Littérature traduite

  • En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l'écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l'Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges,myriade d'îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant de nature et de lumière, d'un continent en sursis. Car, en route vers le cap Nord, Capek pressent la fin d'une époque et dessine une Europe qui, bientôt, sombrera dans le chaos. Avec 170 dessins de Karel Capek.

  • " Il est temps de relire Capek pour le rire insouciant qu'il crée dans ses contes, rire derrière lequel pointe souvent l'angoisse. C'est une joie de lire l'œuvre de cet incroyable conteur, auteur de récits stupéfiants et inoubliables. " (Arthur Miller)
    Des empreintes qui s'arrêtent soudainement dans la neige, un homme qui a pour seul tort de paraître suspect, un voleur de cactus qui disparaît à l'autre bout du monde, un poète qui se transforme en détective, Dieu qui apparaît comme témoin de la justice humaine, une cellule de prison dont les occupants se repentissent, un cadavre retrouvé dans une valise déposée à la consigne d'une gare... Dans ces quarante-huit nouvelles, dont plus de la moitié était inédite en français jusqu'à présent, Karel Capek mêle comme à son habitude l'ordinaire et l'extraordinaire, l'humour à la satire.

    Crimes, disparitions, énigmes, mystères, enquêtes, ces récits, qui relèvent du genre policier avant l'heure, dissèquent la vérité et jouent avec notre capacité à juger. Ces textes en forme de paraboles, qui continuent de nous hanter longtemps après leur lecture, prouvent encore une fois l'importance de Capek dans l'histoire littéraire.

  • "Un document d'une importance inconttestable" (Colum McCann) L'envie de Maïakovski de se rendre en Amérique tient à l'attrait profond que ce pays exerce sur lui - pays qu'il considère comme celui du futur et de la technologie, un véritable modèle pour le développement de la jeune Russie soviétique -, et ce malgré le fait que les États-Unis soient à ses yeux la terre du capitalisme. Sa séparation, en 1924, d'avec sa maîtresse Lily Brik, lui donne l'occasion de ce voyage. Profondément bouleversé par cette rupture, Maïakovski envisage pour commencer un tour du monde. Contraint par des raisons financières (il se fait voler son argent à Paris où il fait escale pour rejoindre le port de Saint-Nazaire), il se contente d'un séjour sur le continent américain. Après une traversée qui le mène à La Havane, il entre aux États-Unis par le Mexique, en se faisant passer pour peintre - sa position de poète officiel donnant souvent à ses voyages un caractère de propagande, son visa lui est plusieurs fois refusé. New York, Cleveland, Detroit, Chicago, Philadelphie, Pittsburgh?: durant son séjour, il donne de nombreuses conférences, lors desquelles il déclame ses poèmes, évoque l'Union soviétique et parle de ses impressions sur les États-Unis. Et ce devant un auditoire nombreux et enthousiaste. Ma découverte de l'Amérique est le récit de ce voyage sur le continent américain. Maïakovski y déploie un large spec-tre stylistique, qui va de la gouaille à la solennité, pour louer cette Amérique industrialisée des années 1920, sa modernité et sa créativité, chères au futurisme. Il n'en décrie pas moins les injustices sociales engendrées par un capitalisme insensible. Le lecteur découvrira ici le talent de prosateur de l'un des plus grands poètes russes du xxe siècle. Publié en 1926 en Russie, ce texte n'avait jamais été édité dans son intégralité en français.

  • Février 1931 : Charlie Chaplin (1889-1977) rejoint son Angleterre natale pour y présenter son dernier film, Les Lumières de la ville. Abattu par des problèmes personnels, déstabilisé par l'avènement du cinéma parlant, il ressent le besoin de s'éloigner de son travail, de ses affaires et des États-Unis, son pays d'adoption. Une fois à Londres, il décide d'entreprendre un tour du monde qui le mènera, au gré de ses rencontres, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en France, en Algérie, en Espagne, en Suisse, au Sri Lanka, à Singapour, en Indonésie, au Japon. Au faîte de sa gloire, il est accueilli à chacune de ses étapes comme une véritable star et est reçu par les personnalités - politiques, artistiques et scientifiques - de l'époque : Winston Churchill, Marlène Dietrich, Albert Einstein, H. G. Wells, Aristide Briand, Gandhi, Albert Ier de Belgique... S'il est grisé par sa notoriété, Charlie Chaplin reste des plus attentifs à la crise qui secoue alors le monde. Il observe, écoute, analyse, s'engage. Ce voyage de près d'un an et demi confirmera le cinéaste dans ses préoccupations : à son retour aux États-Unis, il réalisera Les Temps modernes en 1936 et Le Dictateur en 1940, illustrations éminemment économique et politique des constats que Chaplin aura faits lors de son tour du monde.

  • L'Accusé, publié pour la première fois en khmer en 1973, est un cri lancé contre la guerre civile qui fait rage autour de Phnom Penh. Un cri lancé contre la condition humaine. Avec, en filigrane, la vision fugitive d'un bonheur possible, fait de paix, de frugalité studieuse, de rêveries, d'amour (avec la belle Sophary) et de liberté.

    Le Cambodge, repères historiques :
    colonisation française (1863-1953), indépendance et arrivée au pouvoir de Sihanouk (1953-1970), coup d'État et république khmère dirigée par Lon Nol (1970-1975), chute de Phnom Penh et régime khmer rouge (1975-1979).

    L'Accusé, publié pour la première fois en khmer en 1973, tient à la fois de la littérature carcérale, de la confession (rousseauiste), du " pêle-mêle " spéculatif et introspectif (à la Montaigne), et des stances bouddhiques sur la mort. On pourrait aussi parler d'une structure " en guirlande ", typi-

    que des stratégies argumentatives cambodgiennes.

    C'est un cri lancé contre la guerre civile qui fait rage autour de Phnom Penh. Un cri lancé contre la condition humaine. Avec, en filigrane, la vision fugitive d'un bonheur possible, fait de paix, de frugalité studieuse, de rêveries, d'amour (avec la belle Sophary) et de liberté.

    Le narrateur, sur la sellette, doit prouver son innocence (mais les rouages de la justice sont peu clairs) ; accusation politique qui fait écho à la détention de l'auteur dans les locaux de la police secrète de Lon Nol (1971), une " garde à vue " interminable (plus de sept mois) que lui valent ses convictions progressistes et son refus de collaborer avec le nouveau régime. Il s'analyse donc et analyse le monde qui l'entoure. L'ouvrage est composé de quatre parties qui se répondent, et mêle à la fois autobiographie et fiction.

    Khun Srun et son œuvre sont le symbole du drame cambodgien. Le symbole d'un immense gâchis. Comment un jeune écrivain prometteur, humaniste, pacifiste, lecteur de Heinrich Böll et d'Alexandre Soljenitsyne, a-t-il pu rejoindre les rangs d'un mouvement politique qui est à l'origine d'un des plus effrayants univers concentrationnaires (tout un pays transformé en prison à ciel ouvert) que le monde ait connu ? Début de réponse dans
    L'Accusé, premier de ses textes à être traduit en français.

  • Comme son frère Camillo, auteur de Senso, Arrigo Boito écrivit des nouvelles, sous l'influence d'Hoffmann et d'Edgar Poe. Des nombreux récits projetés, seuls quatre ont été retrouvés dans des revues diverses. Le Fou noir se présente comme une variation métaphorique sur le bien et le mal, à travers la description d'une fatale partie d'échecs entre un dandy blanc et un révolté noir. Le Poing fermé est une méditation sur le pouvoir de l'argent dans une Pologne à demi fantasmée. Iberia et Le Trapèze sont quant à elles inédites en français. La première se déroule dans une Espagne intemporelle, cadre de la destinée de deux enfants royaux. La seconde raconte les mémoires d'un vieux sage chinois : vendu comme esclave, le philosophe dévoile à son disciple son exil forcé au Pérou, où il eut à passer dix années de sa vie dans un cirque comme acrobate.

  • Édité sous pseudonyme en 1969 en Angleterre, puis en 1970 en France, Mémoires d'un libraire pornographe s'est vite imposé, pour reprendre les mots d'Emmanuel Pierrat, préfacier de cette nouvelle édition, « comme l'une de ces savoureuses bizarreries littéraires, où se mêlent portraits de personnages fantasques, histoire de l'édition et de la censure, description des réseaux clandestins de diffusion des livres sulfureux... » Armand Coppens, qui réunit ici son expérience de libraire du « second rayon », passe de la bibliothèque à l'alcôve et du livre au lit avec l'aisance d'un érudit du Siècle des lumières.

  • Au dix-neuvième siècle en Italie, Fosca, une femme maladive et d'une terrible laideur, voue au bel officier Giorgio Bacchetti un amour ardent, obsessionnel et possessif, qui finira par envoûter ce dernier. Publié en 1869, peu après la mort de son auteur, Fosca est un récit passionné à propos duquel Umberto Eco écrivait il y a peu : « Il faudrait rééditer Fosca en français, l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une femme laide, non par masochisme, mais malgré sa laideur, que pourtant il ne peut supporter. » Fosca a été adapté au cinéma en 1981 par Ettore Scola sous le titre de Passion d'amour.

  • L'énigmatique homme en gris qui harcelait Mozart serait-il son assassin ? Quel rite étrange se cache derrière la décapitation du cadavre de Haydn ? Paganini est-il le diable incarné que nombre de ses contemporains voyaient en lui ? Qui a sauvé Berlioz de la ruine et assuré sa postérité ? Est-ce réellement une gorgée d'eau de la Neva qui a causé la mort de Tchaïkovski ? Écrivain berlinois né en 1940, E. W. Heine tente de résoudre ces mystères et lève le voile sur les zones d'ombre qui bâtissent, aux côtés de leurs oeuvres, la légende des grands artistes.

empty