Littérature générale

  • Pour la famille Bennet, qui compte cinq filles à marier, l'arrivée de deux jeunes et riches célibataires dans le voisinage est une aubaine. Le sombre Mr Darcy saura-t-il vaincre le mépris d'Elizabeth ? Les soeurs de Mr Bingley parviendront-elles à le dissuader de déclarer ses sentiments à Jane ? Le happy end tant attendu par le lecteur du chef-d'oeuvre de Jane Austen aura bien lieu, mais au terme d'innombrables intrigues et retournements, cocasses ou cruels.

  • Contrairement à l'idée reçue qui fait de lui la figure de proue des avant-gardes du XXe siècle, Baudelaire fut à la fois moderne et antimoderne.
    C'est ce que montre son obsession pour certaines des nouveautés de son temps : la presse, la photographie, la ville et les manières de faire de l'art. Autant de facettes d'une même « chose moderne », fuyante et contradictoire, à laquelle il donne le nom de modernité. Face à ces bouleversements, le poète est partagé entre l'horreur et l'extase : les journaux à grand tirage le dégoûtent, mais il assiège ces « canailles » de directeurs pour qu'ils le publient ; il attaque la photographie, mais il pose pour des clichés de légende...
    Cette ambivalence constitue la toile de fond du Spleen de Paris, sommet des contradictions du dernier Baudelaire, véritable objecteur de la conscience moderne. Avec brio, Antoine Compagnon dessine le portrait d'un poète insoupçonné autant qu'irréductible.

  • Il va de soi aujourd'hui que Montaigne est notre ami. Il nous captive, nous émeut, nous persuade. Pourtant, Montaigne nous trompe. Il nous conduit par le bout du nez
    Échapper à son charme pour saisir ce qu'il a vraiment voulu dire, pénétrer dans l'atelier pour découvrir ce que son entreprise comporte d'audace et de ruse, de vertu et de vice, de vérité et de mensonge : tel est le but de cet ouvrage. En comprenant le philosophe comme il s'est compris lui-même, nous verrons plus clair dans ce que nous sommes devenus après lui et, pour une part, à cause de lui.
    Dans cet essai magistral, Pierre Manent ne se contente pas de présenter à nouveaux frais l'oeuvre d'un auteur décisif de notre modernité : ce sont les valeurs de l'homme moderne qu'il interroge à travers lui.

  • « Au rythme où progresse le brave new world libéral, si aucun mouvement populaire autonome (j'entends par là : non soumis à l'hégémonie de ces mouvements "progressistes" qui ne défendent plus que les seuls intérêts culturels des nouvelles classes moyennes des grandes métropoles du globe, soit un peu moins de 15 % de l'humanité), capable d'agir collectivement à l'échelle mondiale, ne se dessine rapidement à l'horizon, alors le jour n'est malheureusement plus très éloigné où il ne restera presque rien à protéger des griffes du loup dans la vieille bergerie humaine.
    Mais n'est-ce pas, au fond, ce que Marx lui-même soulignait déjà dans le célèbre chapitre du Capital consacré à la journée de travail ? "Dans sa pulsion aveugle et démesurée, écrivait-il, dans sa fringale de surtravail digne d'un loup-garou, le Capital ne doit pas seulement transgresser toutes les limites morales, mais également les limites naturelles les plus extrêmes."
    Les intellectuels de gauche n'ont désormais plus aucune excuse. »

  • «Mettre un pied devant l'autre est l'une des choses les plus importantes que nous fassions.»

    Erling Kagge, aventurier des temps modernes, choisit de prendre le temps dans une société où tout doit aller vite. Dans Pas à pas, il défend un «art de vivre» mettant la marche au coeur de notre existence, comme principe fondateur de l'homme et discipline philosophique à part entière.

  • « S'abstraire du monde ne veut pas dire tourner le dos à ce qui nous entoure, au contraire : c'est voir le monde avec davantage d'acuité, garder le cap et apprécier la vie. » Dans ce récit intime et militant, Erling Kagge, aventurier des temps modernes, nous montre qu'il suffit parfois de quelques grammes de silence pour trouver son chemin dans le vacarme du monde.

  • «L'Aventure, l'Ennui et le Sérieux sont trois manières dissemblables de considérer le temps. Ce qui est vécu, et passionnément espéré dans l'aventure, c'est le surgissement de l'avenir. L'ennui, par contre, est plutôt vécu au présent : dans cette maladie l'avenir déprécie rétroactivement l'heure présente, alors qu'il devrait l'éclairer de sa lumière. Quant au sérieux, il est une certaine façon raisonnable et générale non pas de vivre le temps, mais de l'envisager dans son ensemble, de prendre en considération la plus longue durée possible. C'est assez dire que si l'aventure se place surtout au point de vue de l'instant, l'ennui et le sérieux considèrent le devenir surtout comme intervalle : c'est le commencement qui est aventureux, mais c'est la continuation qui est, selon les cas, sérieuse ou ennuyeuse.» Publié en 1963, L'Aventure, l'Ennui, le Sérieux est un jalon majeur de la pensée de Vladimir Jankélévitch. Cet ouvrage constitue une première synthèse de sa pensée, où l'on peut distinguer deux critères essentiels qui fondent l'unité de son oeuvre : la dignité philosophique donnée à des objets jugés mineurs, et la volonté radicale de mettre en lumière la dimension temporelle de l'action.

  • "Depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, nous vivons dans une ambiance détestable que la classe politique, par cynisme ou par simple bêtise, a contribué à rendre plus détestable encore en favorisant ce que Spinoza appelle les passions tristes - la jalousie, le ressentiment et, surtout, la peur. Le pouvoir de ces passions est terrifiant. On ne peut évidemment pas y faire efficacement obstacle en publiant des articles dans les journaux. Mais il est des moments, en dehors de toute considération d'efficacité, où se taire, quand on a le privilège de pouvoir s'exprimer, devient une faute." Jérôme Ferrari.

  • Peut-on écrire une thèse sans mourir d'ennui ou devenir à moitié fou? Oui, et mieux encore, répond Eco : il faut vivre la thèse comme une chasse au trésor, et non un rite masochiste d'un autre âge. Quels que soient sa durée, son nombre de pages, la discipline choisie ou le sujet lui-même, tout travail de recherche, du mémoire au doctorat, est un exercice inégalé pour la formation de l'esprit, à condition de bien s'y prendre.
    Définition du sujet, plagiat, paraphrase, mais aussi relations diplomatiques avec son directeur de recherche : avec humour, tendresse et pragmatisme, Umberto Eco accompagne quiconque désire apprendre à chercher, réfléchir et construire une pensée personnelle, dans un ouvrage qui est peut-être avant tout un merveilleux guide pour, simplement, bien écrire.

  • «Nous savons que ce ne sont pas des pensées comme les autres, ces pensées qui nous relient ou nous séparent les uns des autres, par exemple lorsque je ne cesse de penser à ta venue ou à ton départ - ou même à ta disparition -, ou lorsque notre dispute me revient à l'esprit, ou lorsque je dois t'annoncer une épreuve - ou te déclarer mon amour. Ces pensées ont beau être singulièrement intenses, parmi nos pensées, et singulièrement vitales, dans nos vies, nous les réduisons à des cas isolés, nous n'y pensons plus.
    Or, le but de ce livre est simple : il consiste à expliquer pourquoi "penser à quelqu'un", ce n'est pas comme penser à "quelque chose", mais pas non plus une exception pour la pensée, ni dans la vie. Bien plutôt un modèle de la pensée, et une orientation dans la vie.»
    Frédéric Worms.

  • "Trente ans après sa mort, à ma grande surprise, le nom de Françoise Dolto n'évoque pas grand-chose chez ceux qui sont nés dans les années 1980-1990 ou plus tard. Les trentenaires ne savent pas ce qu'ils lui doivent, alors même que leurs parents sont de la « génération Dolto », qui l'a écoutée à la radio. Comme ils sont en âge aujourd'hui d'être parents, il n'est peut-être pas inutile qu'ils découvrent que tant de choses qui leur paraissent aller de soi n'allaient justement pas de soi..."
    Qui était Françoise Dolto ? Que reste-t-il de son oeuvre trente ans après sa mort ? Au fil d'une journée fictive, Caroline Eliacheff évoque les multiples facettes de celle qui fut à la fois une clinicienne de génie, une théoricienne méconnue, la femme d'un seul homme, mère de trois enfants, et une citoyenne engagée dans son époque. Une journée particulière sans hiérarchie aucune, où la célèbre psychanalyste est tour à tour femme, mère et professionnelle...

  • Que se passe-t-il lorsqu'on court après un ballon ? Que ce soit pour s'en saisir ou pour le reprendre au bond, qu'il soit ovale ou rond, en cuir ou en caoutchouc, l'affaire relève autant du banal que de l'extraordinaire.
    Sur son terrain de jeu improvisé, Bernard Chambaz montre qu'on peut persévérer dans l'être avec Spinoza, trouver le plus court chemin vers l'universalité, faire l'expérience de la liberté dans le collectif... et que nombre de philosophes furent aussi, à l'occasion, gardiens de but !
    Paresseux ou sportifs chevronnés, suivez sa plume vagabonde : entre souvenirs d'enfance et grands moments du sport, avec une légèreté toute poétique, le ballon retrouve sa force d'émotion, juvénile et universelle.

  • «Je suis spontanément conjugaliste. J'apprécie que les amours durent, que les malentendus se dissipent et que les écarts se pardonnent. J'aime que les dépits se dépassent, que les séparés se retrouvent et que personne ne meure à la fin. Donc je suis souvent déçue. Les gens n'arrêtent pas de mourir ; cela ne les retient pas une seconde de se fâcher à mort auparavant.»
    Dans ce précis de l'attachement à contre-courant de l'air du temps, Claude Habib défend avec humour les vertus de l'ennui qui suit presque immanquablement l'effervescence de l'amour. L'extase, et après?
    Battant en brèche les préjugés, elle livre un éloge combatif du charme discret de la vie à deux : et si, plutôt que de chercher dans le couple un remède à l'ennui, il valait mieux se faire à sa douceur familière?

  • Le 8 mars 2014, Ghyslain Wattrelos a perdu Laurence, sa femme, Ambre et Hadrien, leurs enfants de 13 et 17 ans, dans la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Que s'est-il passé cette nuit-là à bord du Boeing 777? Aujourd'hui, un grand nombre de questions demeurent. Comment un avion avec 239 personnes à bord a-t-il pu se volatiliser?

    Pas de zone de crash, pas de corps. Confronté à un deuil impossible, pris dans les fils d'une enquête remplie de zones grises, Ghyslain consacre chacune de ses journées à la recherche de la vérité, n'hésitant pas à prendre des risques, pointant du doigt les incohérences, les mensonges et les silences. Avec une conviction : des gens savent.

    Dans un récit bouleversant mêlant l'enquête et l'intime, Ghyslain Wattrelos livre ses interrogations, ses doutes, sa colère, mais aussi la douleur d'un père qui doit la vérité au seul enfant qu'il lui reste.

  • Dans ces vingt-huit lettres, les auteurs s'écrivent à eux-mêmes, se confient et donnent des conseils à ceux qu'ils ont été. Tour à tour drôles, émouvantes, sérieuses, complices, elles ont toutes le même effet (et le même but) : s'accepter tels que nous sommes, avec nos qualités et nos défauts. Et surtout avec bienveillance.

    Lettres de : Dedo - Titiou Lecoq - Rokhaya Diallo - Adrien Ménielle - Florence Porcel - Navie - Sophie Riche - FloBer - Océanerosemarie - MarionSeclin - Anne-Sophie Girard - Boulet - Ovidie - Sophie-Marie Larrouy - Patrick Baud - Bérengere Krief - ioudgine - Julien Ménielle - MirionMalle - Thomas Hercouet - Lauren Bastide - Marine Baousson - Nicolas Berno / Diglee- Gabrielle Deydier - Lucien Maine - Nadia Daam

  • Et si la Renaissance était née d'un livre ?
    Un livre perdu, connu par fragments, recopié par quelques moines et retrouvé, à l'aube du Quattrocento, par un humaniste fou de manuscrits anciens...
    Le De rerum natura de Lucrèce décrit un univers fait d'atomes en mouvement, qui s'entrechoquent au hasard, se séparent et se rencontrent à nouveau. Un monde sans cause première, en somme.
    La lecture de ce brûlot d'athéisme allait influencer des esprits aussi puissants que Montaigne ou Machiavel. Et précipiter les temps modernes.

  • Ce livre vous invite à découvrir le quotidien d'un ex professeur de collège qui se voit offrir une chance unique de donner un sens à son existence en acceptant le défi d'aller enseigner dans un lycée.

    Mais à l'instar de Rocky Balboa, son modèle (comme lui, il monte les marches d'escaliers quatre à quatre, mais la comparaison s'arrête là), le chemin va se révéler être truffé d'embuches : entre les élèves qui font tout pour gruger, les dames du CDI qui veulent sa disparition, les profs de maths et leurs rites démoniaques, on se demande à quel moment il trouve le temps d'enseigner l'anglais.
    Le combat sera rude et impitoyable.

    Plongez dans l'univers loufoque de Monsieur le Prof, parfois cynique, souvent fainéant mais toujours bienveillant, et surtout... éthique et responsable!

  • Tout semble avoir été dit sur les générations de femmes « libérées », ambitieuses, décomplexées et libres de leur corps. Mais les hommes ? Où sont les hommes ? Ceux qui savent combler une femme et bercer un enfant ? De l´avis des femmes, ils sont difficiles à trouver.
    Pour leur répondre, Vincent Cespedes ausculte la condition masculine aujourd´hui, sans langue de bois ni tabou : pourquoi les hommes ont-ils peur de s´engager dans une relation durable ? Pourquoi se font-ils reprocher d´être égoïstes et lâches ? Comment concilier la tendresse et la virilité ? la responsabilité et la passion ? les fonctions de bon amant et de bon père, de prince charmant et de ménagère ?
    De Sigmund Freud à George Clooney, en passant par les scénarios du « talk » et de la « date », des rituels de la drague et du couple jusqu´aux pièges de la paternité, Vincent Cespedes explore avec une franchise désarmante et beaucoup d´humour le nouveau continent inconnu du XXIeme siècle : l´homme.

  • Depuis une vingtaine d'années, le foie subit une véritable mutation. On estime aujourd'hui que 30% de la population présente de la graisse dans le foie, première étape avant la NASH, le plus souvent sans le savoir.
    La NASH est une maladie silencieuse, sans symptôme, qui dégrade insidieusement le foie. Cette forme d'hépatite, en l'absence de virus et de tout alcoolisme, liée uniquement à l'alimentation, entraîne cirrhose et cancer du foie, avec pour seule issue la greffe puisqu'il n'existe pour l'heure aucun médicament.
    Depuis plusieurs années, à l'insu du grand public, les médecins et les autorités de santé des pays occidentaux n'hésitent pas à qualifier la NASH de « fléau du siècle ». Une épidémie d'autant plus préoccupante qu'elle se propage discrètement par le contenu de nos assiettes.
    Un document saisissant qui s'adresse aussi bien à ceux qui veulent comprendre comment se tenir à l'abri de la NASH qu'aux patients qui veulent tout savoir du mal qui les ronge et retarder sa progression.

  • Que se passe-t-il dans la tête d'un garçon de dix-huit ans qui, un jour, quitte tout pour partir à Sainte-Hélène ? Et surtout, qu'est-ce qui le pousse à y rester ? La passion pour le mythe napoléonien ? L'amour de l'aventure ? L'envie de fuite peut-être ? La curiosité des îles ? Une rencontre ? Tout cela et plus encore... À cinquante ans aujourd'hui, ce gamin devenu homme inclassable, passionné, à la fois conservateur, jardinier et bâtisseur, a construit sa carrière sur ce minuscule bout de terre britannique perdu au milieu de l'Atlantique Sud, îlot mythique dont il est devenu le consul honoraire de France. Sur ce rocher isolé, battu par des vents mauvais et des pluies sans fin, mais qui sait aussi se montrer magnifique, luxuriant, il a beaucoup vu et vécu. De cette prison des antipodes, de ce qui est la dernière résidence de Napoléon, de cet espace où la France maintient une part de son prestige, il raconte tout. Les drames, le poids du passé, les personnages, les coutumes, le quotidien, la liberté, la vérité d'une population aussi sclérosée, parfois, que sans tabous. Lui qui a choisi de ressusciter le dernier lieu de vie de Napoléon et de ses compagnons d'exil dévoile son histoire, mais aussi notre Histoire. « Le gardien du tombeau vide » révèle d'une plume magnifique, à la fois poétique, alerte et pleine d'humour, combien son destin, chacun doit le forger. La légende vient après...

  • Plus de deux ans après le suicide du professeur Jean-Louis Mégnien à l'hôpital Georges-Pompidou, c'est un vibrant SOS que lancent les professeurs Philippe Halimi et Christian Marescaux, ardents défenseurs du service public hospitalier : « Nous ne sommes pas des incendiaires mais nous voulons alerter et dénoncer un mal insidieux qui divise les équipes et laisse à terre des gens qui perdent le goût de travailler, parfois même le goût de vivre... »
    À travers de nombreux témoignages, souvent bouleversants, ce livre démontre les effets dévastateurs, pour les personnels comme pour les patients, d'un système qui contraint aujourd'hui les équipes hospitalières à soigner vite par souci de rentabilité et d'économies. Une logique financière qui pousse de nombreuses directions d'établissement à diminuer les effectifs et les moyens, puis à écarter violemment ceux qui s'opposent à ces stratégies mortifères ou décident d'en dénoncer les dérapages.
    Abus de pouvoir, menaces de représailles, mises au placard, harcèlement moral, impunité pour les maltraitants, tous les moyens sont bons pour que l'ordre règne...
    « L'heure est venue d'une véritable prise de conscience pour que cesse la destruction de l'hôpital public. »

  • Du fait divers, on dit souvent que c'est une réalité qui dépasse la fiction. Ce qui ne saurait s'inventer. Alors, comme pour se venger, c'est la fiction qui, sans cesse, est allée puiser dans les faits divers sa matière même. Du Comte de Monte-Cristo à L'Adversaire en passant par Le Rouge et le Noir et la poésie surréaliste, la littérature française s'est construite à la fois avec et contre ces récits effroyables ou insolites, révélant un monde dominé par l'étrange, l'excessif, le transgressif. Lecteurs de La Gazette des Tribunaux ou de Détective, les Flaubert, Zola, Breton, Mauriac, Camus et autres Duras se sont emparés de ces affaires petites et grandes qui fascinent l'opinion et tendent un miroir à la société. Obsédés par les silences des criminels et des victimes, ils se sont donné pour mission de faire la lumière sur ce que chroniqueurs, détectives et juges laissaient dans l'ombre, et ont érigé la cour d'assises en laboratoire... Fourmillant d'anecdotes, ce récit, à la frontière entre l'essai et l'enquête personnelle, se passionne et nous passionne pour l'amour parfois contrarié que les écrivains ont conçu pour le fait divers au fil des siècles.

  • « Aujourd´hui, la faculté humaine qui reçoit toute l´approbation, c´est l´imagination. Or je n´ai pas d´imagination, je ne suis pas un artiste et je n´ai pas l´ambition de créer. En revanche, je voudrais comprendre.
    Comprendre quoi ? Comprendre ce qui est. Or comprendre ce qui est ne motive guère les hommes d´aujourd´hui. Rousseau, grand maître des Modernes en cela, disait : "Il n´y a de beau que ce qui n´est pas." Au fond, pour moi, c´est le contraire, je ne suis intéressé que par ce qui est. Et c´est peut-être pour cette raison que, au moins depuis ma maturité, je n´ai jamais été de gauche : la gauche préfère imaginer une société qui n´est pas, et j´ai toujours trouvé la société qui est plus intéressante que la société qui pourrait être. » Depuis une trentaine d´années, Pierre Manent creuse un sillon aussi original que discret dans le paysage intellectuel français. Ces entretiens veulent en restituer le mouvement et les étapes : la passion précoce pour la politique éveillée par un père communiste ; la découverte de la religion catholique dans la khâgne toulousaine de Louis Jugnet ; l´entrée à Normale Sup et le choix de la philosophie politique ; la rencontre décisive avec Raymond Aron ; la fondation de la revue Commentaire... Ainsi viennent au jour les caractères d´une démarche personnelle : la lecture inlassable des grands auteurs, la conviction qu´une science politique demeure possible à l´ère du relativisme, un certain « regard politique », enfin, qui rend intelligible le monde contemporain.

    Ces entretiens sont une vivante introduction au travail de Pierre Manent, et notamment aux Métamorphoses de la cité qui paraissent simultanément. Les deux livres partagent en somme la même ambition : « Toute notre histoire, se déployant à partir de notre nature politique, voilà ce que je voudrais donner à voir et à comprendre. »

  • Mère d'un militaire assassiné le 11 mars 2011 à Toulouse par le terroriste islamiste Mohamed Merah, l'auteure confronte les parcours tragiquement opposés de ces deux jeunes hommes, tous deux issus de l'immigration maghrébine, le premier, engagé pour la France, ayant réussi son intégration sociale, le second ayant, d'échecs en égarements, sombré dans le fanatisme.

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