Littérature générale

  • À son arrivée à Auschwitz début août 1943, elle est projetée dans l´un des lieux les plus terrifiants et abjectes de cet enfer : le Block 10 où les nazis pratiquaient des « expérimentations médicales » sur des cobayes humains. Durant dix mois, elle parvient cependant à échapper au pire, physiquement et psychiquement.
    C´est encore grâce à sa force morale et aux complicités qu´elle suscite qu´avec quelques camarades, elle sort de cet enfer, puis de celui de Birkenau où s´achève alors l´extermination massive des Juifs de Hongrie. Après environ trois mois, Eva parvient à être transférée dans un camp annexe d´Auschwitz, Rajsko (ferme agricole expérimentale), dans lequel les conditions de survie sont relativement moins dures.
    En janvier 1945, devant l´avancée de l´Armée rouge, les nazis procèdent à l´évacuation des camps entraînant dans leur fuite éperdue les survivants de cet enfer. Avec ses deux camarades encore en vie, Eva aura survécu à trois « marches de la mort » qui la mèneront aux camps de Ravensbrück et de Malchof.
    Au-delà des horreurs dont elle témoigne dans son récit, Eva livre à ses fils et aux lecteurs un chant d´espoir empreint de cette foi en la vie dont elle ne s´est jamais départie.

  • La famille Bernard n'a pas été épargnée par l'occupation allemande : Tristan Bernard, célèbre homme de lettres, arrêté à Nice avec son épouse, n'a été finalement libéré de Drancy qu'à la suite d'interventions d'amis fidèles (Sacha Guitry, Arletty). Son fils, le dramaturge, Jean-Jacques Bernard a subi une terrible captivité dans le camp allemand de Compiègne, où la famine et le froid ont entraîné la mort de dizaines d'internés juifs. Quant à son petit-fils François-René, il n'est pas revenu du camp de Mauthausen où il a été assassiné par les nazis. Jean-Jacques Bernard a été libéré avec quelques autres internés de Compiègne en mars 1942 à l'article de la mort.

  • Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs

  • Le récit de la vie d'Albert Bigielman est celui d'un « titi parisien » de Ménilmontant, né dans une famille juive émigrée de Pologne. La quiétude de son enfance est bouleversée par la déclaration de guerre : son père s'engage dans la Légion étrangère puis est fait prisonnier. Resté avec sa mère et son petit frère, Albert est le témoin de la transformation de son quartier sous l'Occupation et des persécutions antisémites, qu'il subit lui-même : il est finalement raflé avec sa mère (4 février 1944) et interné au camp de transit de Drancy durant trois mois. Le statut de prisonnier de guerre de son père lui vaut d'être déporté avec sa mère comme otage au camp de Bergen-Belsen. Là, il survit grâce à elle et son amour maternel.

  • Eté 1943. En plein coeur de la guerre, Nicole et Jacques, membres de l'Organisation de secours des enfants, cachent des enfants juifs. Deux ans durant lesquels ils parviennent à soustraire 200 enfants juifs de l'antisémitisme. Mais le bonheur ne tient qu'à un fil... Le destin les rattrape: Nicole et ses enfants adoptés sont arrêtés et déportés à Auschwitz. Jacques, lui, est arrêté à Lyon, torturé et interné au Fort de Montluc avant de s'échapper du train qui le menait vers Drancy.

  • Ce livre, fruit des entretiens entre un témoin et une historienne, offre le parcours remarquable d'un militant juif actif depuis l'entre-deux guerre jusqu'à nos jours. Depuis son enfance en Alsace, Georges Loinger est sensibilisé au danger que représentent pour la communauté juive les menées nazies au-delà du Rhin. C'est pour aguerrir la jeunesse aux épreuves qui se profilent qu'il s'investit dans l'éducation physique des futurs rabbins puis des étudiants de la toute jeune école Maïmonide à Paris. Prisonnier de guerre en 1940, il s'évade de son Stalag en Allemagne pour rejoindre sa femme confrontée à l'évacuation rapide de 123 enfants juifs venus d'Allemagne. Il se lance alors à corps perdu dans une autre aventure, celle de la résistance française dans le réseau Bourgogne.

  • Je suis revenue maintenant mais ces visions d'horreur, je crois, ne pourront plus jamais me quitter, et d'ailleurs je ne veux pas oublier, les Français oublient eux beaucoup trop vite et surtout ceux qui n'ont pas souffert c'est-à-dire ceux qui ne sont pas passés entre les mains des Allemands. Ce sont là les dernières lignes du texte reproduit dans ce livre que Denise Holstein a patiemment tapé à la machine durant l'été 1945 pour extérioriser ce qu'elle vient de subir de mai 1942 jusqu'à son retour de déportation en mai 1945. Ces trois ans qui ont brisé son adolescence et son univers, sont racontés avec la bouleversante simplicité de ses dix-huit ans et la précision due à la proximité des événements dramatiques qu'elle évoque : l'assassi

  • Moniek Baumzecer est un homme profondément marqué par ce qu'il a vécu durant la Seconde Guerre mondiale. Il ne passe pas une nuit sans que ses souvenirs l'assaillent et le tourmentent. Il pleure alors sur sa famille et ses amis dont la quasi-totalité n'a pas échappé à la volonté des nazis d'exterminer les Juifs. Et surtout, il pleure sur sa mère qui n'aura jamais su qu'il a tenu sa promesse. Juif de Lodz né à Radom en 1920, Moniek Baumcezer est le témoin de l'effondrement de la Pologne face aux armées du IIIe Reich allemand, des discriminations envers les juifs puis de leur ghettoïsation. Sportif et courageux, il répond pour sa famille à la réquisition pour le travail forcé sur les chantiers d'autoroutes allemandes. Il travaille ensuite pour une usine en Pologne et « loge » au cam

  • Cet ouvrage, proposé par Serge Klarsfeld, réunit huit textes sur le camp « C », ou « camp juif », de Royallieu, un faubourg de Compiègne à 75 kilomètres au nord de Paris. Ils viennent ajouter leur voix - jusqu'alors restées confidentielles - à celles précédemment publiées dans la présente collection : la réédition enrichie du Camp de la mort lente de Jean-Jacques Bernard et les deux volumes exceptionnels et inédits du Journal d'un interné de Benjamin Schatzmann. Grâce à ce nouveau volume, le chercheur, l'étudiant ou l'honnête homme, pourra compléter sa compréhension des terribles conditions d'internement des Juifs dans ce camp de représailles nazi, sous autorité de l'armée allemande.

  • Le Dr Gaston Lévy est l'une des grandes figures de l'OEuvre de secours aux enfants (OSE) durant la Seconde Guerre mondiale. Alsacien, il est tôt sensibilisé aux périls qui menacent au-delà du Rhin. Aussi mit-il d'abord dans les années 1930, ses compétenc

  • Ce livre est la réédition du témoignage publié au sortir de la Seconde Guerre mondiale par un déporté juif de France. Au-delà de la précision de ce récit vécu, en raison de la proximité des événements qu'il a subis à Auschwitz puis d'autres camps, Unger fait montre de qualités littéraires et humanistes qui donnent toute la force de son texte. Ainsi, pour rendre perceptibles les incompréhensibles conditions de sa survie, l'auteur parle du quotidien et des sentiments de « l'homme » dans cet univers concentrationnaire où l'humanité lui est déniée parce qu'il est né Juif. À cela s'ajoute la pertinence de son analyse des méthodes de terreur et de mensonges déployées par les nazis pour asservir, traquer, spolier en masse les Juifs.

  • Nous étions des enfants sages. Nous allions à l'école. Les rues et les jardins publics accueillaient nos jeux. Nous nous croyions comme les autres. Puis la nuit s'est abattue sur nous, une nuit remplie de cauchemars et de frayeurs, d'arrachements et de vides. Nos existences n'étaient plus balisées mais jetées aux quatre vents. Que se passait-il ? Des trains porteurs de mort sillonnaient les pays, des hommes furieux et cruels nous pourchassaient, des inconnus nous prenaient par la main et nous cachaient toujours plus loin de nos foyers déserts. Nos noms changeaient, l'oubli de notre identité, le renoncement et les refuges secrets s'imposaient.

  • À travers la narration de ce parcours, que lui-même se refuse à considérer comme exceptionnel - d´où ce pseudonyme de Robby qui lui permet aussi la distanciation -, Robby veut rendre un vibrant hommage à tous ceux, nombreux, qui ont lutté activement pour

  • L'auteur découvre l'antisémitisme très tôt quand à l'école une bande de filles commence une ronde autour d'elle en chantant : "Ah la juive! Ah la juive!" Qu'est-ce que j'ai fait? Pourquoi elles me rejettent ? se demande-t-elle. Six ans plus tard, c'est la défaite, l'Occupation et bientôt la chasse aux juifs. Le père de Mireille fait confiance à Pétain et aux lois. En dépit des signaux d'alarme, il ne peut pas croire que la vie des siens est menacée. Préfacé par Lucie Aubrac qui fut le professeur de Mireille, "Vies interdites" restitue le climat et les divers comportements des Français sous l'Occupation. La famille de Mireille n'est pas sortie indemne du grand massacre perpétré par les nazis et leurs nombreux complices.

  • Ce livre est la réédition du témoignage rédigé et publié par Guy Kohen dès son retour de déportation. Ses souvenirs traumatisants encore très présents dans son esprit et le besoin de faire connaître au monde l'inconcevable horreur de la barbarie nazie donnent toute sa force à ce récit. Grâce à sa volonté d'objectivité et à ses qualités littéraires, Guy Kohen nous révèle la réalité des persécutions dont il a été la victime. Que ce soit son arrestation dans la Creuse, sa détention à la prison de Limoges, le camp de Drancy, les conditions de survie dans l'univers concentrationnaire d'Auschwitz et de Monowitz jusqu'à la « marche de la mort » lors de l'évacuation et sa libération, il s'emploie avec une grande pudeur à exposer ce qu'il a vu et subi du seul fait qu'il était juif.

  • Les survivants de la déportation attribuent souvent à la chance les circonstances dans lesquelles ils échappèrent à une mort certaine. Ils évoquent également l'aléatoire et l'arbitraire qui régnaient dans le système concentrationnaire nazi. Théodore Woda met la chance au coeur de son témoignage car il démontre que, malgré que la destruction de tous les juifs soit programmée par le IIIe Reich allemand, la chambre à gaz ou la mort lente par la faim et/ou les mauvais traitements n'a pas toujours été la fin du parcours du déporté juif. On ne peut pas dire que la chance ait été avec lui lorsque la Gestapo, lors d'un contrôle, l'arrête au seul motif d'être juif, puis le déporte du camp de Drancy par le convoi n° 33.

  • Jean Oppenheimer, libéré le 27 janvier 1945 par les troupes soviétiques à l'infirmerie d'Auschwitz III-Monowitz - non loin de Primo Levi -, est transféré dans un lieu de regroupement improvisé à Katowice. Dans l'attente de son rapatriement en France et pour tromper son ennui, il décide, le 14 mars 1945, de tenir un journal.
    Ce qu'il appelle son « journal de route », initialement entrepris pour reprendre pied dans la vie en consignant les événements du retour, se transforme rapidement en témoignage de son expérience concentrationnaire. Arrivé le 23 novembre 1943 à Birkenau par le convoi n° 62, il est transféré au camp de Monowitz pour travailler à l'immense usine de la Buna.
    Cette écriture quotidienne le mène sur les chemins de sa mémoire de déporté. Les derniers mots qu'il griffonne le 9 mai 1945, juste avant de toucher le sol français, sont « d'avoir enfin cet affreux cauchemar à l'état de souvenir ». Car de sa vie d'avant Auschwitz, il ne fait aucune mention : rien sur ses actions dans la Résistance, rien non plus sur son passage au camp de transit de Drancy où il creuse, avec d'autres internés, un tunnel pour tenter de s'enfuir.
    Pourvu d'une rigueur intellectuelle remarquable et d'une forte personnalité, Jean Oppenheimer ne fait pas qu'exorciser ce qu'il a vu et subi lors de sa déportation. Il s'attache aussi à recueillir la parole de deux survivants qui ont connu des aspects de la barbarie nazie auxquels il a échappé : le Sonderkommando et les « marches de la mort ».
    Ce texte, sorti de l'oubli où son auteur l'avait confiné, apporte à la mémoire de la Shoah la contribution d'un homme rare.

  • « Depuis l'âge de neuf ans, ma vie n'a cessé d'être mouvementée. J'ai vécu deux guerres, deux révolutions et l'occupation de la France par les Allemands. Témoin de mon temps, j'ai bien des choses intéressantes à raconter. » Telles sont les premières lignes des mémoires de Germaine Masourt dont nous publions une partie, la plus historique, celle concernant la guerre et la reconstruction, ses vingt ans à l'OSE. Comme le titre l'indique, son itinéraire s'identifie à l'histoire de l'OSE qu'elle ne quittera qu'au moment de sa retraite. Cette oeuvre médico-sociale née à Saint-Petersbourg en 1912, repliée à Montpellier ne pouvait qu'accueillir cette jeune juive russe immigrée d'Odessa. Elle y fera toute sa carrière jusqu'à la fin des années 1970. Son récit est véritablement une

  • Ce sont donc deux enfants à qui les nazis ont volé leurs parents du seul fait de leurs origines juives qui ici témoignent pour leur mémoire. Ils nous racontent leur histoire parce qu'eux-mêmes étaient trop jeunes pour agir, mais pas trop pour subir... La famille réside à Angoulins-sur-Mer (Charente-Maritime) qui au lendemain de la défaite française de 1940, se trouve dans la zone côtière interdite. Le grand-père, père de huit enfants, juif non pratiquant, fait partie des notables locaux. Venue de Marseille, l'une de ses filles, Francine, réfugiée depuis l'Exode avec Lilian, Réjane et leur père, arrive à Angoulins pour voir les siens. Son arrivée de la zone « libre » dans cette zone très contrôlée jette la suspicion d'espionnage sur toute la famille. La quasi-totalité de ses membres e

  • Roger Fichtenberg est né en 1921 dans le XIe arrondis-sement au sein d'une famille parisienne depuis plusieurs générations. En juin 1940, devant l'avancée des troupes allemandes, les Fichtenberg se réfugient à Lapalisse, à 25 km au nord-est de Vichy (Allier).
    Roger entre aux Éclaireurs israélites de France (EIF) en mai 1941. Suite aux rafles de Juifs dans la zone dite « libre » (août 1942), il fonde avec d'autres la branche clandestine du mouvement, la « Sixième » : son totem, « Jaguar », sera son nom de guerre. À partir de Moissac (Tarn_x001A_et_x001A_Garonne), quartier général des EIF, l'organisation clandestine met en oeuvre le sauvetage de milliers d'enfants juifs. Réalisation de faux papiers, recherche de planques, convoyage et passages des frontières suisse et espagnole, diffusion de tracts clandestins... Roger brave les dangers en sillonnant la zone Sud. Intégré à l'état-major des FFI du Lot_x001A_et_x001A_Garonne, il participe à la libération d'Agen où il occupe la préfecture (19 août 1944), et contribue au rétablissement des institutions républicaines.
    À partir de ses notes des années de guerre, Roger Fichtenberg nous fait partager le cheminement exemplaire d'un jeune homme juif dans la Résistance.

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