Littérature générale

  • Éveline Rzewuska, jeune fille de haute noblesse, vit dans une Pologne sous domination moscovite. Son père lui fait épouser - par contrainte - le maréchal Hanski, de vingt-deux ans son aîné qui, pour conserver sa fortune, accepte d'obéir à l'envahisseur. Dans son château de Wierzschovnia, Éveline règne sur trois mille serfs. Servie par trois cents domestiques à sa dévotion, elle s'ennuie dans ce monde clos, et rêve de la France où se réfugient ses amis les intellectuels polonais. Elle fait venir de Paris les livres en vogue, et découvre un écrivain, Honoré de Balzac, qui peint en sensitif la femme de trente ans. Et cette femme, victime du mariage, sacrifiée, qui rêve d'amour, c'est elle ! À distance, Éveline s'éprend de ce génie, qu'elle imagine noble et beau... Il n'est ni l'un ni l'autre, mais quand elle le verra pour la première fois, son charme, sa conversation, et son talent, suffiront à la séduire. Balzac, né d'une famille plébéienne, les Balssa, est toujours en quête d'amour, d'argent et de femmes du monde. En proie à une sensualité impétueuse, il parcourt l'Italie avec une jolie Caroline déguisée en garçon, sillonne l'Allemagne et la Hollande sous le surnom de Bilboquet, assied ses cent kilos sur une mule, pour traverser la Sardaigne à la recherche de mines d'argent, achète des terres sur les coteaux de Saint-Cloud pour y cultiver l'ananas, et devient Mme veuve Durand pour échapper à ses créanciers. Flatté par l'intérêt que lui porte cette lointaine comtesse Hanska, Balzac, forçat de la plume, y répond par des lettres de plus en plus ardentes. La déesse et le génie vont vivre un amour démesuré et pathétique, épistolaire puis réel. Mais la présence du comte Hanski, qui tarde à mourir, limite leurs escapades, bride leur passion, exaspère leur désir. Et le mariage ne consacrera enfin cet amour que quelques mois avant la mort de Balzac. Excellent conteur, Jacques Delaye restitue avec bonheur cette liaison célèbre et, surtout, il nous fait mieux connaître la femme qui, après Mme de Berny, compta le plus dans la vie du géant des lettres françaises.

  • « Parcourir notre vingtième siècle, tenter de le raconter et de le comprendre, vouloir le rendre présent et l'expliquer, tel est depuis plusieurs années l'un de mes souhaits. De livre d'histoire en roman, de cours devant des étudiants à des analyses de livres dans l'Express, j'ai essayé de réaliser ce voeu, venu sans doute du fait que mon père, ancien combattant de la Première Guerre mondiale, m'a fait contemporain de ses épreuves par ses récits et, qu'enfant pendant le deuxième conflit mondial, j'ai vécu intensément ces quatre années violentes.
    J'ai, avec six de mes romans (le Cortège des vainqueurs, les trois volumes de la Baie des Anges, et les deux tomes des Hommes naissent tous le même jour), commencé le roman-histoire de ce « siècle des tempêtes » qu'est notre temps. J'achevais d'écrire les Hommes naissent tous le même jour quand les animateurs de l'émission de France-Inter, l'Oreille en coin, m'ont proposé de raconter en vingt émissions d'une heure le vingtième siècle.
    Ce livre est né de cette série d'émissions. Il ne s'agit donc pas d'une étude érudite mais bien du récit des principaux événements qui ont fait ce siècle. J'ai évité ce qu'on appelle « la petite histoire ». Je crois que les « grands » événements et les « grandes questions » sont aussi passionnants que les « petits », sinon plus. Bien sûr tout le siècle n'est pas présent. Il m'a fallu choisir dans cette période foisonnante ce qui me paraissait le plus significatif. Après avoir lu ce livre je voudrais que le lecteur éprouve comme moi le sentiment de la richesse inépuisable, contradictoire, inquiétante et pourtant pleine de lendemains de ces années qui ont, dans l'aventure des hommes, compté plus que cent mille ans. »
    Max Gallo

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Comme dans un film baroque et inspiré, le livre s'ouvre par une agonie royale, celle de Charles III de Bourbon, despote éclairé. Majestueuse, la liturgie de la mort déroule ses pompes avec cet ennui solennel des cérémonies espagnoles. Ces lumières qui s'éteignent avec Charles III marquent l'avènement d'un siècle de fureur et de sang. En s'élargissant, l'écran nous fait découvrir une Espagne quasi moyenâgeuse, refermée sur ses rêves impériaux ; un pays aux contrastes saisissants où tout se mêle et se confond ; le luxe des uns et la misère du plus grand nombre, l'horreur et la tendresse, la joie et le désespoir, le fanatisme et le mysticisme, la couardise et l'héroïsme. Contenue par une étiquette érigée en religion, la monarchie achève de se décomposer. Voici la Trinité : Charles IV, débonnaire et simplet, la reine Marie-Louise, louve affamée de caresses grossières, Manuel Godoy, son amant sans scrupules dont elle fera un prince de la Paix et un membre à part entière de la famille royale. Voici le prince des Asturies, le futur Ferdinand VII, âme saisie par la peur et endurcie par la haine ; son frère don Carlos, bigot forcené qui évoque un personnage de Buñuel ; voici des princesses rendues folles par l'atmosphère délétère de ces palais. Aranjuez, La Granja, l'Escurial, où les pires débauches, les complots les plus noirs, les rancunes les plus exaltées macèrent dans les cantiques et dans les litanies. Voici la reine veuve, Marie-Christine de Naples, engluée dans des amours ancillaires, risibles et triviales. Surtout, voici l'immense et furieuse bataille que la modernité - la Révolution française et l'Empire - livre à la tradition. Bataille séculaire dont le dernier écho sera la guerre civile de 1936 à 1939. C'est avec une puissance d'évocation extraordinaire que Michel del Castillo fait revivre cette Espagne des années 1788-1840 et, sous sa plume, l'Histoire devient le plus fantastique, le plus halluciné des romans.

  • Dans les châteaux royaux de la Hofburg et de Schnbrunn, lorsqu'un membre de la famille impériale va mourir, un fantôme apparaît. Sur ses chaussons de danseuse et dans sa robe à traîne, la Dame Blanche des Habsbourg fait la navette d'un trépas à l'autre. Cette ravageante beauté a fort à faire : les Habsbourg ne sont pas, comme les Atrides, une famille d'assassins mais plutôt une famille d'assassinés. La tragédie est leur lot. Dans le décor prestigieux de la Vienne d'autrefois, la Dame Blanche ouvre ici un défilé d'ombres illustres : Marie-Louise et l'Aiglon, Maximilien et Charlotte, Rodolphe, François-Joseph et Elisabeth, l'inoubliable Sissi, les voici tous ressuscités en une éblouissante évocation sous la plume magique de Paul Morand qui leur rend, l'espace d'un livre, les couleurs de la vie. Avec la rigueur de l'historien et la sensibilité du romancier, Paul Morand nous livre les secrets de coeur des Habsbourg, qui furent souvent aussi les secrets de la politique de leur temps.

  • Ils n'étaient qu'une poignée, généraux aux bottes trouées, ou gamins grelottant sous la bise, infirmières sans voile, paysans sans terre, Cosaques sans chevaux. Ils n'étaient qu'une poignée, mais ils possédaient un coeur assez grand pour battre aussi fort que la charge lorsque Lénine et ses complices s'emparèrent de la Sainte Russie et capitulèrent à Brest-Litovsk devant les exigences allemandes. Ils n'étaient qu'une poignée, groupés sous des chefs de légende - Kornilov, Alexeïev, Dénikine - mais ils allaient tenter de changer le destin du monde en quatre-vingts jours ; du 22 février au 13 mai 1918, les premiers combattants des Armées blanches vont, à travers le Don et le Kouban, rendre l'espoir à des populations asservies par le plus impitoyable des maîtres : le bolchévisme. Ils marchent, sans pain et sans cartouches, ils en trouveront dans les musettes des Rouges. Ils enlèvent les trains blindés à la pointe du sabre, et prennent les villes à coups de cravache. Leur secret : ils croient en Dieu. De leur sang, les Croisés de la steppe ont écrit sur la neige le mot le plus noble du monde, liberté.

  • Louis XVII est-il mort au Temple, le 8 juin 1795, comme le veut l'histoire officielle ? L'était-il avant cette date ? A-t-il survécu, sous l'identité de l'un des hommes qui affirmèrent être le fils de Louis XVI, et dont quelques-uns trouvèrent, et ont encore de fervents partisans ? Plus de quatre mille ouvrages ont été consacrés - directement ou indirectement - à l'orphelin du Temple, et à la fascinante énigme que pose sa disparition. Alors, pourquoi un livre de plus sur un thème tant rebattu à force d'être inépuisable ? Parce que, depuis cent quatre-vingts ans, il a suscité une telle débauche de spéculations fondées sur des documents douteux et des fantasmes, que Marina Grey a voulu reprendre l'enquête, en s'en tenant le plus possible aux seuls faits, aux seules pièces authentiques, et aux seuls témoignages directs. L'auteur s'attache, tout d'abord, à la personnalité du savetier Simon, homme fruste mais pas méchant, et à celle de son épouse, premiers geôliers du "louveteau", qui ne fut pas malheureux avec eux, mais qu'ils dévoyèrent quelque peu. Simon périt sur l'échafaud, avec Robespierre. Bientôt, le plus grand mystère entoure la destinée de l'enfant. Marina Grey a résolument écarté les rumeurs, les légendes, les illuminations, les bavardages, les déclarations de "l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours". Avec sa rigueur habituelle, et son sens de l'enquête vivante, elle a dépeint soigneusement les principaux personnages qui ont gravité autour de Louis XVII, consulté les plus hautes autorités médicales de notre époque, pratiqué l'analyse externe et interne d'une foule de documents, et réduit à néant nombre de faux mystères sur lesquels beaucoup de "survivantistes" ont fondé leurs thèses. Au terme d'un récit bien mené, et d'une démonstration captivante, Marina Grey apporte la solution qui paraît la plus sensée. Mais elle suscitera naturellement des controverses, car il est des énigmes qui ne sauraient mourir.

  • D'un charme et d'une élégance sans pareils, Louise de Vilmorin (1902-1969), issue d'une famille de grainetiers et de botanistes renommés depuis Louis XV, fut une des femmes les plus admirées des années 1920 aux années 1960. Séductrice de mille et un coeurs, égérie et complice de Saint-Exupéry, Malraux, Cocteau, Jean Hugo, Orson Welles, Roger Nimier, et tant d'autres, Louise ne subjuguait pas seulement par sa beauté et sa fantaisie, mais aussi par sa poésie. Arrivée à la littérature en 1934, sur les conseils de Malraux, cette femme du monde, hors école, impose un style. Fiançailles pour rire, "L'alphabet des aveux" et trois autres recueils de poèmes révèlent une riche imagination. Plébiscitée par les Surréalistes, elle entraîne le lecteur dans un monde merveilleux, où l'absurde se moque des conventions. Sainte Unefois, Le Lit il colonnes, Madame de... Julietta, L'heure maliciôse, parmi une dizaine de romans, la propulsent en tête des meilleures ventes, en rivale de Simone de Beauvoir. Amoureuse aux multiples conquêtes, mariée de 1925 à 1937 à Henry Leigh Hunt, homme d'affaires américain, et de 1937 à 1944 au comte Paul Palfy, un grand seigneur de Slovaquie, cette volage, fidèle dans ses amitiés jusqu'à l'obsession, affirme son indépendance et son originalité bien avant que les femmes ne s'émancipent. Généreuse et capricieuse, charmeuse et tyrannique, elle avait aussi le courage d'être franche jusqu'à l'insolence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est consacré à l'évolution des rapports de la noblesse française avec l'argent et le travail, de l'Ancien Régime au XXe siècle, Jean Nagle s'intéresse surtout à la haute noblesse, ancienne noblesse de Cour le plus souvent, que l'on appelle encore, par un abus - car elle habite largement ailleurs - le faubourg Saint-Germain. Rien n'était plus éloigné, à l'origine, de l'esprit nobiliaire que le commerce et le travail rétribué. La source de l'argent devait être honorable. C'était un don de Dieu, via le roi, en échange duquel on le servait, ou de la terre en échange duquel on accordait protection et subsistance à ceux qui la travaillaient. Forcée de s'adapter aux aléas, la haute noblesse a, couramment, pratiqué le mariage avec des familles enrichies par des moyens condamnés. Par là, elle s'est ouverte, à partir du XVIIe siècle, à un nouvel état d'esprit : esprit d'entreprise, esprit libéral en politique. Comme par compensation, fatuité et snobisme ont accompagné cette ouverture à la société d'argent. Au XIXe siècle, après la Révolution, le faubourg Saint-Germain réaffirme son particularisme, en conciliant la régénération des valeurs religieuses, le luxe que lui permet l'argent retrouvé, et la charité dont la nécessité est accrue par les effets sociaux de la révolution industrielle. La noblesse admet désormais la morale du travail rétribué et, peu à peu, son comportement à l'égard de la finance, du commerce, de l'industrie, la rapprochera de la bourgeoisie. Toutefois, elle continue de cultiver ses valeurs propres, notamment son sens spécifique de l'argent et son attachement à la terre.

  • Le 16 avril 1953, un petit groupe de soldats du corps expéditionnaire français en Indochine, prisonniers des forces du Viêt-minh, atteint le camp 113, dans la haute région du Tonkin. Commencent alors neuf mois d'enfer.

  • En 1940, R. de Chambrun, gendre de Pierre Laval, se fait l'avocat de l'Angleterre afin de convaincre Roosevelt de lui fournir des armes pour se battre contre l'Allemagne.

  • Le monde dans lequel mes parents s'avisèrent de me mettre, le 6 août 1931, n'était plus celui des années folles, déjà dépassées, ni celui de la crise de Wall Street - nous étions déjà ruinés depuis longtemps -, mais un monde révolu depuis la chute de l'Empire, le second, bien sûr ! Ses dernières images, affaiblies, presque effacées, furent les premières que je feuilletai en apprenant à lire dans Le Magasin pittoresque ou Le journal d'éducation et de récréation de M. Hetzel. Les fées qui se penchèrent sur mon berceau avaient été jeunes et belles sous l'Empire ; c'est dire assez qu'elles ne l'étaient plus. Leur grand âge donnait à leurs souvenirs le charme qu'elles avaient perdu. L'une avait fait le tour du monde, peu d'années avant Phileas Fogg, l'autre avait voyagé en Orient et connu mille aventures à une époque où les dames, même un peu dévergondées, restaient chez elles. À côté de ces fées, il y avait des magiciens qui racontaient leur jeunesse au Canada, vers 1880, ou leur découverte d'Angkor, au début du siècle. Lorsque toutes ces personnes étaient lasses d'égrener leurs souvenirs, elles se débarrassaient de moi en me donnant des livres de Jules Verne, où je retrouvais l'atmosphère de leurs récits. En dépit de mon admiration pour cet auteur de génie, dont l'oeuvre m'apparaissait un peu comme une immense encyclopédie, mes études furent loin d'être aussi brillantes que mes parents - dans leur naïve ambition - le souhaitaient. Je décidai de faire mon droit où j'espérais trouver des loisirs. Des loisirs à la littérature, il n'y a qu'un pas, franchi avec allégresse et qui, à travers l'Histoire ou la fantaisie, m'a ramené à l'enchanteur de mon enfance, à ce Jules Verne plus actuel que jamais, mais en qui j'ai préféré voir un poète du XIXe siècle plutôt qu'un visionnaire dont les anticipations ne laissent plus de place au rêve maintenant qu'elles sont devenues une réalité. C'est ce que j'ai essayé de montrer dans ce Tour de Jules Verne.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • La Rive gauche, c'est d'abord un tout petit coin sur la carte : Lutèce et ses "isles". Puis ce seront les escholiers mêlés aux mauvais garçons, compagnie du pauvre François : la rive estudiantine, ses chahuts et ses rimes. C'est la rive littéraire jusqu'en ses choix gourmands, des premières fourchettes de la Tour d'Argent aux dernières batailles littéraires de la Closerie des Lilas en passant par le Procope, ce petit Panthéon des bavards, ancêtre du Saint-Germain-des-Prés du XXe siècle sous le signe du Flore et au signal éternel de Lipp. La Rive gauche, ce sont aussi les lointains Montparnos, la peinture clocharde de génie, les Arts Déco en toile de fond.

  • "Contemporain capital", la définition d'André Gide par André Rouveyre, longtemps attribuée à Malraux, a le mérite de l'efficacité : elle frappe et se retient. Cévenol d'Uzès par son père, Normand par sa mère, André Gide (1869-1951) fut certainement l'un des écrivains les plus influents de la première moitié du XXe siècle. Il publia son premier livre, "Les Cahiers d'André Walter", en 1891, chez Perrin. Suivirent "Corydon", apologie de l'amour homosexuel, "les Nourritures terrestres" (1897), "l'Immoraliste" (1902), "la Porte étroite" (1909), "les Caves du Vatican" (1914), "les Faux-Monnayeurs" (1925). Chacun de ces ouvrages ne connut au départ que des ventes confidentielles. Pourtant, dès les années 20, la notoriété de Gide commence à déborder les cénacles littéraires. Cofondateur de la NRF, il fait déjà figure de pape des lettres. Il apparaît bientôt comme l'initiateur d'une nouvelle morale fondée sur l'épanouissement des instincts, l'individualisme, l'assouvissement des désirs. Il exerce alors une énorme emprise sur la jeunesse intellectuelle qui se prolongera jusqu'à sa mort. Ses hymnes à la liberté d'agir à sa guise ne l'empêchaient pas d'être séduit par l'engagement politique. Mais il était trop indépendant et trop critique pour se soumettre à une doctrine. Tenté un moment par l'Action française, il est attiré ensuite par le communisme, mais son voyage en URSS l'en éloignera sans retour. Que quelques hommes de Vichy aient dénoncé ce défenseur et illustrateur de l'homosexualité, considéré comme un "corrupteur" de la jeunesse, aidera certainement à la persistance de son influence, couronnée par le prix Nobel en 1947. Ses combats pour la justice (Souvenirs de la cour d'assises) et contre certains aspects de la colonisation (le Voyage au Congo) contribuèrent énormément à sa célébrité. Son Journal qui parut de 1939 à 1950, d'une franchise souvent cruelle, est l'ouvrage le plus important de ce Narcisse aussi amoral dans le comportement que rigoureux en littérature pour lui-même - ne l'oublions pas, Gide est un grand écrivain classique - et pour les autres.

  • Dans le contexte tourmenté du XIVe siècle - on croit imminente la fin du monde -, Delphine de Signe, à quinze ans, est mariée à Elzéar de Sabran, qui en a treize. Alors commence pour les époux une extraordinaire aventure spirituelle, qui durera près de vingt-cinq ans. Jeunes, beaux, unis l'un à l'autre par un grand amour, ils vivront sous le même toit, partageront le même lit, en restant, de leur propre volonté, vierges. Leur voeu de chasteté demeure secret, car de leur alliance, qui est celle de deux grandes et riches familles provençales, leur entourage attend un nécessaire héritier. Aussi sont-ils tenus de donner le change et, donc, d'avoir aux yeux du monde le comportement qui convient à leur rang et à leur situation. Sublimation du désir, fusion mystique, apothéose de l'amour courtois, influence, aussi, des Franciscains spirituels qui, en ces temps corrompus, préconisent le retour à la chasteté. Admirablement mise en scène par Suzanne Bernard, la pure passion de Delphine et Elzéar, qui jouèrent un grand rôle en Provence et à la cour de Naples, nous émeut et nous interroge. Elzéar, qui meurt à trente-huit ans, sera canonisé. Delphine, qui lui survit trente-sept ans, entra en pauvreté, accomplit plusieurs guérisons miraculeuses. Elle sera décrétée bienheureuse. Les époux reposent dans le même tombeau, dans la cathédrale d'Apt.

  • René Sédillot, qui a naguère survolé les millénaires et les siècles de l'histoire du monde, de l'histoire de l'Europe, de l'histoire de la France a fait ici une synthèse des deux phénomènes qui, en quelques années, a révolutionné le monde : la fin des Empires coloniaux et celle de l'Empire soviétique. Tout d'abord, le rétrécissement de l'Europe occidentale, qui a perdu les domaines coloniaux dont elle était si fière : l'Angleterre a renoncé à l'Inde - et à bien d'autres possessions -, la France à l'Afrique et à l'Indochine, la Belgique au Congo, la Hollande à l'Insulinde, le Portugal aux territoires d'outre-mer qui avaient, jadis, fait sa gloire. Ensuite, l'univers communiste s'est brusquement déchiré. L'Union soviétique a dû abandonner ses satellites, de la Pologne à la Roumanie, de la Hongrie à la Tchécoslovaquie, pour ensuite se décomposer elle-même. Il a suffi de quelques lustres pour que l'Occident abandonne ses possessions d'outre-mer, et de quelques semestres pour que l'Orient communiste chavire. Cette double décolonisation donne à la planète un visage nouveau.

  • L'épopée de De Gaulle, de 1940 à 1945, pour revivre aux côtés du général et de ses compagnons Churchill, Moulin, Leclerc et tant d'autres, les épisodes de la Seconde Guerre mondiale. Cette pièce de théâtre est actuellement mise en scène par Robert Hossein au Palais des Congrès.

empty