Les Editions du Sonneur

  • • Une ode à la souveraineté de la nature
    • Une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie.

    Une famille a trouvé refuge en pleine montagne où elle tue les oiseaux et les brûle au lance-flammes : ceux-ci seraient à l'origine d'un mal ayant conduit l'humanité à son extinction. Tandis que la mère pleure et chante son existence passée, le père seul s'aventure aux confins de leur " sanctuaire ", d'où il rapporte tout ce qu'il trouve pour assurer la survie des siens. Mais le monde est-il vraiment devenu ce qu'il en dit ? Est-il jonché de cadavres qui pourrissent le long des chemins ? Comment être certain des motifs qui le conduisent à cloîtrer sa famille, à dispenser à ses filles un entraînement quasi militaire et à se montrer chaque jour plus imprévisible et brutal ?

    Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les limites du " sanctuaire " – et avec elles, la loi de ce père qu'elle admire plus que tout. Ce sera pour tomber entre d'autres griffes: celles d'un vieil homme sauvage, menaçant et lubrique qui vit entouré de rapaces. Parmi eux, un aigle qui va fasciner l'enfant...

    Écrit en 2019, bien avant qu'une pandémie de coronavirus conduise au confinement de près de la moitié de l'humanité, Le Sanctuaire déploie et sublime ce qui faisait déjà la puissance d'Une immense sensation de calme : une ode à la souveraineté de la nature et une compassion pour nous autres, humains, qui devons sans cesse lutter pour notre survie. À mi-chemin entre David Vann et Antoine Volodine, le deuxième roman de Laurine Roux confirme la singularité et l'universalité de sa voix.

    Une immense sensation de calme, premier roman de Laurine Roux : coup de cœur des libraires ; Prix SGDL Révélation 2018.

  • Seattle, début 1946. Ichiro Yamada, jeune Américain d'origine japonaise rentre enfin chez lui. Après avoir passé deux ans dans l'un des camps créés à la suite de l'attaque de Pearl Harbor pour interner les 100 000 membres de la communauté japonaise-américaine, il a écopé de deux ans de prison pour avoir refusé d'être incorporé dans l'armée américaine.

    Seattle, début 1946. Ichiro Yamada, jeune Américain d'origine japonaise (un nisei, " deuxième génération " en japonais) rentre enfin chez lui. Après avoir passé deux ans dans l'un des camps créés à la suite de l'attaque de Pearl Harbor pour interner les 100 000 membres de la communauté japonaise-américaine, il a écopé de deux ans de prison pour avoir refusé d'être incorporé dans l'armée américaine.

    Dans les semaines qui suivent son retour, et malgré l'accueil chaleureux de ses parents (notamment de sa mère qui, dérivant lentement vers la folie, s'imagine que le Japon a gagné la guerre), Ichiro prend la mesure de son statut spécifique. Il tente de redéfinir son identité et de retrouver sa place dans un pays qui, pense-t-il, l'a trahi – et qu'il a trahi.

    Méprisé par ses camarades nisei et par son frère cadet qui ont fait le choix de s'enrôler dans l'armée, il est pourtant son plus féroce contempteur. Au cours d'une longue errance entre Seattle et Portland et au fil de diverses rencontres, il tente de faire la paix avec lui-même et avec le choix qui l'a mené en prison.

    Alternance de monologues intérieurs incantatoires et rageurs et de dialogues laconiques dignes d'un film noir, évocation lucide d'une Amérique d'après-guerre où les tensions raciales ne s'apaisent jamais,
    No no boy met en lumière un aspect historique encore méconnu : le difficile retour à la liberté des citoyens américains d'origine japonaise après la guerre.

    À propos du titre : le double " non " fait référence au questionnaire que le ministère de la Guerre fit remplir en 1942-1943 aux jeunes Japonais-Américains de deuxième génération internés. Les questions n° 27 et 28 étaient destinées à tester leur loyauté envers les États-Unis.

    N°27 : Êtes-vous prêt à rejoindre les forces armées des États-Unis et à participer aux combats lorsque cela vous sera demandé ?

    N°28 : Êtes-vous disposé à prêter allégeance aux États-Unis d'Amérique et à les défendre en toute loyauté contre toute attaque par des forces étrangères ou nationales, et à renoncer à toute autre forme de soumission ou d'obéissance à l'empereur du Japon ou à d'autres gouvernements, puissances ou organisations étrangères ?

    Répondre non à ces deux questions était synonyme d'incarcération.

  • Pionnier du hard-boiled, Jim Tully fut le premier à donner une voix aux immigrés irlandais, loin des stéréotypes et des caricatures de l'époque. Témoignage émouvant sur une minorité opprimée, Les Assoiffés dessine aussi – en filigrane – le portrait d'un conteur déchiré entre son héritage et son désir de reconnaissance.

    Les Assoiffés (Shanty Irish), publié en 1928, est le cinquième livre de Jim Tully qui s'était fait connaître par le récit de sa jeunesse de hobo dans
    Vagabonds de la vie, Autobiographie d'un hobo en 1924. Son grand projet était de constituer une sorte de " comédie humaine des bas-fonds " dont chaque épisode aurait eu pour cadre un milieu qu'il avait vu de près. Il commença avec les " vagabonds du rail " et enchaîna avec " les ouvriers du cirque " dans
    Circus Parade avant de revenir à sa famille et ses origines irlandaises dans Les Assoiffés.

    Les Assoiffés est composé de tranches de vie des membres de sa famille dont la personnalité ou le destin firent écho au sien : son grand-père, grand conteur de bistrot ; son père terrassier, taillé comme un gorille et qui passait des heures à lire malgré sa myopie ; sa mère au grand cœur et à la foi imprégnée de folklore celtique ; son oncle John Lawler, gibier de potence au magnétisme animal...

    Pionnier du hard-boiled, Jim Tully fut le premier à donner une voix aux immigrés irlandais, loin des stéréotypes et des caricatures de l'époque. Témoignage émouvant sur une minorité opprimée,
    Les Assoiffés dessine aussi – en filigrane – le portrait d'un conteur déchiré entre son héritage et son désir de reconnaissance.

    Comme les deux précédents, le livre rencontra beaucoup de succès en Amérique et au Royaume-Uni, et s'attira les louanges de H. L. Mencken, critique redouté : " Tout comme Gorki, Jim Tully a le pouvoir de faire vivre les misères des pauvres et des désespérés, mais il a en plus un sens de l'humour qu'on n'imaginerait pas chez un Russe. Dans
    Les Assoiffés, j'ai l'impression qu'il est allé encore plus loin que d'habitude. Ce récit n'est pas seulement remarquablement réaliste, il a aussi une belle qualité poétique. "

  • Une galerie de portraits de personnages hauts en couleur que Tully côtoya pour le meilleur parfois, et souvent pour le pire.

    Dans le premier volume de ses " souvenirs des enfers ",
    Vagabonds de la vie, paru en 1924, Jim Tully évoquait ses mésaventures de hobo à bord de trains de marchandises. Trois ans plus tard, dans
    Circus Parade, il aborde un nouveau chapitre de son adolescence tumultueuse, celui de son passage dans un cirque nommé Cameron's World Greatest Com bined Shows. Le livre se présente comme une galerie de portraits de personnages hauts en couleur que Tully côtoya pour le meilleur parfois, et souvent pour le pire. Le cirque de Cameron et ses dix wagons étaient peuplés d'acrobates, de dompteurs, de monstres de foire, de rabatteurs, d'aboyeurs, d'embobineurs et de manoeu vres dont l'existence nomade était rythmée par les représentations de ville en ville.

    Circus Parade rencontra un succès immédiat, aussi bien auprès du public – il fut réimprimé à plusieurs milliers d'exemplaires quelques semaines après sa parution – que de la critique. Le jeune romancier James Agee y alla de son commentaire : "
    Circus Parade se distingue par son style dépouillé et sa description d'une brutalité effroyable dont je n'aurais jamais imaginé qu'elle puisse exister. " Bref, tout aurait été pour le mieux si Jim Tully n'avait pas essuyé les tirs croisés des censeurs et des défenseurs du cirque, notamment la Circus Fans' Association, qui réussirent à faire échouer le projet d'adaptation cinématographique en 1929. Tout au long de sa carrière littéraire, Jim Tully souleva ainsi l'indignation des ligues de vertus et des gardiens de la morale. Or son oeuvre nous offre un éclairage précieux sur le monde des nomades et des va-nupieds de l'Amérique du début du XXe siècle et permet de mieux comprendre les origines du roman noir américain.

  • Un roman alliant enthousiasme et connaissances, de manière ludique et documentée.

    Le roman biographique d'Arne Ulbricht offre une perspective originale sur la vie et l'oeuvre de Maupassant (1850-1893). En une vingtaine de chapitres, il dépeint les moments clés de la jeunesse de Maupassant sous la forme de saynètes très vivantes : l'enfance à Étretat, l'internat religieux à Yvetot, les premières amours, les premiers poèmes, le lycée à Rouen, les mentors Gustave Flaubert et Louis Bouilhet, la guerre de 1870, les parties de canotage sur la Seine, les prostituées, la déprimante vie de bureau du jeune fonctionnaire au ministère de la Marine, la représentation privée dans un atelier d'artiste de la farce pornographique
    À la feuille de rose, les premiers symptômes de la syphilis, jusqu'au premier succès littéraire que lui vaut la nouvelle " Boule de suif ", parue en 1880.

    Le roman d'Ulbricht présente de manière pittoresque le monde littéraire parisien de ces années-là, en particulier le cercle naturaliste regroupé autour de Zola (Céard, Hennique, Huysmans, Alexis), mais aussi Tourgueniev, Edmond de Goncourt, Catulle Mendès ou encore Alphonse Daudet, sans oublier l'omniprésente figure tutélaire de Gustave Flaubert. Il dresse aussi le portrait d'un Maupassant plein de vitalité, amoureux de la nature et des femmes (son insatiable appétit sexuel donne lieu à des épisodes savoureux), ami fidèle et boute-en-train infatigable.

    Voici donc, en bref, un roman instructif et distrayant, rendu très vivant par ses nombreux dialogues, souvent inspirés de citations (tirées de diverses correspondances, notamment avec Flaubert, du
    Journal d'Edmond de Goncourt, etc.).

  • Publié en 1924 aux États-Unis, Vagabonds de la vie compte parmi les classiques de la littérature consacrée aux hobos, ces saisonniers américains qui voyageaient clandestinement sur les trains de marchandises. Jim Tully se frotta pendant plus de six ans aux trimardeurs les plus divers - et parfois les plus infréquentables. Il voyagea dans des trains postaux et des convois de marchandises, bivouaqua dans les «

  • Grâce à son décalage humoristique, Mes quatre semaines en France offre un témoignage original sur la Grande Guerre, riche d'informations qui restituent l'atmosphère de l'arrière sans avoir l'air d'y toucher.

    En janvier 1917, l'Allemagne annonce son intention de mener une " guerre sous-marine totale " : la sécurité de leurs navires étant menacée, les États-Unis rejoignent le camp des Alliés en avril. Il leur faut des mois pour rassembler des trou-pes, les expédier outre-Atlantique et les préparer à un type de guerre auquel elles n'ont jamais été confrontées.

    C'est dans ce contexte que le magazine
    Collier's propose à l'écrivain-journaliste Ring Lardner de se rendre en France pour couvrir l'événement.

    Grâce à son décalage humoristique,
    Mes quatre semaine en France offre un témoignage original sur la Grande Guerre. Dès la traversée de l'Atlantique, l'importance accordée aux consignes de sécurité et la peur du torpillage nous rappellent le rôle joué par les sous-marins allemands dans l'entrée en guerre des États-Unis. Lardner nous décrit le débarquement à Bordeaux, le séjour à Londres, les conversations badines sur l'éventualité de la fin du conflit, le chaos de la circulation dans Paris, les problèmes de ravitaillement, la difficulté de contourner les bureaucraties civiles et militaires, l'entraînement des soldats américains dans l'Aisne (mais aussi des Maoris néo-zélandais qui exécutent un " haka " avant de simuler l'assaut d'une tranchée), les permissions des combattants, les spectacles de l'époque...
    Mes quatre semaines en France est riche d'informations qui restituent l'atmosphère de l'arrière sans avoir l'air d'y toucher.

  • « Elle est incroyablement belle », écrit l'historienne de l'art américaine Patricia Dolan au début de son journal, qui constitue le roman. La femme qu'elle observe est le sujet d'un tableau de Vermeer - baptisé Jeune femme au luth - qui a été volé. Au fil des pages, la narratrice nous raconte comment elle s'est retrouvée seule dans un cottage irlandais, au bord de la mer, gardienne de la précieuse peinture subtilisée à la collection royale britannique par un groupe de l'IRA. Entraînée à son insu dans ce complot politique par son cousin - qui devient son amant et lui fait découvrir la sensualité -, Patricia Dolan évoque ce qui a fait sa vie jusqu'alors : son père qui l'a éduquée dans la foi d'une Irlande unifiée, la mort de sa fille, l'art... Katharine Weber entremêle dans ce roman l'histoire mouvementée de l'Irlande et le rapport complexe des Américains d'origine irlandaise avec leur pays de souche, à sa fascination pour le génie de la peinture hollandaise du dix-septième siècle et particulièrement pour celui de Vermeer.

  • L'un des premiers westerns littéraires.
    Violemment romanesque et narrativement troublant, brassant de multiples problématiques relatives à l'histoire et à la psychologie américaine, Les Cavaliers des canyons est considéré comme le trait d'union entre les grandes œuvres de l'Ouest romantique du XIXe siècle et les westerns du XXe siècle.

    L'action des C
    avaliers des canyons se déroule en 1871, au sud de l'Utah, dans les plaines et les canyons qu'ont popularisé maintes réalisations hollywoodiennes. Jane Withersteen, jeune femme mormone et propriétaire d'un vaste ranch à Cottonwoods, résiste depuis des années aux avances de l'un de ses coreligionnaires, Tull. Elle s'est prise d'affection pour Ben Venters, un jeune vaquero qui s'occupe de ses troupeaux. Le jour où les Mormons veulent châtier Venters sous les yeux de Jane, survient Lassiter, un cavalier vêtu de noir dont la sinistre réputation l'a précédé au village : c'est un pistolero, un tueur de Mormons. Venters, libéré à la suite de l'intervention de ce dernier, part alors sur la piste d'un voleur de bétail, Oldring, qui entretient de troubles relations avec les Mormons. Lassiter, quant à lui, entre au service de Jane et lui explique la raison de sa venue à Cottonwoods : il cherche à retrouver la trace d'une jeune femme, Milly Erne, arrachée à son foyer par un prédicateur mormon. À ces trois personnages s'ajoute celui de Bess, jeune complice d'Oldring que Venters blessera... puis soignera, au cœur d'un labyrinthe de canyons, Deception Pass, dont Oldring a fait sa base arrière.

    C'est autour de ces deux couples, Jane Withersteen / Lassiter et Ben Venters / Bess, que s'organisent la narration et les déplacements du roman, dans l'extraordinaire paysage des plateaux et des canyons de l'Utah : village isolé et verdoyant, grande plaine couverte de fourrés de sauge violette, gorges inextricables, structures rocheuses aux formes et aux couleurs extrêmes – notamment Surprise Valley, paradis terrestre où Venters et Bess découvrent l'amour.

    Violemment romanesque et narrativement troublant, brassant de multiples problématiques relatives à l'histoire et à la psychologie américaine,
    Les Cavaliers des canyons est encore considéré comme le trait d'union entre les grandes œuvres de l'Ouest romantique du XIXe siècle – Fenimore Cooper et Bret Harte notamment – et les westerns du XXe siècle (Clarence Mulford, Max Brand, A. B. Guthrie, Jack Schaefer, et plus récemment Louis L'Amour et Larry McMurtry).

empty