Les Presses de l'Université d'Ottawa

  • Comment une « petite nation » peut-elle exister et subsister dans l'espace culturel mondialisé actuel ? Par quels mécanismes une culture minoritaire peut-elle être exportée et se tailler un créneau dans un marché culturel central surchargé ? Voici les questions auxquelles María Sierra Córdoba Serrano tente de répondre dans ce livre.

    L'ouvrage examine les transferts culturels du Canada vers l'Espagne en analysant un corpus de 77 traductions d'oeuvres littéraires québécoises traduites en Espagne, en espagnol et en catalan, entre 1975 et 2004. Les assises théoriques de cette étude reposent sur la sociologie des champs de Pierre Bourdieu appliquée à la traduction et s'appuient, d'une part, sur les études de réseaux et, d'autre part, sur la recherche dans le domaine de la diplomatie culturelle.

    Ce livre met en lumière les différentes phases d'un transfert littéraire : d'abord l'initiation et la sélection des biens culturels, puis la circulation, la réception et la reclassification ou création d'une nouvelle image de marque de ces biens cadrant avec la logique des champs sociaux et littéraires cibles où ils se voient recontextualisés et resémantisés. L'auteure montre comment les intérêts propres à chacun des champs culturels concernés - source (canadienne et québécoise) et cible (espagnole et catalane) - se traduisent par des stratégies politiques, commerciales, éditoriales et textuelles différentiées. L'ouvrage porte en outre un regard inédit sur le rôle déterminant (mais non déterministe) des acteurs institutionnels, ici canadiens et québécois : ceux-ci développent des stratégies et des structures visant à promouvoir et à accueillir la littérature québécoise en Espagne et en Catalogne. L'auteure se penche aussi sur l'action d'autres agents (éditeurs, directeurs de collection, traducteurs, professeurs de littérature, etc.) qui jouent un rôle central dans le transfert concerné.

  • Ce recueil de portraits nous fait pénétrer dans l'intimité de dix traducteurs qui appartiennent à diverse époques : XVIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Les textes traduits vont de l'article de presse aux Saintes Écritures, en passant par la tragédie grecque, le roman, la poésie, le conte, le « polar » et les traités de droit. Réintroduisant la subjectivité dans le discours sur la traduction, ces portraits contribuent au nécessaire recentrement de l'attention sur la personne de traducteur. Lorsqu'il a entrepris telle ou telle traduction, quelle était sa visée réelle ? S'est-il plié docilement aux contraintes inhérentes à cet exercice de réénonciation interlinguistique et interculturelle ? A-t-il transgressé certaines de ces contraintes ? Où a-t-il travaillé ? À quelle époque ? Pour qui ? À quelle fin ? Dans quelles circonstances ? Quels facteurs externes ont pu infléchir sa manière de traduire, l'amener à modifier le texte original, voire à s'autocensurer ? Autant de questions dont il faut chercher les réponses en dehors des textes traduits.

  • Dans cet ouvrage, rédigé à partir d'une abondante documentation de première main, Jesús Biagorri Jalón retrace les origines de l'interprétation de conférence et analyse avec la rigueur et la minutie de l'historien et l'expérience de l'interprète les principaux enjeux, politiques, sociaux et culturels ayant entouré la naissance de cette profession au début du XXe siècle. À notre époque où se multiplient les échanges internationaux dans tous les domaines, cette histoire intéressera non seulement les langagiers que sont les traducteurs et les interprètes, mais aussi les étudiants et les professeurs des écoles de traduction et d'interprétation ainsi que tous ceux qui s'intéressent des près ou de loin aux relations internationales des points de vue linguistiques, culturels et politiques.

  • Le dictionnaire est certainement l'une des plus grandes inventions intellectuelles de l'humanité. Ce livre retrace son histoire depuis ses humbles origines au milieu du IVe millénaire av. J.-C. jusqu'en 1539, date de la publication du premier dictionnaire du français par Robert Estienne. Un itinéraire culturel et historique de 5000 ans qui entraîne le lecteur à travers de grandes civilisations : la Mésopotamie, l'Égypte, la Grèce, Rome et l'Europe. L'optique retenue favorise deux dimensions : d'abord, le récit historique chronologique à partir de l'invention de l'écriture vers 3500 av. J.-C. jusqu'à l'invention de l'imprimerie au milieu du XVe siècle ; ensuite, l'étude critique des ouvrages marquants et innovateurs sur le plan des principes et des méthodes lexicographiques, et cela pour chacune des époques et des civilisations mentionnées. Les créatures de dictionnaires ne sont pas oubliés : chaque fois qu'un lexicographe a laissé son nom, une courte notice biographique le situe dans la longue lignée des bâtisseurs de dictionnaires.

  • Cet ouvrage jette un nouvel éclairage sur une période particulièrement fertile de l'histoire de la traduction, qui s'étend sur les XIIe siècles en Espagne. C'est au cours de cette période que le savoir scientifique et philosophique des Grecs, revu et corrigé par les Arabes, est transmis aux Occidentaux. Clara Foz remet en question l'idée communément admise que l'École de Tolède formerait une entreprise unique. Son analyse révèle plutôt l'existence de deux mouvements de traduction, l'un commandité par l'Église, au XIIe siècle, l'autre par le roi Alphonse X, le Sage, au XIIIe siècle. L'auteur fait d'abord état de pratiques qui avaient cours à l'époque pour la traduction, puis elle fait ressortir les enjeux politiques et culturels sous-jacents. Que traduit-on ? Pourquoi traduit-on ? Quels sont les modes de collaboration entre traducteurs ? Quels sont les rapports qui unissent les traducteurs à leurs commanditaires ?

  • L'industrie de la traduction connaît depuis cinquante ans un essor considérable. L'accroissement des échanges internationaux et, plus récemment, le développement de l'Internet et des technologies de l'information et de la communication on fait de la traduction une activité spécialisée, de plus en plus technologisée, requérant un apprentissage propre. Parallèlement, le traducteur est devenu un professionnel reconnue, respecté et recherché. Comment forme-t-on aujourd'hui un « traducteur professionnel » ? Quelles connaissances et compétences doit-il maîtriser ? Comment s'adapte-t-il à l'évolution de sa discipline ? Comment les enseignements sont-ils structurés de façon à optimiser son apprentissage ? Voilà quelques-unes des questions auxquelles cet ouvrage apporte une réponse ou encore un éclairage. Tributaire d'une profession exigeante, en constante évolution, la formation des traducteurs est loin d'être statique. Souplesse, adaptabilité, innovation, vision, tel est l'esprit dans lequel les auteurs ayant participé à ce collectif abordent cette formation et en explorent les diverses facettes. Par leur variété et leur complémentarité, les textes ici réunis offrent un portrait représentatif des composantes actuelles de la formation des traducteurs et des approches pédagogiques les plus récentes.

  • La terminologie, soit l'ensemble des termes spécifiques à une science, à une technique ou à un domaine particulier de l'activité humaine, représente aujourd'hui une discipline à part entière. Elle relève aussi bien de la linguistique, dans le cadre de l'analyse du discours spécialisé, que de la logique et des sciences et techniques, dans son rapport à l'objet décrit. Ce livre, dans lequel des spécialistes de divers domaines dressent un panorama de cette discipline en évolution, explore ainsi les multiples approches - actuelles ou émergentes - de la terminologie. On y découvre ses filiations avec de nombreux champs du savoir, dont la communication, la sociologie, la linguistique informatique, les technologies modernes et la documentation. L'ouvrage, qui approfondit certaines questions contemporaines, se veut également une nouvelle introduction à la terminologie ainsi qu'un repère pour se retrouver dans les différentes voies de recherche terminologiques et les applications contemporaines de cette discipline. Il intéressera tout lecteur curieux des faits de langue et des vocabulaires spécialisés.

  • La traduction est un phénomène central pour l'Europe telle qu'elle est en train de se construire : elle assure les échanges entre états sans qu'une langue commune donne l'impression d'une hégémonie quelconque ou d'un abandon des identités nationales. Cet attachement à la notion d'identité tout en ménageant les échanges culturels est une constante de l'histoire européenne et ces échanges passées, fondés sur la traduction, font que la construction de l'Europe ne se réduit pas à la création d'une entité économique et politique : elle possède une dimension humaine et culturelle spécifique, qui lui donne son âme. Ce colloque a abordé ces deux aspects du rôle de la traduction en Europe : dans le passé et aujourd'hui comme facteur de découverte mutuelle et ferment culturel ; de manière plus spécifique aujourd'hui comme facteur d'équilibre et instrument de communication au sein des institutions. Le colloque a rassemblé des spécialistes de nombreux pays européens ou observateurs jetant un regard sur l'Europe. Les textes partent de la traduction en Irlande au Moyen Age pour aboutir aux traducteurs allemands de Roumanie au XIXe siècle. La dernière partie du colloque tente de faire le point sur divers aspects de la recherche en matière de traductologie ainsi que la formation des traducteurs.

  • Cet ouvrage sonde deux grands types de transfert interlinguistique : la traduction professionnelle, enseignée dans les écoles et instituts de formation de traducteurs, et la traduction didactique, pratiquée en enseignement des langues. Les auteurs des textes réunis ici, tous des pédagogues d'expérience, tentent de répondre à quelques-unes des questions fondamentales du domaine : En quoi l'enseignement de la traduction professionnelle se distingue-t-il des exercices de traduction didactique ? Comment enseigner à bien comprendre les textes avant de les traduire ? Comment convient-il d'évaluer les traductions ? La puissance d'Internet peut-elle être mise au service de l'enseignement de la traduction ? Quel métalangage utilise-t-on dans les cours de traduction ? Pourquoi est-il important d'inculquer aux étudiants des habitudes dénominatives ? L'introspection à haute voix (think-aloud protocols) peut-elle contribuer à améliorer la pédagogie de la traduction ? Autant de questions qui trouvent dans ce collectif des éléments de réponse propres à faire progresser la pédagogie de la traduction à stimuler la recherche.

  • Cet ouvrage étudie les conditions d´émergence historiques et discursives du « droit de (la) traduction » et du droit qui l´administre : le droit d´auteur. Privilégiant une approche essentiellement archéologique, l´auteur montre comment la conception classique de la traduction a joué un rôle sensible dans la formation du discours juridique qui a contribué à l´avènement de l´auteur et de son droit tels que conçus aujourd´hui. L´auteur examine les implications culturelles, politiques et éthiques du droit de traduire, surtout pour les pays en développement, engageant par là une perspective postcoloniale. Soucieuse d´une meilleure diffusion du patrimoine culturel mondial, la politique du droit de traduire qu´il propose n´interroge pas seulement le droit d´auteur comme catalyseur de la marchandisation de la production intellectuelle, mais également le droit international comme instrument de l´impérialisme culturel de la mondialisation. Conçu désormais hors du champ juridique traditionnel mais plutôt dans celui d´une résistance politique, l´auteur démontre comment le droit de traduction devient alors un « droit à la traduction ».

  • Sans théorie générale, la traduction est limitée à réfléchir sur son activité de communication et à n'être jamais qu'une fraction d'une discipline nommée herméneutique. Cette limitation de la traduction à son rôle de communication, rôle qui marque un certain enfermement dans le langage, forme ce que l'on nomme le « complexe d'Hermès ». Cet ouvrage entend montrer qu'il est possible de sortir de cet enfermement du langage en considérant comment l'usage de la langue participe au sens du message, comment l'organisation rhétorique participe au sens fondamental du langage. Cela étant, on déplace la traduction de la linguistique à l'esthétique, permettant un discours théorique sur la traduction en tant que discipline esthétique. Sur ce chemin, on trouve alors Apollon, le dieu de la théorie et le dieu des arts, qui a raison d'Hermès, dieu du langage et dieu des menteurs.

  • La subordination de la femme à l'homme est-elle réellement inscrite dans le Coran? Par l'étude des versets du Coran les plus pertinents par rapport à la condition de la femme, l'auteure D'un islam textuel vers un islam contextuel : la traduction du Coran et la construction de l'image de la femme montre que cette conception découle plutôt d'une construction humaine.
    L'analyse sémiotique de traductions du Coran en français et en anglais permet d'abord de dévoiler les écarts entre le Texte et ses traductions, et de reconstruire ensuite les réseaux sémantiques du Texte d'où émerge une conception divergente de la femme et du monde. À la lumière des résultats de cet examen, l'auteure procède à une analyse sociohistorique du discours social commun, discours qui se révèle empreint d'une vision androcentrique et auquel participe la traduction en tant qu'activité discursive.
    Ainsi, pour peu que le lecteur ou le traducteur parvienne à s'affranchir de ce discours, le Coran s'ouvre à une lecture autre où la subordination féminine fait place à l'" être-femme ".

  • Cet ouvrage présente les fondements théoriques et les principes méthodologiques de la traduction spécialisée en général, et plus particulièrement de la traduction spécialisée de l'anglais vers le français. Il s'ouvre sur une description des particularités des langues de spécialité portant sur une typologie des textes et une classification des genres textuels. Une étude comparative fait ressortir les similitudes et les différences qui marquent la langue de spécialité par rapport à la langue générale. L'ouvrage présente ensuite des stratégies à adopter dans la traduction d'un texte à partir de trois perspectives : les caractéristiques textuelles et rhétoriques du texte spécialisé, les aspects morphosyntaxiques de la langue de la spécialité et finalement, les aspects lexicaux et terminologiques du type textuel. Des chapitres entiers abordent les caractéristiques de la traduction de textes spécialisés, la notion d'équivalence, la méthodologie de la traduction spécialisée et le contrôle de la qualité des traductions. L'ouvrage se termine par un chapitre sur les débouchés qui s'offrent au langagier qui s'apprête à entreprendre une carrière de communicateur interlinguistique spécialisé.

  • En 1830, Madame G.M. de Rochmondet publie à compte d'auteur les Études sur la traduction de l'anglais, un ouvrage qui se distingue des ouvrages antérieurs sur la question de la traduction de l'anglais vers le français. Peu connu, son travail s'oppose aux études antérieures qui se fondaient sur un auteur en particulier ou qui se concentraient sur la (re)traduction des Anciens. Utilisant un corpus de textes anglais publiés au XVIIIe siècle, Rochmondet présente une théorie de la traduction littéraire et élabore un vocabulaire original pour décrire la traduction. Bien plus qu'un simple manuel destiné à fournir des exercices de traduction aux étudiants de l'époque, les Études sur la traduction de l'anglais forment un ouvrage si complet que l'on ne peut que songer à une thèse ou à un ouvrage longuement mûri. On ne sait rien de l'auteure, sinon qu'elle se présente comme une femme qui aurait enseigné l'anglais et la traduction. Les textes qu'elle analyse laissent deviner une femme d'une grande érudition, au fait de la littérature anglaise. Sa connaissance de nombreux textes français portant sur la traduction montre également qu'elle a mené une réflexion approfondie sur le rôle de la traduction littéraire dans le cas particulier de la culture française. L'appareil critique de Benoit Léger montre en quoi la position de cette traductrice est novatrice. Une bibliographie des traductions et des textes théoriques publiés en France au XIXe siècle complètent cette édition.  

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