La Contre Allée

  • Le meilleur moyen d'éradiquer la mère parfaite, c'est de glandouiller. Le terme est important car il n'appelle à aucune espèce de réalisation, il est l'ennemi du mot concilier. Car si faire voeu d'inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c'est la subversion absolue. Le jour où je refuse d'accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose. "J'ai écrit ce texte pour frayer mon propre chemin parmi les discours dominants sur la maternité. J'ai aussi voulu témoigner de mes propres contradictions, de mon ambivalence dans le rapport à la norme, la tentation d'y céder. Face à ce moment de grande fragilité et d'?immense vulnérabilité, la société continue de vouloir produire des mères parfaites. Or la mère parfaite fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument. Il m'a paru important de me positionner clairement en tant que féministe parce que je veux donner un éclairage politique à mon expérience intime. J'ai voulu un texte court. Plus que jamais, j'avais envie de tranchant, d'aigu, et surtout pas d'une langue enrobante ou maternante." Amandine Dhée Un récit de vie féministe qui aborde le thème de la maternité sur un ton incisif et criant de vérité ! EXTRAIT L'employé de la mutuelle s'étonne que je ne connaisse pas la durée du congé auquel j'ai droit, comme si ma vie n'avait été qu'une longue préparation à la maternité. S'imagine-t-il que les femmes se retrouvent dans des grottes à la nuit tombée pour échanger ces informations ? Croit-il que ce soit naturel pour moi ? Il y a toujours un moment où on rappelle à une femme le sens profond de son existence : procréer. Toujours un ami, une tante, un dentiste pour lui rappeler qu'elle n'a pas encore d'enfant. Et la voilà sommée de se justifier. Soupçonnée de souffrir secrètement d'une carence de maternité ou de transférer son amour maternel sur un chat. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Amandine Dhée parle ici tout à la fois de « la joie de rencontrer son enfant » et de la façon de se cramponner à l'essentiel « une fois retombée sur [ses] pattes ». L'éveil politique, la création, « et surtout rester une femme brouillon ». Le livre, lui, est pleinement accompli. - Catherine Painset, La Voix du Nord Une échographie truculente des aléas de la maternité ! On n'a jamais autant adoré ces mères brouillons et imparfaites ! - La librairie des éditeurs associés à Paris Un livre qui pose un regard décapant, drôle et intelligent sur la grossesse, voilà qui ne se refuse pas, quel que soit son âge ! - Cathulu, Babelio À PROPOS DE L'AUTEUR Amandine Dhée est née en 1980 à Lille, faisant vraisemblablement la joie de son entourage. Elle étudie et ensuite fait un vrai travail. Elle partage ses mots à de nombreuses scènes ouvertes. Elle cherche les oreilles des autres en théâtre de rue. Elle constate avec effroi que l'envie de triturer les mots prend de plus en plus de place...

  • Fils d'?un immigré roumain installé à Buenos Aires, le narrateur, écrivain, décide de partir vivre à Paris. Dans un café, il prend l'habitude de lire les lettres que son père lui envoie et se remémore alors l'histoire de sa famille. Quand il apprend que son père est lui aussi en train d'?écrire un livre, il se sent dérouté. Et voilà que vient s'intercaler une autre histoire, celle de Józef et de son épouse, Jessie, tous deux installés dans le Kent. Józef est écrivain lui aussi, d'origine polonaise, exilé en Angleterre : l'?immense écrivain Joseph Conrad pourrait bien devenir le personnage du prochain roman de notre narrateur argentin.
    Eduardo Berti, avec son humour et son sens de la formule, imbrique les histoires et, tissant une toile fine et captivante, nous entraîne au coeur de questionnements sur l'identité, la transmission, l'exil et l'écriture.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Eduardo Berti est né en Argentine en 1964, il est l'auteur d'une oeuvre traduite en dix langues, notamment en langue française par Jean-Marie Saint-Lu. Un père étranger est son deuxième ouvrage aux éditions La Contre Allée, après Inventaire d'inventions (inventées), écrit en collaboration avec le collectif Monobloque, en 2017. Eduardo Berti est membre de l'Oulipo depuis juin 2014.

  • En imaginant ce qu'ont pu être certains épisodes de la vie d'Elisée Reclus (1830-1905), avant qu'il ne devienne l'auteur d'Histoire d'un ruisseau et Histoire d'une montagne, ce premier roman nous met dans les pas d'un personnage atypique et toujours d'une étonnante modernité.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Thomas Giraud est né en 1976 à Paris. Docteur en droit public, il vit et travaille à Nantes. Depuis le bel accueil réservé à son premier roman, Elisée, avant les ruisseaux et les montagnes, Thomas Giraud contribue à Remue.net, 303, La moitié du Fourbi ou encore le Yournal. Il a obtenu le Prix Climax avec La Ballade silencieuse de Jackson C. Frank et publié un troisième roman aux éditions La Contre Allée, Le Bruit des tuiles, paru le 21 août 2019.

  • Dans À mains nues, Amandine Dhée explore la question du désir à la lumière du parcours d'une femme et de ses expériences sexuelles et affectives. Comment devenir soi-même dans une société où les discours tout faits et les modèles prêts à penser foisonnent ? La narratrice revisite toute sa vie, de l'enfance à l'âge adulte et se projette à l'âge de la vieillesse.
    La réflexion féministe apparaît à chacun de ces âges de la vie.
    Amandine Dhée poursuit ainsi la réflexion entamée en 2017 avec La femme brouillon sur la représentation des femmes dans l'imaginaire collectif et leur émancipation.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Amandine Dhée est écrivaine et comédienne. L'émancipation, notre rapport à autrui et à notre environnement de vie sont les thèmes récurrents qui marquent son travail, distingué par le prix Hors Concours pour La femme brouillon en 2017.
    Son besoin d'exploration des formes l'amène régulièrement sur scène pour partager ses textes lors de lectures musicales ou encore pour y interpréter un rôle dans l'adaptation de ceux destinés
    au théâtre.

  • Au centre de cette histoire, il y a le corps d'une femme, ses hantises et ses obsessions, & il y a la nature. C'est l'histoire d'une échappée belle, d' une femme qui quitte, presque du jour au lendemain, tout ce qui déterminait son identité sociale.
    Elle sort de stase et se met en mouvement. Son départ est d'abord une pulsion, une sorte de fuite vers l'avant qui tient du road movie, avec de longues traversées de paysages en voiture, en auto-stop, puis à pied.
    De la fuite et l'errance du départ, cette échappée va se transformer en nomadisme et en un voyage vers la réalisation de soi.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Lou Darsan est nomade et écrivaine. Née en 1987, elle poursuit des études de Lettres modernes puis exerce le métier de libraire quelques années. Elle publie des chroniques littéraires dans plusieurs revues en ligne ainsi que sur son site personnel, Les feuilles volantes, où elle explore par ailleurs son rapport aux paysages réel et mental, à travers l'impression, l'évocation de l'image et la modification du regard.
    L'Arrachée belle est son premier roman.

  • Les enfants verts

    Olga Tokarczuk

    Un conte fantastique pour partir à la découverte de la différence. Au XVIIe siècle, William Davisson, un botaniste écossais, devenu médecin particulier du roi polonais Jean II Casimir, suit le monarque dans un long voyage entre la Lituanie et l'Ukraine. Esprit scientifique et fin observateur, il étudie les rudesses climatiques des confins polonais et les coutumes locales. Un jour, lors d'une halte, les soldats du roi capturent deux enfants. Les deux petits ont un physique inhabituel : outre leur aspect chétif, leur peau et leurs cheveux sont légèrement verts... Olga Tokarczuk s'interroge sur l'Europe par la voix de son narrateur, un étranger pris dans la tourmente de l'Histoire. Perçu comme un danger potentiel, l'autre fait peur. Mais que savons-nous de nos voisins, ceux surtout qui vivent en marge du monde qui nous est proche ? La notion du centre et de la périphérie est-elle la même pour tous ? Qu'en est-il aujourd'hui ? Les observations de William Davisson, l'Européen échoué dans une lointaine Pologne déchirée par les guerres, semblent toujours d'actualité. Une réflexion subtile et non sans humour autour de la perception de l'autre et du rejet de l'inconnu ! EXTRAIT Pendant que Sa Majesté terminait son petit déjeuner et attendait de boire ses tisanes, espérant améliorer ainsi son humeur, je m'étais éclipsé pour aller voir lesdits enfants. J'ordonnai d'abord de leur laver le visage, ensuite seulement je pus les détailler de plus près, prenant toutefois garde de ne pas me faire mordre. À en juger d'après leur taille, ils devaient avoir entre quatre et six ans, mais leur dentition me fit penser qu'ils étaient plus âgés, malgré leur aspect si frêle. La fillette était plus grande et plus robuste que le garçonnet qui, menu et malingre, semblait pourtant bien vif. Mais ce qui me saisit le plus chez eux, c'était leur peau. Elle avait une teinte que je n'avais encore jamais vue - entre le vert céladon et le vert olive. Les touffes de cheveux emmêlés qui leur retombaient sur le visage étaient pourtant claires, mais comme recouvertes d'un dépôt verdâtre, semblable au lichen qui s'empare des pierres et des cailloux. Selon le jeune Opalinski, les Enfants verts - comme nous les avions appelés -, étaient sans doute des victimes de la guerre, nourris dans la forêt par la nature, comme cela se produit parfois, preuve en est l'histoire de Romulus et Remus, les fondateurs de Rome. Le champ d'action de la nature est immense, bien plus grand que celui, somme toute bien modeste, de l'homme. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Une excellente nouvelle aux allures de conte fantastique, qui n'est pas sans rappeler l'univers de l'Estonien Andrus Kivirähk. - Librairie Le Bateau livre Un texte étonnant qui flrite avec le fantastique, et interroge l'altérité... Un texte qui propose une reflexion sur l'Europe, la manière dont elle se dessine et sa capicité à se perpétuer. - Nikola Delescluse, Emission Paludes, Radio Campus À PROPOS DES AUTEURS Romancière et essayiste née en 1962 et installée à Wroclaw, Olga Tokarczuk est l'auteure la plus récompensée et admirée de sa génération, lauréate de nombreux prix (dont le Prix Niké équivalent du Goncourt - pour Les Pérégrins), appréciée autant par la critique que par le public. Margot Carlier est spécialiste de littérature polonaise, enseignante de langue et de civilisation polonaise à l'université Jules-Verne à Amiens, conseillère littéraire aux éditions Actes Sud. Depuis sa rencontre, déterminante, avec Hanna Krall, elle a traduit pratiquement tous ses livres. En 2009, elle a reçu le Prix Amphi pour la traduction de Gottland de Mariusz Szczygiel (Actes Sud).

  • Kiruna

    Maylis de Kerangal

    "J'ai cherché une mine comme on cherche un point de passage dans le sous-sol terrestre, un accès aux formes qui le structurent, aux matières qui le composent, aux mouvements qui l'animent, à ce qu'il recèle de trésors et de ténèbres, à ce qu'il suscite comme convoitise et précipite comme invention. Je l'ai cherchée comme on cherche la porte de cet espace inconnu sur quoi s'appuient nos existences, espace dont je ne sais s'il est vide ou plein, s'il est creusé d'alvéoles, de grottes ou de galeries, percé de tunnels ou aménagé de bunkers, s'il est habité, s'il est vivant."
    Maylis de Kerangal
    SUR LE MODE DES GRANDS REPORTAGES
    Dotée d'une carte blanche dans le cadre des résidences « Mineurs d'un autre monde », Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna et nous emmène en Laponie suédoise. Sur le mode du reportage littéraire, elle nous invite à la découverte de l'une des plus grandes exploitations minières encore en activité.
    LA VILLE DE KIRUNA
    Kiruna est une ville de 18 154 habitants. Sa création en 1903 découle directement de la présence d'un gisement de fer issu du bouclier scandinave et reste encore aujourd'hui au fondement de l'économie de la cité.
    La société minière LKAB est créée en 1890 pour exploiter le gisement. 1,1 milliard de tonnes de minerai ont été extraits en 110 ans d'exploitation.
    En 2004 les résultats d'un diagnostic des sols révèlent que la ville menace de s'effondrer. Une opération débutée en 2009 vise à déplacer la ville minière de 5km...
    UNE APPROCHE KALÉIDOSCOPIQUE
    Nous suivons l'auteure dans son exploration des lieux au fil de chapitres courts, à travers lesquelles elle nous livre autant de points de vue que d'informations pour appréhender Kiruna dans ses multiples dimensions : historique, urbanistique, économique, politique, géographique et humaine.
    Mais surtout, au fil de ses recherches et de ses rencontres, se dresse le portrait sensible d'hommes et plus particulièrement de femmes qui ont marqué l'histoire des lieux, manifestant ainsi l'importance de leurs luttes pour obtenir considération, reconnaissance et autorité au sein de cette industrie minière.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Née en 1967, Maylis de Kerangal a été éditrice pour les Éditions du Baron perché et a longtemps travaillé avec Pierre Marchand aux Guides Gallimard puis à la jeunesse. Elle est, aujourd'hui, notamment membre du collectif Inculte. L'oeuvre de Maylis de Kerangal, principalement publiée aux Éditions Verticales, a été primée à de nombreuses reprises.

  • Cette lettre est un véritable manifeste pour la liberté individuelle ! Pourquoi est-ce que je ne peux pas me coucher sur toi dans la jubilation d'une tendresse presque asexuée et, tout en faisant l'amour, parler de ce que nous avons mangé à dîner ou du temps qu'il fait ? Avant le Printemps de Prague, Jana Cerná écrit à son amant Egon Bondy. Elle lui parle d'amour, de philosophie, de sexe, de désir. Une liberté de ton à l'image d'une femme au caractère et à l'esprit affirmés, qui a marqué ses contemporains. Jana Cerná est un personnage clé de l'underground pragois sous le stalinisme. Ses textes ont été publiés pour la première fois en République tchèque en 1990. Tiré d'un poème de l'auteure, le titre souligne à la fois la charge érotique du texte et la rébellion extraordinaire d'une femme face à l'ambiance étouffante en Tchécoslovaquie d'après-guerre. EXTRAIT Le moindre crétin de base qui a échappé au métier de comptable salarié grâce à un simple concours de circonstances (et qui donc ne comptabilise pas pour le plus grand bien et le plus grand épanouissement de l'État juste parce qu'il est doté d'un fragment de circonvolution cérébrale lequel ne sert à rien, sinon à bourrer cette maxi-tête d'une quantité de connaissances en partie inutiles et en partie inutilisables par la tête en question), le moindre de ces imbéciles croit dur comme fer qu'il lui suffirait d'être aux commandes de la société pour en faire aussitôt « le meilleur des mondes ». Qu'on lui mette donc en main quelques kilos de littérature philosophique et vous verrez ce qu'il en fera, de ce monde. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Pas dans le cul aujourd'hui est une célébration hors du commun, un anti-manuel par excellence. - Lucie Eple, Mediapart Jana Cerná dit en quelques pages incisives et férocement belles, crues et spontanées, l'intensité d'un amour qui « ne doit pas être traité à la légère. » - Moka - Au milieu des livres Un manifeste politico philosophico sexuel, un champ de liberté total et viscéral, c'est une véritable bombe à fragmentation sous la forme d'une lettre d'amour total et fou écrite par une poétesse tchèque à son amant au début des années soixante... - Myriam Leroy, Emission Entrez sans frapper, RTBF À PROPOS DES AUTEURS Jana Cerná naît à Prague en 1928, de l'architecte avant-gardiste J. Krejcar et de Milena Jesenská, la célèbre Milena de Kafka, journaliste et résistante. Confiée à son grand-père à la mort de ses parents, Jana Cerná a suivi des études artistiques. Personnage fantasque à l'existence rocambolesque, elle est l'une des personnalités marquantes de la dissidence tchécoslovaque. Elle meurt en 1981 dans un accident de la route. Barbora Faure est née à Prague où elle a passé son enfance avant de vivre en France. Passionnée par la littérature de la dissidence tchèque, elle se lance dans la traduction dès 1968, d'abord d'ouvrages de vulgarisation naturaliste, puis d'oeuvres littéraires.

  • L'Odeur de chlore est le récit d' une femme dont le corps grandit et évolue, année après année, dans cette piscine qu'elle fréquente assiduement et élaborée selon les standards de " l'homme parfait", Le Modulor.
    Au cours de brefs chapitres, cette femme dialogue avec l'eau, le Modulor, avec la réalité d'un corps qui n obéit pas au standard du projet de l'architecte.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Irma Pelatan a beaucoup nagé. Entre 4 et 18 ans, elle fréquente deux à trois soirs par semaine la piscine du site Le Corbusier, à Firminy, dans la Loire. Cette fréquentation fonde en elle un certain rapport au corps et un certain rapport au rythme.
    Depuis, partout, elle poursuit la grande poétique de l eau.

  • De la petite à la grande Histoire. Dans un village isolé d'Espagne, Juan attend sur le pas de sa porte celles et ceux qui viennent pour exproprier le vieil homme de là où il a vécu et grandi. Ils sont jeunes et ambitieux, pressés de faire table rase du passé. Ce sont les enfants de Clio fille d'émigrés à Paris revenus au village le temps d'un été durant l'enfance de Juan. C'était alors les années 60, Clio rencontrait Juan, lui apprenait à lire et lui faisait découvrir un monde vaste et diversfié. Elle incarnait la promesse d'un avenir meilleur... La destinée de deux Espagnols reflète celle de l'Europe d'après-guerre, avec son lot de désillusions. EXTRAIT Les épaules nues, adossé à la façade en pierre, il attend. Il a posé son transistor allumé sur le rebord de la fenêtre, et il puise dans un sachet des graines de tournesol qu'il décortique comme un perroquet. Il paraît que nous sommes l'Europe. Une histoire centenaire. Juan s'en moque de cette joie, de la Neuvième de Beethoven qu'on repasse à toute heure, des discours des politiciens. Elle arrive trop tard, l'Europe. Lui, il est plus vieux que tout ça - Juanito, tu es presque devenu une tombe - et il se demande, sans trop forcer, juste pour tuer le temps de l'attente, si l'Europe arrivera jusqu'ici. La terre sourit sous le soleil, les cigales s'éclatent, les bourdons survolent le ruisseau, les pierres s'agitent avec inquiétude et les bras d'herbe sèche sont bercés par un vent qui les grille au lieu de les soulager. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Victor del Árbol [...] noue les fils de ce récit simple et efficace avec une grande finesse. - Jacques Josse, remue.net Victor Del Árbol, que l'on connaît pour ses romans policiers, délivre ici un texte d'une grande beauté, d'une sincérité incroyable, qui laissera le lecteur franchement ému en refermant cette nouvelle - courte, certes, mais la vie ne l'est-elle pas aussi ? - Librairie Le Bateau livre À PROPOS DES AUTEURS Victor Del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après avoir étudié l'Histoire, il travaille dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Son premier roman La maison des chagrins publié en 2006 a reçu le prix Tiflos. C'est toutefois la parution en 2011 de La Tristesse du Samouraï, traduit en une douzaine de langues et best-seller en France, qui lui apporte la notoriété. Claude Bleton a été enseignant d'espagnol, puis directeur de la collection « Lettres hispaniques » chez Actes Sud entre 1986 et 1997 et directeur du Collège International des Traducteurs Littéraires (Arles) de 1998 à 2005. Il a traduit environ 150 titres et a publié en tant qu'auteur Les Nègres du traducteur (Métailié, 2004), Vous toucher (Le Bec en l'air, 2007), Broussaille (Éditions du Rocher, 2008).

  • Biographie d'une intellectuelle et vision de l'histoire tchécoslovaque Milena n'était pas de ces gens qui tiennent une autorité quelle qu'elle soit pour absolue. Personne ne pouvait la forcer à écrire ou à parler contre ses convictions, dans quelque intérêt que ce fût, sous couvert de la discipline du Parti ou d' autre chose. Jana Cerná Jana Cerná était encore une petite fille lorsqu'elle vit pour la dernière fois sa mère, Milena Jesenská, dans les couloirs de la prison de la Gestapo à Prague. Depuis sa mort à Ravensbruck en 1944, la journaliste Milena Jesenská n'a cessé de hanter l'opinion publique de son pays : exprimant ouvertement des prises de position antistaliniennes et antifascistes, elle est une des personnalités les plus remarquables de la société intellectuelle tchèque d'entre-deux-guerres. La publication des Lettres à Milena de Kafka révèle au monde celle qui fut aussi sa première traductrice. En 1955, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem lui décerna en hommage posthume le titre de « Juste parmi les Nations ». Jana Cerná retrace la vie de sa mère à partir de ses propres souvenirs, de témoignages récoltés, de correspondances et d'articles. Frappé d'interdit à sa sortie en 1969 en Tchécoslovaquie, Vie de Milena restitue une image personnelle et intime de Milena Jesenská et s'avère également un passionnant document historique. Plongez-vous dans la vie d'une femme à contre-courant ! EXTRAIT Dès les premiers temps, Milena reconnaît la valeur littéraire de Kafka. La mesurant très tôt, elle agit en conséquence : elle s' intéresse à ses oeuvres et entreprend leur traduction. Elle sent également qu'il possède une sorte de grandeur dont elle a l'intuition dès les premières lettres. Mais c'est une grandeur tellement particulière, tellement différente de son propre naturel à elle, qu'elle en éprouve comme une angoisse. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Jana Cerná, que sa mère et ses proches (Egon Bondy, Bohumil Hrabal et bien d'autres) appelaient Honza, offre aux lecteurs un document passionnant, extrêmement fouillé et sensible. - Jacques Josse, remue.net Cette biographie vaut bien des romans, mais elle conserve sur ces derniers l'avantage d'avoir été vécue. Et puisque nous avons le désir de vouloir surprendre les hommes et les femmes dans leur vie intérieure profonde, faisons bon accueil à ce livre dont l'auteur a l'art d'aiguiser le tranchant des ses idées. L'art d'écrire en somme. - La Marseillaise À PROPOS DES AUTEURS Jana Cerná naît à Prague en 1928, de l'architecte avant-gardiste J. Krejcar et de Milena Jesenská, la célèbre Milena de Kafka, journaliste et résistante. Confiée à son grand-père à la mort de ses parents, Jana Cerná a suivi des études artistiques. Personnage fantasque à l'existence rocambolesque, elle est l'une des personnalités marquantes de la dissidence tchécoslovaque. Elle meurt en 1981 dans un accident de la route. Barbora Faure est née à Prague où elle a passé son enfance avant de vivre en France. Passionnée par la littérature de la dissidence tchèque, elle se lance dans la traduction dès 1968, d'abord d'ouvrages de vulgarisation naturaliste, puis d'oeuvres littéraires.

  • Quand l'invasion croissante des touristes prend la ville de Venise en otage. Dans une forme littéraire, ce texte raconte l'effet dévastateur des passages ininterrompus des grands paquebots dans la lagune de Venise et les sentiments qu'ils provoquent chez la plupart d'entre nous, les Vénitiens. Un texte qui met face à face le pouvoir et l'indignation, la politique et la résignation, avec la certitude que la seule et ultime ressource que l'on peut opposer à l'arrogance, à l'idiotie, à l'ignorance, c'est la force des sentiments. Le sentiment d'une époque, le sentiment de deux villes (Venise et Saint-Nazaire), le sentiment des valeurs et du bon sens. Et, ce n'est pas le moindre, le sentiment amoureux. Un court récit qui propose une réflexion sur le tourisme de masse et ses conséquences. EXTRAIT Il nous arrive souvent, lorsque que nous nous promenons, d'être surpris par les monstres qui impriment à cette heure-là leur ombre noire sur le paysage. Ils l'effacent, le paysage. C'est comme ça depuis des années. Souvent je les photographie, même si ensuite elles ont l'air d'être toutes pareilles, mes photos, car le rite absurde des croisières dans la lagune n'en finit plus et croît démesurément d'année en année - de par la dimension des bateaux, leur quantité, le nombre des passagers - et moi, je les prends en photo. Je pourrais faire un catalogue des horreurs, une quantité infinie, sous toutes les lumières possibles, par beau ou mauvais temps, à l'aube ou au crépuscule. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE [Roberto Ferrucci] raconte sa ville, Venise, avec l'attention d'un chroniqueur et la profondeur d'un narrateur. [...] Les paquebots qui défigurent le profil fragile de Venise deviennent pour la première fois les protagonistes d'un roman. - Francesca Visentin, Corriere del Veneto Cri de colère et d'angoisse, Venise est lagune est une méditation sensible sur un imaginaire maritime qui doit rester à l'échelle de l'homme. - Alain Nicolas, L'Humanité À PROPOS DES AUTEURS Roberto Ferrucci est né à Venise en 1960. Journaliste et écrivain, ses romans ont été primé en Italie à maintes reprises. Il est notamment l'auteur de Ça change quoi aux éditions du Seuil, préfacé par Antonio Tabucchi. Il a également publié pour la Meet (Maison des écrivains étrangers et des traducteurs) de Saint-Nazaire le roman Sentiments subversifs. Il est par ailleurs le traducteur italien de Jean-Philippe Toussaint et Patrick Deville. Jérôme Nicolas enseigne à l'université de Rome « La Sapienza », il a traduit romans et ouvrages de sciences humaines.

  • Des personnages ordinaires aux prises avec le passé. Avec une grande liberté formelle, Tavares nous entraîne dans un voyage où nous suivons d'abord Martha, une jeune fille borderline, au fil de ses errements dans Berlin, pour assister ensuite au transport d'une statue monumentale de Lénine, de Bucarest jusqu'à Budapest, tandis qu'un violoniste rapatrie dans le trajet inverse le corps putréfié de sa mère... Un diptyque qui nous expose sans relâche aux tiraillements du choix et à la difficulté de dépasser les frontières quelles que soient leurs formes. Découvrez sans plus tarder l'oeuvre décalée d'un digne représentant de la littérature portugaise contemporaine ! EXTRAIT Arrivées de Budapest. Deux silhouettes, la nuit. Deux taches sombres sur une grande tache sombre. Mais les deux taches sombres agissent, elles ont un objectif?; alors que, pour la nuit - la grande tache sombre -, tout indique que ce n'est pas le cas?; elle n'a pas d'objectif. Ils commencent par faire sauter le cadenas. La serrure de la porte de l'entrepôt est solide. Ils utilisent le feu. Ensuite, un coup d'épaule enthousiaste, deux corps contre la porte haute et large, mais débarrassée de sa serrure. Pareille à une personne sans défense?: une grande porte sans défense?; une serrure brisée. Les deux hommes pénètrent dans une obscurité nouvelle, une obscurité plus petite, fermée, ordonnée. Dans la nuit, mais à l'extérieur de la nuit. Ils savent bien ce qu'ils cherchent, les deux hommes. De nombreux objets sont stockés dans l'entrepôt, mais les deux hommes ne sont pas là pour visiter, ils ne sont pas perdus. Ils savent ce qu'ils veulent. Et ce qu'ils veulent se trouve ici-même. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ses romans, baignant dans une atmosphère raréfiée, abstraite, ont la rigueur d'épure et la présence charnelle d'un Kafka qui contemplerait les catastrophes du siècle écoulé et celles qui s'annoncent avec détachement et ironie. - L'Humanité Il y a dans cette écriture une part de jeu qui fait glisser le récit le plus réaliste dans une narration et un climat insensiblement décalés, sur le fil de l'absurde et de son théâtre. - Marc Ossorguine, La Cause littéraire Berlin est une ville palimpseste, celle qui porte sur ses murs, dans ses rues, « l'Histoire, la robuste Histoire, le Siècle et ses grandes enjambées », elle est cette carte qu'évoque Gonçalo M. Tavares dans les premières pages de son Berlin, Bucarest-Budapest : Budapest-Bucarest, la matérialisation mobile et fluctuante « des modifications graphiques sur de la pâte à papier civilisée et préparée à recevoir de nouveaux tracés vigoureux par-dessus de vieux tracés fragiles ». - Christine Mercandier, Mediapart. À PROPOS DES AUTEURS Né en 1970, Gonçalo M. Tavares est considéré comme l'un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine. Il a été récompensé par de nombreux prix nationaux et internationaux dont le Prix Saramago, le Prix Ler/BCP (le plus prestigieux au Portugal), et le Prix Portugal Telecom (au Brésil). Apprendre à prier à l'ère de la technique (Viviane Hamy, 2010) a reçu le prix du Meilleur Livre Etranger - Hyatt Madeleine 2010. Dominique Nédellec a été responsable du Bureau du livre à l'ambassade de France en Corée et chargé de mission au Centre régional des lettres de Basse-Normandie, avant de devenir traducteur de portugais depuis 2002. Il est également le traducteur de Antonio Lobo Antunes (Mon nom est légion, Christian Bourgois, 2011).

  • La colère comme dernier moyen d'expression. Au fil d'une déambulation composée de plusieurs tableaux, parfois fantasmagoriques mais toujours ancrés dans la réalité, Christos Chryssopoulos enquête et observe les symptômes d'un mal qui nous ronge. Il y pose le constat d'une société de surveillance, qui isole et oppose. Où l'incommunicabilité grandit au point que la colère s'impose (à nous) comme ultime possibilité de sortir de soi et fait de nous sa première victime. Nous sommes ainsi tour à tour confrontés aux idéologies racistes, à la violence au travail, aux relations entre hommes et femmes, à la cellule familiale, au milieu scolaire, à travers un subtil jeu de dialogues qui rend compte des difficultés de communication entre ceux qui possèdent la parole et ceux qui ne l'ont pas. L'auteur-narrateur apporte un commentaire à la manière d'un choeur antique entre chaque tableau et finit, dans le dernier tableau, par prendre corps en tant que personnage, en suivant un autre à son insu et rendant ainsi compte au lecteur de son mode opératoire. Cette courte fiction montre que nous sommes victimes de la violence et de l'incommunicabilité dont souffre la société. EXTRAIT Il y a des moments où la colère vous emprisonne. On veut éviter qu'elle n'éclate, on essaie de trouver une issue, mais il n'y a pas d'autre moyen pour échapper à la colère que la colère même. Mieux vaut alors que tout aille vite, en espérant que ça passera d'un coup. Sans douleur. Sans que subsiste aucune trace de rage. Voyageur n°1 : Qu'est-ce que t'as à me regarder, hein ? Voyageur n°2 : Pardon ? Voyageur n°1 : Je dis : qu'est-ce que t'as à me regarder ? Voyageur n°2 : Mais rien. Voyageur n°1 : Ah ouais, rien ? Alors baisse la tête, OK ? Voyageur n°2 : Je ne comprends pas ce que vous dites. Voyageur n°1 : Tu vas voir si tu comprends pas, enfoiré. Je te dis de baisser les yeux, OK ? CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Contemporain et visionnaire, Terre de colère est un espace fermé, sans pitié, d'où sourd la douleur des Grecs, et qui préfigure l'avenir de tous les peuples placés sous le joug du totalitarisme économique. - Le Matricule des anges Parce qu'il est écrivain, Chryssopoulos met de la vie là où l'on ne voit plus que de l'actualité - et encore. - Le Monde des Livres À PROPOS DES AUTEURS Né en 1968, Christos Chryssopoulos est l'un des jeunes romanciers et nouvellistes le plus remarqué de la littérature néo-hellénique. Ses livres sont traduits en cinq langues. En 2009, il reçoit le prix de littérature européenne. Anne-Laure Brisac est responsable éditoriale à l'Institut national d'histoire de l'art (INHA). Elle est traductrice de grec moderne (littérature contemporaine : romans et théâtre) et d'anglais (essais en histoire de l'art, revue Histoire de l'art, Perspective, actes de colloque...).

  • Et si l'Europe reconnaissait la propriété africaine des oeuvres d'art issues de la colonisation ? On avait beau jeu d'affirmer qu'elles avaient été achetées, car certains explorateurs ou certains représentants de l'Etat français (...) avaient sans doute troqué ces oeuvres contre peu d'argent, ou des babioles, ou des menaces. Aucune transaction inattaquable, certainement. Certes il était possible d'affirmer qu'en les volant on les avait sauvées mais c'était tout de même tordu. En trouvant l'audace d'intenter une procédure contre le Musée du quai Branly, à Paris, le roi de Bangoulap - un village du pays bamiléké, dans l'Est du Cameroun -, ne pouvait pas deviner que c'était en fait l'Europe libérale et carnassière qu'il allait complètement déshabiller. Une fiction inspirée de la spoliation des biens culturels africains pratiquée par les pays fondateurs de l'Union européenne durant les années de colonisation. L'auteur de ce court récit, Arno Bertina, renverse la vapeur avec un plaisir non dissimulé et communicatif ! EXTRAIT J'ai honte de ne pas le connaître encore quand lui l'a visité deux fois déjà. Il s'insurge poliment contre le montant de l'entrée - peut-être douze euros, peut-être quinze. Il est d'autant plus choqué que l'on y admire une sculpture du pays bamiléké. Payer pour voir les oeuvres de ses ancêtres ?! Il enchaîne en reconnaissant que les termites, ici, auraient condamné tous ces chefs-d'oeuvre. À brève échéance parfois. Mais je vais revenir à la remarque précédente : le ministère de la Culture aurait réussi un coup fumant s'il avait eu l'idée de ne faire payer l'entrée du musée du quai Branly qu'aux seuls Français, rendant gratuit l'accès aux collections pour toutes les autres nationalités, ou au moins aux Africains et aux Amérindiens, ainsi qu'aux pays d'Asie qui furent colonisés. L'idée plaît au fo, nous sourions tous les trois et nous passons à autre chose (la clé 3G qu'il a achetée au revendeur chinois ne fonctionne pas, il a besoin des lumières de Bob (Yves-Pascal, vous vous souvenez ?) pour l'installer). CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Si vous connaissez Arno Bertina, vous savez ce qui vous attend. Si vous ne l'avez pas encore découvert, une nouvelle page de votre vie de lecteur va se tourner. - Alain Nicolas, L'Humanité Un court récit, aussi plaisant à lire que stimulant et revigorant et qui apporte sa propre couleur à cette formidable petite collection, Fictions d'Europe, que la Contre allée a inaugurée avec ce titre. - Marc Ossorguine, La Cause Littéraire À PROPOS DE L'AUTEUR Né en 1975, Arno Bertina publie son premier roman, Le dehors ou la migration des truites, chez Actes Sud en 2001. Paraitront ensuite Appoggio (Actes Sud, 2003) et Anima motrix (Verticales, 2006), ces trois titres constituant une manière de triptyque. En marge, il va initier de nombreuses collaborations avec des photographes, ou au sein du collectif Inculte. Je suis une aventure, son dernier roman, est paru en 2012 chez Verticales.

  • Quand dirigeants politiques et membres de la mafia trouvent un terrain d'entente... Mémoire historique de la justice anti-mafia, cette haute figure de l'État de droit n'a cessé de donner un sens politique à son travail de magistrat. Son Retour du Prince est une indispensable réflexion civique. Edwy Plenel « Le véritable pouvoir est toujours obscène », affirme Scarpinato dans cet entretien où est rappelé que le mot « obscène » vient du latin ob scenum, soit ce qui opère « hors scène ». Selon Edwy Plenel, en montrant l'obscénité qui surprend, révolte ou indigne, Roberto Scarpinato brise l'omertà qui permet au pouvoir d'échapper à la honte du dévoilement. Après un franc succès populaire en Italie, cet ouvrage est désormais devenu une référence en France. Mémoire historique de la justice anti-mafia, Roberto Scarpinato a instruit des procès majeurs concernant les alliances entre la mafia et la classe politique et économique italienne. Il vit sous protection policière depuis plus de vingt-cinq ans. Un document édifiant qui montre la grande complexité de la lutte anti-mafia. EXTRAIT L'histoire du pouvoir, y compris dans ses déclinaisons criminelles telles que la mafia, la corruption et le terrorisme, pourrait donc se réécrire comme un récit de voyage au royaume de l'imposture, lieu de construction et de perpétuation de fausses croyances utiles au maintien du pouvoir. Une histoire totale dans laquelle se croisent, en interaction, tous les plans de notre vie : de l' organisation de l' État, des rapports économiques, des conflits politiques, de la religion, de la culture, de l'éducation, et finalement, des rapports de force publics et privés entre faibles et puissants, sans omettre les versants psycho-sociaux de ces différents niveaux. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ce livre de référence est plus qu'un livre sur la Mafia : il est une explication des mécanismes qui régissent le système du pouvoir politique - Eric Valmir, Radio France Roberto Scarpinato opère ici une impitoyable radiographie d'un état gangréné par la corruption - Politis Un livre d'entretien indispensable - Fabrice Arfi, Mediapart À PROPOS DES AUTEURS Roberto Scarpinato est né à Caltanissette (Sicile) en 1952. Il s'engage, en 1989, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille avec Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Au Parquet de Palerme, il dirige les départements Mafia-économie, Mafia de Trapani et Criminalité économique. Saverio Lodato, né à Reggio Emilia en 1951, est journaliste. Il a commencé sa carrière, en 1979, au journal L'Ora. En 1980, il entre au quotidien L'Unità, pour lequel il écrit toujours. Deborah Puccio-Den, anthropologue, est chargée de recherche au CNRS, rattachée au Groupe de Sociologie Politique et Morale (Institut Marcel Mauss, EHESS/ CNRS).

  • Jeune adulte, aujourd'hui écrivaine, la narratrice s'interroge sur l'histoire qui l'a façonnée avec laquelle elle doit encore composer aujourd'hui. Elle se remémore les épisodes marquants de sa vie tout en questionnant ses choix les plus récents. Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bain pourrait bien être le parcours d'une émancipation à travers les âges et les usages. Une confrontation aux codes déterminés, inculqués pour le bien-être de chacun à l'école, dans la famille ou encore dans le monde du travail et qui, selon Amandine Dhée, s'avèrent ressembler davantage à des promesses désespérées et mensongères plutôt qu'à un réel cheminement épanouissant. Et ça commence à la naissance, premier chapitre, où déjà le regard des autres pèse : « Elle est laide, aurait dit ma grand-mère lorsque je suis venue au monde.» Le lecteur suit à la fois le parcours de la narratrice dans une histoire qu'elle souhaite faire sienne et sa réflexion à propos d'une écriture naissante, qui s'affirmeront simultanément. L'enfant devient l'adulte que la narratrice a choisi d'être. Souvent bref, les chapitres s'enchaînent avec la force évocatrice d'un Haïku. Quelques mots suffisent à Amandine Dhée pour installer le décor et la complexité des sentiments.
    À PROPOS DE L'AUTEURE
    Amandine Dhée est écrivaine et comédienne. L'émancipation, notre rapport à autrui et à notre environnement de vie sont les thèmes récurrents qui marquent son travail, distingué par le prix Hors Concours pour La femme brouillon en 2017. Son besoin d'exploration des formes l'amène régulièrement sur scène pour partager ses textes lors de lectures musicales ou encore pour y interpréter un rôle dans l'adaptation de ceux destinés au théâtre.

  • Les réflexions d'un pilier de la lutte anti-mafia. Roberto Scarpinato est « le dernier des juges », dernier survivant de la génération des juges Falcone et Borsellino, brutalement assassinés par la mafia en 1992. Il est l'un des procureurs du procès Andreotti, et a instruit les plus importants procès menés contre la mafia et ses liens au sein du monde politique et institutionnel. Sous protection policière depuis plus de vingt ans, mémoire historique de la justice anti-mafia, Roberto Scarpinato balaie de ses réflexions les lieux communs sur la justice, le pouvoir et la religion. À travers le prisme d'une vie que la violence mafieuse a irrémédiablement bouleversée, il nous livre un entretien inédit, porté par une voix aussi vigoureuse qu'inspirée. Cet entretien a été mené et traduit de l'italien par Anna Rizzello, qui fera la connaissance de Roberto Scarpinato à l'occasion d'une conférence donnée pour l'édition Citéphilo 2008, à Lille. Elle y sera son interprète. Depuis, les rencontres se succèdent, tissant une relation de confiance et d'estime mutuelles. Letizia Battaglia est l'auteure de la photographie de couverture. En guise de conclusion à cet ouvrage, elle nous restitue l'histoire de ce portrait saisissant. Découvrez dans cet entretien un témoignage inédit sur la justice et le pouvoir en Italie ! EXTRAIT Eh bien, admettons que vous soyez commerçant ou entrepreneur ; on viendra vous racketter et vous serez obligé de choisir : dénoncer le racketteur et courir le risque d'être tué, comme Libero Grassi, ou payer. Si vous êtes avocat et qu'on vous demande de transmettre un ordre d'exécution hors de prison, vous devrez choisir : obéir ou courir le risque d'être tué. Si vous êtes médecin et qu'on vous demande de pratiquer une consultation légale visant à déclarer que tel mafieux ne peut pas rester en prison, vous devrez choisir : refuser, comme Paolo Giaccone qui fut assassiné, ou obtempérer. [...] Si vous n'êtes qu'un simple citoyen marchant paisiblement dans la rue, il se peut que vous assistiez à un délit ou à un crime ; vous devrez alors choisir : soit vous détournerez les yeux, soit vous déciderez de témoigner, comme l'a fait le témoin du meurtre du juge Rosario Livatino, contraint pour cette raison d'entrer dans la clandestinité sous protection de l'État. Dès lors, quoi que vous fassiez dans la vie, cette réalité vous place face à vous-même. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ce genre de discours est évidemment à contre courant de la pensée dominante, et à haute teneur philosophique, et on comprend tout à fait ce qui a conduit Anna Rizello à aller à la rencontre de ce personnage d'exception. - baz-art.org Le livre reposé, on se prend à rêver : et si les véritables armes contre la mafia, c'étaient justement cela : l'éthique, la culture et la réhabilitation du droit à la fragilité humaine ? - Anne Crenier magistrate France, Observatoire Géopolitique des Criminalités À PROPOS DES AUTEURS Roberto Scarpinato est né à Caltanissette (Sicile) en 1952. Il s'engage, en 1989, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille avec Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Au Parquet de Palerme, il dirige les départements Mafia-économie, Mafia de Trapani et Criminalité économique. Anna Rizzello est née à Nardo' (Pouilles) en 1979. Après des études en Sciences Politiques à l'université de Turin, elle s'installe à Lille où elle travaille comme traductrice d'édition. Elle a publié Le Onde, écrits inédits de Louis-Ferdinand Céline (Via del Vento edizioni, 2008). Lors de l'édition de Citéphilo 2008 où elle était interprète, Anna Rizzello a rencontré Roberto Scarpinato, alors intervenant de la conférence « Démocratie, populisme, et autoritarisme. Leçons italiennes ».

  • Histoire politique récente de l'Islande Sous forme de chroniques, Jérôme Skalski rend compte de la « Révolution des casseroles » en Islande. Suite au déclenchement de la crise financière internationale à l'automne 2008, l'Islande a choisi de tourner le dos à la « doctrine d'austérité » qui forme actuellement le lieu commun dominant des politiques de gestion de l'après-crise. Passée du statut de laboratoire de la finance triomphante à celui du symbole de sa déroute, l'île nordique fut tout d'abord l'objet d'un mouvement de protestations aux conséquences inattendues. La presse internationale s'enflamma. On parla bientôt d'une « Révolution des casseroles » pour décrire les événements qui s'y déroulèrent et qui aboutirent en quelques semaines à la démission de son gouvernement et à l'anticipation d'élections législatives. Première dans l'histoire islandaise, une gauche armée d'ambitions réformatrices radicales, sous la pression de la société civile, arrive au pouvoir. C'est sur la base de la description que la réflexion peut se développer, pas avant. [...] Il n'y a pas de « description » neutre. La description est un produit critique. J'ai volontairement dissocié l'élément subjectif de l'élément objectif. Cet écrit se veut percutant non par le commentaire, le contre-point, mais par la description elle-même et la saisie de sa dialectique interne. [...] J'ai tenté de suivre le procédé de Marx, dans le Capital. Les chroniques de Jérôme Skalski offrent une analyse précise de la révolution islandaise ! EXTRAIT Alors que la plupart des pays capitalistes « avancés » sont entrés dans la ronde de la contre-révolution mondiale néo-libérale avec un programme de démantèlement systématique des acquis du système d'économie mixte issus du compromis dit « keynésien » d'après guerre, programme qu'ils ont largement appliqué et qu'ils continuent d'appliquer, l'Islande, après la nationalisation de ses principales banques et la reprise en main des pivots de son secteur financier, semble sortir de sa crise avec un régime d'économie mixte à dominante sociale quelque peu anachronique du point de vue de cette contre-révolution mondiale. Mieux, car jusqu'à présent, c'est en tournant explicitement le dos aux recettes néo-libérales des institutions du capitalisme international qu'elle s'est relevée de ses cendres. Un contre-exemple, du point de vue de ces dernières, dont la Verte Eirin, sa quasi homonyme, renvoie le reflet inversé à la surface des eaux de l'océan atlantique. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Une succession de manifestations très sonores rythmées par des casseroles commence. Elles vont conduire à de nouvelles élections, qui portent au pouvoir une gauche rouge et verte, tandis que vingt-cinq citoyens sont élus pour rédiger une nouvelle Constitution. Comme les Français le firent lors de la Révolution, sauf que celle des Islandais est amendée sur Internet... - Christophe Goby, Le Monde diplomatique À PROPOS DE L'AUTEUR Jerôme Skalski est né en 1971 à Lens, dans le Pas-de-Calais -Pays noir. Fils d'une mère au foyer et d'un père professeur de mathématiques, frère d'un professeur agrégé de physique, il a vu les derniers chevalets du Bassin minier des environ de Lens. Il habite à Arras après un séjour de 17 ans à Lille, où il suivra des études de philosophie avec à la clé un mémoire de maitrise sur Marx. Ses études seront marquées par un engagement politique et syndical, bien que son militantisme politique remonte à ses 15 ans.

  • Le témoignage fascinant du célèbre juge de la lutte anti-mafia On meurt généralement parce qu'on est seul, ou parce qu'on est entré dans un jeu trop grand. On meurt souvent parce qu'on ne dispose pas des alliances nécessaires, ou parce qu'on est privé de soutien. En Sicile, la mafia frappe les serviteurs de l'État que l'État ne parvient pas à protéger. Giovanni Falcone Publié pour la première fois en 1991 et rapidement épuisé, cet entretien unique du juge Giovanni Falcone paraît quelques mois avant qu'il ne soit assassiné le 23 mai 1992. Témoignage exceptionnel de ce héros discret de l'Italie contemporaine, l'entretien constitue son testament spirituel. Une réédition essentielle car Falcone fut le premier à déchiffrer les modes de fonctionnement, les valeurs, les finalités et les codes de langage de Cosa Nostra. Une remarquable et magistrale leçon de sémantique mafieuse : « La mafia système de pouvoir, articulation du pouvoir, métaphore du pouvoir, et pathologie du pouvoir. La mafia système économique, depuis toujours insérée dans les activités illicites particulièrement fructueuses et susceptibles d'une exploitation méthodique. La mafia qui devient État dans les terres où l'État est tragiquement absent. La mafia qui, dans ce monde-là, apparaît comme un modèle plein d'avenir...» Découvrez le testament spirituel de Giovanni Falcone qui, encore aujourd'hui, en apprend beaucoup sur la Cosa Nostra ! EXTRAIT N'adhère pas qui veut à Cosa Nostra. Cette université du crime exige d'abord que l'on soit valeureux, capable d'accomplir des actions violentes, et donc de tuer. Mais ce n'est pas le plus important. savoir tuer est une condition nécessaire mais non suffisante. Bien d'autres conditions doivent être remplies. Si l'on appartient déjà à un milieu mafieux, que l'on a des parents hommes d'honneur, on bénéficie d'un sérieux coup de pouce au départ. Le repenti Salvatore Contorno rappelle que, parmi les qualités requises, il est indispensable d'être de sexe masculin, et de n'avoir enfin aucun membre de sa famille dans la magistrature ou les forces de l'ordre... CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Il y a un livre que quiconque s'occupant de la lutte anti-mafia devrait relire au moins une fois par an. [...] Un ouvrage qui ne fait pas son âge, tellement il est actuel et stimulant - Tano Grasso, président honoraire de la Fédération italienne de lutte contre l'extorsion Lire ou relire l'entretien historique que Giovanni Falcone accorda à Marcelle Padovani, un an avant sa mort, permet de comprendre les raisons de leur acharnement à le détruire. - Denis Demonpion, Le Nouvel Obs À PROPOS DES AUTEURS Giovanni Falcone est né à Palerme (Sicile) en 1939. Il s'engage, en 1979, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille sous la direction de Rocco Chinnici. Au côtés de son ami, le juge Paolo Borsellino, il ouvre en 1986 le premier « maxi-procès » contre la mafia dont l'issue formalisera pour la première fois en Italie « l'existence de l'association de malfaiteurs de type mafieux ». Marcelle Padovani est née en Corse. Licenciée en philosophie, diplômée de Sciences Po et docteur en sciences politiques, elle débute sa carrière de journaliste à l'Express, puis travaille au Nouvel Observateur et devient correspondante en Italie.

  • Les tribulations de deux auteures au caractère bien trempé, aux prises avec une commande d'écriture à quatre mains sur un quartier à l'histoire ouvrière en berne.
    On s'amuse des rendez-vous ritualisés qu'elles se fixent dans tous les cafés du coin pour y faire le point sur l'avancée de leurs investigations. Un comique de situation largement exploité dans leurs échanges à bâtons rompus autour d'une histoire en train de s'écrire, de personnages en mal de dramaturgie, ou encore de conflits d'égo...
    Les difficultés de l'exercice de la commande sont traitées au fil de dialogues doux amers vivifiants qui nous invitent dans l'envers du décor. Si la fiction s'inscrit ici dans une forme de réalité, c'est bien elle qui l'emporte, au final.
    Une adaptation est disponible gratuitement avec l'ouvrage, à télécharger sur le site internet de La Contre Allée à l'aide de mots clés inscrits au sein de l'ouvrage.
    Un ouvrage plein d'humour qui dévoile les coulisses d'une histoire en train de s'écrire sur la vie dans le Nord de la France !
    EXTRAIT
    - J'ai une de ces pressions... Et mes ancêtres besogneux qui n'ont toujours pas quitté mon bureau.
    - T'as des ancêtres ouvriers, toi ?
    - Quand t'es née dans le Nord, t'as forcément des ouvriers qui se raccrochent désespérément aux branches de ton arbre généalogique, un sandwich à l'omelette à la main.
    - Après tout, faut bien qu'on avance.
    - Ce qui compte c'est le résultat.
    - Pas d'omelette sans casser des oeufs !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Un texte qui fait souvent sourire, mais également un témoignage intéressant sur un quartier que peu au final connaissent, sauf ses habitants. On y retrouve l'atmosphère du Nord, celui d'aujourd'hui, mais aussi les témoignages du passé, les impressions de personnes qu'elles ont croisées et l'ensemble donne un petit livre très original, bourré d'humour. - Lectures et élucubrations de Liliba
    C'est un très bel exercice d'écriture sur le quotidien, ni historique, ni sociologique mais un regard subjectif pour mettre en lumière un quartier. - Le monde de Mirontaine
    À PROPOS DES AUTEURS
    Née en 1980 à Lille, Amandine Dhée fait vraisemblablement la joie de son entourage.
    Elle étudie et ensuite fait un vrai travail. Elle partage ses mots à de nombreuses scènes ouvertes.
    Elle cherche les oreilles des autres en théâtre de rue.
    Elle constate avec effroi que l'envie de triturer les mots prend de plus en plus de place...
    Carole Fives est une écrivaine-portraitiste-vidéaste- ancienne élève des Beaux-Arts- chroniqueuse d'art. Elle vit à Lille et partage son temps entre les arts plastiques et la littérature. Pour Quand nous serons heureux, elle a reçu le Prix Technikart 2009, présidé par Alain Mabanckou. Elle est artiste associée des résidences EN APARTÉ 2010, aux côtés de Amandine Dhée et Louise Bronx.

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