Les Presses de l'Université de Montréal

  • Rédigé dans l'urgence à l'été de 1932, ce petit traité accompagne l'échec de la première expérience démocratique allemande. Il jette un regard incisif sur la crise qui emporte la République de Weimar et évalue les chances de sauver le régime face aux extrémistes de droite et de gauche. Philosophie politique, commentaire juridique et raison d'État se conjuguent ici sous l'effet d'une rhétorique vigoureuse et rusée, digne des plus grands publicistes.

    Écrit dans un contexte tragique et marqué par la carrière sulfureuse de son auteur, l'ouvrage a connu des échos aussi multiples qu'inattendus dans les démocraties d'après-guerre. La démocratie est-elle foncièrement un régime sans défense ? Doit-elle accepter l'existence de partis politiques attachés à la renverser ? Les mesures d'exception et de sécurité sont-elles justifiables au nom du salut public ? Peut-on préserver l'esprit d'une constitution et en nier la lettre ? Les questions que pose cet ouvrage résonnent encore dans d'innombrables conflits politiques.
    Catholique et conservateur, Carl Schmitt (1888-1985) fut un analyste perspicace de la crise des démocraties d'entre-deux-guerres, avant d'adhérer au nazisme en 1933. Arrêté par les Alliés en 1945, il est libéré deux ans plus tard. Il est l'auteur d'une oeuvre imposante et controversée, croisant le droit, la pensée politique, la théologie et la critique culturelle.

    Première traduction française complète

  • Ni survol des oeuvres principales de Karl Löwith ni introduction à sa vision particulière de la condition humaine, cet ouvrage revalorise la pensée du philosophe de deux manières. D'abord, en proposant des essais jusqu'alors inédits en français, écrits principalement pendant sa période américaine et témoins du développement de sa réflexion sur la disposition philosophique et sur les sources qui l'alimentent - Pyrrhon, Pascal, Nietzsche. Ensuite, en analysant sa pratique philosophique et son évolution à travers des réflexions sur la question de l'histoire et du temps avec, notamment, Strauss, Voegelin, Koselleck et Hegel.
    Cet ouvrage offrant à la fois traductions et analyses originales s'adresse à un public intéressé par la philosophie allemande, mais aussi aux chercheurs et aux étudiants en théorie politique et à quiconque s'interroge sur les liens entre religion, philosophie, et histoire. C'est à une expérience de la philosophie que le lecteur est ici convié, une expérience qui, dans les mots de Löwith, commande la retenue, la mesure et «le charme plus doux, mais sans éclat, de l'équilibre».

  • Philosophe et scientifique de formation, Robert Musil a enregistré dans ses essais et journaux les discours de son époque - politiques, économiques, savants, mystiques, artistiques ou sportifs. Estimant le système des discours de la modernité en crise, il a choisi la littérature pour rendre compte de cette crise et de ses possibles voies de sortie.

    Cet ouvrage analyse minutieusement la pratique litté­raire performative de Musil. Il souligne la mise en relation de différents discours dans laquelle se concentre l'inter­discursivité critique de L'homme sans qualité, ainsi que la stratégie d'une écriture essayistique qui inscrit ce grand roman dans une dynamique utopiste. En examinant la réception de l'oeuvre musilienne, il ouvre son potentiel de sens au présent et à ce qui est encore à venir.

  • Dans la Grèce ancienne, on considérait la philosophie comme un remède aux maux de l'âme, comme une thérapeutique permettant à l'individu d'atteindre l'indépendance et la tranquillité d'esprit par la connaissance de soi. Il n'est pas étonnant de retrouver des échos de cette pensée sous la plume du jeune philologue Friedrich Nietzsche. Dans ses premiers écrits, Nietzsche, alors professeur à l'Université de Bâle, donne à cette préoccupation thérapeutique la forme de la Kulturkritik : le philosophe est un médecin qui lutte contre la maladie de la civilisation, en s'en prenant à la fois aux causes et aux manifestations du mal. Cette entreprise l'amène à critiquer les postures caractéristiques du moderne : l'optimisme théorique, l'esprit scientifique, le relativisme historique, l'esthétique de l'imitation, la dignité accordée au travail.

    Martine Béland retrace les formes de la Kulturkritik en la rattachant au projet philosophique de Nietzsche d'entre 1869 et 1976. une époque essentielle pour comprendre la genèse de la pensée nietzschéenne.

    Martine Béland est titulaire d'un doctorat en philosophie (EHESS, Paris). Elle est professeur au Département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit (Longueuil) et chercheur associé au Centre canadien d'études allemandes et européennes (Université de Montréal).

  • Ce volume, qui souligne le dixième anniversaire de la mort de Raymond Klibansky (1905-2005), rassemble les principaux textes que le philosophe a écrits sur plus de six décennies. Ces textes illustrent les étapes du parcours exceptionnel de ce grand érudit de la tradition platonicienne formé à Heidelberg et réfugié à Londres à partir de 1933. Proche d'Ernst Cassirer, collaborateur à Hambourg de la Bibliothèque Warburg puis à Londres du Warburg Institute, pour lequel il coédita, entre autres ouvrages, le Corpus Platonicum Medii Ævi (1940-1962) latin et arabe ainsi que le fameux Saturn and Melancholy (1964), Klibansky devint professeur à l'Université McGill à Montréal en 1946.
    S'ouvrant sur sa conférence inaugurale de 1932 qui traite du rapport entre philosophie et histoire, le recueil convoque près de 25 siècles d'histoire de la pensée, de l'Antiquité à la Renaissance et de l'époque moderne jusqu'à la fin du xx e siècle. Il offre des textes parus à l'origine dans quatre langues différentes ainsi qu'un document d'archive et propose également une biographie intellectuelle de l'auteur préparée par les directeurs de l'ouvrage. Un riche appareil de notes ainsi qu'une bibliographie des travaux de Raymond Klibansky complètent cet ouvrage.

  • Cet ouvrage explore les points de rencontre entre la pensée de Hannah Arendt et la philosophie platonicienne. Partant d'une série de recoupements thématiques (l'action politique, le rapport entre vérité et cité, la question du mal, le problème de la tyrannie), il propose une relecture inédite de l'oeuvre d'Arendt, qui révèle les influences et les médiations complexes dont elle se nourrit. Combinant interprétation philosophique, reconstruction historique et analyse philologique, l'auteure montre comment Hannah Arendt infléchit méthodiquement la pensée de Platon afin de la mettre en dialogue avec notre époque et nos préoccupations morales et politiques. Au terme de cette enquête, c'est non seulement les coulisses de la pensée politique de Hannah Arendt qui s'éclairent, mais également les stratégies de réappropriation et de réécriture par lesquelles le XXe siècle a cherché, chez les philosophes de l'Antiquité, une façon de sortir de la « crise de notre temps ».

    Marie-Josée Lavallée enseigne au département d'histoire de l'Université de Montréal. Elle est également stagiaire postdoctorale au département de science politique de l'Université du Québec à Montréal. Classiciste et historienne de formation, ses recherches portent sur la pensée allemande des années 1920 à 1970.

  • Nietzsche lisait ? Mais quel écrivain ne lit pas ? Les auteurs réunis ici ont choisi de mettre de l'avant cette évidence afin d'en mesurer les conséquences méthodologiques, puis d'en tirer profit. Nietzsche lisait. Fort bien. Mais que lisait-il ? Et quand ? Mais surtout : pourquoi ? Comment ses lectures nourrissaient-elles sa réflexion ? Qui répondait à l'appel de ses textes ? Et quel type de lecteur fut-il lui-même ?

    Cet ouvrage s'intéresse au Nietzsche lecteur, écrivain et auteur lu. Il analyse, d'une part, la pratique nietzschéenne de l'écriture philosophique à l'aune de sa pratique de la lecture et, d'autre part, les mécanismes de définition et d'appropriation de ses idées à partir de la réception de ses textes.

    Martine Béland est titulaire d'un doctorat en philosophie (EHESS, Paris). Elle est professeure au Département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit (Longueuil) et chercheure associée au Centre canadien d'études allemandes et européennes (Université de Montréal).

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