Les Presses de l'Université d'Ottawa

  • Un jeune garçon avale les pages de cinq livres dans lesquels croit-il, se trouve le code qui pourrait permettre à un capitaine et à ses acolytes de retracer son père disparu. Afin de sauver sa vie, un explorateur se voit contraint de raconter à la tribu amérindienne qui le retient prisonnier les histoires qu´il connaît, qu´il crée ou qu´il combine. Une femme ravissante se plaît à réinventer sa propre histoire lors des soirées mondaines. Perdu sur les glaces à la dérive dans l´Atlantique Nord, un autre explorateur est tourment. Par les sempiternelles questions d´un enfant. Mais ce jeune garçon n´est-il pas celui qui a englouti des livres dans la bibliothèque ? Et cette femme qui joue des rôles n´est-elle pas le personnage d´un récit concocté par la machine à histoire mentionnée dans l´article d´une revue spécifique?

    Dans Le Dodécaèdre ou Douze cadres à géométrie variable, Paul Glennon manie douze genres littéraires (roman policier, journalisme d´enquête, récit d´aventure...), insufflant à chacun une part d´étrangeté pour créer douze univers distincts réunis dans une structure finement ciselée. Pour la version française de ce livre où chaque histoire apporte un nouvel éclairage sur celles qui l´avoisinent, douze traducteurs se sont livrés à leur tour au jeu des cadres à géométrie variable.

  • Un prétendu éditeur découvre un mystérieux coffre rempli de manuscrits. C'est là le prétexte pour retracer les pas de personnages associés à la famille Ashfaq, issue de la bourgeoisie musulmane d'une ville indienne dévastée par les émeutes religieuses des années 1990.
    Au fil des nouvelles de ce recueil, le lecteur voyage en Inde, en Birmanie, en Angleterre, en République tchèque, au Groenland, aux États-Unis et au Canada, de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Il y découvre une gamme de personnages et de sociétés aux prises avec la violence et l'oppression. Pour en accentuer l'artifice littéraire, la plupart des nouvelles sont racontées par un narrateur ou une narratrice dans un style distinct qui explore les mille et une façons connues d'aborder les thèmes choisis. En empruntant la voix des opprimés, les narrateurs mettent à mal leur propre récit. Et en mettant en doute la lecture qu'en fait l'« éditeur », sa femme lève le voile sur l'embarras et les inclinations de son mari. Aussi persuasive soit cette logique de narration, le cadre qui régit l'ensemble joue sur la vraisemblance des histoires racontées.
    Ce premier recueil de nouvelles signé Saidullah repousse les limites de la langue littéraire grâce à la parfaite maîtrise qu'en a son auteur, qui manie avec brio une multitude d'affects, d'émotions, de styles et de genres narratifs. Le Bonheur et autres troubles, oeuvre hautement originale et remarquablement élaborée en un lacis de récits entrecroisés, saura plaire à tous ceux et celles qu apprécient la nouvelle et la fiction.

  • Ghana, 1956. Nous sommes à la veille de l'indépendance. Nathaniel Amegbe est professeur dans une école ghanéenne plutôt médiocre. Johnnie Kestoe est comptable dans une firme textile britannique à Accra. Les deux hommes s'affronteront autour de la question de l'« africanisation », cette politique de passation des responsabilités entre Britanniques et Ghanéens.De l'autre côté du Jourdain est le premier roman de Margaret Laurence, cette matriarche de la littérature. Cette traduction est une invitation à découvrir une facette méconnue de l'oeuvre d'une grande écrivaine qui, pendant son séjour en Afrique de 1950 à 1956, a su capter tout l'espoir et les bouleversements imposés par les indépendances africaines à l'ordre du monde.Mais avant tout, il s'agit d'une invitation à découvrir une Afrique fébrile, des personnages attachants, le tout écrit avec un talent incontestable, dans une pluralité de voix à couper le souffle.Réflexion sur l'indépendance, tant intérieure que politique, De l'autre côté du Jourdain annonçait déjà les grands romans emblématiques de Laurence, dont, L'ange de pierre et Les devins.

  • Le Carnaval du quotidien, version française de Dressing up for the Carnival, est le troisième et dernier recueil de nouvelles de Carol Shields. Les nouvelles de Shields dévoilent le côté ludique et l'imagination féconde de cette grande dame de la littérature canadienne. Une grève de météorologistes provoque une suspension totale du climat (Acclimatement). Le gouvernement instaure une taxe sur les fenêtres qui incite la population à se replier dans la noirceur en recouvrant toutes les surfaces vitreuses des demeures (Fenêtres). Stop! aborde la réclusion d'une reine qui est allergique à tout, même à la marche du temps. Reportage porte sur la découverte d'un amphithéâtre romain au Manitoba qui transforme l'économie locale. On rencontre également Titus, un berger de l'Antiquité, qui invente la rêverie dans la nouvelle intitulée Invention. D'une nouvelle à l'autre, le lecteur est invité dans l'univers de Shields où la vie est synonyme de spectacle et le quotidien n'est ni banal ni ordinaire.

empty