FeniXX réédition numérique (Paradigme)

  • La misère, impensable, est d'abord, dans tous les sens, l'innommable. Pour forcer sa réalité à accéder en nous à l'existence, Hugo emprunte, de façon récurrente, des voies obliques. Ce sont quelques-uns de ces chemins de traverse du discours romanesque que l'on essaie d'analyser ici : la poétique du nombre, abîme du quantitatif désocialisant ; le grotesque « bricolage », étrange médiateur du progrès ; les variations sur le thème du sujet des tréfonds, d'Eponine, héroïne de la République assassinée à Thénardier, irréductible « filousophe » ; les détours actanciels de l'affirmation auctoriale d'une Vérité. Ces paroles atteignent leur but par ricochets ; elles rompent le silence, en attente d'un progrès à venir, coïncidant avec le triomphe de « l'amour fou », le sacrifice du moi en chacun et son oblation.

  • « Transparent », inépuisable, Racine est de ces écrivains qui, loin de décourager les critiques, ne cessent de les solliciter. Il nous a donc paru utile de grossir la bibliographie racinienne par le présent volume. Le lecteur y trouvera un échantillonnage de ce qui s'est dit sur Racine au cours des dernières années, de ce qui se dit aujourd'hui, notamment à propos des trois pièces inscrites au programme de l'agrégation. Ce choix permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis que Mauron, Goldmann et Barthes ont renouvelé la lecture de Racine.

  • À la fin des années folles, un jeune aventurier sans ancêtres, sans enfance, sans diplômes - mais non sans culture - venait parler de la condition humaine... Dans son roman, c'étaient le monde même, et la sauvagerie des hommes, qui se trouvaient nerveusement sténographiés. Les articles réunis ici témoignent des réactions à la fois passionnées et lucides provoquées alors. Ils montrent aussi que l'oeuvre de Malraux mérite d'être lue pour elle-même et non parce qu'elle renverrait à la biographie mythique de son auteur. Il y a un univers romanesque, une écriture romanesque de Malraux, une voix de romancier étonnamment accordée avec la sensibilité moderne.

  • À partir de 1850, Nerval adopte une forme narrative qui renouvelle la tradition du récit excentrique, une forme qu'il fonde sur l'observation du monde contemporain. Aux errements du siècle, le narrateur oppose des ailleurs : le Valois, des pays étrangers, le monde des rêves. Moins nostalgique que critique, cette opposition anime une authentique pensée du progrès. Ce réalisme atypique trouve son achèvement dans « Angélique », « Sylvie », « Octavie », « Aurélia ». En 1854, réunissant certains de ces textes avec d'autres plus anciens et « Les Chimères », Nerval compose un des plus étranges « recueils » de notre littérature : « Les Filles du Feu ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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