FeniXX réédition numérique (La Différence)

  • En découdre avec cela, le trou qui aspire toute idée, tout repère, toute perspective ; écrire nécessairement dans le désordre, sachant l'impossible et l'aveuglement et l'errance... Autrement dit, prendre acte de la fuite : naviguer conséquemment au milieu des épaves et des fragments : assister au démembrement immense ; demeurer sur la brèche, compter les points. Tel fut, en résumé, le comble de ce livre : ne rien omettre de ma déperdition, de ce poudroiement, de ce trou qui m'évide. Et faire en sorte que la littérature restitue, bien qu'imparfaitement, quelque chose de ces intensités. J.-M. T.

  • En regardant longtemps certains paysages, il m'arrive de faire surgir quelque part au fond de ma mémoire des souvenirs qui me viennent je ne sais d'où. Ce pouvoir, je l'ai toujours eu. Il a enchanté mon enfance. Quelque chose, mais très peu, en est passé dans mes livres. Ce sont des souvenirs, qui sont au-delà des vrais souvenirs, ceux qu'on situe, ceux qu'on date, mais comment exprimer quelque chose d'aussi secret ? Plus on en parle, plus le mystère augmente. Quand j'étais enfant, j'écoutais ma soeur me jouer des pages de Schumann, et il y en avait une dont le titre me plaisait presque autant que la musique : Des pays lointains. Plus tard, j'inventai une espèce de géographie des pays lointains. (...) Les villes qui sont ici sont « mes » villes : je l'entends comme étant les villes telles que je les ai découvertes et qu'elles sont restées pour moi. D'autres les verront selon leur humeur ; car c'est un des charmes de notre terre d'offrir à chacun de nous ce que son coeur cherche obscurément. Julien Green, de l'Académie Française.

  • Quand le beau, charmeur et donjuanesque John Harold Finger accepte la place de précepteur de la jeune Flo dans le domaine paradisiaque des Orchidées sauvages, il ignore ce qui l'attend. Avec une ironie voluptueuse et perverse, Nelly Kaplan se joue de la fatuité des hommes et nous entraîne avec son don Juan dans le royaume trompeur des trop belles illusions.

  • Publié en 1974 sous le titre Mémoires d'une liseuse de draps par Jean-Jacques Pauvert, ce roman, signé Belen, fut aussitôt interdit par la censure et privé de diffusion. Était-ce l'inceste, la zoophilie ou le vent libertaire gonflant les voiles du Sperma sur lequel vogue l'héroïne, qui dérangea les censeurs ? Nous ne le saurons jamais. Un quart de siècle plus tard, légèrement revisité par son auteur, voici donc ce roman qui n'a rien perdu de sa drôlerie et de sa joyeuse provocation envers les âmes bien pensantes.

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