées. Parmi elles, le dictateur. Il dispose encore d'une partie de son appareil répressif. Que va-t-il en faire ? Pour exercer son pouvoir, il a besoin du Dispositif. Quel dispositif ? Celui qui agit sur le temps. Quel temps ? C'est précisément un des thèmes du livre. Il ne s'agit ni d'un roman fantastique ni d'un roman de science-fiction. L'auteur a tiré de la réalité stupéfiante d'aujourd'hui des situations apparemment insolites qui permettent, sinon de répondre aux questions qui nous préoccupent, du moins de les éclairer d'une manière nouvelle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Avec ce premier livre, LE REMUE-MÉNAGE, Claude Francolin témoigne pour les jeunes gens de son temps, et montre que les Julien Sorel d'aujourd'hui sont le plus souvent des « petites mômes très attentives et très sérieuses » qui ont, comme Geneviève, des yeux tristes, un chignon strict et beaucoup de dignité. Jean-Jacques : son grand-père était ouvrier mineur ; sa mère, à soixante ans, fait encore la lessive de « ces dames » ; lui pourrait être avocat, mais avec ses diplômes en poche, il préfère jouer au journaliste, tout en rêvant de devenir metteur en scène. Geneviève : elle est la nièce de Louis Bertin, le célèbre réalisateur de films qui seront un jour dans toutes les cinémathèques. Assistante-monteuse au studio de Saint-Cloud. Jean-Jacques et Geneviève se rencontrent : c'est donc apparemment, un roman d'amour qui commence. En fait, pour Jean-Jacques, c'est le grand bouleversement qui précède l'âge adulte : un sacré remue-ménage. Mais, pour Geneviève ? Elle vit dans une sorte de désanchantation infantile : elle surgit, séduit, puis se dérobe. Est-elle seulement coquette ou son comportement ne traduit-il pas plutôt l'instabilité de cette génération qui n'a pas encore trente ans ? « Si la Libération n'avait pas été trahie... » se dit parfois Jean-Jacques avec amertume... ces deux êtres secrets, toujours sur la défensive, eussent-ils réussi à briser la vitre, à réussir le bonheur ? Mais peut-être, dans cette histoire d'amour malheureux, le lecteur retiendra-t-il surtout, parmi les personnages - journalistes, militants syndicalistes, étudiants - qui hantent le livre, le visage tragique de la mère de Jean-Jacques, cette femme usée qui voulait être institutrice, qui a sacrifié toute sa vie pour que son fils devînt « quelqu'un » et qui s'affole de ne plus reconnaître son oeuvre dans ce jeune intellectuel qui lui échappe alors même qu'il cherche à lui donner les clefs de son existence humiliée.

  • C'est Charlie Chaplin que, par bien des aspects, nous rappelle le petit garçon Lud dont Henri Arliguy raconte l'histoire au cours de son premier livre : T comme Thérèse. Ce roman, qui transpose sur le plan littéraire les images et les découvertes du cinéma, dégage une poésie envoûtante, pleine d'ironie, de farces saugrenues, dans le même sens qu'un film des Marx Brothers. Promenade merveilleuse au milieu de la fantaisie, du rêve mêlé à la vie réelle, de l'aventure la plus imprévue. Le fantastique de l'enfance s'exprime ici avec une habileté et une émotion tout à fait neuves.

  • Voici le roman de l'ambition, le mal de notre époque où les hommes nient les valeurs spirituelles. Le bonheur ? C'est l'argent, les robes, les voitures, les voyages, la grande vie. Et pour Rossana, la petite fleuriste vénitienne, le bonheur, c'est un mari riche... Pour entrer dans le cercle magique, Rossana n'a rien d'autre à monnayer que son beau corps de dix-huit ans qui attire l'attention des hommes, des yeux sombres qui évoquent les nuits voluptueuses sur l'Adriatique, une peau douce comme un péché. L'aventure se noue au coin de la calle Mandello, un après-midi de juillet si torride que Venise paraît somnoler ; elle se poursuit dans les fêtes de la Ca'Ceschi, où Rossana remplace au bras de Glenn une maîtresse qui n'était pas au rendez-vous. Et Rossana réussit à se faire épouser par cet homme qu'elle ne connaît pas, dont l'effroyable laideur l'attire de manière morbide, et qui brasse des millions dont nul ne sait comment ils ont été gagnés. Mais Glenn emporte au loin l'imprudente, bâtit autour d'elle une invisible prison et trahit peu à peu le secret de son passé, le secret de son âme. Derrière la façade de l'homme du monde, surgit un autre visage, implacable, terrifiant et cependant désespéré, celui d'un homme qui n'a reculé devant rien pour conquérir sa place dans le monde de l'après-guerre. Désormais, Rossana en sait trop ; sa vie est en danger : le couple entame une lutte sans merci où la cruauté alterne avec la peur, et la peur avec la sensualité. La fin du récit est bâtie avec une rigueur mathématique qui évoque les meilleurs suspenses de Hitchcock.

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