Sciences humaines & sociales

  • Née à Saint-Sauveur-en-Puisaye en 1873, Sidonie Gabrielle Colette quitte sa Bourgogne aimée à l'âge de vingt ans, au bras de son époux, Henry Gauthier-Villars, dit Willy. Journaliste de talent, coqueluche des salons parisiens, Willy dirige une équipe de « nègres » talentueux dont il signe les productions. Colette livrera ainsi quatre romans à succès : la série des Claudine. Séparée de Willy, elle signe enfin ses propres oeuvres : La Retraite sentimentale, Les Dialogues de Bêtes, La Vagabonde, Les Vrilles de la vigne, tout en se produisant sur la scène des music-halls parisiens et provinciaux. En 1912, elle épouse Henry de Jouvenel, qui dirige Le Matin, et met au monde, en 1913, sa fille Colette, dite « Bel-Gazou ». Elle publie notamment, en 1919, Mitsou ; Chéri, en 1920, est un immense succès. En 1923, paraît Le Blé en herbe, puis La Maison de Claudine, marquant le retour de Colette à son enfance sous le règne enchanteur de sa mère : Sido. La Naissance du jour (1928), sur le thème du renoncement à l'amour, puis Ces plaisirs (Le Pur et l'Impur), en 1931, sont la clé de voûte d'une oeuvre qui a fait de Colette l'un des maîtres prosateurs du siècle. Peu à peu, contrainte à l'immobilité, elle apprivoise sa souffrance et plonge dans le passé avec Journal à rebours, un roman à clés : Julie de Carneilhan (1941), et une oeuvre pétillante : Gigi. Elle cisèle encore le souvenir de Sido dans L'Étoile Vesper (1946). Colette s'éteint le 3 août 1954. « Il m'a fallu beaucoup de temps pour noircir une quarantaine de volumes. » Une longue route sonore, une oeuvre qui chante, comme une source inépuisable.

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