Littérature générale

  • Carlos Taveira s'intéresse à l'histoire lusitanienne et aux empreintes que des personnes mal connues ont laissées, entre autres, en Nouvelle-France. L'auteur nous livre, comme un historien et un anthropologue, un texte bien senti et très fouillé portant sur les rapports entre les différentes classes sociales dans un pays jeune. Il s'attarde à la vie d'une femme vivant au plus bas de l'échelle sociale, une esclave noire d'origine portugaise. En 1734, Marie-Josèphe-Angélique est accusée et convaincue d'avoir mis le feu à la demeure montréalaise de ses maîtres, provoquant la destruction d'une quarantaine de maisons de la rue Saint-Paul. Crime qu'elle avoue sous la torture. Entre l'imaginaire et la réalité, Carlos Taveira donne la parole à plusieurs femmes habitant l'intérieur de celle qui sera pendue à Montréal.

    Mots et marées, tome 2 : Les maux de Marie-Josèphe-Angélique est un roman historique remarquable tant par la rigueur des faits rapportés que par la maîtrise de l'écriture, alors que l'écrivain utilise une langue collée à l'époque. Il s'agit d'un roman essentiel pour qui s'intéresse à l'histoire des mentalités et des petites gens.

  • « Au moment où la vie me rappelle à l'ordre, je ne sais plus qui je suis, car s'il est sans doute vrai que je suis un être unique, je suis aussi un être mutable, résultat de l'alchimie et des influences de ceux et celles qui ont traversé mon existence. »

  • Gilles Dubois narrait son enfance malheureuse dans le premier volume de L'enfant qui ne pleurait jamais, récompensé par le prix Christine-Dumitriu-van-Saanen 2012. Ce second tome nous montre le héros, Antoine Petibonjean, rendu à l'âge adulte.

    Désireux de quitter l'enfer familial, Antoine part en stage à Montréal, où il veillera à la sécurité du pavillon de la France, dans le cadre de l'Expo 67. Il subira un feu roulant de mésaventures cocasses.

    Enfin éloigné de ses parents indignes, Antoine multiplie les frasques et les déconvenues, en sol canadien comme en terre d'Israël. Touche-à-tout, il goûte même à la triste vie d'itinérant. Il se fera exploiter par une famille israélienne, échappant de justesse au recrutement de l'armée.

  • Chauffeur de bus au Mexique, professeur d'un lycée français en Afrique, technicien de la toile mondiale, artiste multidisciplinaire interpellé aux quatre coins de la planète, simple fonctionnaire ou encore cueilleur de fruits : autant de personnages et de professions qui mènent le lecteur à l'aventure. Et puis, ce métier vieux comme le monde qu'on exerce sans s'en rendre compte : saboteur d'avenir, et que tous les personnages de ce spicilège pratiquent malgré eux.

    L'écrivain Jonathan Goyette, grâce à un imaginaire débridé, offre un spicilège où la fable de Crapaud et une lettre à l'éditeur côtoient une dizaine de contes et nouvelles mettant en scène des protagonistes pittoresques disséminés dans divers pays. Certains de ces personnages vivaient paisiblement, sans heurt ni histoire, jusqu'à ce qu'une maladie exotique frappe ou qu'un souhait devienne réalité.

    Dans ce spicilège, les aléas du destin, et parfois les désirs d'un personnage, font d'un simple inconnu un héros ; parlez-en à Jean Debout, qui refusa de s'asseoir pendant des années et qui, soudainement forcé de partager sa maison avec un colocataire et sa famille, voit son quotidien et ses convictions bouleversés.

  • Plusieurs associeront le o majuscule de la page couverture à l'ovulation. Il s'agit en réalité de l'oeil de l'auteur qui se pose, scrute et dévisage en voyeur des personnages qui attendaient ses mots pour prendre forme. Le lecteur devient témoin de ces sortilèges dont le mot-piège par excellence est « rouge », qu'il s'agisse de la tuque du père Noël, des premières menstruations ou de la froidure sur la peau nue d'un enfant qui a besogné toute la nuit.

    Pour son premier recueil de nouvelles, José Claer laisse des empreintes dans la neige qui se remplissent rapidement de sang, dénonçant ainsi un imaginaire de conteur à l'écriture dense, foisonnante de moments magiques in extremis. Toujours, il nous surprend et nous déstabilise par le dernier mot du texte, qui fait une pirouette et nous laisse bouche bée et amusé.

  • Est-il possible qu'une simple lettre change toute une vie?? Confinée avec sa famille dans un bidonville du Sud, Gabriella Vellera se tourne vers son amie Normande Viau, marraine humanitaire de son fils Jo'no, pour le sauver de la délinquance. La Canadienne accepte spontanément d'accueillir l'adolescent dominico-haïtien à Kapuskasing, dans le Nord de l'Ontario. D'abord ébloui par les grands espaces, l'abondance de nourriture, le confort et les richesses infinies du Canada, Jo'no en découvre bientôt le versant plus sombre. Lié d'amitié avec Billy, un jeune autochtone, il comprendra la misère des réserves, qui lui rappelle avec désarroi les injustices et les préjugés qui règnent dans les bateyes dominicains où il a grandi et souffert. Le séjour du filleul à Kapuskasing ne se vivra pas en toute tranquillité. L'adolescent sera témoin du mensonge et de la violence qui s'immiscent peu à peu entre Normande et son mari, des deuils vécus par son ami Billy, des difficultés que vivent sa famille et leur protecteur, le père Mark. Les personnages d'Hélène Koscielniak se métamorphosent au gré des rencontres et des bouleversements?: ils se retrouvent au carrefour des grandes décisions et entament une existence nouvelle... Mais cette existence sera-t-elle plus heureuse??

  • Trois petits coups se font entendre, peut-être trois points de suspension qui trépignent d'impatience, et le rideau s'ouvre, le Théâtre au bout des sens de Daniel Paradis devient visible et lisible pour tous les amateurs de folie douce. La première constatation d'un des personnages de l'auteur, dans la nouvelle Treize, c'est que «?l'intellect demeure à la fois effrayé et attiré par le mystère?». Dans ce livre, le lecteur demeure agréablement assis sur le bout de sa chaise devant les multiples visages du style et les facettes de la beauté, ces mots qui lèvent le voile sur les sentiments humains et où gronde parfois le souffle de l'Univers. La bonne humeur et la poésie ne sont jamais très loin derrière. Divisé en trois actes, ce recueil de nouvelles et autres histoires fait penser au regard d'un tonton original et mal rasé, mais plein d'affection. Sous la patine de l'humour, une grande sagesse imprègne le livre et vise le coeur. Après avoir bien ri ou s'être étonné de l'une ou l'autre situation, on ressent une grande chaleur tapie sous les phrases.

  • Un voyage en Thaïlande, pays qu'il a souvent visité, lui offre l'occasion d'ouvrir des portes depuis longtemps scellées. Le paysage magnifique déclenche des nuées de souvenirs et conduit à une vive introspection. Trois temples, second volet de L'autre bout du monde, récit paru en 2009, présente la mutation du voyageur errant en un penseur profond et réfléchi. Une métamorphose transcendante, soulignée par les allusions à l'écrivain Franz Kafka et l'interaction virtuelle du voyageur avec des personnages de Kafka sur le rivage (Haruki Murakami). Peu à peu, l'auteur en vient à questionner ses choix, son passé, sa façon de vivre. À mesure qu'il se laisse glisser dans un paysage idyllique, il se retrouve devant un miroir multidimensionnel qui le projette à tous vents et entraîne un tangage. Il sonde son tréfonds, dans sa quête du sens de la vie. Il finit par traverser le miroir pour arriver à quelques vérités simples?; il sortira à jamais transformé de ce voyage plein de révélations. Suivez-le avec sa guide, Rai.

  • On ne joue pas avec le souvenir, dit-on souvent. Et pourtant ! Dans ce roman à trois voix, l'auteur explore les méandres d'une rupture artistique et amoureuse qui a survécu au temps. Entre les partitions pour violoncelle et les manuscrits d'un jeune poète, entre l'homme, les femmes et l'enfant, les années coulent et les lieux d'appartenance se redessinent, s'imbriquent les uns dans les autres. Souvent maladroite, la nostalgie s'insinue, des vies se défont et se refont. Sous une lune d'automne, les personnages oscillent entre des fragments du passé et du présent, tentant de situer leurs souvenirs, leurs craintes et leurs espoirs.

  • À Cap Maillant, la vie défile de génération en génération. Claudine Ducasse nous offre une oeuvre attachante et réconfortante. L'auteure est une conteuse née.

    Dans ce roman, l'auteure explore, avec une belle sensibilité, le présent dans une perspective de mieux connaître le passé. Tous les personnages restent profondément humains, par leurs passions, leurs déceptions et leurs rêves. L'auteure expose finement les détours et les retours que réserve l'existence. Claudine Ducasse nous offre une oeuvre pleine de suspens. Elle nous tient en haleine jusqu'à la fin de son histoire.

  • La famille Laflamme est réunie au village pour enterrer David, le fils qui s'est donné la mort ; il était pourtant le seul enfant investi dans l'avenir de la ferme familiale. Autour des parents éplorés et des voisins avides de ragots, la fratrie se retrouve : la belle Louisianne, bergère romantique ; Gaspard, rasta blanc idéaliste ; et Reggie, l'aîné devenu nomade et délinquant, que l'on n'avait pas revu depuis des années. Sous la course immuable des nuages printaniers, les souvenirs doux-amers refont surface, et la disparition de David soulève bien des questions. Dans un langage simple et poétique, les personnages prennent à tour de rôle la parole, comme autant de voix intérieures qui dévoilent leur vision du tableau de famille. Jean Perron nous offre une histoire intemporelle, universelle, où le sens de la terre et de la transmission des valeurs se heurte à l'inévitable conflit des générations et des visions du monde. Au-delà des différends, l'auteur nous montre avec subtilité la force des sentiments qui lient cette famille malmenée par la vie.

  • Ce recueil, composé de cinq nouvelles, s'inspire, comme son titre en témoigne, de cette écriture céleste et puissante qu'est le Destin. Fatima, Théodore, une fillette déformée, une mère cachotière, un ancien prisonnier, une veille femme aigrie et bien d'autres personnages qui forment l'univers d'Eileen Lohka sont contraints de composer avec leur bonne ou moins bonne fortune... C'était écrit propose des histoires où les circonstances, les situations, les descriptions et les monologues intérieurs ouvrent, à travers des lieux, des époques déterminés et des réalités différentes, sur les notions de l'identité et de la mémoire. Il en résulte un tissage de faits historiques et de «?fictionnalisation?» permettant au lecteur de réfléchir aux retombées de la colonisation, de l'esclavage, aux affres de la guerre, de la violence masculine et des catastrophes naturelles. C'était écrit, une aventure à la fois vers d'autres mondes et le centre de soi...

  • Voici le livre d'un homme d'âge mûr, qui a beaucoup vécu et à qui la vie et l'expérience ont beaucoup appris. Il nous parle avec la sérénité tranquille de celui qui a déjà subi les attaques du vieillissement et qui anticipe même la finalité de la mort. Pourtant, il y a dans ces textes une volonté de continuer à vivre et à sourire, à persévérer et à aimer, à se moquer doucement des gens et de leurs travers. On y retrouve aussi de l'humour léger et irrévérencieux, de l'amour osé, ironique et même tragique et, enfin, d'émouvants témoignages d'optimisme et d'équilibre. Bien campés, les personnages colorés, parfois excentriques, donnent vie à Le jour qui tombe. Ils vivent des situations parfois drôles et parfois moins drôles, qui entraînent des conséquences diverses, selon leurs actions et leurs choix. Des propos philosophiques présentent, en filigrane, divers visages de l'humanité et nous forcent à réfléchir à nos valeurs qui, elles, se transforment au gré du temps et des générations. Dans Le jour qui tombe, l'auteur met également en cause les moeurs et les fondements de notre société moderne et réfléchit à l'évolution du monde, en passant par la vision à l'échelle tantôt microscopique, tantôt macroscopique qu'il en a. Vingt-cinq nouvelles rappellent ici que, suite à nos expériences individuelles, ce que l'on trouve finalement dans la vie n'est peut-être pas ce que l'on croyait pouvoir y découvrir au départ... Quoi qu'il en soit, lisez ce livre et vous en sortirez grandis !

  • Une histoire à quatre temps. Quatre histoires d'hommes et de femmes qui se tissent au fil de l'Histoire. Quatre humains qui refusent à leur façon de se mouler aux modes, aux vues de leur époque. Ils dévoilent en vibrations orageuses, amères, ironiques ou

  • Les réserves alimentaires et les cultures agricoles mondiales sont ravagées par une nouvelle espèce d'insecte qui opère jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien à manger. Alors, elle se tourne vers une nouvelle proie : l'être humain. Quiconque se risque à l'extérieur lorsqu'il fait clair est voué à un destin funeste.
    L'enfer sur terre : vie misérable, chaos, désolation sont le lot des survivants ; qui plus est, ils se battent entre eux. Il existe un espoir : une île sur le lac Ontario pourrait avoir échappé au désastre. Il faudrait bien s'y rendre, mais les risques sont énormes.
    Dans les décombres de Montréal, Jack, Frank, Chad et Maddie tentent tant bien que mal de survivre. Séparé des autres lors d'un conflit avec des survivants agressifs, Jack se réfugie dans le laboratoire du docteur Wallace, qui étudie la nouvelle espèce en compagnie de Manjula, Jose, Lauren et Nina. C'est avec ce nouveau groupe que Jack passe l'hiver. Ensemble, ils enquêtent sur l'insecte dévastateur.
    Dévorés est un monde dantesque où chaque être humain agit pour assurer sa survie.

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