FeniXX réédition numérique (France-Empire)

  • Petit paysan illyrien, Pierre Sabbatius fut, à la fin du Ve siècle, adopté par son oncle Justin, lui-même ancien berger qui avait fait carrière dans la Garde impériale de Constantinople. L'oncle illettré fit de son fils adoptif, devenu Justinien, un savant puis, parvenu miraculeusement au trône, l'associa au pouvoir. Consul, César puis Auguste à son tour, Justinien, nostalgique du vieil Empire romain tombé sous les coups des Barbares, travailla sans désemparer à reconquérir l'Occident. En un quart de siècle, avec l'aide de généraux prestigieux comme Bélisaire ou Narsès, il récupéra l'Afrique sur les Vandales, l'Italie sur les Ostrogoths et une partie de l'Espagne sur les Wisigoths. Conquérant, législateur, bâtisseur, théologien, ce monarque ultra-catholique épousa une actrice hérétique, Théodora, qui fut peut-être prostituée. Ayant élevé cette femme superbe, intelligente et cruelle jusqu'au trône, il forma avec elle l'un des couples les plus célèbres et les plus stupéfiants de l'Histoire. La mort de Justinien en 565 marqua la fin du rêve impérial et la consommation du divorce entre l'Orient et l'Occident.

  • Un souverain a rarement été exécré et maudit, aimé et admiré, comme Tamerlan (1336-1405). Il n'existe sans doute pas d'autre figure historique qui soit si pleine de contradictions. Tamerlan est, avec Gengis-khan, son modèle, l'homme le plus extraordinaire qu'ait produit l'Orient depuis la chute de l'Empire romain. Selon la tradition, fort contestable, il descendrait de Gengis-khan. Taragaï, son père, chef de la tribu des Barlas, appartient à cette féodalité turque de Transoxiane qui s'était peu à peu rendue indépendante des khans mongols. Lorsque le khan du Mogholistan, Tughlug Temür, conquiert la Transoxiane, il laisse comme vice-roi à Samarkand son fils Ilyas Khodja. Celui-ci voit, à tort, en Tamerlan un fidèle vassal et le choisit comme principal ministre. Mais le fils de Taragaï rompt bientôt avec lui et, après des combats aux fortunes diverses, le chasse de la Transoxiane avec l'aide de son beau-frère Mir Husaïn. Tamerlan, après avoir fait assassiner Mir Husaïn qui lui disputait le pays, se proclame khan. Musulman fanatique nourri du Coran, il combat sous la bannière du Prophète. Cultivé, amateur de littérature persane et d'art, il ne cesse cependant, toute sa vie, de massacrer et de piller, n'épargnant pas plus les musulmans que les chrétiens ou les païens. De 1370 à 1404, en trente-cinq années de campagnes, il va bouleverser l'Asie intérieure sans jamais connaître la défaite. Il commet partout d'effroyables ravages, fait élever à l'entrée des villes qui ont tenté de lui résister des pyramides de têtes, de mains et de pieds coupés. S'étant rendu maître de Kharezm, du Mogholistan et de la Perse, il intervient dès 1380 dans les conflits de succession en Russie en accordant sa protection à Toktamich et en l'aidant à conquérir le trône. Peu après, menacé par son protégé qui envahit l'Azerbaïdjan et la Transoxiane, Tamerlan riposte par une invasion foudroyante de la Russie mongole. En 1398, il se tourne vers le sous-continent indien, remporte sur Mahmud Chah II la victoire de Panipat et saccage Delhi qui mettra plus d'un siècle à se relever. En 1400, il part pour l'Asie Mineure puis, infléchissant sa marche, attaque les Mamelouks, maîtres de la Syrie et de l'Égypte : Alep et Damas sont ravagées et pillées ; dans Bagdad, enlevée l'année suivante, quelque 90 000 habitants sont massacrés et presque tous les monuments détruits. Puis Tamerlan passe en Anatolie où il se heurte aux Ottomans : vainqueur du sultan Bayezid Ier Yldirim, il atteint les rivages de la mer Égée. Il va entreprendre une ultime campagne contre la Chine lorsqu'il meurt en chemin, le 19 janvier 1405. Avec lui s'achève le temps où ces incroyables cavaliers nomades armés d'arcs et de flèches imposaient leur foi dans toute l'Eurasie.

  • Le monde s'apprête à fêter le deux millième anniversaire de la naissance du Christ et l'entrée de la chrétienté dans le troisième millénaire. Pourtant, beaucoup ignorent que la merveilleuse histoire commencée dans une crèche de Palestine aurait pu s'achever tragiquement au début du IVe siècle. À cette époque, en effet, l'Empire romain décida d'éliminer une bonne fois pour toutes la religion chrétienne qui, venue de Judée, menaçait d'investir l'ensemble de la Romanité. Pendant près de dix ans, les empereurs Dioclétien, Maximien, Galère et Maximin II Daïa s'acharnèrent à détruire le christianisme par une persécution effroyable et jusqu'alors inégalée. Crucifixions, décapitations, noyades, lapidations, pendaisons, tortures de toutes sortes devaient éradiquer la pernicieuse doctrine. En 312, le miracle se produisit. Constantin, Auguste de la Gaule, décida de réunifier l'Empire en s'emparant d'abord de l'Italie. Peu de temps avant la décisive bataille du pont Milvius qui devait l'opposer à son rival le plus dangereux, l'empereur païen Maxence, Constantin vit un phénomène étrange dans le ciel. Il crut d'abord à une manifestation d'Apollon, le dieu protecteur de sa famille, mais fut bientôt persuadé que c'était le Christ qui, en réalité, soutenait son combat. Vainqueur au pont Milvius, Constantin entra dans Rome. Reconnaissant, il fit quérir le chef de la communauté chrétienne, le pape Miltiade, à peine sorti de la clandestinité des catacombes, et l'installa solennellement au palais impérial du Latran. L'aventure fabuleuse de l'Église catholique commençait. Seize siècles après, elle dure toujours, et le pape Jean-Paul II, glorieusement régnant, est le successeur direct de ce Miltiade, transi et en haillons, que Constantin promut au rang d'interlocuteur privilégié du pouvoir impérial.

  • Hannibal est un personnage mythique des guerres puniques (IIIe siècle avant J.-C.) qui mirent aux prises tous les pays du bassin méditerranéen. Stratège hors pair, le Carthaginois Hannibal s'est révélé dès l'adolescence un chef ambitieux qui lutta contre Rome toute sa vie et demeura près de quarante ans loin de sa patrie pour honorer le serment qu'il avait fait à son père : combattre les Romains. Une lutte qui l'entraînera d'Afrique en Espagne, qui lui fera franchir le Rhône, les Alpes, avec une armée de mercenaires et d'éléphants et remporter en Italie les légendaires batailles de Cannes et du lac de Trasimène. Une lutte qui en fera un héros puis une victime, enfin un exilé en Asie et un apatride, qui lui fera accomplir des exploits et le conduira au suicide. Le parcours d'Hannibal est lié à celui d'une des villes les plus riches de l'Antiquité au destin attachant et pitoyable : Carthage, qui sera rasée par les Romains dans l'un des plus horribles massacres de l'histoire. Mais quel homme était Hannibal ? Pourquoi ne s'est-il pas emparé de Rome ? Pourquoi est-il considéré comme l'un des plus grands chefs militaires de l'histoire ? Autant de questions que l'une des plus éminentes spécialistes de l'Antiquité aborde dans cette biographie épique, vivante et complète, qui a le mérite de soulever les problèmes et d'y répondre.

  • C'est dans les années 380 qu'à Rome et à Constantinople on commença à parler d'une nouvelle famille de barbares apparus sur les bords de la Volga. Ils venaient de l'Orient, au-delà du monde connu, et ressemblaient à peine à des hommes, disait-on. "Jamais on avait vu des barbares aussi laids, des barbares qui ne pouvaient être que malfaisants." C'étaient les Huns ! La panique, devant ces envahisseurs, va se propager, brisant le fragile équilibre qui s'était établi entre le monde romain et la mosaïque des peuples turbulents éparpillés de la Baltique au Danube. Sous la poussée des Huns, Goths, Alains, Burgondes, Lombards, Vandales, Wisigoths vont submerger les frontières de l'Empire et mettre fin à la domination romaine. L'heure d'Attila est venue. Le "Nain Hideux", le "Fléau de Dieu", deux surnoms qui révèlent la terreur qu'imposa le roi des Huns à ses contemporains. Pourtant, le "Nain Hideux", fut un géant qui domina aussi bien les empires perse et romain que les tribus barbares et fut un grand séducteur qui sut se faire aimer... Quant au "Fléau de Dieu", on raconte qu'à la demande de sainte Geneviève il épargna Paris et que Léon 1er sut le convaincre de ne pas piller Rome. Son immense empire s'effondra à sa mort, en 453.

  • Alexandre, le chef incomparable, est mort à trente-trois ans, et on ne sait ce qui est le plus admirable entre les prodigieux exploits qu'il a réalisés et les prodigieux projets qu'il allait entreprendre. On comprend que la légende se soit emparée de ce héros d'une folle bravoure - roi de Macédoine, pharaon d'Égypte, Roi des rois, empereur du monde connu. Il était capable de risquer son armée dans des aventures insensées, à travers des déserts de glace ou de sable, capable de massacrer des populations civiles par milliers... et de pleurer trois jours sur la mort d'un compagnon ; il était capable de controverser avec Aristote, capable d'entraîner à sa suite philosophes, artistes, ingénieurs... et d'ordonner l'incendie de Persépolis où se consumèrent des trésors d'art et de connaissances. Il était mystique, convaincu d'être investi d'une mission par les dieux, obsédé par son rêve fou d'empire universel, et en même temps chef de bande qui ne voulait manquer aucun assaut, aucune bataille, aucune poursuite... Le récit de Philippe Guilhaume est celui d'une extraordinaire épopée qui nous entraîne à travers les fabuleuses richesses du monde antique sur les traces du plus grand des conquérants, en Grèce, en Asie Mineure, en Égypte, en Mésopotamie, en Perse, en Afghanistan et jusqu'en Inde... aux confins du monde connu. C'est un récit de batailles et de complots, de trahisons et de passions : celle d'Alexandre pour Hephestion - l'ami incomparable, le confident, l'amant - et celles des épouses, Barsiné, Roxane et Statyra.

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