Presses de Sciences Po

  • Se dire d'un bord ou de l'autre a-t-il encore un sens aujourd'hui ? N'a-t-on pas élu en 2017 un président qui s'affirme « et de droite et de gauche » ? La politiste Janine Mossuz-Lavau, qui sonde les Français depuis les années 1970, constate au contraire la persistance du clivage droite-gauche.

    En s'intéressant aux valeurs que les citoyens placent derrière ces deux mots plutôt qu'aux théories politiques ou aux programmes des partis, elle relève la constance d'une opposition, à travers les époques, dans le rapport au reste du monde, dans les aspirations pour soi-même et pour les autres, dans la place que l'on accorde à l'argent et au travail, etc.

    Certes, à mesure que la gauche se « démarxise » et que la droite se « déchristianise », les antagonismes perdent de leur violence, mais la polarisation politique, inscrite dans l'histoire hexagonale depuis plus de trois cents ans, n'a rien perdu de sa vigueur au XXIe siècle.



    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po).

    Elle est notamment l'auteur de Les Français et la politique. Enquête sur une crise, Odile Jacob, 1994 et de La Vie sexuelle en France. Comment s'aime-t-on aujourd'hui ?, Points, 2019 [La Martinière, 2018].

    Janine Mossuz-Lavau est directrice de recherche émérite CNRS au CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Elle est notamment l'auteur de Les jeunes et la gauche, Presses de Sciences Po, 1979 et de La vie sexuelle en France (l'enquête sans tabous), La Martinière, 2018.

  • "Le Moyen-Orient est une des régions les plus instables au monde. Guerres civiles en Syrie et en Irak, transition politique douloureuse en Égypte, occupation massive de la Palestine par Israël, tensions récurrentes au Liban : autant d'exemples d'un état de violence qui a la particularité de s'exporter hors des foyers où il se déploie.
    La désertion du politique, dont la légitimité se fonde sur le dialogue, le compromis et la référence au droit, laisse le champ libre à un déferlement de violence multiforme dans cette région. Pour en décrypter les mécanismes, les auteurs prennent en compte cinq dimensions : les conflits territoriaux, les enfermements idéologiques, les replis identitaires, la résilience des autoritarismes et le contournement du droit international.
    Une réflexion sur cet espace géopolitique majeur, que le déni du politique fait sombrer dans le chaos."

  • Fin du clivage gauche-droite, conversion des Français au libéralisme économique et aux valeurs de tolérance, désir de vivre ensemble autrement... La victoire d'Emmanuel Macron en 2017 serait le signe d'une recomposition historique du paysage politique français, et le macronisme une réponse aux attentes profondes du Français nouveau, ce citoyen du XXIe siècle.Et s'il s'agissait plutôt d'une élection par défaut, née d'un décalage inédit entre l'offre et la demande électorales dont le jeune Président a su s'emparer avec un remarquable sens politique ?Pour tenter de retracer l'ADN du macronisme, à l'issue d'une année aux affaires, Luc Rouban s'appuie sur des enquêtes de grande ampleur portant sur l'opinion des Français comme sur l'entourage présidentiel et la nouvelle Assemblée. Ses trouvailles mettent à mal le mythe d'une « disruption » et pointent les paradoxes d'un pouvoir qui se veut horizontal et mobilisant les bonnes volontés, alors qu'en réalité il renforce la verticalité, crée de nouvelles oligarchies et accentue la fracture sociale.L'art de faire du vieux avec du neuf ?

  • Les mouvements sociaux occupent aujourd'hui une place décisive dans la vie politique française. Ce livre en dresse un panorama, des grves de décembre 1995 aux manifestations contre la réforme des retraites de 2010, en passant par l'altermondialisme, le Réseau éducation sans frontire ou Jeudi noir.
    Comment saisir leur rôle et leur poids dans la vie démocratique ? Quelles relations entretiennent-ils avec les partis politiques et les gouvernements ? Qu'est-ce qui fonde leur légitimité ? La protestation publique contre les politiques menées en leur nom est, de fait, le moyen pour les citoyens de se réapproprier la voix qu'ils ont déléguée leurs gouvernants. Les mouvements sociaux ne sont ds lors ni une composante marginale du paysage politique, ni une menace pour la démocratie : ils en ravivent les principes fondateurs.

  • Nous sommes tous égaux en droit mais les inégalités de tous ordres ne cessent de se creuser. Pour résoudre cette tension, il est tentant d'invoquer le mérite : n'est-ce pas, pour les sociétés modernes, la seule façon d'tre la fois justes et efficaces ?
    Maints égards pourtant, le mérite est source d'injustices. Est-il bien mérité, ou mme comment l'évaluer ? Son rgne engendre de nombreux effets pervers : l'école, o l'objectif de formation de tous s'efface en effet devant la sélection des plus méritants ; dans le monde du travail, quand se caler sur la réussite scolaire amne négliger bien d'autres talents et conforte une concurrence délétre.
    Sans écarter toute référence au mérite, il faut accepter d'en débattre, d'en réévaluer sans cesse les contours et surtout admettre qu'il ne saurait constituer l'alpha et l'oméga d'une politique de justice sociale.

  • Depuis les débuts de l'époque industrielle, il y a deux cents ans, les activités humaines ont profondément modifié les cycles de la nature, d'où le terme d'Anthropocène pour qualifier la période contemporaine.

    Alors que les stocks de combustible s'épuisent, la dissipation exubérante d'énergie liée aux économies fondées sur la croissance touche à sa fin. Quelles en seront les répercussions politiques, économiques et sociales sur un système fondé sur une soif sans limites de ressources naturelles ?

    Ère d'accélération, l'Anthropocène brille de ses derniers feux. Le XXIe siècle sera celui de la « descente énergétique». Face à cette rupture profonde dans l'histoire des temps, adopter un autre modèle que le productivisme s'impose d'urgence.

  • La croissance et le productivisme, véritables socles de nos sociétés industrielles, nous entraînent dans une consommation effrénée d'espace et de ressources et mettent la planète sur une orbite périlleuse. Les théories économiques, qui ont alimenté ce déni de la finitude des ressources, dérivent aujourd'hui vers de nouveaux mirages tels que la monétarisation des écosystèmes ou la croissance verte. Il importe de les dissiper et d'inventer une économie biophysique en phase avec les cycles de la nature, ralentie, locale et sobre, de réhabiliter le geste humain en faisant appel aux basses technologies. À la lumière de ce nouveau paradigme, la décroissance des pays riches apparaît non plus comme une fatalité ou une contrainte mais comme une nécessité éthique et physique et une voie de justice sociale et d'égalité.

  • La décroissance peut-elle devenir un modèle politique alternatif et réaliste ? Face au risque d'effondrement qui pèse sur nos sociétés industrielles, cet ouvrage défend de nouvelles voies fondées sur la tempérance et le ralentissement : instauration d'un revenu de transition écologique, adossement de la création monétaire aux limites de la planète, rationnement équitable des énergies fossiles, développement de la permaculture, partage du travail, etc. Il présente certaines expérimentations, telle la biorégion de Cascadia, en Californie du Nord. Bien gouverner la décroissance plutôt que la subir : une nouvelle histoire politique peut s'écrire, où les perspectives ouvertes ne sont pas celles de la crise mais de l'inventivité. du travail, migrations, tertiarisation, individualisation et fl exibilité : le monde du travail a changé. Les bastions combatifs du salariat et les milieux professionnels protégés sont plus isolés et fragilisés qu'hier. Pourtant, le confl it au travail est loin d'être absent, comme l'ont rappelé les mobilisations contre la loi Travail en 2016. Il épouse différents contextes et prend de nouvelles formes qui s'apparentent parfois plus à de la résistance qu'à un confl it classique. C'est cette diversifi cation des oppressions vécues - de classe, de genre, de sexe et de race - comme leurs traductions politiques qu'Ivan Sainsaulieu invite à comprendre. Il montre ainsi combien la contestation au travail conserve tout son potentiel subversif.

  • Ils ont entre 15 et 25 ans et ils ont grandi avec internet. Ils participent massivement aux réseaux sociaux et le web a révolutionné leur façon de regarder le monde et de s'y projeter. Émergence d'une « identité numérique expressive », conversation en continu, productions artistiques amateurs, culture lol, raids de hackers, actions protestataires, attachement à une économie du gratuit : se dessinent ainsi de nouveaux profils psychologiques, une façon inédite de vivre ensemble et de s'organiser, un mode de consommation dont le modèle économique reste à créer. Mais, face à une innovation technologique d'une telle ampleur et aux transformations sociales qu'elle génère, ne peut-on d'ores et déjà parler de rupture anthropologique ?

  • La crise économique de 2007 a mis en relief les lourdes contraintes d'approvisionnement qu'éprouvent certaines régions du monde. Défis stratégiques et conflits d'intérêts se multiplient, alors que les enjeux alimentaires et écologiques vont s'amplifier. De nouveaux pays se mobilisent pour participer à cette nouvelle géoéconomie des ressources alimentaires.

  • "Pour retrouver le chemin de l'innovation et de la croissance, les entreprises du secteur culturel doivent renoncer à leur posture monolithique. Entrer dans le monde hybride qui est désormais le nôtre plutôt que dresser de vaines murailles réglementaires.
    En permettant à la multitude de participer à la création et au partage des savoirs, internet a aboli la frontière entre producteurs et consommateurs de biens culturels, et développé de nouveaux modes de création de valeur.
    Massivement adoptées par les individus, les nouvelles pratiques instaurées par le web 2.0 ne menacent pas l'existence du cinéma, de la musique ou des livres - aucun média n'a jamais tué ses prédécesseurs -, mais elles remettent en cause les logiques économiques qui ont dominé ces métiers jusqu'à présent.
    Loin de céder au catastrophisme ambiant, cet ouvrage propose quelques clés pour faire face à l'incertitude, pour apprendre à naviguer selon les nouvelles lois du monde numérique et à en relever les défis."

  • Depuis le début des années 1980, cherchant, avec le retour de la démocratie, à construire des sociétés nouvelles,la plupart des pays d'Amérique latine ont connu des mutations profondes. Ils expérimentent et mettent en oeuvre des politiques publiques novatrices, en particulier sur le plan social et environnemental. De nouvelles élites ont partout émergé, de nouveaux partis ont été créés, des mouvements sociaux inédits sont nés.

  • Près de 13 millions d'hectares de forêts tropicales sont détruits chaque année, entre bassin amazonien, Afrique centrale et Asie du Sud-Est. Ce phénomène a de mulitples causes, dont la plus alarmante est l'expansion agricole.
    Plusieurs instruments dits de marché, dont REDD+, ont été élaborés, notamment dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, pour enrayer la déforestation : marchés carbone, paiements pour services environnementaux, etc.Mais sont-ils assez innovants et compétitifs?

  • Nous sommes parfois séduits par leurs promesses, mais, très vite, ils nous déçoivent. Si cette séquence se répète régulièrement depuis près de quarante ans en France, le phénomène gagne en intensité. Entre les citoyens et leurs représentants, la rupture semble consommée. Ce désenchantement à l'égard du politique, il faut l'expliquer et lui donner sens pour espérer en sortir. Est-il dû à l'ineffi cacité des politiques publiques ? À l'incapacité, voire à la corruption, des élites ? Au pessimisme atavique des Français, impossibles à gouverner ? Armés de leurs outils de politistes, Emiliano Grossman et Nicolas Sauger dressent un diagnostic précis de ce mal français, en identifi ent les causes et, propositions à l'appui, offrent des voies de guérison.

  • Depuis longtemps relégué au domaine du divertissement, le jeu apporte une contribution essentielle au bien-être et au développement des personnes comme à l'équilibre des sociétés.

    Grâce aux nouvelles technologies, qui décuplent le nombre et l'attrait des terrains de jeu et libèrent les talents infinis de l'intelligence collective, les jeunes générations l'ont bien compris : en s'appropriant de façon ludique le nouvel environnement cognitif et relationnel du continent digital, elles tournent le dos aux hiérarchies et à la confiscation des savoirs. Elles assurent l'indispensable adaptation de nos vieux modèles culturels et politiques. Elles nous précèdent dans un nouvel âge, plus émotionnel, plus créatif, plus humain : l'âge du jeu.

  • Les grands équilibres économiques mondiaux sont en train de basculer vers les pays émergents, principalement vers l'Asie où la Chine va s'imposer commela première puissance mondiale d'ici vingt ans.L'Asie est donc appelée à jouer un rôle de catalyseur dans la résolution des problèmes globaux. Quelles seront les positions de ses trois principaux acteurs - Chine, Corée, Japon - sur des sujets tels que la régulation financière internationale, le changement climatique, les nouveaux modèles énergétiques, les risques technologiques, les inégalités et l'insécurité alimentaires ? Quelles orientations ces pays vont-ils insuffler au sein du G20 ?Un essai passionnant sur le futur de la gouvernance mondiale.

  • La Chine fait face à plusieurs défis : une grave crise écologique, des tensions sociales liées notamment à la répartition de la terre et des richesses, et une stratégie internationale qui s'apparente à un exercice d''équilibriste. L''État-parti, mis en question par une société civile émergente, n''est plus le moteur mais le frein du développement. Enfin, habitée par un malaise identitaire récurrent, la Chine cherche sa juste place dans la communauté mondiale.
    De par son poids économique et stratégique, les défis que doit relever la Chine sont aussi des enjeux planétaires. Est-il encore possible d'encourager la Chine à devenir un acteur pacifié d''une gouvernance mondiale en mutation ?
    Une plongée au cur des dilemmes qu''affrontent aujourdhui' la société et le pouvoir chinois.

  • Les indices d'un désarroi des CDI n'ont cessé de s'accumuler dans un contexte où l''ombre portée du chômage et de la précarité s'étend. Ne nous trompons cependant pas de diagnostic devant la souffrance au travail et les mobilisations parfois radicales : les salariés des grandes entreprises jusqu''ici perçues comme protectrices ne sont pas entrés en dissidence.
    Aspirés par leur entreprise, ils sont disposés à jouer le jeu, mais critiquent durement les modalités de mise en oeoeuvre des mutations imposées par le management. Pourtant, ces dernières ne forment pas l''enjeu de mobilisations collectives : discontinues et ambivalentes, les luttes se présentent comme "alternatives".
    Réelle, la loyauté des salariés apparaît donc paradoxale car elle n''exclut ni retrait temporaire ni protestation. Mais le rapport au travail s''éprouve dans l''expérience, où c'est la valeur personnelle de chacun qui est en jeu.
    Fondamentalement, les CDI d''aujourd''hui sont en quête d'une appropriation positive de la condition qui leur est faite. Or il leur manque les 'prises" qui leur permettraient de se forger une nouvelle identité d'eux-mêmes et de constituer des collectifs solidaires.

  • La politique reste t-elle une affaire de spécialiste ? Bon nombre d'électeurs peinent se repérer dans ce flot de débats idéologiques, de petites phrases pour initiés et de controverses d'experts. Et si la crise de confiance l'égard du politique tenait aussi cette incapacité des responsables politiques de dire le monde dans des termes accessibles ? l'approche des élections présidentielles de 2007 et aprs le séisme de 2002, le débat sur la capacité des Français s'intéresser et se mobiliser sur les questions politiques reste ouvert.
    Ce livre propose dans un langage accessible une centaine de mots clés du discours politique récurrent, sous forme de notices synthétiques, claires et pédagogiques, classées par ordre alphabétique et systme de renvois. Chaque entrée propose une définition et des exemples, resitue le terme dans le débat des enjeux de l'élection présidentielle de 2007 et permet l'électeur de comprendre son rôle.
    Spécialistes en sociologie électorale, les auteurs font également le point sur l'état de la démocratie en France et rendent compte des débats qui aujourd'hui la traversent.
    Véritable boîte outils démocratique, Les Mots des présidentielles permet chacun de disposer des clés de lecture nécessaires la compréhension des débats venir et de se réapproprier la politique.

  • "Le système français de protection sociale a permis de consolider la cohésion sociale, de lutter contre la pauvreté et d'amortir les effets dévastateurs de la crise actuelle. Mais, bâti sur le modèle d'un homme chef de famille ayant à charge femme et enfants, il entérine les inégalités entre les sexes et néglige, voire pénalise, les évolutions de carrière.
    Dessinant une nouvelle architecture pour la protection sociale, ce livre montre qu'il est urgent et possible de refonder ce système. Sa métamorphose doit s'appuyer sur l'exigence d'égalité des sexes, sur l'accompagnement de carrières diversifiées et sur l'investissement social en amont, en faveur des enfants et des jeunes, afin de garantir à chacun-e le droit à une vie personnelle et professionnelle de qualité.
    /> Cette seconde génération de droits sociaux combine protection et promotion sociale pour toutes et pour tous, afin de construire une société de semblables."

  • Les institutions financières ont révélé leur impuissance à prévenir les comportements abusifs et les prises de risques incontrôlées, facilités par la complexification des produits financiers et par l'explosion technologique.Pourquoi l'instauration de règles déontologiques dans le monde de la finance n'a-t-elle pu empêcher les scandales, exposant ses professionnels à une critique morale et à la mise en cause de leur responsabilité ?

  • "Souffrance au travail, cancers professionnels, troubles musculo-squelettiques... En France, la prévention des risques professionnels va mal.
    Il existe pourtant des praticiens - les médecins du travail - chargés par la loi de prévenir toute altération de

empty