Flammarion

  • "Je n'ai jamais oublié ni n'oublierai aucune seconde de cette nuit." Une seule fois Mrs C. a cédé, surprise, à l'envie subite d'aimer un inconnu. L'homme était jeune et se noyait dans les jeux d'argent. Elle voulut le sauver. Son histoire, magnifique, incandescente, est celle des pulsions et des passions qui nous forcent, nous portent ou nous dévastent, celle aussi des blessures intimes, des culpabilités, des hontes qu'une parole, parfois, peut soigner dans la pénombre d'une chambre d'hôtel. A sa lecture, Freud n'aura qu'un mot : "Un chef-d'oeuvre."

  • Sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d'un autre passager, qui se décide, lors d'une seconde rencontre, à lui confier le secret qui le torture. « Amok [.] est l'enfer de la passion au fond duquel se tord, brûlé, mais éclairé par les flammes de l'abîme, l'être essentiel, la vie cachée.»

  • Un jour, le célèbre romancier R reçoit un étrange courrier. Dans une lettre déchirante de sincérité, une inconnue lui raconte son existence, ses joies, ses espérances, ses échecs, et lui confesse l'amour sans borne qu'elle lui voue. Bientôt le voile se lève sur l'identité de cette mystérieuse confidente, qui ne lui est, peut-être, pas complètement inconnue...

  • Quand M. Utterson, notaire de son état, entend parler d'un criminel qui a piétiné volontairement une fillette croisée dans la rue, il demeure stupéfait en apprenant son nom : Edward Hyde, l'inconnu que son ami, le Dr Jekyll, a désigné sur son testament comme unique héritier ! Il se lance alors dans une enquête policière sur le duo Jekyll-Hyde, qui le plongera au coeur de la conscience humaine...
    Stevenson, dans ce récit visionnaire qu'il qualifiait lui-même de « joli conte d'horreur », se révèle plus que jamais à l'écoute des peurs - sociales, sexuelles et morales - de son époque et anticipe même sur les découvertes de la psychanalyse. Comme le disait Henry James, « Docteur Jekyll n'est pas un livre pour les petits garçons... »

  • 25 mai 1895. Oscar Wilde, dramaturge admiré du Tout-Londres et amant de lord Alfred Douglas, est condamné à deux ans de travaux forcés pour «outrage aux moeurs».
    Début 1897, l'écrivain brisé, réduit au sinistre matricule «C.3.3.», obtient enfin du directeur de la prison de Reading l'autorisation d'écrire. La longue lettre qu'il rédige alors à l'intention de Douglas, à qui il reproche de l'avoir abandonné, ne sera publiée, partiellement, que cinq ans après sa mort : récit autobiographique et méditation existentielle sur l'art et la douleur, De profundis est aussi l'un des plus beaux témoignages qui soient sur la passion.
    Quant à La Ballade de la geôle de Reading (1898), inspirée d'une histoire vraie, elle retrace les derniers jours d'un soldat exécuté pour avoir égorgé sa femme par jalousie. Ce poème poignant est le chant du cygne de Wilde, qui mourut deux ans après sa publication.

  • Les Suspendues figurent parmi les chefs-d'oeuvre de la littérature arabe : composés il y a plus d'un millénaire, au cours du siècle qui a précédé la prédication du prophète de l'islam, ces poèmes doivent leur nom étrange à la légende qui veut qu'ils aient été inscrits en lettres d'or sur des tissus suspendus aux murs de la Ka'ba, à La Mecque.
    Ces petits joyaux nous transportent dans un monde fascinant et insolite, celui des bédouins de la péninsule Arabique. Ils se font l'écho d'un temps où les poètes étaient à la fois de vaillants combattants - il arrivait qu'une joute poétique tienne lieu de bataille entre deux tribus ! - et des oracles respectés : d'une époque où le courage et la générosité étaient les vertus du preux, avec le goût du vin et l'amour des femmes.
    Lamentations sur les vestiges du campement déserté par l'aimée et réflexion sur la fuite du temps, périples à dos de chamelle, chasses à la gazelle, évocations érotiques, bravades. Beuveries : tels sont les thèmes qui hantent ces textes fulgurants, dont la splendeur poétique, mille cinq cents ans plus tard, demeure intacte.

  • England's Lane, dans le Nord de Londres, est une rue pleine d'effervescence, où se côtoient de nombreuses boutiques. L'occasion de s'immiscer dans le quotidien des commerçants de la petite artère en 1959. On y rencontre entre autres Milly, mariée à Jim Stammer qui tient la quincaillerie. Ils ont un fils adoptif, Paul, d'une dizaine d'années. Il y a aussi Stan, le marchand de tabac et de friandises dont la femme reste cloîtrée à la maison, père d'une gamine de l'âge de Paul. Ou encore Jonathan Barton, le boucher de England's Lane qui reçoit un jour la visite d'un inconnu le menaçant de révéler sa véritable identité... Infidélités, mensonges, meurtres et trahisons se cachent derrière les façades proprettes de chacun des commerçants, bien moins lisses qu'on pourrait le croire... Une comédie de moeurs comme seul Joseph Connolly en a le secret, savoureuse et piquante à souhait.

    Création Studio Flammarion. En couverture : © Digital Vision / Masterfile

  • En 2009, le magazine Time envoie Nick Mc Donnell, alors âgé de 25 ans, sur le front irakien. Accompagnant la première Division de cavalerie américaine jusqu'à Bagdad et Mossoul, il nous offre une description aussi intense que stupéfiante de tous ses acteurs ? depuis les interprètes mal vus par la population jusqu'aux fantassins essayant tant bien que mal de rendre utiles leurs missions anti-insurrectionnelles, en passant par les commandants endurcis aussi insensibles devant les journalistes américains que face aux responsables irakiens. Associant analyse percutante et compte rendu d'une réalité apocalyptique, McDonell porte un regard amer et ironique sur la célèbre phrase de George W. Bush lors de son discours intitulé « Mission Accomplie », en 2003 : « Je déclare la fin des combats militaires en Irak. » Couverture : Création Studio Flammarion

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