La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricole d'autosubsistance, l'ouvrage apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx. Les contradictions majeures que soulève la persistance au sein du capitalisme des rapports domestiques comme lieux de la reproduction de la force de travail et du « travailleur libre » sont mises en évidence par cette démonstration qui, portant sur les domaines généralement séparés de l'ethnologie et de l'économie, enchaîne logiquement « les structures alimentaires de la parenté » aux mécanismes de la surexploitation du travail des populations dominées par l'impérialisme. De même que l'« Anthropologie économique des Gouro de Côte-d'Ivoire » avait marqué « un tournant dans l'histoire de l'anthropologie », cet essai théorique (qui en annonce d'autres), en dépassant le stade de la discussion des concepts pour essayer de renouer avec la démarche active et créative de Marx et d'Engels, représente une nouvelle contribution au progrès contemporain du matérialisme historique.

  • Elles sont filles de parents maghrébins immigrés en France. Leurs pères sont ouvriers, artisans, chômeurs ou retraités, l'un fut officier de gendarmerie. Elles sont nées à Nanterre, à Bobigny, Sartrouville, à Paris dans le vingtième, dans la banlieue nantaise ou à Roubaix et y ont grandi. Elles ont de dix-huit à vingt-sept ans, sont lycéennes, étudiantes, animatrice, secrétaires, restauratrice ou "au chômage". Quelques-unes ont un compagnon, l'une est mariée, une autre divorcée, la plupart sont célibataires. Toutes ont parlé sans réticence, contentes d'être écoutées par une auditrice attentive, française, ethnologue, spécialiste de la culture de leurs parents, ainsi à même de comprendre leurs difficiles et douloureux problèmes. En effet, elles sont partagées, parfois déchirées entre leurs aspirations personnelles de jeunes femmes en France et le désir, bien différent, de leurs parents, qui auraient voulu les voir devenir ces "femmes bien", modèle de femme maghrébine. Diverses ont été leurs conditions de vie, divers leurs rapports avec parents et frères, leurs connaissances de la religion, du Maghreb, leurs scolarités, leurs activités et relations éventuelles hors de la maison paternelle, leurs attitudes envers l'autre sexe, leurs propres désirs de famille et d'enfant, leurs problèmes d'identité et de nationalité, enfin, pour certaines d'entres elles déjà, leur participation à la vie active en France. A travers leurs discours sur toutes ces questions - une centaine d'heures d'entretiens -, sont analysées les conditions et les circonstances, les constantes et les variables susceptibles de freiner ou de favoriser leurs dispositions à l'intégration.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Depuis près d'un siècle, le théoricien de la micro-économie et le "manageur scientifique" se parlaient peu. Il ne fallait pourtant pas voir là l'expression d'un divorce, mais plutôt celle d'un partage des tâches indiscuté et indiscutable : à l'un, le "marché parfait", à l'autre, l'"organisation parfaite", tous deux étant armés du même modèle théorique, pour garantir la complémentarité de leurs démarches. Mais les grandes mutations structurelles qui affectent l'entreprise contemporaine, rendent ce modèle théorique de plus en plus irréaliste et inefficace. Dans leurs efforts pour surmonter ces difficultés, l'économiste et le manageur parlent des langages de plus en plus étrangers l'un à l'autre. Cette fois, le divorce menace. Fort de sa double expérience (théorie économique et pratique managériale), l'auteur engage une vigoureuse critique de concepts et de méthodes dépassés. Mais loin de se limiter à une telle critique, il consacre l'essentiel de cet ouvrage à recenser et analyser les pistes les plus prometteuses pour reconstruire, de concert, une nouvelle micro-économie et une nouvelle gestion. Il étaye en permanence son argumentation théorique par l'observation des pratiques actuelles dans l'entreprise moderne. "Période passionnante, constate-t-il, où chaque problème pratique débusque un problème théorique" : clarté du style et richesse des exemples permettent d'établir un véritable dialogue entre débat théorique et pratique quotidienne, et de rendre ainsi accessibles des concepts-clés pour l'"économie-gestion" de demain, fondée sur l'apprentissage et l'innovation.

  • A partir d'une analyse en profondeur de la production et de la reproduction dans les sociétés agricole d'autosubsistance, l'ouvrage apporte à la fois une théorie du mode de production domestique, les éléments d'une critique radicale de l'anthropologie classique et structuraliste et les bases d'une critique constructive de la théorie du salaire de Marx. Les contradictions majeures que soulève la persistance au sein du capitalisme des rapports domestiques comme lieux de la reproduction de la force de travail et du « travailleur libre » sont mises en évidence par cette démonstration qui, portant sur les domaines généralement séparés de l'ethnologie et de l'économie, enchaîne logiquement « les structures alimentaires de la parenté » aux mécanismes de la surexploitation du travail des populations dominées par l'impérialisme. De même que l'« Anthropologie économique des Gouro de Côte-d'Ivoire » avait marqué « un tournant dans l'histoire de l'anthropologie », cet essai théorique (qui en annonce d'autres), en dépassant le stade de la discussion des concepts pour essayer de renouer avec la démarche active et créative de Marx et d'Engels, représente une nouvelle contribution au progrès contemporain du matérialisme historique.

  • L'auteur de cette contribution à l'histoire du mouvement trotskyste auquel il appartient depuis plus de quarante ans, secrétaire de Léon Trotsky en 1932-1933, membre de la direction de la IVe internationale, veut répondre dans ce livre à la question essentielle qu'il pose : la IVe Internationale s'est-elle justifiée historiquement ?

  • Dans le monde entier, à la fin des années quatre-vingt, les meilleurs experts comme les simples citoyens ont assisté médusés aux bouleversements de l'ordre du monde, que nul n'avait su prévoir. Dans ce livre, Alain Joxe propose une interprétation globale de ce tournant historique : celui-ci marque la fin du cycle impérial de la dissuasion nucléaire, ouverte en 1945 à Hiroshima. Une fin dont l'explication structurelle est à rechercher dans la conjonction de trois tournants : l'éclatement des représentations du monde qui ont prévalu depuis quarante-cinq ans (affrontement Est-Ouest, opposition Nord-Sud), le dérèglement de doctrines stratégiques devenues délirantes, la prise de conscience de la folie de la course aux armements. Par une succession de vues d'ensemble et d'effet de zoom sur les moments-clé de cette histoire, l'auteur propose une relecture des étapes successives du "cycle de la dissuasion" : de la phase guerrière initiale aux avatars récents de la doctrine américaine de "riposte flexible", sans oublier les spécificités des écoles de pensée stratégique française et soviétique. Cette démarche apparaît comme un puissant révélateur pour prendre conscience des enjeux de la nouvelle situation créée par l'effondrement de l'empire soviétique et la fin de l'hégémonie américaine : quels seront les nouveaux risques liés à l'avènement d'un "empire du désordre" où la guerre entre puissances centrales aurait disparu et où la société mondiale s'organiserait en sous-ensembles violents, emboîtés ou juxtaposés et fortifiés, pratiquant à l'échelle de la planète comme à l'échelle du quartier l'extorsion et le rackett ? A l'heure où les dirigeants européens s'interrogent sur l'avenir de leurs systèmes de défense, Alain Joxe, l'un des meilleurs spécialistes français des problèmes stratégiques, apporte à ces questions des réponses qui bouleversent les cadres de pensée établis.

  • Cet ouvrage interroge le sens et la réalité de la nation américaine, déjà bi-centenaire, en examinant ses origines. Comment les « Pères fondateurs », ces Pygmalion du premier État-nation délibérément constitué, ont-ils conçu leur création ? Alors qu'en 1789 la France révolutionnaire fonde l'État-nation des citoyens, les dirigeants et les idéologues américains se défendent de ne créer qu'une nation contractuelle : ils cherchent à la légitimer en lui donnant une tradition. Pour l'auteur, l'idéologie dominante de l'Amérique passée et présente prend sa source dans les mythes développés par le discours des Fondateurs. Ce n'est pas vraiment la tradition libérale - héritée des lois britanniques et de la philosophie des Lumières - ou celle du « consensus » - dont on prétend qu'elle aurait assuré la permanence nationale - qui sont les fils conducteurs de la continuité historique des États-Unis, c'est plutôt une idéologie nationaliste, celle-là même qui est destinée à réaliser le « consensus ». Cette idéologie, profondément intériorisée, est remarquablement masquée par la pluralité des mythes qui la composent. L'auteur analyse l'élaboration et la portée de ces mythes : mythes de fondation, où s'exaltent les commencements absolus, le culte des pionniers, l'intangibilité des textes constitutionnels ; mythes de tradition et de continuité, où les conquérants de l'Amérique se font les porte-flambeaux de la civilisation et assument la tâche d'anéantir la sauvagerie et les sauvages ; mythes justificateurs d'une communauté exclusive, où l'homofaber anglo-saxon impose ses normes face à la « primitivité » des peuples d'Amérique et d'Afrique. Ces mythes modernes qui soutiennent et justifient la nation volontairement construite des Fondateurs établissent l'universalisme proclamé (et trompeur) d'une collectivité qui se dit élue par la Providence et que son élection disculpe des actes délibérés d'exclusion et de génocide. Des mythes à l'idéologie nationaliste, le pas est franchi en 1800 lorsque Thomas Jefferson, l'un des principaux idéologues de l'indépendance, est élu troisième Président des États-Unis. Désormais, l'État assume les mythes et les utilise pour cimenter la nation.

  • Après la dénonciation sans appel du totalitarisme soviétique, et la preuve par le goulag en 1976, puis l'écroulement du mur de Berlin en 1989, beaucoup d'intellectuels se sont trouvés désorientés, comme décrochés d'une histoire dont le sens leur échappait. Le nouveau rôle social des médias a accentué ce malaise, en excluant bien souvent les intellectuels des moyens d'expression de leur propre savoir. Rendre compte, à chaud, d'une histoire dont les effets ne sont pas totalement déployés, est la gageure que tente ici Olivier Mongin. Il ne propose ni une histoire exhaustive des intellectuels, ni une sociologie des clercs, mais un état des mutations de la pensée contemporaine en France, sans négliger les courants esthétiques et littéraires. Ce panorama, nourri d'une abondante bibliographie, est aussi une présentation critique des pensées novatrices, qui se font jour face au scepticisme ambiant, et des écoles, des lieux, où celles-ci s'élaborent et se diffusent. Cet essai est sous-tendu par une thèse : le désenchantement démocratique, qui prévaut aujourd'hui, reflète l'épuisement de la polarisation entre le singulier et l'universel, qui structurait la communauté intellectuelle française depuis la Déclaration des droits de l'homme. Sans « vision du monde », l'intellectuel ne peut plus remplir une de ses fonctions, donner du sens à l'histoire. Est-il, pour autant, condamné à disparaître ? Olivier Mongin refuse cette éventualité : pour lui, la démocratie n'avance, et ne se renouvelle, qu'avec des idées, donc des débats et des confrontations. Et il faut, pour cela, des « passeurs » et des « éveilleurs » : telle est la mission de la nouvelle figure que l'auteur appelle de ses voeux, celle de « l'intellectuel démocratique ».

  • Dans les années 1930, la campagne de presse du journaliste Alexis Danan contre les bagnes d'enfants, a porté ses fruits parce qu'elle reposait sur des données concrètes, constantes, régissant les « maisons de correction » de l'époque. En 1974, si la fonction profonde de ces institutions est restée la même, l'ensemble du secteur, dit de l'enfance inadaptée, s'est libéralisé. Se démarquant des institutions-mères (prison, asile, etc.), il a su trouver une originalité propre. C'est cette démarcation qui en masque la fonction et, contradictoirement, si l'on ne peut plus, à propos de l'ensemble du réseau, parler d'institutions totalitaires, les jeunes « placés » en reconnaissent pourtant, parce qu'ils les vivent, les caractères : vie recluse de ses membres, au moins parce que les échanges sociaux avec l'extérieur sont contrôlés à l'extrême ; écrasement des frontières qui séparent les trois champs d'activités fondamentaux (travail, loisir, repos), tous les aspects de l'existence des "placés", dépendent d'une même et seule autorité ; mise à l'écart du rapport travail-salaire, l'institution fonctionnant suivant la dialectique pénurie-pléthore. À travers la grève menée dans deux centres par des jeunes "placés", à travers le récit des artisans de cette grève, Jacques Fresco montre la réalité de ce qu'on appelle « rééducation ».

  • Ce livre vise quelque chose de central : le désir d'être. Cependant, cet effort d'approfondissement s'accompagne du souci de ne pas perdre pied ; aussi l'auteur ne s'avance-t-il qu'en des terrains aux dimensions modestes : deux mythes de Platon, quelques contes d'Andersen, défrichés à l'aide d'un instrument méthodologique déjà éprouvé : l'analyse structurale. La méthode s'essaie ici sur des objets qui ne lui sont pas familiers. D'abord, les textes analysés ne sont pas tout à fait des mythes, puisqu'ils ont un auteur. Ensuite, ils sont intérieurs à cette culture même qui, à l'ordinaire, prend plus volontiers pour objet de science les autres cultures. Ce que l'analyse met à jour en ces discours, ce sont des représentations idéologiques de l'homme, construites de telle manière que s'y puisse inscrire la possibilité d'un aboutissement du désir d'être. En même temps qu'ils permettent de penser l'homme comme intériorité, les systèmes d'oppositions, et les codes propres aux textes, inscrivent celle-ci au-dessus des aléas et des limitations du social, pour lui donner à déchiffrer (mais aussi à méconnaître) sa vérité sur un plus vaste théâtre.

  • L'honnêteté intellectuelle et la fidélité à ses engagements et à ses amis, sont deux qualités essentielles de Boris Souvarine. Personne, quelle que soit sa place sur l'échiquier politique aujourd'hui, ne le conteste. Cet anti-stalinien de la première heure, ancien fondateur de la Section française de l'Internationale communiste lors du congrès de Tours (1920), a oeuvré toute sa vie de militant professionnel pour la propagation de ses idéaux. Autant dire qu'il est resté un homme de l'ombre. La revue lui a toujours semblé le moyen le plus efficace pour diffuser sa pensée et celle des auteurs qu'il appréciait. La Critique sociale, de 1931 à 1934, va paraître onze fois et utilisera ses colonnes, afin de faire connaître les débats théoriques du moment, les nouveautés en sciences sociales, la critique musclée du spectacle politique, et l'appel à l'audace intellectuelle. Lucien Laurat, Georges Bataille, Michel Leiris, René Michaud, Raymond Queneau, Karl Korch, Jean Bernier, Pierre Kaan, Simone Weil, Colette Peignot, et bien d'autres inconnus qui deviendront célèbres, participent à cette aventure périlleuse et ô combien stimulante qu'est l'appareillage et la navigation de cette galère particulière du monde des lettres : la revue. La Critique sociale, dans le paysage intellectuel des années trente, tient indéniablement une place originale. Cet ouvrage collectif le démontre et, mieux encore, nous explique en quoi le projet initial de ces revuistes interpelle notre présent.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Il y a près de vingt ans que des gens du fleuve Sénégal viennent travailler en France. Cet exil, il s'agit ici d'en restituer la dimension africaine. L'émigration du fleuve en France cesse alors d'être objet de réflexion en elle-même. Cela même qu'elle sert à révéler l'intègre à une histoire dont l'essentiel se déroule ailleurs. Sept hommes sur dix travailleurs africains en France, sont des paysans Soninké venus des rives du Fleuve. Tant que l'on se borne à constater leur présence, elle ne semble pas peser lourd. Mais que l'on inverse la perspective, et le monde bascule : il faudrait maintenant chercher sur les cartes, dans les livres, dans leur pays même surtout, le poids de leur absence. En Europe, leur présence paraissait marginale : c'est qu'au miroir européen, leur histoire ne s'inscrit qu'à l'envers. Infléchie par la présence européenne, puis suspendue par la conquête, l'histoire des peuples du Fleuve se survit dans l'émigration. Aujourd'hui, face à la double crise de l'emploi en France, et de la production vivrière au Sénégal, des gens du Fleuve cherchent à reprendre en main leur avenir, en développant les ressources agricoles de leur terroir. Détournée à d'autres fins, la mise en valeur du Fleuve risquerait toutefois de déposséder les communes villageoises, barrant à jamais le chemin du retour. Comprendre l'émigration dans son contexte africain, n'en remet que plus sûrement en cause le rôle de la France.

  • Ce nouveau livre du Collectif d'alphabétisation paraît à une période trouble pour la population immigrée en France : insécurité entretenue et légalisée (loi Barre-Bonnet), marginalisation renforcée... La formation des immigrés, une pratique dépassée ? C'est ce que laissent entendre les pouvoirs publics. Or, dans le même temps, un rapport officiel estime à 800 000 au moins le nombre d'analphabètes étrangers en France. Ce livre, dans une première partie, resitue l'alphabétisation des travailleurs immigrés dans le contexte politique et économique actuel, et en dégage les enjeux. Dans une deuxième partie, il propose un certain nombre d'outils pédagogiques, pour atteindre des objectifs définis, à partir des situations concrètes rencontrées dans les cours. Ce livre n'est pas une simple réactualisation des précédents livres du Collectif d'alphabétisation. La conception, dans son ensemble, est différente : moins péremptoire et plus pragmatique. Il reflète les pratiques, les difficultés et les contradictions de ceux qui l'ont écrit (moniteurs professionnels ou bénévoles, permanents d'associations). Il n'énonce pas un savoir prêt-à-savoir, mais veut aider les utilisateurs à réfléchir sur leur propre pratique. Ce livre est destiné aux formateurs. Pour les immigrés des niveaux débutants, le Collectif d'alphabétisation a publié, en octobre 1978, un Livre de français pour les travailleurs immigrés, pour l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

  • La civilisation qui prend naissance aux bords du Tigre et de l'Euphrate, plus de 3 000 ans avant J.-C., est extraordinairement variée dans sa culture, et riche en pratiques politiques et religieuses. De par sa position stratégique entre l'Inde, l'Iran et le monde méditerranéen, la Mésopotamie sera nourrie de mythes et de cosmogonies étrangères qu'elle adaptera pour les faire siennes. Les essais rassemblés ici, pour la première fois, ne marquent pas seulement trente ans de recherche exemplaire, d'études érudites, et de controverses fructueuses. Ils montrent l'étonnante imbrication du politique, de l'économique et du religieux dans une société complexe. Comment se structurait, socialement, cette société suméro-akkadienne ? Quelle était la nature du pouvoir des dynasties babyloniennes ? Quelle place y occupaient les infirmes et les marginaux ? Plus précisément, avec le mythe d'Érysichthon le mangeur insatiable, l'histoire de Daniel jeté dans la fosse aux lions et ressorti sain et sauf, ou la boîterie de Jacob, ce sont la mort, la virginité, la justice, le pouvoir, qui sont admirablement étudiés dans leurs manifestations à la fois réelles et imaginaires. Ainsi, par exemple, le jet d'une poignée de terre, l'usage juridique du sceau, l'empreinte d'un pied dans l'argile n'étaient pas des actions gratuites : elles revêtaient des sens particuliers que l'auteur décode pour nous.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre est le résultat d'une enquête menée par l'auteur dans les haciendas des hauts plateaux péruviens sur les conditions de vie des indiens qui y travaillent. Ces conditions de vie se perpétuent depuis l'implantation des grands propriétaires espagnols, coupées du monde extérieur par le triple barrage de l'isolement géographique (l'« altiplano » féodal est sans communications avec la côte en pleine expansion) de la barrière linguistique (le quéchua est pratiquement la seule langue parlée et l'analphabétisme règne) et surtout par l'extrême exploitation et l'extrême misère où sont maintenus ces « oubliés des Andes ».

  • Plutôt que d'opposer telle ou telle expérience d'État ouvrier au « marxisme », au « léninisme », au « trotskysme », Jean-Luc Dallemagne préfère dégager, de l'élaboration théorique et de la pratique du marxisme révolutionnaire, la problématique permettant de comprendre l'ensemble d'expériences - moments de la révolution mondiale dont procédera le socialisme. Son livre s'attache donc à dégager théoriquement la problématique de la transition chez Marx et Engels pour comprendre comment Lénine l'a enrichie par sa pratique de la Révolution russe, et ce afin de disposer d'un corps de concepts permettant d'expliciter les expériences diversifiées et différentes des États ouvriers aujourd'hui. Ainsi la théorie de la révolution peut-elle être enrichie des premières expériences de dictature du prolétariat, sous quelque forme qu'elle soit instaurée. La révolution n'a pu triompher localement que selon des modalités porteuses de déformation bureaucratique. Il ne s'agit pas de le regretter au nom de la pureté programmatique. Il s'agit de comprendre le rapport des forces mondiales qui en est l'origine. Et c'est en modifiant celui-ci par nombre de victoires locales que la révolution prolétarienne est en train de créer les conditions propres à l'abolition de toute bureaucratie et à la construction du socialisme. Le problème n'est pas de se garantir contre toute déformation bureaucratique future, mais de faire en sorte que cette déformation ne dégénère ni en restauration du capitalisme, ni en écrasement bureaucratique du mouvement ouvrier.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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