Lux Éditeur

  • Qui, en dehors d'Haïti, a déjà entendu parler de la bataille de Vertières, point d'aboutissement spectaculaire et sanglant de la guerre d'indépendance haïtienne? Qui sait que cet affrontement s'est soldé, en 1803, par l'une des pires défaites napoléoniennes? Que les Noirs s'y réclamaient des idéaux de la Révolution? Ceux qui connaissent cette histoire sont peu nombreux, car la France vaincue s'est employée à effacer les traces de sa déconfiture. Pourtant, cette bataille aurait dû faire date : son issue, désastreuse pour la puissance coloniale française, allait fissurer de manière irrémédiable les assises de l'esclavage.

  • Pour l'anthropologue Bernard Arcand, écrire Les Cuivas a été le projet de toute une vie : celui d'offrir à un large public un portrait intime d'une petite population de chasseurs-cueilleurs nomades vivant dans les Llanos, en Colombie. À la fin des années 1960, à l'époque des ferveurs révolutionnaires, le jeune anthropologue a vécu deux ans avec les Cuivas, partageant leur quotidien et étudiant leur rapport au monde. Il a tiré de cette expérience une réflexion inspirante sur les problèmes classiques de l'anthropologie sociale : les causes de la richesse et des inégalités, l'origine de la hiérarchie, l'organisation de l'espace et du temps, l'identité collective ou individuelle.

  • Le livre que vous vous apprêtez à lire raconte la très grande marche d'un tout petit peuple, il refait à la fois le chemin de sa joie et son chemin de croix. Présente aux premières lignes du journal de voyage de Champlain, aujourd'hui aussi familière que mystérieuse, la nation innue vit et survit depuis au moins deux mille ans dans cette partie de l'Amérique du Nord qu'elle a nommée dans sa langue Nitassinan : notre terre.

    Au fil des chapitres, vous allez accompagner le jeune anthropologue que j'étais au début des années 1970, arrivé à Ekuanitshit (Mingan). Vous le devinez, ces petites histoires sont prétextes à en raconter de plus grandes. Celles d'un peuple résilient, une société traditionnelle de chasseurs nomades qui s'est maintenue pendant des siècles, une société dont les fondements ont été ébranlés et brisés entre 1850 et 1950, alors que le gouvernement orchestrait la sédentarisation des adultes et l'éducation forcée des enfants. Ce récit commence dans la nuit des temps et se poursuit à travers les siècles, jusqu'aux luttes politiques et culturelles d'aujourd'hui.

    - Serge Bouchard

  • Fin août 2016, le joueur de football américain Colin Kaepernick pose un genou à terre au moment de l'hymne national pour protester contre les violences policières racistes, ce qui lui vaut des éloges pour son courage, mais aussi de violentes critiques, notamment de la part de Donald Trump. On s'est beaucoup étonné qu'un athlète professionnel plonge ainsi le monde du divertissement dans la tourmente politique. Pourtant, l'histoire des États-Unis regorge d'athlètes hors norme qui ont eu le courage d'affronter les injustices et les préjugés de leur époque. C'est la vie et les exploits de ces héros, parfois méconnus, souvent adulés, que raconte Une histoire populaire du sport aux États-Unis. De Moses Fleetwood Walker, baseballeur afro-américain qui, dans les années 1880, a dû affronter supporters et coéquipiers racistes pour pouvoir jouer dans la première ligue, à Alice Coachman, première femme noire à gagner une médaille d'or aux Jeux olympiques en 1948, en passant par Joe Louis, Jesse Owens, Jackie Robinson et Muhammad Ali, Zirin raconte l'histoire de ces athlètes qui ont su à la fois galvaniser les foules et transformer la société en profondeur.

  • D'Hiroshima à l'Irak, en passant par la guerre du Vietnam, les bombardements aériens sont au coeur de la stratégie militaire américaine. Des analystes ont réfuté l'utilité stratégique de cette pratique, en montrant qu'elle relève davantage de la « passion technologique » que de la « raison militaire ». Selon Howard Zinn, cette critique est rece­vable, mais trop courte. Il faut, soutient-il dans cet essai, condamner les bombardements intensifs en raison des atrocités qu'ils infligent à des centaines de milliers d'êtres humains, pour la plupart des civils. Quiconque saisit l'horreur des tapis de bombes, des bombes incendiaires et de la bombe atomique comprendra que rien ne les justifie... pas même une « guerre juste ».

  • Le socialisme eut son heure de gloire aux États-Unis entre 1885 et 1922. Cette histoire est connue. Ce qui l'est moins, toutefois, c'est la contribution de l'immigration française à ce mouvement politique. Des exilés de la Commune de Paris aux mineurs du

  • Publiés en 1703, les Mémoires de l'Amérique septentrionale de Lahontan s'inscrivent dans la tradition de l'histoire morale et naturelle, genre qui veut représenter la géographie, l'histoire, la flore et la faune en même temps que les moeurs et coutumes d'une large région. Ils constituent aussi une critique très vive des orthodoxies européennes de l'époque dans les domaines religieux, philosophique, ethnographique, politique et social. Lahontan redonne vie non pas au Bon Sauvage, mais au Sauvage « éclairé », au Sauvage philosophe dont la connaissance du monde amérindien lui permet de mieux critiquer la civilisation occidentale.

  • Pendant près d'un demi-siècle (1920-1970), Montréal a été un centre névralgique du jazz en Amérique du Nord. Le légendaire nightlife de la ville et l'abondance de travail qu'il offrait attiraient des musiciens de tout le continent. Dans ce livre, John Gilmore décrit l'effervescence culturelle de cette époque. Il nous transporte à Montréal, après la tombée de la nuit, dans les lieux mythiques aujourd'hui presque tous disparus où ont vécu et joué les Myron Sutton, Johnny Holmes, Oscar Peterson, Louis Metcalf, Steep Wade, Maury Kaye et René Thomas.

    Dans cette contribution fondamentale à l'histoire du jazz, on découvre que les Noirs américains venus s'établir à Montréal au début du XXe siècle ont largement contribué à la culture populaire nord-américaine. Gilmore souligne qu'au-delà des réalisations individuelles des musiciens, la production du jazz a été profondément influencée par des facteurs politiques, sociaux et économiques : la prohibition et la ségrégation raciale aux États-Unis, l'essor économique - notamment du secteur ferroviaire - de Montréal puis la Grande Dépression des années 1930, la Seconde Guerre mondiale, le « nettoyage » de la ville et la renaissance de la « moralité civique » des années 1950 et, enfin, l'émergence de l'indépendantisme québécois.

  • Fin 1943, après deux ans de combats lointains et relativement indolores pour les États-Unis, la population américaine qui, jusque-là, soutenait inconditionnellement la décision d'intervenir dans la Deuxième Guerre mondiale, est soudainement frappée d'effroi. La cause de ce vacillement: les violentes images tournées lors de la bataille de Tarawa. La prise de ce minuscule atoll du Pacifique se fait de justesse, en trois jours, au prix de 1 000 morts et de 2 000 blessés du côté américain seulement. C'est le premier carnage essuyé par les boys depuis leur entrée en guerre et c'est aussi la première fois qu'une équipe de cameramen de l'armée filme les combats... et les cadavres.

  • L'alouette affolée raconte l'aventure d'un adolescent qui n'était pas né pour se battre mais qui, par amour de l'aviation, participa à l'une des plus grandes tragédies du XXe siècle. De la Tunisie au débarquement de Normandie en passant par Londres, Gilbert Boulanger découvre le monde par la guerre, avec ce qu'elle comporte de camaraderie, d'angoisse et de périls. Ses aventures, qu'elles soient militaires ou amoureuses, Gilbert Boulanger les raconte avec toute la candeur et la sensibilité d'un conteur et du jeune homme qu'il était alors.

  • Les Dialogues avec le Huron Adario, reprenant la formule de l'entretien philosophique, portent un regard critique sur les moeurs ­occidentales. Ils soulèvent tous les problèmes qui seront âprement discutés par la suite : nature et légitimité des pouvoirs

  • Souvenirs de prison Nouv.

    «Le journalisme mène à tout, proclamait un jour M. Prud'homme. L'auteur de ces lignes a pu vérifier tout à son goût l'exactitude de cette parole. [...] Le journalisme l'a même conduit un jour en prison pour son compte personnel. Charmant souvenir, dont il demande la permission d'entretenir un moment le lecteur.»

    En mai 1909, Jules Fournier publie dans Le Nationaliste un article vitriolique intitulé «La prostitution de la justice». Le jeune polémiste y accuse de partialité François Langelier et François-Xavier Lemieux, deux anciens organisateurs du Parti libéral devenus juges. Outré par le texte, le premier ministre du Québec Lomer Gouin ordonne que Jules Fournier soit traduit en justice. Le 12 juin, dans une salle comble de la ville de Québec, le journaliste comparait devant nul autre que François Langelier! Ce dernier aura tôt fait de le condamner à trois mois de détention.

    Le temps passé à l'ombre lui inspire Souvenirs de prison, publié en 1910, véritable pamphlet dirigé contre le régime en place, mais aussi contre la situation faite aux détenus à la vieille prison de Québec. Avec sa verve rageuse, son humour mordant et sa dérision cinglante, ce récit est un document unique dans les annales de l'histoire du Québec.

  • Dans la foulée des enlèvements de James Richard Cross et de Pierre Laporte par le Front de libération du Québec, le gouvernement du Canada décrète le 16 octobre 1970 la Loi des mesures de guerre. Michel Chartrand, Pierre Vallières, Charles Gagnon, Robert

  • À la fin de la Première Guerre mondiale, le Canada menace de basculer dans une révolution sociale. Rassemblements et mobilisations des milieux ouvriers se succèdent durant l'hiver 1918-1919 et culminent avec la grève générale de Winnipeg en mai-juin 1919. Le mouvement est finalement écrasé par l'armée sur l'ordre de Robert Borden, premier ministre de l'époque.

  • Pour Robert Rumilly, les idéaux de la Révolution française ont souillé la France. Il s'exile alors au Canada et, à compter de 1928, s'engage dans une activité intellectuelle frénétique qui a marqué son temps. On lui doit pas moins de quatre-vingt-onze livres, dont l'Histoire de la province de Québec en quarante-et-un volumes, sans compter les brochures et les conférences. Écrivain hors du commun, Rumilly se démarque aussi par son rôle de rassembleur infatigable des intellectuels de droite de son époque. Passionné par la vie politique, il organise des rapprochements entre des personnages marquants, tels Maurice Duplessis, Camillien Houde, Henri Bourassa, René Chaloult, et même Conrad Black. Son énergie est surtout consacrée au service de l'Union nationale de Duplessis.

  • Entre 1936 et 1939, près de 1 700 Canadiens ont défié la politique étrangère de leur gouvernement et se sont engagés comme volontaires dans la guerre civile espagnole. S'appuyant sur des archives de l'Internationale communiste rendues publiques récemment et sur les témoignages de vétérans qu'il a interviewés, Michael Petrou raconte l'histoire de ces hommes.

  • Peu de personnes savent que Montréal a déjà été, du moins pour un bref instant, l'épicentre du Black Power et des autres mouvements de la gauche antiraciste et anticolonialiste. Pourtant, en octobre 1968, le Congrès des écrivains noirs a rassemblé à l'Université McGill intellectuels et militants venus d'ailleurs au Canada, des États-Unis, des Caraïbes et du continent africain. C.L.R. James, Stokely Carmichael, Miriam Makeba, Rocky Jones et Walter Rodney, pour ne nommer que certains des plus connus, ont ainsi inspiré nombre de militants québécois. Quelques mois plus tard, d'ailleurs, un puissant mouvement d'occupation mené par des étudiants noirs s'emparait de l'Université Sir George Williams. Dans l'atmosphère explosive de l'époque, il n'en fallait pas plus pour que les médias et les services de sécurité du pays voient Montréal comme un foyer de la contestation noire dont le discours anticolonialiste avait aussi le potentiel d'enflammer le mouvement pour l'émancipation nationale du peuple québécois.

    Méticuleusement documenté, Nègres noirs, Nègres blancs ébranle la vision traditionnelle de l'histoire de l'internationalisme noir et offre une analyse approfondie des enjeux politiques de l'époque entourant les questions de pouvoir, de genre et de race.

    Le Canada - pas plus que le reste du monde - ne s'est toujours pas libéré du racisme. Cet ouvrage éclaire de la lumière du passé de nouvelles pistes pour arriver à une réelle émancipation.

  • Louis-Joseph Papineau est une figure à la fois mythique et controversée du nationalisme et de l'indépendantisme québécois. Il paraît aujourd'hui autant susceptible d'être annexé que son souvenir est flou, comme effacé par le temps ou peut-être sciemment poussé vers l'oubli. Ambigu, il rappelle les espoirs et les frustrations d'un peuple qui peine encore à se représenter lui-même et à imaginer son destin. Yvan Lamonde nous livre une analyse historique de la pensée de Papineau qui éclaire la vision qu'avait celui-ci de l'indépendance et de l'émancipation de ses concitoyens. On découvre qu'avant d'être une question de langue ou de religion, la séparation d'avec la métropole était d'abord pour Papineau une question de démocratie. De sa confiance dans les institutions libérales britanniques à l'espérance d'un soutien de la France jusqu'à son admiration pour le modèle états-unien et son rêve d'une «nation colombienne» qui engloberait éventuellement tout le continent, ses idées épousent le paysage politique du siècle de l'éveil des nationalités et évoluent face aux bouleversements qui ont marqué sa vie, comme la rébellion, l'exil, l'ostracisme. Si, en réaction à sa conception de l'émancipation, s'est formé un type dominant de nationalité, essentiellement culturel, axé sur la «conservation» de la langue, de la religion et des moeurs, l'intérêt contemporain d'une réflexion sur l'indépendance par la République indique le renouveau et l'actualité de sa pensée et de son action.

  • L'année 2012 a vu émerger sur la scène politique québécoise un mouvement étudiant combatif, déterminé et uni. Or le Printemps érable, loin d'être un phénomène de génération spontanée, est le fruit d'une longue histoire dont les racines plongent jusqu'aux premiers jours de la Révolution tranquille. Au croisement des influences des partis politiques, des groupes révolutionnaires et des syndicats, depuis plus d'un demi-siècle, le milieu étudiant a su à la fois faire entendre ses revendications, et développer ses propres stratégies et pratiques. Cet ouvrage raconte les multiples élans et conflits qui ont marqué le mouvement: les bras de fer engagés avec les autorités, mais aussi les rapports de force et tensions entre et au sein des associations nationales. Puisant dans de nombreuses archives et nourri d'une vingtaine d'entrevues, l'auteur nous fait découvrir l'étoffe de l'un des plus redoutables mouvements sociaux d'Amérique du Nord.

  • Arthur Buies (1840-1901), pamphlétaire redouté, chroniqueur adulé, voyageur invétéré, «rouge» impénitent et ami intime du curé Labelle, habite toujours la mémoire des téléspectateurs des Belles histoires des pays d'en haut, bien que Claude-Henri Grignon ait tenté de lui faire une triste réputation. Son histoire et sa vie se révèlent dans cette réédition de près de 270 lettres - presque toutes inédites - qui, au fil des années, dévoilent non seulement les rouages cachés du pouvoir intellectuel, mais la richesse intérieure et le talent d'un des écrivains québécois les plus attachants du XIXe siècle.

  • « Jongleurs, artisans d'ombres, fabricants de fausses clefs pour les verrous du paradis, arrière, laissez l'homme libre afin qu'il grandisse ; et si vous ne pouvez le suivre, ne cherchez pas du moins à le retenir », écrit Arthur Buies dans La Lanterne. Ce journal, digne de l'esprit des Lumières et jamais réédité intégralement, est une étoile filante dans le ciel de l'histoire des idées au Québec. Il ne paraît que durant un bref moment, de septembre 1868 à mars 1869. Arthur Buies, son seul animateur, frappe de sa plume les conservateurs et les religieux. Il peste contre la bêtise et la superstition dans lesquelles sont englués ses contemporains. Il traite aussi de sujets politiques, comme la Confédération ou l'annexion aux États-Unis, de nouvelles internationales, notamment de la révolution espagnole de 1868 et des après-coups du Risorgimento. Esprit révolté et curieux, anticlérical, ses adversaires le vouaient à l'oubli ou, à l'instar d'un Claude-Henri Grignon, l'auteur des Belles histoires des pays d'en haut, à la damnation sous forme de portrait caricatural. Nous faisons revivre ici son oeuvre en publiant dans leur intégralité sept numéros de La Lanterne.

  • Dans l'histoire du Québec, les événements de 1837 et 1838 tiennent une place d'une importance indiscutable. Révolution manquée, l'ombre de cet échec plane sur l'imaginaire politique jusqu'aux référendums de la fin du xxe siècle. Mais ces événements sont aussi un moment fondateur d'une importance insurpassée pour une idéologie qui a pourtant connu plusieurs mutations : le républicanisme québécois.

    Pour Yvan Lamonde, ce moment, source d'une ambivalence identitaire profonde, se représente d'abord par deux personnages complémentaires mais opposés, comme les deux hémisphères d'un cerveau : Louis-Joseph Papineau, le « Grand Libérateur » qui exprime avec constance son opposition au régime colonial et son adhésion au projet républicain américain, et Étienne Parent, journaliste nationaliste et populiste avant la lettre, réformiste et modéré de la « famille de Québec ». Ce dernier est aussi le maître à penser de Louis-Hyppolite La Fontaine, ce Patriote convaincu devenu, après la défaite de Saint-Charles, le contempteur de Papineau et qui réussit bien à ostraciser celui-ci. S'ajoute à cette distribution le Dr Cyrille-Hector-Octave Côté, au sang chaud, figure plutôt rare du révolutionnaire anticlérical. C'est au croisement de ces quatre chemins que se sont trouvés les femmes et les hommes de l'époque. Cet ouvrage, d'une remarquable richesse et d'une grande clarté, présente pour la première fois la topographie des idées et des voies politiques proposées en 1837 et en 1838.

  • Les lois d'exception, ou lois « spéciales », ont été au coeur de l'histoire politique québécoise des cinquante dernières années. Depuis le milieu des années 1960, entre luttes sociales et crises économiques, tous les gouvernements y ont eu recours pour interdire et réprimer l'exercice du droit de grève dans les secteurs public et privé. Ces atteintes répétées visant un droit reconnu par l'Assemblée nationale ont suscité un fort mouvement de contestation syndicale, voire de désobéissance civile dans les années 1970. Affaibli par l'adoption de lois spéciales particulièrement sévères, de décrets imposant les conditions de travail et de réformes sociales draconiennes à partir du début des années 1980, le mouvement syndical peine toujours à retrouver sa combativité. Au moyen d'une documentation inédite, Grève et paix montre pour la première fois comment les lois d'exception ont bouleversé non seulement le monde du travail, mais la société québécoise dans son ensemble.

  • En juillet 1917, voyant l'hécatombe se prolonger en ­Europe et sous la pression de l'Empire britannique, le premier ministre Borden vote la conscription. De nombreux Canadiens français refusent de s'y soumettre : l'armée canadienne est majoritairement anglophone et l'on sait de source sûre que les francophones, éparpillés, y endurent diverses brimades. Mais cette rébellion prend une tournure dramatique : elle vaut aux réfractaires l'intervention de l'armée fédérale, des perquisitions, des arrestations, la loi martiale.

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