Sciences humaines & sociales

  • L'affaire Baudelaire

    Remy Bijaoui

    • Imago
    • 1 Février 2021

    Le 20 août 1857, Charles Baudelaire et ses éditeurs sont condamnés pour « outrage à la morale publique et aux bonnes moeurs » par le tribunal correctionnel de la Seine. En cause, prétendument inspirés par une imagination maladive, six poèmes des Fleurs du Mal jugés indécents, en raison de leur « réalisme grossier » et de « passages ou expressions obscènes ». Il fallut le combat de plusieurs générations de fervents lettrés pour faire annuler le jugement : suite à un arrêt de la Cour de cassation, la réhabilitation du grand poète n'interviendra qu'en 1949 !

  • En septembre 1934, Freud achève L'Homme Moïse, un roman historique, mais il ne le publie pas. En conservant - contrairement à son habitude - ce manuscrit autographe, Freud a probablement souhaité laisser des traces sur l'élaboration complexe de son livre testamentaire sur le monothéisme.
    La version initiale en est ici transcrite pour la première fois, suivie d'une analyse de Thomas Gindele. Édition bilingue.

  • S'appuyant sur un large corpus de traditions populaires - hébraïques, arabes, russes, indiennes, persanes, mongoles, serbes... -, souvent inconnues car dissimulées dans de vieux manuscrits ou des grimoires, Claude Lecouteux retrace avec brio la légende de Salomon, dévoilant ainsi toute l'ampleur mythique du célèbre monarque.

  • Les joies et les rires des Gaulois : les plaisirs du banquet, mais aussi ceux du partage et de l'amour, les enchantements qu'offrent la possession de biens précieux, la pratique de l'art ornemental et musical, l'engouement pour la science, la passion de la gloire... sans oublier le culte de la parole. Par un spécialiste de cette civilisation, une vision riche et renouvelée de ces ancêtres méconnus, trop souvent caricaturés.

  • Après la bombe d'Hiroshima, les tensions nées de la guerre froide semblent placer chacun devant une alternative : un monde uni ou le néant. En 1948, Garry Davis, ancien pilote américain traumatisé par sa participation aux bombardements des villes allemandes, se déclare « premier citoyen du monde ». Très vite, ses intiatives font sensation et des foules enthousiastes l'acclament. De nombreuses personnalités - tels Einstein, Camus, Breton...- le soutiennent. Michel Auvray fait le récit de ces événements aujourd'hui méconnus et qui firent alors la Une de la presse.

  • Francesca Biagi-Chai répond à des questions concernant la psychose et sa thérapie. Que sait-on aujourd'hui de ce désordre psychique ? Que nous apprend-il sur notre société et sur nous-mêmes ? Qu'est-ce que l'hospitalisation de jour ? Indissociables dans le traitement de la folie, psychiatrie et psychanalyse ne doivent pas s'exclure l'une l'autre, mais au contraire s'enrichir l'une de l'autre.

  • Dans les décennies 1880-1900, au coeur d'un paysage bouleversé par le développement industriel, un pessimisme qualifié de « fin-de-siècle », marqué par la défaite de 1870, puis par les scandales financiers et politiques, domine les esprits. Se déclarer « névrosé » n'est alors nullement péjoratif mais, bien au contraire, à la mode.

  • S'appuyant sur de nombreux cas cliniques, et tout en recourant à l'anthropologie, Claude Guy montre qu'un fantôme se manifeste parfois à travers nos symptômes, nous ramenant à un accident très ancien dans l'histoire familiale : un drame, une catastrophe, un acte traumatisant qui se transmet depuis des générations, sans que ni victimes ni témoins n'aient rien pu, ou rien voulu en savoir.

  • Un dialogue confiant et amical entre le grand penseur, fondateur de la « psychologie analytique », et son disciple sans nul doute le plus brillant, né à Berlin, réfugié à Tel Aviv dès 1934, et promoteur de l'école jungienne en Israël.

  • Thérapeutes conjugaux, Harville Hendrix et Helen LaKelly Hunt analysent les multiples causes de l'échec sentimental. Ils nous montrent que rien n'est insurmontable et qu'aucune fatalité ne nous condamne à rester seul.

  • Durant la Seconde Guerre mondiale, la captivité n'a pas seulement concerné près de deux millions de soldats français. En effet, chaque parent, chaque épouse, chaque proche, tous la subissent dans l'inquiétude et, souvent, dans les privations. Après la guerre, viennent les difficultés du retour dans la vie familiale et professionnelle et, pour nombre d'entre eux, les tourments de la réclusion se prolongent au travers de douloureuses séquelles physiques et psychiques.

  • De l'Antiquité à nos jours, s'appuyant sur les mythologies, les contes, les traditions populaires et les romans de chevalerie, Claude Lecouteux met au jour la permanence d'antiques croyances sous une vision plus chrétienne de l'au-delà. Il souligne en outre - et nul ne l'avait établie jusqu'alors - l'étonnante proximité des images venues d'un lointain passé avec les témoignages de ceux qui, lors de comas ou de catalepsies, ont vécu des expériences de mort imminente.

  • OEdipe, Héphaïstos, Achille dans la tradition antique, Caïn, Jacob et Lucifer dans la tradition biblique, Mélusine et toute la horde de pédauques et de diables boiteux dans la mémoire populaire..., le pied blessé, déformé ou singulier se retrouve dans nombre de nos récits, de nos mythes et de nos contes. Mais au plan de l'imaginaire, que signifient toutes ces infirmités ?

  • Le passage à l'état de mère entraîne très fréquemment la perte du désir. Cette désaffection provient-elle du surgissement d'interdits nouveaux ? Pourquoi la mère devient-elle indifférente au plaisir ? Danielle Bastien a recueilli les propos des jeunes mères sur leur vie amoureuse et sexuelle, puis les a confrontés au discours analytique sur la féminité.

  • Le Livre des Rois comprend les règnes de cinquante rois, depuis le premier homme-roi jusqu'au dernier souverain historique sous le règne duquel la Perse passa sous domination arabe, au VIIe siècle de notre ère. Depuis près de mille ans, on n'a cessé de copier, de lire, de déclamer cette geste prestigieuse. Aujourd'hui encore, dans les cafés populaires, les conteurs récitent ces hauts faits mémorables avec une verve sans égale.

  • Enfant surdoué, adolescent génial, aventurier ambitieux, Arthur Rimbaud constitue, en raison de son exceptionnelle et précoce créativité, puis de sa soudaine rupture avec la poésie survenue à l'âge de vingt et un ans, un véritable mythe littéraire. Ses rapports avec sa famille, ses multiples fugues, son soutien à la Commune, ses relations tumultueuses avec Verlaine, sa recherche de la voyance par « le dérèglement de tous les sens », par l'alcool et par la drogue, puis ses voyages et ses errances, en font l'icône de la jeunesse révoltée.

  • En 1917, l´offensive Nivelle se traduit par un désastre. Situation matérielle et sanitaire déplorable, carence manifeste des états-majors et, bien sûr, éprouvante promiscuité du sang et de la mort. Influencés par les mouvements sociaux de l´arrière, mais surtout lassés par l'absurdité des combats , des soldats se mettent « en grève » et refusent de se battre. Longtemps couvertes par le secret défense, ces « mutineries » et leur répression ne cesseront d´alimenter polémiques et rumeurs.
    Afin de mieux comprendre ces insurrections, de cerner la personnalité des « rebelles » et de leurs juges, l´auteur croise archives militaires et témoignages, et dissipe ainsi nombre de préjugés.

  • Éprouver le besoin d'être invisible, ne pouvoir vivre que dans le désir de l'autre, avoir le sentiment de n'être pas présent au monde, ou la conviction de n'être rien, constituent pour maints individus une véritable souffrance. Ces troubles de l'image de soi, selon Tamara Landau, dérive de l'expérience oubliée d'une impossible, naissance. Les fantasmes « une vie pour deux », « un corps pour deux », décelables dans de nombreux comportements, révèlent la persistance inconsciente et très préjudiciable de la relation fusionnelle.

  • Tuer son enfant : acte insupportable, acte inexplicable... Comment peut-on tuer son enfant, non seulement le nouveau-né que la mère refuse dans son déni de grossesse, mais aussi celui qu'elle aime plus que tout au monde, avec lequel elle vit depuis des mois, voire des années, et qu'elle protège comme une « bonne mère » ? Chez ces parents - sans antécédent judiciaire, ni maladie psychiatrique avérée - le geste infanticide, nous dit Odile Verschoot, surgit d'un double désir : d'une part, le désir fou de garder en soi l'enfant que l'on craint de perdre, et d'autre part, en éliminant la descendance, celui de conserver sa place de « nourrisson psychique » au sein de la famille initiale. Au cours de sa pratique de psychologue en milieu pénitentiaire, Odile Verschoot a recueilli la parole douloureuse de ces parents meurtriers. Elle a enquêté avec eux - et non pas simplement sur eux - pour tenter de comprendre ce qui les a menés vers l'acte fatal, et nous livre ainsi, à partir de nombreux cas, un étonnant témoignage clinique sur ces criminels si peu ordinaires.

  • Paysanne ou tsarine, intellectuelle, dévote ou nihiliste, la femme - à l'inverse d'un préjugé communément répandu - a joué un rôle central dans la vie sociale et culturelle de la Russie traditionnelle, celle qui précéda la Russie bolchevique. Dans cet ouvrage, Lise Gruel-Apert montre que la jeune fille, puis l'épouse et même la veuve, jouissent très tôt de leurs droits leur permettant d'hériter, d'exercer librement la gestion de leurs biens, de prendre de nombreuses initiatives... Traditions orales, rites, croyances, droits coutumiers mais aussi, au fil des siècles, sources historiques et codes de lois, sont ici passés au crible et, pour chaque époque, une série de portraits fait revivre la société d'antan. Cette approche passionnante des mentalités et de la culture russes constitue, en outre, une brillante contribution à un aspect mal connu de l'histoire des femmes.

  • Après sa rupture avec Freud, en 1913, Jung vécut des mois durant une intense expérience d'introversion. Les écrits de cette période - par la suite constamment calligraphiés, illustrés, enrichis - constituent le célèbre « Livre Rouge ». Au coeur de cet ensemble, « Les Sept Sermons aux morts » annoncent l'oeuvre à venir du grand psychologue.

  • S'appuyant sur les archives pénitentiaires accessibles depuis peu, Dominique Fey et Lydie Herbelot retracent avec minutie, de 1937 à 1953, la vie quotidienne et le comportement de ces hommes - connus ou inconnus - emprisonnés dans un même lieu et qui furent, selon les périodes, espions à la solde de l'Allemagne, résistants ou collaborateurs.

  • Dans ce dernier ouvrage, Vladimir Propp souligne l'importance du culte des défunts, examine les pratiques magiques favorisant la renaissance des divinités agraires, analyse longuement l'érotisme et le rire rituels qui apportent fertilité aux champs et fécondité au bétail, et redonne ainsi vie à un monde paysan traditionnel aujourd'hui presque disparu.

  • N'est-il pas possible - nous dégageant de ce fameux OEdipe dont Freud fait le noyau des névroses et des formations culturelles - d'aller au-delà des fixations oedipiennes de la psychanalyse, et de renouer avec la puissance d'arrachement et de libération de la pensée freudienne ? De retrouver son ample pulsation et son intrépide envol ? De l'aura « égyptienne » qui cerne d'une sombre lumière l'oeuvre freudienne, surgit, derrière le petit roitelet grec, la splendide figure d'une déesse mère primordiale, Isis aux multiples seins, nomadisant inlassablement en quête des membres épars de son amant, fils et frère mutilé, Osiris. Les divers fragments de cette enquête sur la pensée freudienne dans son rapport à la mystique, à l'art, à la violence politique gravitent autour de la figure d'Isis. C'est pourquoi Roger Dadoun se prononce « à côté de la psychanalyse même, la supportant, la débordant certes, et la faisant dériver peut-être, pour une Psychanalysis » - pour tenter d'atteindre, dans un bond libertaire, au coeur foudroyé fou du monde contemporain...

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