Les Éditions L'Interligne

  • Nous connaissons déjà l'issue du combat de Mohamed Ali contre George Foreman au Zaïre en 1974. Cependant, nous ignorons en totalité les dessous du « combat du siècle », qui sous-tendent cette improbable saga en terre africaine. Le roman de Blaise Ndala nous fait pénétrer avec une grande perspicacité, quarante ans plus tard, dans les dimensions sociopolitiques d'un univers aussi cauchemardesque que fantasmagorique. Musique, magouilles et magie traversent la vie de Modéro, héros malgré lui, depuis son village natal de Banza jusqu'à New York, en passant par Kinshasa.

    J'irai danser sur la tombe de Senghor est un texte puissant qui vogue entre pittoresque et gravité. Le passé d'une Afrique postcoloniale en pleine tourmente dans un monde en mutation y est interrogé avec acuité. Toutefois, il est permis de penser que les « vieux démons » qui parcourent ce récit n'ont pas fini de hanter un continent qui oscille entre leurres et lueurs, d'où l'actualité et la force de l'oeuvre.

  • Carlos Taveira s'intéresse à l'histoire lusitanienne et aux empreintes que des personnes mal connues ont laissées, entre autres, en Nouvelle-France. L'auteur nous livre, comme un historien et un anthropologue, un texte bien senti et très fouillé portant sur les rapports entre les différentes classes sociales dans un pays jeune. Il s'attarde à la vie d'une femme vivant au plus bas de l'échelle sociale, une esclave noire d'origine portugaise. En 1734, Marie-Josèphe-Angélique est accusée et convaincue d'avoir mis le feu à la demeure montréalaise de ses maîtres, provoquant la destruction d'une quarantaine de maisons de la rue Saint-Paul. Crime qu'elle avoue sous la torture. Entre l'imaginaire et la réalité, Carlos Taveira donne la parole à plusieurs femmes habitant l'intérieur de celle qui sera pendue à Montréal.

    Mots et marées, tome 2 : Les maux de Marie-Josèphe-Angélique est un roman historique remarquable tant par la rigueur des faits rapportés que par la maîtrise de l'écriture, alors que l'écrivain utilise une langue collée à l'époque. Il s'agit d'un roman essentiel pour qui s'intéresse à l'histoire des mentalités et des petites gens.

  • Comment un papillon qui vole dans la tête, un chien nommé Dick et le rêve de l'Amérique peuvent-ils servir de baume à une enfance couverte d'ecchymoses, trouée comme une passoire par où la violence passe et laisse des traces de sang? On ne sait pas. Pou

  • La famille Laflamme est réunie au village pour enterrer David, le fils qui s'est donné la mort ; il était pourtant le seul enfant investi dans l'avenir de la ferme familiale. Autour des parents éplorés et des voisins avides de ragots, la fratrie se retrouve : la belle Louisianne, bergère romantique ; Gaspard, rasta blanc idéaliste ; et Reggie, l'aîné devenu nomade et délinquant, que l'on n'avait pas revu depuis des années. Sous la course immuable des nuages printaniers, les souvenirs doux-amers refont surface, et la disparition de David soulève bien des questions. Dans un langage simple et poétique, les personnages prennent à tour de rôle la parole, comme autant de voix intérieures qui dévoilent leur vision du tableau de famille. Jean Perron nous offre une histoire intemporelle, universelle, où le sens de la terre et de la transmission des valeurs se heurte à l'inévitable conflit des générations et des visions du monde. Au-delà des différends, l'auteur nous montre avec subtilité la force des sentiments qui lient cette famille malmenée par la vie.

  • La vie de Jocelyne Pelletier bascule lorsqu'elle reçoit un appel d'un ancien étudiant. Pourquoi Steve Perterson, maintenant à l'emploi de la GRC, tient-il absolument à la voir après tant d'années ? La clef de l'énigme réside-t-elle dans le carnet de bord

  • Hanté par une erreur médicale fatale, le docteur Thomas Schwartz a d'autres problèmes à résoudre : une paralysie nerveuse foudroyante le prive de l'usage de ses mains et un robot semble avoir l'ascendant sur ses doigts moins précis, il s'oppose à des avancées techniques qui déshumanisent sa profession, un collègue de l'hôpital McGill lorgne son poste, tandis que sa femme ne l'aime plus. La volonté hors du commun de Thomas Schwartz sera-t-elle suffisante pour résister aux vacillements de sa vie et de l'institution hospitalière tout entière ?

    Avec l'erreur de diagnostic et le développement de la robotique en chirurgie comme toiles de fond, ce récit romanesque s'appuie sur des faits réels et sur un contexte existant. L'auteur a lui-même travaillé pendant plusieurs années dans le milieu chirurgical. Il a longtemps dirigé une fondation de recherche médicale spécialisée dans la chirurgie, et notamment dans la robotique chirurgicale. Il a aussi enseigné le français en Amérique du Sud. Il a enregistré plusieurs entretiens avec de nombreux chirurgiens afin de constituer une documentation utile à l'écriture de ce livre. Il a décidé de présenter, au moyen d'une fiction romanesque, une vision et une description des systèmes de pouvoir, des problèmes de conscience et des contraintes techniques auxquels sont exposés les praticiens, et qui sont rarement rendus publics.

  • «Je sens un démon derrière moi», confie Randy Richardson à son ami. C'est peut-être ce que pourraient avouer plusieurs personnages tirés des nouvelles rédigées par Len Gasparini, un auteur qui explore comme nul autre les côtés sombres de l'âme humaine. Des quatorze récits qui composent Nouvelle noirceur se dégage une atmosphère trouble où se mêlent humour, cynisme, sensualité, violence, obsessions, rêves, fantasmes et angoisses. De l'âge tendre à l'âge mûr, en passant par les tourments de l'adolescence, Gasparini nous entraîne dans un univers peuplé de personnages complexes. Des personnages au langage parfois cru, dont les motivations et les gestes amènent le lecteur à s'interroger sur la morale établie, la vérité et le mensonge, l'innocence et la corruption. Traduit de l'anglais par le romancier Daniel Poliquin, le recueil nous invite à faire la traversée de cette Nouvelle noirceur... en jetant un coup d'oeil derrière nous de temps à autre.

  • À l'insu de son mari Gilles, Normande, qui vit à Kapuskasing, s'inscrit à Secours aux Démunis, un organisme de charité qui parraine des enfants à travers le monde, et devient marraine de Jolino, un Dominico-Haïtien de dix ans. Travaillant dans le domaine

  • Ce recueil, composé de cinq nouvelles, s'inspire, comme son titre en témoigne, de cette écriture céleste et puissante qu'est le Destin. Fatima, Théodore, une fillette déformée, une mère cachotière, un ancien prisonnier, une veille femme aigrie et bien d'autres personnages qui forment l'univers d'Eileen Lohka sont contraints de composer avec leur bonne ou moins bonne fortune... C'était écrit propose des histoires où les circonstances, les situations, les descriptions et les monologues intérieurs ouvrent, à travers des lieux, des époques déterminés et des réalités différentes, sur les notions de l'identité et de la mémoire. Il en résulte un tissage de faits historiques et de «?fictionnalisation?» permettant au lecteur de réfléchir aux retombées de la colonisation, de l'esclavage, aux affres de la guerre, de la violence masculine et des catastrophes naturelles. C'était écrit, une aventure à la fois vers d'autres mondes et le centre de soi...

  • Voici le livre d'un homme d'âge mûr, qui a beaucoup vécu et à qui la vie et l'expérience ont beaucoup appris. Il nous parle avec la sérénité tranquille de celui qui a déjà subi les attaques du vieillissement et qui anticipe même la finalité de la mort. Pourtant, il y a dans ces textes une volonté de continuer à vivre et à sourire, à persévérer et à aimer, à se moquer doucement des gens et de leurs travers. On y retrouve aussi de l'humour léger et irrévérencieux, de l'amour osé, ironique et même tragique et, enfin, d'émouvants témoignages d'optimisme et d'équilibre. Bien campés, les personnages colorés, parfois excentriques, donnent vie à Le jour qui tombe. Ils vivent des situations parfois drôles et parfois moins drôles, qui entraînent des conséquences diverses, selon leurs actions et leurs choix. Des propos philosophiques présentent, en filigrane, divers visages de l'humanité et nous forcent à réfléchir à nos valeurs qui, elles, se transforment au gré du temps et des générations. Dans Le jour qui tombe, l'auteur met également en cause les moeurs et les fondements de notre société moderne et réfléchit à l'évolution du monde, en passant par la vision à l'échelle tantôt microscopique, tantôt macroscopique qu'il en a. Vingt-cinq nouvelles rappellent ici que, suite à nos expériences individuelles, ce que l'on trouve finalement dans la vie n'est peut-être pas ce que l'on croyait pouvoir y découvrir au départ... Quoi qu'il en soit, lisez ce livre et vous en sortirez grandis !

  • Le héros de ce roman historique, Pedro Da Silva dit le Portugais, quoique très peu connu, est l'ancêtre de milliers de Canadiens français qui portent les noms Dassylva, Portugais et leurs dérivés.

    L'action de Mots et marées, située dans les bois, sur l'eau comme dans les villes de Québec, Montréal et Trois-Rivières entre 1673 et 1717, est un mélange de faits vécus et d'imagination. C'est la Nouvelle-France de Frontenac, la guerre contre les Anglais et leurs alliés de la Confédération iroquoise, le typhus et la famine, le commerce des fourrures. On y porte un regard sur le courage et le désespoir d'hommes et de femmes qui creusèrent, de leurs mains éprouvées, les fondations d'un pays.

    Coureurs de bois, Indiens, marchands, soldats et nobles interagissent avec le Portugais chargé de livrer des messages protégés dans une cassette magique qui prend le poids des émotions. Avec Pedro et ses compagnons, pagayez sur les bras de mer exigus et ramez sur le dangereux fleuve Saint-Laurent.

    Dans la Basse-Ville de Québec, promenez-vous sur la rue du Sault-au-Matelot avec l'impétueuse Jeanne Greslon dite Jolicoeur. Montez avec les villageois en détresse sur les remparts de la ville de Québec, sillonnez les battures de Beauport et assistez aux confrontations entre de braves Canadiens et les miliciens de la Nouvelle-Angleterre, décidés à faire tomber la Nouvelle-France.

  • Les réserves alimentaires et les cultures agricoles mondiales sont ravagées par une nouvelle espèce d'insecte qui opère jusqu'à ce qu'il ne reste presque plus rien à manger. Alors, elle se tourne vers une nouvelle proie : l'être humain. Quiconque se risque à l'extérieur lorsqu'il fait clair est voué à un destin funeste.
    L'enfer sur terre : vie misérable, chaos, désolation sont le lot des survivants ; qui plus est, ils se battent entre eux. Il existe un espoir : une île sur le lac Ontario pourrait avoir échappé au désastre. Il faudrait bien s'y rendre, mais les risques sont énormes.
    Dans les décombres de Montréal, Jack, Frank, Chad et Maddie tentent tant bien que mal de survivre. Séparé des autres lors d'un conflit avec des survivants agressifs, Jack se réfugie dans le laboratoire du docteur Wallace, qui étudie la nouvelle espèce en compagnie de Manjula, Jose, Lauren et Nina. C'est avec ce nouveau groupe que Jack passe l'hiver. Ensemble, ils enquêtent sur l'insecte dévastateur.
    Dévorés est un monde dantesque où chaque être humain agit pour assurer sa survie.

  • Un soir où vous n'aurez pas envie de devenir un dormeur parmi tant d'autres, ouvrez le dernier roman de Michèle Matteau. Plongez dans Avant que ne tombe la nuit, suite de Du Chaos pour une étoile, et retrouvez parmi les personnages sortis de l'imaginaire

  • À 53 ans, Florence Santerre dresse un piètre bilan de son existence?: une carrière dans les médias qui ne la satisfait plus, des deuils cruels, des amitiés qui s'étiolent, des amours mal cicatrisées. Une année sabbatique s'impose, qu'elle passera à Villery Station, petit village perdu dans les concessions de l'Est ontarien. En reprenant, un peu malgré elle, la direction du Café récemment fermé, elle ne se doute pas du rendez-vous qu'elle prend avec elle-même... Dans une écriture tour à tour poétique et terre à terre, où percent la tendresse et la dérision, l'auteure nous propose une exploration subtile des relations humaines. Michèle Matteau nous raconte avec lucidité et justesse le parcours de personnages hauts en couleur qui, à la croisée des chemins, cherchent, chacun à sa façon, un sens à la vie.

  • Comme un métronome aux battements réguliers qui serait posé sur la ligne blanche d'une grande route, chacune des histoires que l'on retrouve dans Dérapages de Paul Savoie, suit tranquillement son petit bonhomme de chemin. Les personnages sont assis confortablement, un peu plus et ils passent inaperçus. En approchant l'oreille du livre, on entend encore le ronron de l'ordinateur lorsque l'auteur tapait son texte, mais c'est un leurre. Au moment où l'on croit avoir atteint son point d'équilibre dans une vie calme sans électrocardiogramme en folie, on dérape, on ne contrôle plus rien, le vide s'ouvre devant nous et nous devons choisir. Pourtant, on ne voulait rien bousculer, ne pas dévier dans l'imaginaire, suivre sans cesse la ligne droite, mais là il y a un noeud et on ne peut pas faire comme s'il n'était pas là. Toute notre existence s'en voit chamboulée, un grain plus gros que les autres bloque le conduit du sablier, la peur s'installe et l'on sait d'instinct que l'on ne sortira pas intact de cette vie.

  • L'aiguille de la balance oscille au-delà du cent kilos, c'est-à-dire dans la zone dangereuse de l'embonpoint, situation qui évoque immédiatement une réalité affligeante, dérangeante, celle de l'obésité. Est-ce vraiment à cela que pensait Tony Miller lorsqu'il eut cette idée géniale pour mousser la publicité de la compagnie aérienne SurfAir de Toronto qui bat de l'aile ?



    Pour Tony la promotion de SurfAir se jouera sur la fibre humanitaire : organiser des voyages d'amaigrissement pour obèses au Bénin, au cours desquels les participants travailleront bénévolement pour un organisme de coopération internationale à construire des maisons pour des gens démunis. L'aventure passe au feu vert. Qui veut s'inscrire ?



    Ils sont huit. Officiellement, ils sont motivés par l'appât de la minceur, d'une meilleure santé, du don de soi à l'échelle planétaire. Cependant, officieusement, ils habitent un monde de rêves et de chaos qu'ils trimballent en même temps que leur surpoids. Plusieurs semaines s'écouleront sur le continent africain pour Tony et les participants qui iront à la rencontre de l'inconnu, de l'autre, mais aussi de soi dans une quête de connaissance et de respect des différences. Et nous, lecteurs, qui ne sommes qu'à un livre et quelques grammes de la réalité de Contrepoids oserons-nous faire le voyage en leur compagnie ?

  • Il y a des livres qui savent mieux que d'autres enflammer l'imagination du lecteur ; Moments troubles est de ceux-là, de la catégorie des enchantements qui perturbent tellement le malin plaisir qu'ils véhiculent. Il glisse comme un serpent sur la peau, s'insinue dans les veines comme une rumeur de plaisir coupable. Mais d'autre part, il faut donner une seconde, voire une dernière chance au personnage qui court après l'espoir. Il est comme une lanterne sourde de marin qui veille ; il y a bien des vents en colère qui giflent tout le paysage, toujours il demeure majuscule dans sa métamorphose, quelque part entre cauchemar et magnificence.



    À l'épicentre des 21 nouvelles qui composent le recueil de Michel T. Héroux, il y a un moment d'éternité, un noeud qui sert la gorge et le ventre, un déclic qui se fait au niveau des sens et les protagonistes deviennent soit de la pure lumière soit de pures ténèbres. C'est un moment en eau trouble qui chavire le lecteur, le bouscule, alimente ses fantasmes, le déstabilise, le dessoude de sa réalité pour le projeter dans un univers violent et fragile : souvent le mal d'amour. Ses personnages : parfois un homme aux tempes grises, une jeune femme marginale qui se débattent à coups de rencontres épidermiques. Le charnel entre eux est à couper au couteau, ils sont à bout de souffle et nous, voyeurs impénitents, nous assistons à leurs beaux déchirements et à leur manque de lendemains qui chantent.

  • « Au moment où la vie me rappelle à l'ordre, je ne sais plus qui je suis, car s'il est sans doute vrai que je suis un être unique, je suis aussi un être mutable, résultat de l'alchimie et des influences de ceux et celles qui ont traversé mon existence. »

  • Gilles Dubois narrait son enfance malheureuse dans le premier volume de L'enfant qui ne pleurait jamais, récompensé par le prix Christine-Dumitriu-van-Saanen 2012. Ce second tome nous montre le héros, Antoine Petibonjean, rendu à l'âge adulte.

    Désireux de quitter l'enfer familial, Antoine part en stage à Montréal, où il veillera à la sécurité du pavillon de la France, dans le cadre de l'Expo 67. Il subira un feu roulant de mésaventures cocasses.

    Enfin éloigné de ses parents indignes, Antoine multiplie les frasques et les déconvenues, en sol canadien comme en terre d'Israël. Touche-à-tout, il goûte même à la triste vie d'itinérant. Il se fera exploiter par une famille israélienne, échappant de justesse au recrutement de l'armée.

  • Chauffeur de bus au Mexique, professeur d'un lycée français en Afrique, technicien de la toile mondiale, artiste multidisciplinaire interpellé aux quatre coins de la planète, simple fonctionnaire ou encore cueilleur de fruits : autant de personnages et de professions qui mènent le lecteur à l'aventure. Et puis, ce métier vieux comme le monde qu'on exerce sans s'en rendre compte : saboteur d'avenir, et que tous les personnages de ce spicilège pratiquent malgré eux.

    L'écrivain Jonathan Goyette, grâce à un imaginaire débridé, offre un spicilège où la fable de Crapaud et une lettre à l'éditeur côtoient une dizaine de contes et nouvelles mettant en scène des protagonistes pittoresques disséminés dans divers pays. Certains de ces personnages vivaient paisiblement, sans heurt ni histoire, jusqu'à ce qu'une maladie exotique frappe ou qu'un souhait devienne réalité.

    Dans ce spicilège, les aléas du destin, et parfois les désirs d'un personnage, font d'un simple inconnu un héros ; parlez-en à Jean Debout, qui refusa de s'asseoir pendant des années et qui, soudainement forcé de partager sa maison avec un colocataire et sa famille, voit son quotidien et ses convictions bouleversés.

  • Plusieurs associeront le o majuscule de la page couverture à l'ovulation. Il s'agit en réalité de l'oeil de l'auteur qui se pose, scrute et dévisage en voyeur des personnages qui attendaient ses mots pour prendre forme. Le lecteur devient témoin de ces sortilèges dont le mot-piège par excellence est « rouge », qu'il s'agisse de la tuque du père Noël, des premières menstruations ou de la froidure sur la peau nue d'un enfant qui a besogné toute la nuit.

    Pour son premier recueil de nouvelles, José Claer laisse des empreintes dans la neige qui se remplissent rapidement de sang, dénonçant ainsi un imaginaire de conteur à l'écriture dense, foisonnante de moments magiques in extremis. Toujours, il nous surprend et nous déstabilise par le dernier mot du texte, qui fait une pirouette et nous laisse bouche bée et amusé.

  • Est-il possible qu'une simple lettre change toute une vie?? Confinée avec sa famille dans un bidonville du Sud, Gabriella Vellera se tourne vers son amie Normande Viau, marraine humanitaire de son fils Jo'no, pour le sauver de la délinquance. La Canadienne accepte spontanément d'accueillir l'adolescent dominico-haïtien à Kapuskasing, dans le Nord de l'Ontario. D'abord ébloui par les grands espaces, l'abondance de nourriture, le confort et les richesses infinies du Canada, Jo'no en découvre bientôt le versant plus sombre. Lié d'amitié avec Billy, un jeune autochtone, il comprendra la misère des réserves, qui lui rappelle avec désarroi les injustices et les préjugés qui règnent dans les bateyes dominicains où il a grandi et souffert. Le séjour du filleul à Kapuskasing ne se vivra pas en toute tranquillité. L'adolescent sera témoin du mensonge et de la violence qui s'immiscent peu à peu entre Normande et son mari, des deuils vécus par son ami Billy, des difficultés que vivent sa famille et leur protecteur, le père Mark. Les personnages d'Hélène Koscielniak se métamorphosent au gré des rencontres et des bouleversements?: ils se retrouvent au carrefour des grandes décisions et entament une existence nouvelle... Mais cette existence sera-t-elle plus heureuse??

  • Trois petits coups se font entendre, peut-être trois points de suspension qui trépignent d'impatience, et le rideau s'ouvre, le Théâtre au bout des sens de Daniel Paradis devient visible et lisible pour tous les amateurs de folie douce. La première constatation d'un des personnages de l'auteur, dans la nouvelle Treize, c'est que «?l'intellect demeure à la fois effrayé et attiré par le mystère?». Dans ce livre, le lecteur demeure agréablement assis sur le bout de sa chaise devant les multiples visages du style et les facettes de la beauté, ces mots qui lèvent le voile sur les sentiments humains et où gronde parfois le souffle de l'Univers. La bonne humeur et la poésie ne sont jamais très loin derrière. Divisé en trois actes, ce recueil de nouvelles et autres histoires fait penser au regard d'un tonton original et mal rasé, mais plein d'affection. Sous la patine de l'humour, une grande sagesse imprègne le livre et vise le coeur. Après avoir bien ri ou s'être étonné de l'une ou l'autre situation, on ressent une grande chaleur tapie sous les phrases.

  • Un voyage en Thaïlande, pays qu'il a souvent visité, lui offre l'occasion d'ouvrir des portes depuis longtemps scellées. Le paysage magnifique déclenche des nuées de souvenirs et conduit à une vive introspection. Trois temples, second volet de L'autre bout du monde, récit paru en 2009, présente la mutation du voyageur errant en un penseur profond et réfléchi. Une métamorphose transcendante, soulignée par les allusions à l'écrivain Franz Kafka et l'interaction virtuelle du voyageur avec des personnages de Kafka sur le rivage (Haruki Murakami). Peu à peu, l'auteur en vient à questionner ses choix, son passé, sa façon de vivre. À mesure qu'il se laisse glisser dans un paysage idyllique, il se retrouve devant un miroir multidimensionnel qui le projette à tous vents et entraîne un tangage. Il sonde son tréfonds, dans sa quête du sens de la vie. Il finit par traverser le miroir pour arriver à quelques vérités simples?; il sortira à jamais transformé de ce voyage plein de révélations. Suivez-le avec sa guide, Rai.

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