Biographie / Témoignage littéraire

  • Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti
    " Où commence ma mémoire ? Parfois il me semble que ce n'est que vers quatre ans, lorsque nous partîmes pour la première fois, ma mère, mon père et moi, en villégiature dans les forêts sombres et humides des Carpates. D'autres fois il me semble qu'elle a germé en moi avant cela, dans ma chambre, près de la double fenêtre ornée de fleurs en papier. La neige tombe et des flocons doux, cotonneux, se déversent du ciel. Le bruissement est imperceptible. De longues heures, je reste assis à regarder ce prodige, jusqu'à ce que je me fonde dans la coulée blanche et m'endorme. "
    Avec Histoire d'une vie, Aharon Appelfeld nous livre quelques-unes des clés qui permettent d'accéder à son œuvre : souvenirs de la petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Il y a aussi ces scènes brèves, visions arrachées au cauchemar de l'extermination. Puis les années d'errance, l'arrivée en Palestine, et le début de ce qui soutiendra désormais son travail : le silence, la contemplation, l'invention d'une langue. Et le sentiment de l'inachèvement lié au refus obstiné de l'autobiographie, dans son acception la plus courante : histoire d'une vie. Comme si le dévoilement de ce que chacun a de plus intime exigeait une écriture impersonnelle.

  • " Tôt ou tard, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies. "
    Cette famille dont Armistead Maupin s'est éloigné est une famille du Sud américain, volontiers conservatrice, parfois réactionnaire. Et la " famille logique " qu'il a longtemps cherchée, il l'a trouvée à San Francisco, au début des années 1970. Là-bas, la libération sexuelle et amoureuse se conjugue aux expérimentations narcotiques. Autant d'années folles qu'il a consignées dans ses Chroniques de San Francisco.
    Mais entre le moment où il a quitté sa Caroline du Nord natale et celui où il est " devenu ce qu'il est ", il lui aura fallu remettre en cause les idées qu'il avait reçues en héritage. Il aura dû se réinventer plusieurs fois.
    Cette autobiographie n'est pas que le récit d'une lente acceptation de soi. C'est aussi l'exploration d'un demi-siècle d'histoire américaine, de la guerre du Vietnam à l'émergence des mouvements gays et lesbiens. Avec l'humour et le talent qu'on lui connait, Armistead Maupin fait revivre une ville en ébullition, et entrouvre la porte du cabinet d'écriture où sont nés le 28 Barbary Lane et Anna Madrigal. C'est une vie bigger than life, et c'est tout un roman.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Carine Chichereau. Figure majeure de la littérature contemporaine, Raymond Carver (1938-1988) s'est toujours montré d'une grande discrétion, alimentant sans le vouloir une quantité de légendes qui font désormais partie du " mythe Carver ". Cette biographie retrace minutieusement le parcours littéraire et personnel de celui dont la voix aura marqué à jamais plusieurs générations d'écrivains - et de lecteurs. L'enfance au sein d'une famille ouvrière, les années de galère, les premiers écrits, les innombrables échecs, les rencontres décisives avec Gordon Lish et Gary Fisketjon, ses éditeurs, jusqu'à la consécration finale, c'est toute une vie qui se déroule sous nos yeux. Une vraie " vie d'écrivain ", où l'amitié et la recherche obstinée de l'excellence auront joué un rôle essentiel.

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Stéphane Roques« Je voulais amener les gens qui m'écoutaient à comprendre qu'ils n'étaient pas seuls et qu'il était possible de changer les choses. »De Jackson, Tennessee, au Madison Square Garden de New York où il chanta le morceau légendaire « The Revolution Will Not Be Televised », Gil Scott-Heron, musicien et écrivain noir américain, a toujours été un homme de combats. Il se confie pour la première fois dans ces mémoires aussi émouvants que drôles, rythmés par son phrasé vif et imagé qui inspira des générations d'artistes. Heureux hasards, coups d'audace, coups de sang... Gil Scott-Heron évoque son enfance mouvementée mais aussi ses rencontres avec Bob Marley, Michael Jackson ou encore Stevie Wonder, le « frère » qui l'embarqua dans une tournée épique en hommage à Martin Luther King.Disparu en 2011, Gil Scott-Heron a laissé derrière lui, en un ultime opus littéraire, ces fragments d'une vie d'artiste et de citoyen engagé. Et il nous livre, à sa manière, une contre-histoire de la société américaine des années 1960 à 1990.« OEuvre d'un véritable écrivain et magicien des mots, La Dernière Fête est aussi passionnant et indispensable que les Chroniques de Bob Dylan. »The New York Times

  • Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic. David Foster Wallace est un personnage aux multiples facettes. Enfant précoce aux talents singuliers, il excelle au tennis avant de l'abandonner pour se tourner vers de hautes études universitaires en littérature, mathématiques et philosophie. Écrivain débutant et déjà reconnu, il est rattrapé par de sévères épisodes maniaco-dépressifs qui le hanteront jusqu'à son suicide en 2008. Auteur d'un livre-monde, L'Infinie Comédie, il devient un écrivain de premier plan dans une génération qui en compte beaucoup, en même temps qu'un modèle d'authenticité artistique. D. T. Max a rencontré nombre de ses proches et compagnons d'écriture (Jonathan Franzen, Don DeLillo...) et a réuni d'importants documents inédits pour livrer de David Foster Wallace un portrait intime et littéraire. Liens familiaux intenses, relations amoureuses chaotiques, genèse de L'Infinie Comédie : D. T. Max fait le portrait d'un homme qui avait tant de mal à être « humain parmi les humains » et la description d'une époque qui n'a pas fini de nous influencer.

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