Histoire

  • Ils étaient soldats, avocats, éditeurs, écrivains, ouvriers. Chrétiens, communistes ou tiers-mondistes. Dans une France imprégnée de discours colonial, ils ont résisté à la guerre d'Algérie en refusant de porter les armes, en prenant la défense des militants condamnés, en témoignant des atrocités commises, en diffusant les textes interdits. Minoritaires dans un pays où « l'Algérie c'est la France », ces insoumis ont pris le parti de leurs frères algériens au péril de leur liberté ou de leur vie.

    Ce livre présente des textes de l'époque ? lettres de déserteurs, appels au refus ou manifestes anticolonialistes ? ainsi qu'une liste de tous les acteurs de cette résistance. autan de témoignages brûlants ou poignants éclairés par l'analyse de l'historien Tramor Quemeneur et par le regard de l'éditeur Nils Andersson, témoin engagé de l'opposition au conflit.

    À l'heure où l'on célèbre le 50e anniversaire de l'indépendance algérienne, cette mémoire anticoloniale, nous dit l'association Sortir du colonialisme, qui a coordonné cet ouvrage, peut contribuer aux combats d'aujourd'hui.

  • Tortures, exécutions sommaires, incendies de villages... Paru en février 1960, La Pacification dresse le terrible répertoire des moyens de répression exercés par le gouvernement français contre les combattants algériens et les opposants à la guerre d'Algérie. Il recense des témoignages de victimes et d'appelés, mais aussi des lettres adressées aux autorités politiques et judiciaires, des interventions d'avocats, des articles de presse. Il aura fallu près d'un an de travail, mené par des militants anticolonialistes avec la Fédération de France du FLN, pour sélectionner et authentifier avec rigueur les documents. Sorti en Suisse, ce livre est alors interdit en France : silence, on torture ! Voici donc à nouveau sur la table cette importante pièce historique, mise en contexte par son éditeur originel, Nils Andersson. Il relate l'aventure de ce livre, depuis son élaboration jusqu'à sa diffusion clandestine en France. Plus largement, il rappelle le combat des éditeurs engagés contre la guerre d'Algérie, autour notamment de Jérôme Lindon ou de François Maspero, soulignant par là l'inestimable pouvoir de résistance de l'écrit.

  • La traite négrière fut un crime contre l'humanité. La loi Taubira votée en 2001 le reconnaît et, à ce titre, prévoyait des réparations. Mais l'article qui en parlait fut écarté en commission des lois. Pourtant, la question n'était pas totalement nouvelle

  • Pourquoi de plus en plus de films français sont-ils tournés en Belgique ? En raison d'une mesure fiscale très attractive incitant les entreprises à investir dans le cinéma belge. Résultat en France : davantage de chômage pour les techniciens et un manque à gagner pour les caisses de l'État.

    Cet exemple est emblématique d'un phénomène mondialisé de concurrence fiscale. Des multinationales aux travailleurs hautement qualifiés, des footballeurs aux retraités fortunés, nombreuses sont les formes de richesse que les pays cherchent à capter. Qu'importe l'idéal de « solidarité entre les peuples » affirmé dans les traités européens, la compétition économique domine les relations entre États. La fiscalité en est l'arme privilégiée.

    Chantage aux délocalisations, cadeaux démesurés, influence des sociétés d'audit, manoeuvres des paradis fiscaux... Les procédés diffèrent, mais le but du jeu demeure le même : attirer chez soi les investissements sans se préoccuper de l'impact chez le voisin. Un jeu qui s'avère très lucratif pour les entreprises, mais dont les contribuables payent lourdement le prix. Et qui contribue à délégitimer l'impôt en tant qu'outil de redistribution.

    L'auteur lève un coin du voile sur ces pratiques et rouvre le dossier de l'indispensable harmonisation fiscale européenne.

  • La transition écologique n'est pas seulement souhaitable, elle est déjà en marche. Au-delà des discours politiques et des bonnes intentions, partout en France des citoyens comme des élus innovent pour rendre dès maintenant la vie plus verte et plus douce.
    Efficacité énergétique, développement de l'économie sociale et solidaire, habitat participatif, réduction des déchets, pépinière d'éco-entreprises... Ces acteurs du changement mènent des expériences de proximité qui ne demandent qu'à s'étendre à une échelle plus vaste. La phrase clé pour résumer ces initiatives de terrain ? « Ils l'ont fait et ça marche ! » C'est un véritable laboratoire qui nous est ici donné à voir, fourmillant de pistes d'avenir pour une société nécessairement moins polluante mais aussi plus collaborative, inter- générationnelle, démocratique. En un mot : désirable.

  • L'asile, c'est l'ultime liberté qui reste lorsque l'on a perdu toutes les autres. Les hommes et les femmes qui témoignent dans cet ouvrage ont subi des persécutions en raison de leurs convictions politiques ou religieuses, de leur orientation sexuelle, pour avoir voulu s'opposer à une injustice, parce qu'ils n'avaient pas la « bonne » nationalité au bon endroit... Quelle que soit la cause de leur exil, tous le disent : ils n'avaient pas le choix, ils ont dû fuir. Non par attrait envers un hypothétique eldorado occidental, mais bien pour sauver leur vie ou leur intégrité. En France, l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) est à leurs côtés pour les aider dans leur démarche de demande d'asile. Dans ce cadre, elle a recueilli leur histoire : autant de parcours retraçant les raisons du départ, les conditions souvent terrifiantes de l'errance et les mille embûches administratives qui attendent le réfugié à son arrivée. Elle examine aussi la situation du droit d'asile dans notre pays : un droit garanti par des conventions internationales et qui connaît pourtant, depuis quelques années, d'inquiétantes restrictions, plaçant de nombreuses personnes en situation de grand danger.

  • Jusquen 2001, la jurisprudence interdisait de demander réparation pour les actes du « gouvernement illégal de Vichy ». Aussitôt levée cette amnistie de fait, Georges Lipietz le père dAlain Lipietz et son frère Guy S. demandèrent réparation pour leur transfert et leur emprisonnement de Toulouse à Drancy en 1944, dans le cadre de la déportation des Juifs. En 2006, le tribunal administratif de Toulouse condamnait lÉtat et la SNCF. Celle-ci fit appel et, en 2007, la justice administrative se déclarait incompétente Cest cette épopée judiciaire que relate ici Alain Lipietz, ainsi que les remous qui en découlèrent dans lopinion. Occasion douvrir un débat autour de lamnistie et du délai pour demander justice, de la responsabilité dune personne morale et, bien sûr, de la responsabilité propre de la SNCF. Des travaux historiques récents ont en effet mis au jour des archives inédites qui modifient radicalement limage de la SNCF comme « entreprise résistante », et nous appellent à une nouvelle lecture de son rôle dans la Shoah. Autant de questions qui convergent vers cette interrogation essentielle : pourquoi faire justice ?

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