Littérature générale

  • Comment faire pour que la viande que nous consommons ne soit pas un facteur de déforestation en Amazonie ? Que les travailleurs qui confectionnent nos habits ou extraient les métaux rares présents dans nos téléphones ne risquent pas leur vie pour un salaire de misère ? Quelles leçons tirer de la crise économique déclenchée par la pandémie de Covid-19 ?

    Une partie de la réponse se trouve dans les règles commerciales qui structurent les activités économiques internationales. Car le constat est là : non seulement le Lilibre-échange n'a pas tenu la promesse de prospérité planétaire avancée par ses défenseurs, mais il accélère la destruction de nos écosystèmes, renforce les inégalités, fait fi de nombreuses violations des droits humains et dépossède les États de leur capacité d'agir.

    Les auteurs se livrent à une critique rigoureuse et chiffrée des accords de commerce, dont les plus récents (Tafta, Ceta, accord avec le Mercosur...) ont suscité de vives oppositions citoyennes. Mais la critique ne suffit pas. Car le choix du libre-échange a été permanent au cours des dernières décennies, de la part de dirigeants prompts à décrédibiliser toute proposition alternative.

    Il est pourtant possible de remettre le commerce au service de la société et de la transition écologique et sociale. Avec de multiples propositions concrètes et ambitieuses, les auteurs invitent à inventer enfin un juste-échange réellement durable.

  • La crise du Covid-19 a ébranlé nos sociétés et nos certitudes. Elle a jeté une lumière crue sur l'absurdité et la dangerosité des discours qui visaient, depuis des dizaines d'années, à discréditer la puissance publique, ne jurant que par " l'efficacité du privé ". Elle a montré la fragilité de notre monde globalisé et, surtout, la responsabilité de notre modèle de développement dans la transmission du virus à l'être humain puis sa propagation.

    Cette crise, peut-être encore plus que les précédentes, nous oblige. Elle nous enjoint de tourner la page d'un système économique arrivé à bout de souffle. De rompre avec le néolibéralisme, le productivisme et l'obsession de la croissance. De retrouver le sens des priorités, de ce qui compte vraiment : la protection sociale, la santé, la transition écologique. De renouer avec un État-providence stratège, investisseur et producteur. Une puissance publique au service de l'intérêt général et pleinement inscrite dans le projet européen et la coopération internationale.

    À l'image du New Deal mis en oeuvre par le président Roosevelt au lendemain de la crise de 1929 aux États-Unis, c'est un plan ambitieux et pragmatique qui est ici proposé. Un plan qui replace l'économie au service de tous et non plus de quelques-uns, dans le respect des limites de la planète. État employeur en dernier ressort, réduction du temps de travail, revalorisation des bas salaires ; grand plan de rénovation thermique des bâtiments, développement du low-tech comme filière industrielle ; réforme fiscale, encadrement des écarts de salaires ; gestion de la dette... Les solutions existent, elles ne demandent que le courage politique de les mettre en oeuvre !

  • René Dumont (1904-2001) apparaît aujourd'hui comme une référence incontournable pour qui veut se revendiquer de l'écologie politique. Pourtant, peu de gens ont lu ses livres, au demeurant souvent épuisés. Et certains sont encore tentés de voir l'homme au pull-over rouge comme un vieux prophète un brin irascible, annonçant avec véhémence l'arrivée imminente d'une nouvelle plaie d'Égypte.
    L'objectif de ce livre est donc de présenter des extraits significatifs des nombreux ouvrages de René Dumont, accompagnés d'explications sur le contexte et les conditions dans lesquels ils ont été écrits, afin de fournir des repères essentiels pour mieux comprendre son oeuvre. Des textes traversés par les grands enjeux du siècle écoulé et toujours actuels : le drame de la faim, la crise de l'emploi, l'impasse du capitalisme, les conséquences du réchauffement climatique...
    Il s'agit de montrer le cheminement et l'évolution d'un homme d'action, un homme de gauche, viscéralement pacifiste pour avoir connu les horreurs de la Première Guerre mondiale, profondément humaniste et délibérément social. De faire parler, au travers de ses écrits, un homme toujours en questionnement, perpétuellement en mission sur le terrain. Et de montrer la conversion progressive à l'écologie d'un homme dont le combat de toute une vie aura été de vouloir éliminer la faim dans le monde.

  • Travailler plus pour gagner plus, travailler le dimanche, travailler plus longtemps... La « valeur travail » voit ses actions grimper plus que jamais !
    Un drôle de paradoxe dans une société qui compte plus de quatre millions de chômeurs et où la souffrance s'invite souvent au contrat. À rebours de ce discours, de plus en plus de personnes refusent de mettre l'emploi au centre de leur vie : chômeurs de longue durée découragés, travailleurs usés, mais aussi « militants du temps libre » ou partisans de la décroissance. Pourtant, le non-travail est souvent une manière de composer avec la réalité plutôt qu'un véritable choix ; c'est le cas pour un certain nombre de femmes au foyer, par exemple. Ce livre propose de nombreux portraits de ces « objecteurs de travail », et interroge : au-delà de fournir un salaire, à quoi sert le travail pour chacun d'entre nous ? Quelle place doit-on lui accorder dans notre société actuelle ? Peut-on vivre sans travailler ?

  • Frantz Fanon est décédé il y a juste cinquante ans, mais son analyse du colonialisme et du racisme est toujours d'une étonnante actualité. Elle dépasse le contexte - la guerre d'Algérie et les luttes d'indépendance africaine - dans lequel elle a été élaborée.
    Ce livre présente des textes d'époque, dont des éditoriaux inédits de Frantz Fanon écrits lorsqu'il était interne à l'hôpital de Saint-Alban et abordant le rôle thérapeutique de l'engagement, et un témoignage de François Tosquelles, médecin-chef, sur le parcours de Fanon psychiatre.
    Le livre s'enrichit d'un abécédaire sur la pensée fanonienne et de contributions extérieures : une préface de l'historien Achille Mbembe, un texte de Mireille Fanon-Mendès-France dans lequel elle retrace le parcours de son père, « cet insoumis », ainsi qu'une analyse de Patrick Farbiaz montrent le lien avec les formes actuelles du colonialisme. Une bibliographie, des reproductions de documents d'époque et un article d'Aimé Césaire publié à la mort de Fanon complètent ce recueil.

  • Ils rejettent le cours magistral mais empruntent sans hésiter aux pédagogies alternatives. Ils se détournent du syndicalisme traditionnel mais se mobilisent ponctuellement sur des luttes bien concrètes. Ils votent majoritairement à gauche mais sont de moins en moins politisés. Ce sont les nouveaux enseignants : pragmatiques, lucides, sincères, plus proches du quotidien des élèves et de leurs attentes. Alors qu'un renouvellement inédit du corps enseignant a lieu actuellement en France, une vingtaine de ces jeunes recrues de l'Education nationale relatent ici leur parcours, font partager leurs doutes et leurs espoirs. Auront-ils le pouvoir de transformer l'école ?

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