Les Presses de l'Université d'Ottawa

  • LEurope se trouve aujourdhui en position daccusée, souvent par les Européens eux-mêmes, du fait de sa prétention à luniversalité, de sa supériorité proclamée et de son arrogance intellectuelle. Quelle nait pas toujours été fidèle à ses principes, lors de la colonisation des autres peuples, ne met pourtant pas en cause sa légitimité. La critique de lEurope nest en effet possible quà laide des normes juridiques et des principes éthiques quelle a diffusés auprès de tous les peuples pour connaître le monde plutôt que pour le juger.
    Levinas navait donc pas tort de louer «la générosité même de la pensée occidentale qui, apercevant lhomme abstrait dans les hommes, a proclamé la valeur absolue de la personne et a englobé dans le respect quelle lui porte jusquaux cultures où ces personnes se tiennent et où elles sexpriment.» Il faut en prendre son parti : il ny a pas plus dégalité des cultures que de relativisme des valeurs. On ne saurait faire le procès de luniversel sans faire appel à la culture qui a donné cet universel en partage aux autres cultures.

  • Cet ouvrage à voix plurielles se place résolument dans une perspective interdisciplinaire. Neuf auteurs de premier plan, oeuvrant sous des horizons diversifiés, se confrontent à la crise actuelle de la démocratie. Une thèse centrale ordonne le travail d'analyse : cette crise tire son origine de l'oubli de la notion même de démocratie, dans le rejet de toute problématique de fondements. Identité et différence, communauté et pluralisme, droits individuels et droit collectifs, discours public et légitimation de valeurs, autant de problèmes cruciaux pour le renouvellement de la démocratie et de sa pratique publique, autant de centres autour desquels gravite la réflexion de la philosophie politique contemporaine. C'est ce qu'interroge ici chacune des contributions. Un fil rouge les traverse : la question de la reconnaissance de l'identité et de la différence.

  • Le premier défi de la démocratie est de donner le «goût de lavenir» (Alexis de Tocqueville), de générer lenthousiasme qui poussera les jeunes desprit à progresser deux-mêmes vers de nouvelles quêtes de sens et de savoir, à renouveler peut-être surtout, dans le contexte des nouvelles connaissances et dune prise de conscience accrue des richesses des différentes cultures, les questions que lon appelle «ultimes et les plus hautes», pour citer Husserl, celles que la science exclut par principe et qui sont pourtant «les questions les plus brûlantes», portant «sur le sens ou sur labsence de sens de toute cette existence humaine». Le simple mot question évoque d'emblée le vieux français queste, c'est-à-dire la quête, du latin quaerere, «rechercher», «aimer»; il traduit le désir de voir et de savoir, impliquant du coup les deux dimensions à la fois les plus essentielles et les plus grandes de notre être proprement humain, la capacité daimer et celle de penser. Une éducation qui exclurait, comme tranchées davance, ces questions ultimes, ne serait nullement à la hauteur de lhumain. Les essais composant ce livre explorent six dentre elles, à savoir la dignité humaine, lintelligence, la liberté, le bonheur, la mort et la beauté.

  • Laïcité et humanisme : un titre et deux mots de grande actualité tant au Québec qu'ailleurs dans le monde. Cet ouvrage, avec des contributions d'acteurs clés qui alimentent le débat sur le sens et la définition de la laïcité dans le Québec du xxie siècle, arrive à point nommé.Les textes de Thomas De Koninck, Jacques Dufresne, Georges Leroux, Guillaume Rousseau, Mathieu Bock-Côté, Normand Baillargeon, Mohamed Lotfi et Charles Le Blanc ne défendent pas une thèse particulière à propos de la laïcité. Ils forment plutôt un ensemble de réflexions polyphoniques qui se présentent comme une contribution philosophique, juridique, politique et sociologique à la question de la neutralité religieuse de l'État.À la fin du recueil figure un texte de Voltaire sur la tolérance, qui vient à la fois inscrire les questions abordées dans une perspective historique et illustrer le caractère continu d'un débat dont cet ouvrage se veut l'un des nombreux échos.

  • Dans La dynamique multiculturelle et les fins de l'histoire, Réal Fillion propose une lecture originale de textes clés portant sur la philosophie de l'histoire signés par Kant, Hegel et Marx, et démontre que ces textes demeurent pertinents aujourd'hui pour comprendre l'histoire. Il présente les thèses de ces trois auteurs à propos de la dynamique et des fins de l'histoire afin de répondre à la question suivante : où allons-nous? Appuyant sa réponse sur le double constat que le monde devient de plus en plus multiculturel et de plus en plus unifié, Fillion réaffirme la tâche de la philosophie spéculative de l'histoire telle que l'avait comprise la philosophie allemande : il s'agit de comprendre et d'expliciter le processus historique en tant que tout en évolution. De sa compréhension de la dynamique du passé et du présent telle que présentée par Kant, Hegel et Marx, l'auteur considère plusieurs courants récents de la pensée sociale et politique afin de jeter un éclairage différent sur les événements actuels et les avenirs possibles. Il présente ainsi une réponse à la fois riche et actuelle à la question : où le monde actuel s'en va-t-il?

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