Le Cherche-Midi

  • C´est un livre qui va humaniser, concrétiser l´image de Borges, statut du commandeur, être abstrait « au coeur du labyrinthe des livres ».


    Ce document exceptionnel rassemble dix ans de conversations, de rencontres, d´anecdotes que le grand poète argentin voulait partager car il avait déclaré à J. P. Bernès : « On ne sait rien de l´intimité de Dante, de Shakespeare ou de Cervantès. Moi je veux qu´on sache, il faudra dire ».


    Cet ouvrage de référence sera accompagné de nombreux documents inédits (lettres, photographies...).

  • Le roman commence en Bohême ? sorte de retour à des lieux d´origine ? avec l´arrivée du narrateur dans une petite ville et dans la boutique d´un tailleur où il croise trop vite une jeune fille trop belle. Puis, la jeune fille parlant au téléphone avec un garçon que l´on peut imaginer être son fiancé, nous retrouvons ce dernier en visite chez sa mère en Israël. Là-bas, un réparateur d´installations de climatisation, d´origine italienne, s´apprête à revenir en vacances dans son pays, où vit sa fille. Dans un restaurant au bord d´un lac, près de Rome, on croise une belle Italienne qui se souvient des quelque nuits qu´elle passa dans un hôtel de Budapest, avec un amant hongrois, maintenant fonctionnaire européen en Afrique. Dans un petit village du Mali, cet homme s´écarte étrangement de sa mission officielle, et il fréquente maintenant une spectaculaire jeune Africaine. Sur cet homme insaisissable, un éclairage nous est donné à la faveur d´un retour du narrateur, qui se trouve être son frère. Mais ce narrateur s´éclipse à nouveau, alors que nous suivons la beauté noire à Londres, où s´apprête à la recruter une agence de mannequins. Après une soirée mémorable, parmi la bohème artistique anglaise, le maquilleur qui prépare la beauté exotique pour ses premiers essais, est un Brésilien qui se morfond d´être séparé de son amant resté au Brésil, craignant toujours ses trahisons. Un coup de fil nous fait traverser l´Atlantique jusqu´à San Paolo et l´appartement où la sonnerie retentit dans le vide, ne réveillant qu´une mouche qui s´envole, visitant d´abord la cuisine où elle fait des découvertes, puis s´échappant par une fenêtre et traversant le quartier jusqu´au grand stade de Morumbi, où se déroule une partie de football au moment critique du tir d´un pénalty...


    Par ce genre de relais, et bien d´autres, nous remonterons bientôt l´Amazone, à bord d´un rafiot emportant vers le fin fond de la jungle des aventuriers, des prostituées et un écrivain européen réputé mort depuis dix ans. Des universitaires américains venus en hydravion pour un troc avec des Indiens, nous ramèneront avec eux en Californie, puis de là, nous passerons au Canada : d´abord à Niagara, lieu mythique et décor d´un film, dont le scénario devient un épisode du roman, puis à Montréal. Au passage, nous aurons rencontré des filles au destin dramatique, un frère et une soeur incestueux dans une chambre d´hôtel de Santa Monica, près d´Hollywood, une fillette autiste qui ne parle qu´avec un perroquet... Nous aurons croisé à nouveau, dans un avion pour New York, la beauté noire devenue un top model, nous repasserons par l´aéroport de Londres, nous arriverons à Genève où un savant américain, précédemment rencontré à l´Université Stanford, se rend à un colloque auquel participe aussi l´auteur du livre... Un cheminot suisse, déprimé par le désastre de sa vie, nous conduit jusqu´au cirque où travaille son frère, et où l´on découvre un autre perroquet, frère du précédent, et vendu comme lui par un Indien, dans la jungle amazonienne. Venu d´Italie, et passant par la Suisse, le cirque se dirige vers l´Autriche, mais c´est un chien perdu qui, longeant la voie ferrée, nous conduit d´Innsbruck à Vienne : retour en Europe centrale, et rencontre avec deux vieux musiciens à la retraite, qui peuvent rappeler d´autres personnages, et qui se souviennent d´autres histoires...










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    Nous sommes encore loin d´avoir épuisé la série des courts-circuits et d´avoir bouclé la boucle. Il y aura encore d´autres relais, d´autres péripéties, d´autres pays, d´autres villes, d´autres filles, d´autres scènes d´amour, tendres ou violentes... Mais au bout du compte, après l´avoir croisé quelques fois, comme par hasard, on finira par retrouver le narrateur, on reviendra dans la petite ville de Bohême où tout a commencé. La jeune fille trop belle, que le narrateur a trop vite quittée, en se laissant entraîner par d´autres histoires, est à nouveau là, à la merci de son imagin

  • Aragon a-t-il assassiné Elsa ?



    " Je vais écrire sur Aragon. Ce sera un polar, une histoire de meurtre : celui d'Elsa " : Aragon en a marre des yeux d'Elsa, le voilà pris d'une bouffée délirante, meurtrière. Pour se défouler, il veut écrire le roman du meurtre de son épouse - sous pseudonyme.
    Qui tient la plume ? André Rollin. C'est lui qui raconte comment Aragon a étouffé Elsa " un soir de grande pluie sur Paris ".

    L'Assassinat d'Elsa est d'abord un roman sur l'écriture. Un polar dont le mobile est l'écriture et le flic un écrivain - raté -, qui se venge en écrivant son journal (intime), parce qu'il ne parvient pas à terminer un roman.
    Qu'est-ce qui est vrai ? Faux ? Qu'importe puisque la vie du héros, Aragon, est un roman.

    André Rollin rend hommage à l'oeuvre du poète.

  • Ces six (en vérité sept) contes d'amour et de désir plein d'ironie et de drôlerie se déroulent dans les endroits les plus variés - le Sud profond américain, Boston, New York, Florence, Jérusalem. Les protagonistes sont des hommes et des femmes de milieux très divers, qui vivent ces situations insolites à différentes époques de leur vie. Certains sont encore adolescents, d'autres étudiants, écrivains, commerçants, professeurs ; on trouve même un arrière-grand-père. On y rencontre des survivants de l'Holocauste, une adorable et très sexy petite voleuse, un dramaturge, des étudiants en vacances, une goy polonaise amoureuse de l'histoire juive, un historien de l'Holocauste non-juif, un représentant de commerce en livres, un peintre du monde yiddish, un architecte de synagogues parmi tant d'autres personnages savoureux.
    Ce qui unit ces êtres en apparence si disparates est ce désir universel d'amour et d'affection qu'ils éprouvent tous au fond d'eux-mêmes. Et qu'ils parviennent à vivre.
    Le lecteur est captivé par la force théâtrale des scènes qui se succèdent d'histoire en histoire et rebondissent de dialogue en dialogue à l'intérieur même de chaque histoire. Fidèle à la tradition de la littérature yiddish, la vie est reine dans cette brillante fantaisie romanesque de Curt Leviant. À l'instar des grands auteurs dont son art s'inspire - de Sholem Aleichem à Haïm Grade -, on assiste, ou plutôt on participe, en lisant ces contes, à une véritable fête des sens : humour, tendresse, sexe rendent à l'éros sa pleine dimension, superbement indifférent à la hiérarchie du genre, dans les moments les plus inattendus de la vie ordinaire de chacun, homme ou femme. L'éros apparaît dans un nouvel habit : il incarne la joie et l'énergie que les couards s'obstinent à lui refuser. L'éros comme valeur morale essentielle à redécouvrir - qui présuppose une aimable utopie : l'amitié et la complicité entre les sexes.

  • « Si le destin du marquis de Sade semble pouvoir donner lieu à une oeuvre cinématographique, c´est sans doute parce qu´il est suffisamment pittoresque, riche en situations et en événements, dignes d´un film d´aventures, mais surtout parce que, étant celui d´un écrivain qui a imaginé les fictions les plus extrêmes, les plus irreprésentables, ce destin reste susceptible d´être mis en scène, à la fois comme celui d´un aventurier presque ordinaire, et comme antichambre de l´extraordinaire le plus irréductible, le plus réfractaire à la représentation. La vie de Sade est comme un paysage mouvementé, parmi d´autres du même genre, mais qui, à la différence de ces autres, conduit au bord d´un rivage, ou d´un gouffre, d´un abîme, où l´horreur indescriptible a trouvé des mots pour être sommairement consignée. Il y a toujours cet au-delà de la vie de Sade que constitue son oeuvre : si l´on ne veut s´intéresser qu´aux événements de l´existence, même lorsqu´ils sont très forts, celle-ci ne manque pas d´être perçue comme un en-deça. Sade est comme toujours en-deça de Sade, le libertin débauché plutôt banal, en-deça de celui dont l´imagination, en direction du pire, reste unique et indépassée. » A. F.




    Dans cet essai brillant, Alain Fleischer nous livre sa lecture de l´un des écrivains français les plus sulfureux. Comme il est cinéaste, Fleischer imagine un scénario possible de la vie du libertin. Il avait d´ailleurs, il y a des années, proposé le rôle de Sadeà Marlon Brando qui l´avait accepté. Le film n´avait pas vu le jour à cause des producteurs américains qui étaient réticents. C´est ce scénario même que Fleischer a retravaillé - et qu´il nous livre aujourd´hui sous la forme originale d´un essai dialogué.

  • Lucie Ravelin est capitaine dans l'armée française. Elle est belle, réservée, fascinante. Le soldat Salengro voudrait révéler sa féminité. Il la provoque, l'invite dans son appartement pour un huis-clos. Ils s'enferment.

    Deux jours durant ils s'affrontent sans répit, se font violence psychologiquement et physiquement. On ne sait ce qu'ils cherchent dans ce face à face où aucune pudeur ne résiste. On devine qu'ils ont vécu des moments difficiles, sans que l'on sache lesquels. Ils se laissent parfois aller à la tendresse, maladroitement. Tour à tour fragiles et insensibles, ils semblent perdus dans le labyrinthe de leurs émotions. Espèrent-ils se découvrir eux-mêmes ? Ce combat paraît sans issue. Jusqu'au bout, on ignore lequel des deux mène la barque, qui domine l'autre.


    Une métaphore subtile des rapports humains.

  • Tina Jolas et René Char ont vécu une histoire d´amour qui a duré trente ans, de 1957 à 1987. Elle était ethnologue, discrète et travaillait avec Claude Lévi-Strauss ; il était un des grands poètes du XXe siècle, célèbre, mondialement connu. Elle habitait à Paris ; lui était ancré en Provence, à Lisle-sur-la Sorgue. Ils n´ont jamais vraiment vécu ensemble, sauf pendant de brèves périodes. Mais ils se sont beaucoup écrit. Des milliers de lettres !

    Cette correspondance ne sera sans doute pas publiée avant longtemps. Mais les enfants de Tina Jolas, Paule et Gilles du Bouchet, ont permis à Patrick Renou de consulter les lettres de René Char à leur mère. Il s´en est inspiré pour écrire « ce roman qui serait vrai » (selon l´expression d´André Comte-Sponville). Il nous emporte dans les tourbillons d´une aventure humaine et littéraire à la fois : la longue passion qui a lié un poète et sa muse.

    René Char est le personnage principal de ce roman . Mais Tina Jolas en est l´héroïne. Une héroïne libre et lumineuse.

  • L´ascenseurest un roman qui se situe exactement entre deux précédents textes de Fleischer :La nuit sans StellaetImmersion.


    Nous sommes à Venise, dans l´ascenseur d´un grand hôtel. Le narrateur rencontre une jeune nageuse praguoise en qui il voit la réincarnation d´une noyée de Buenos Aires : Stella. Tout débute donc à la verticale de Venise avec une revenante.

  • Mars 1793. Un homme s'interroge. Malade, rongé par le cancer qu'il soigne en mêlant grains d'opium et verres de ratafia, le commissaire Grand-Jacques découvre les effets de la Terreur mise à l'ordre du jour. Que veulent-ils ? Qu'est-ce qui les fait danser, les Enragés, les Indulgents, les missionnaires, les juges et les jurés du Tribunal révolutionnaire et la meute des lécheurs de guillotine qui attend le passage des condamnés ? Est-ce une puissance de mort ou de vie ? Est-ce un charnier ou un berceau ? Et lui-même, Grand-Jacques, qui poursuit ses enquêtes ordinaires, assisté de ses deux lieutenants, Chêneville et Cloüet, qu'attend-il des mois qui lui restent à vivre ? Du moins y a-t-il les moments partagés avec son ami mélomane, Bruiant Fauve-Roussel, et les rêves que suscite Adeline, la fille galante de la maison voisine, aux yeux charbonnés et aux lèvres gourmandes. Voilà pourtant qu'une série de crimes d'une extrême violence relance son désir de justice, au-delà de la pitié. Le vieux limier se met en quête. Parmi les victimes quotidiennes de la Terreur, ces prostituées assassinées sont des mortes de trop.

  • Un homme peut-il faire l'amour à deux femmes en même temps ? Tommy Manning, le héros de Partita à Venise, ne demanderait pas mieux, quand bien même vingt-cinq années séparent les deux idylles prenant place l'une et l'autre dans ce paradigme de l'histoire d'amour qu'est Venise.
    Au fil du récit plein de péripéties de Curt Leviant, passion, larmes et rire s'entremêlent, conduisant le lecteur de surprise en surprise.
    La ville elle-même se mue en un personnage avec toutes ses facettes. Les souvenirs de Zoe, rencontrée à Venise des années auparavant, reviennent à Tommy page après page, et avec eux le poids de la culpabilité qui ne l'a jamais quitté. Il lui avait promis de la retrouver un certain jour, à une certaine heure dans la cité magique, quoi qu'il arrivât. Le jour venu, Tommy attend Zoe. Mais entre temps il a fait la rencontre de Happy, fille de tsigane, vive et envoûtante, intelligente et mystérieuse, qui parmi ses remarquables talents possède celui de se rendre invisible.
    Tandis que la narration se développe sur deux plans, nous voyons Tommy Manning osciller entre deux relations, complexes et énigmatiques, au moment même où la ville s'immerge dans les célébrations de la Festa del Redentore, s'embrasant de gondoles brillamment illuminées, parée de bals masqués, ses rues résonnant de chants et de festins.
    Si les évocations nous ramènent vers le passé, l'action nous projette en avant, et c'est tiraillé entre ces deux forces cinétiques que Tommy Manning avance inexorablement -; avec l'aveuglement du héros classique -; vers un incroyable dénouement digne d'une tragédie antique.


  • Un grand roman d'anticipation où l'art contemporain est le personnage principal.

    C'est dans les bras de sa maîtresse, une employée du grand hôtel où il séjourne à Sils-Maria en Suisse, que Simon, jeune pianiste virtuose, apprend le décès de son père, un milliardaire dont il s'est éloigné depuis l'enfance. Simon devient l'héritier de la plus grande collection d'art contemporain au monde, où il ne voit qu'un immense tas de cochonneries, oeuvres d'artistes dont les cotes ont été artificiellement poussées jusqu'à des sommets aberrants. La décision de Simon de liquider la collection par une gigantesque vente aux enchères et sa critique radicale du marché de l'art lui valent une déclaration de guerre de ce dernier, qui voit la menace de son effondrement.
    En cette époque proche où l'art contemporain est devenu une bulle spéculative, un secteur financier et bancaire essentiel, où terrorisme et mafias ont partie liée pour recourir à la violence extrême, Simon voit sa carrière de musicien compromise et sa vie privée sujette à un grave dérèglement.
    On peut voir dans ce roman " nietzschéen " une fable prophétique où les plus forts triomphent, même si c'est la beauté qui peut sauver le monde.

  • Un seizième siècle dans l'air du temps... Nous sommes à Paris au XVIe siècle. Du haut de la chaire, Jean Boucher apostrophe, exalte, terrifie les fidèles. Sa parole est une arme, qui appelle à mettre à mort tous les hérétiques. Docteur en Sorbonne et curé de Saint-Benoît, à la tête des Seize, il attise par ses sermons la fureur du peuple. Bientôt, la journée des barricades - la première dans l'histoire de Paris - oblige Henri III à prendre la fuite. Maîtres des lieux, les Seize rêvent de remplacer la monarchie par une dictature théocratique. Boucher triomphe. À ses côtés, Pierre Tison, qui s'est fait capucin, est le plus fidèle, le plus aimé de ses disciples. Secrétaire et confident, porte-drapeau, porte-glaive, il est le Dix-septième. Mais quel secret, quelle blessure le jeune moine cache-t-il ? À travers les violences de la guerre, de la peste et de la famine, quels sont les liens qui l'unissent à Madeleine Longeville ? En racontant l'histoire de destins exceptionnels, confrontés aux luttes que mènent Henri III, Henri de Navarre et les Guise, Les singes de Dieu montre l'intolérance des prédicateurs habités par la haine. Alors que les horreurs du fanatisme religieux constituent l'une des tragédies de notre époque, Patrick Wald Lasowski met à nu les passions de ceux qu'aveuglent la gloire et la terreur de Dieu.

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