FeniXX réédition numérique (Robert Laffont)

  • Ce n'est pas un manifeste; seulement la remise en ordre d'idées reçues, la réhabilitation d'un peuple épars, d'une caste discrète.

  • Ahmed Zitouni est né en 1949. Journaliste, enseignant dans le cadre de la fonction publique Territoriale (concours administratifs), écrivain, il est l'auteur de Avec du sang déshonoré d'encre à leurs mains (Robert Laffont, 1983), Aimez-vous Brahim ? (Belfond, 1986) et Attilah Fakir (Souffle, 1987, Prix de l'Événement du jeudi). Il vit à Aix-en-Provence.

  • Il y aurait, en France, environ 97 % de personnes alphabétisées. Mais combien sont réellement cultivées ? Connaissances floues, discours uniformisés, information pléthorique et mal assimilée : l'inculture, aujourd'hui, a pris le masque de la Lettre, dont chacun s'accorde à vanter les mérites sans se soucier de son contenu. Mais à quoi bon savoir lire et écrire si la lecture et l'écriture ne sont sous-tendues par aucun esprit critique, aucune rigueur, aucun goût de l'authentique ? On ne mesure pas le degré de culture d'une société au nombre de ses lisants-écrivants, mais à l'aune de son génie. Aujourd'hui, des politiciens jargonneurs, des écrivains pétris de leur ego, des éducateurs épris de performance ont perverti ces merveilleux instruments de connaissance que sont les mots. Ces tenants de l'inculture lettrée ont pris la place des artisans, des conteurs et des artistes, qui étaient autrefois les vrais dépositaires du savoir authentique. "Hélas, dirait Jacques Perret, les analphabètes, de nos jours, se font de plus en plus rares !"

  • La faiblesse n'est pas aimée. On fustige les timides, on brocarde les frêles et les paresseux. Il est mal venu de prendre ses jambes à son cou, ses passions trop à coeur, les choses comme elles viennent. Notre époque préfère la force, qu'elle confond volontiers avec la vertu et le rendement. Elle nous commande d'être combatifs, performants, courageux, volontaires. Tout cela est épuisant. Qui n'a pas rêvé, un jour, de cesser de jouer au plus fort ? Qui ne voit que le courage affiché n'est qu'une témérité affectée ? Et les femmes, que certains croient conquérir en étalant une robustesse sportive, ne sont-elles pas plus profondément attachées à ceux qui révèlent une fragilité, qui acceptent de s'avouer vaincus ? Alain Paucard a bien souvent succombé à la faiblesse, et la pratique aujourd'hui avec détermination. Il a cependant eu la force de composer cet essai, iconoclaste et drôlissime, dédié à la gloire de nos petites lâchetés, de nos tendres travers, de nos péchés mignons, de nos secrètes fêlures. Il faut, nous dit-il, chérir nos vices privés comme notre part la plus intime, la plus éclairante. Reconnaître sa faiblesse, c'est choisir de rester comme l'on est, sans la mauvaise conscience qui nous pousse aux engagements. La faiblesse, avouée sans honte est le premier pas vers l'apaisement, lui-même antichambre de la sagesse. En ce sens, ce livre, qui rassérène, n'est pas un éloge de l'esquive et de la dérobade : c'est une apologie de la douceur de vivre.

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