Langue française

  • « J'ai fermé les registres. J'ai regardé le ciel. [...] Je m'avançais désormais à la tête d'une cohorte. Elle ne cesserait de grossir au fil des mois, rassemblée en cent ans de misères. Avec leur crâne rasé, leurs sabots, leurs pantalons de treillis, leurs vestes grises, ils se ressemblaient tous, ces enfants en prison. Je voulais les suivre au travail, pendant lequel il était interdit de parler, sur le chemin des champs ou de l'atelier ; au dortoir, glacé l'hiver, rempli l'été à l'heure du coucher, d'une grande clarté chaude, encore diurne ; dans leurs courses d'évadés, dans les cachots où ils inscrivaient leur nom ; devant la pitance du réfectoire dans le bruit des écuelles de fer... » M.R. Ce livre est un pèlerinage dans les lieux encore visibles, les registres d'écrou, les dossiers, tout ce que gardent - ou taisent - les archives de ces pénitenciers pour enfants qu'on appela les « petits bagnes ». L'auteur nous conduit dans un voyage hallucinant auquel il ne manque ni le poids et l'odeur des heures, ni le goût du pain de troupe, ni les paysages et les saisons du ciel. L'art de raconter, l'écriture charnelle et minutieuse ressuscitent ces enfants sans enfance, au long d'un récit poignant.

  • La presse truque, manipule. À chaque fois, les caméras de télévision, les stylos de la presse écrite, se ruent sur un chiffon rouge, se trompent et trompent tout le monde. Conclusion : C'est la faute aux médias ! Les médias, bouc émissaire ? C'est trop facile ! Dans une société qui se développe par crises successives : crises de l'école, de la police, des banlieues, de l'immigration, l'information joue un rôle d'intermédiaire. Chaque fois qu'un groupe social cherche à satisfaire une revendication, chaque fois qu'un homme politique ou un chef d'entreprise veut régler ses comptes, il provoque une crise susceptible d'attirer la presse. Désinformation, trucage, mensonge, corrompent progressivement la vie quotidienne. Or, nul n'a intérêt à polluer cet espace public qu'est l'information : il est un repère démocratique essentiel pour nous tous.

  • Née en 1951 à Téhéran, Hélène Kafi (de son vrai nom Fariba Hachtroudi) est la petite-fille d'un religieux éclairé et la fille d'un grand mathématicien qui tous deux ont combattu la dictature royale et pour la démocratie. Exilée depuis 1965, elle est retournée clandestinement en Iran pour témoigner des excès révolutionnaires. C'est ce reportage, mêlant le récit autobiographique à l'enquête journalistique, qu'elle livre ici, nous donnant à voir l'Iran d'aujourd'hui. Journaliste indépendante, Hélène Kafi collabore à différents journaux en France et à l'étranger.

  • Un ouvrage optimiste qui devrait redonner le moral aux millions de parents d'élèves et de lycéens, aux 700 000 enseignants et à tous les personnels de l'Éducation nationale. Il s'agit d'abord d'une visite dans les lycées d'enseignement général et technologique ou dans les lycées professionnels. Visite guidée au coeur des établissements : le livre raconte par le menu comment les lycées fonctionnent, quels sont les pouvoirs des proviseurs, des profs, des élèves, des parents, des intendants, des personnels. Il lève aussi le voile sur le financement des lycées, en général ignoré, et il décrit l'ensemble des aspects de la vie du lycée : les comportements, les manies, les habitudes des uns et des autres... Une foule d'anecdotes, impensables, drôles, tendres, attristantes. Ce voyage étonnant met à mal plusieurs idées reçues. Ainsi, les auteurs démontrent que les profs travaillent, que le niveau reste bon, que les élèves ont envie de réussir, que les relations avec les entreprises sont beaucoup plus développées qu'on ne le dit, que la violence est marginale et ne date pas d'hier, que les élèves ne sont peut-être pas prêts à exercer la démocratie qu'on leur a offerte... Enfin, dernière idée paradoxale et provocante, les auteurs estiment que le rôle des professeurs dans les années qui viennent sera décisif et que leur prestige atteindra sans doute un niveau jamais connu. Une somme d'informations. Une enquête percutante.

  • Comment conciliez-vous votre vie professionnelle et votre vie privée ? Cette question-cliché est inlassablement posée aux femmes. Seulement aux femmes. La réponse est peut-être à trouver dans les vingt-quatre heures de la vie d'une femme. Une femme normale qui vous ressemble. Une femme dont l'expérience se déroule sur la démultiplication de quelques journées, parfois même d'une journée unique, particulière et si ordinaire. C'est le récit de cette journée qui nous est donné ici. Un récit tendre et rythmé qui apostrophe les hommes, raconte l'amitié sans jamais oublier la passion de vivre.

  • Dans la vie politique de la France, le Front Populaire n'occupe qu'un court laps de temps. Il ne prend pas conscience de lui-même avant la manifestation du 14 juillet 1935. Victorieux aux élections d'avril-mai 1936, il est, dès janvier 1937, frappé à mort. Malgré cette brièveté, il a puissamment marqué l'imagination de ceux qui l'ont vécu, d'un côté ou de l'autre. Pour les uns il est évoqué avec une terreur rétrospective ; pour les autres, au contraire, il est le symbole de ce qu'il faut recréer, si possible en l'améliorant. Prises de position trop passionnées, de part et d'autre, pour que le mythe ne masque pas souvent une partie de la réalité. Georges Lefranc, qui fut témoin et acteur engagé dans ces événements, a tenté de tirer une synthèse de tous les documents et témoignages, souvent inédits, dont il disposait. Avec un recul de trente ans, il offre ainsi à ses lecteurs l'étude la plus complète et la plus objective d'une période importante de notre histoire contemporaine.

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