Septentrion

  • Avant les années 1930, l'Allemagne, et en particulier sa capitale, Berlin, était l'un des endroits les plus tolérants envers les homosexuels. Des militants comme Thomas Mann et Albert Einstein ont ouvertement milité pour les droits des gais. Mais tout cela change quand le Parti nazi arrive au pouvoir. La vie des homosexuels devient alors rapidement un enfer : raids, arrestations, emprisonnement et expulsions deviennent monnaie courante. Lorsque les camps de concentration sont construits, les homosexuels sont emprisonnés en même temps que les autres groupes que les nazis veulent supprimer. Le triangle rose, cousu sur les uniformes des camps, devient ainsi le symbole de la persécution des homosexuels, une persécution qui continuera pendant de nombreuses années après la guerre.
    Ken Setterington relate ces événements à travers un mélange de recher­ches historiques, de témoignages et de récits individuels, avec l'espoir que ces histoires de bravoure devant la cruauté et d'amitiés trouvées dans les profondeurs du désespoir sauront à la fois éduquer et inspirer les futures générations.

    Ken Setterington est conteur, auteur, critique de livres pour enfants et biblio­thécaire. Il a été membre de nombreux comités d'attribution de prix littéraires.

  • Le bison est l'un des animaux mythiques de la faune nord-américaine. Plus gros des animaux des grandes plaines, il a failli disparaître sous la pression de la chasse. Malgré un vaste territoire, sa population reste encore surveillée. S'appuyant sur une riche iconographie, cet ouvrage guide le lecteur sur les traces de ce grand mammifère, si impressionnant et pourtant inoffensif. Les descriptions anatomiques et comportementales de l'animal donneront satisfaction aussi bien aux naturalistes exigeants qu'aux néophytes amoureux de la nature sauvage.

  • «Les armes et les corps s'entrechoquent à nouveau. Les cris fusent. Qui est ami, qui est ennemi dans ce salmigondis déchaîné ? Craignant de tuer ses alliés, Radisson s'accroupit contre un bout de palissade, son couteau à tête d'aigle brandi devant lui pour conjurer le mauvais sort.»

    En 1659, la Nouvelle-France est en crise. Le commerce des fourrures s'est effondré et les Iroquois menacent comme jamais la jeune colonie et leurs alliés des Premières Nations. En s'associant à son expérimenté beau-frère Des Groseilliers, Radisson veut se rendre dans les Grands Lacs pour pratiquer la traite des fourrures. Mais ce projet audacieux, dans des temps aussi incertains, comporte de nombreux risques. Saura-t-il relever cet exaltant défi ?

    Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'UQAR. Il a publié plusieurs ouvrages au Septentrion, dont la biographie de Pierre-Esprit Radisson et les deux premiers tomes des Aventures de Radisson. Le tome 1 a d'ailleurs remporté le Prix du Gouverneur général du Canada en 2011. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du ­patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet.

  • Le 1er janvier 1870, l'éditeur Georges-Édouard Desbarats lance L'Opinion publique, un hebdomadaire qui constitue le pendant français de son Canadian Illustrated News, déjà sur le marché depuis deux mois. Ce journal connaît une existence éphémère: avant-gardiste sur le plan technique et comme média d'information, il éprouve néanmoins des difficultés financières qui le mènent à sa fermeture dès 1883. L'Opinion publique a toutefois laissé aux Montréalais un riche héritage iconographique.
    Dans les pages abondamment illustrées de ce magazine, les habitants de Montréal s'adonnent à diverses activités. Ils festoient, jouent, mangent, voyagent et déménagent; ils fréquentent les parcs, les marchés et les grandes rues commerciales; ils assistent aux fêtes, aux compétitions sportives, à la débâcle et aux inondations; ils vont aux noces, au bal, aux concerts, aux expositions, aux funérailles, à la guerre et même en prison! Quoiqu'ils soient peu représentés, on y trouve aussi des travailleurs. Ils sont au marché, au canal de Lachine, occupés à couper de la glace ou à déneiger les rues.
    Le lecteur reconnaîtra facilement les caricatures dans cet ensemble d'illustrations que nous nous plaisons à croire «réalistes». On y voit surtout du «beau monde», urbain et endimanché. N'était-ce pas le début de la «Belle Époque»?

    Titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université Laval, Gaston Deschênes a fait carrière à l'Assemblée nationale. Il a publié de nombreux ouvrages, dont L'Année des Anglais, Les Voyageurs d'autrefois sur la Côte-du-Sud, Une capitale éphémère, Le Parlement de Québec, histoire, anecdotes et légendes, L'Hôtel du parlement, mémoire du Québec et L'Affaire Michaud.

  • René Morin livre le témoignage d'un plaideur qui fut aux premières loges du développement du droit des Autochtones en pleine ébullition après le rapatriement de la constitution, en 1982. Il décrit la lente construction de ce point de rencontre entre le droit et l'histoire à travers 12 causes emblématiques entendues par la Cour suprême du Canada. L'auteur fait un retour sur des évènements histo­riques et contemporains et explique certaines facettes de la preuve dans le contexte particulier des dossiers autochtones.
    Dans un style simple, imagé, teinté d'humour et parfois percutant, René Morin sensibilise les lecteurs à la cause autochtone.

    Après des études en droit et en sciences politiques, René Morin a commencé sa carrière au ministère des Affaires intergouvernementales de 1973 à 1981. Il fut ensuite avocat au ministère de la Justice du Québec en droit des Autochtones de 1981 à 2007, ce qui l'a conduit à plaider à de nombreuses reprises à la Cour suprême du Canada. Il a terminé sa carrière comme avocat-conseil au sein du cabinet McCarthy Tétrault de 2008 à 2016. Il a aussi été chargé de cours à l'Université Laval, conférencier au Québec, au Canada et à l'étranger et auteur de plusieurs articles en droit autochtone.

  • Existerait-il chez les classes sociales dominantes un sentiment d'appartenance qui permettrait aux puissants de passer par-dessus leurs différences ethniques, religieuses et linguistiques pour défendre des intérêts communs? Et si la ségrégation très nette entre les élites anglophones et francophones au Québec et au Canada ainsi qu'entre élites flamandes et wallonnes en Belgique était beaucoup moins tranchée que ce que l'on a longtemps affirmé? En explorant le processus de formation des élites dans ces deux États et le rôle de celles-ci dans l'adaptation des structures institutionnelles à la réalité de sociétés mixtes, ce collectif propose un éclairage nouveau sur la manière dont ces différentes élites ont appréhendé le biculturalisme.

    Avec la contribution d'Alexandre Dumas, Guillaume Durou, Dave Guénette, Catherine Hinault, Valérie Lapointe-Gagnon, Jocelyn Létourneau, Matteo Sanfilippo, Jean-Philippe Warren, Els Witte et Brian Young.

    Alex Tremblay Lamarche est doctorant en histoire à l'Université libre de Bruxelles et à l'Université Laval. Ses recherches portent sur les relations entre anglophones et francophones au Québec et sur l'histoire des élites. Il est activement engagé dans la diffusion de l'histoire au sein de la revue Cap-aux-Diamants et à l'émission de radio universitaire 3600 secondes d'histoire.

    Serge Jaumain est professeur d'histoire contemporaine à l'Université libre de Bruxelles où il codirige AmericaS, le Centre interdisciplinaire d'études des Amériques. Ancien président de l'Association internationale d'études québécoises et lauréat du Prix international du Gouverneur général du Canada, ses recherches portent notamment sur l'immigration belge au Canada et sur l'histoire du tourisme.

  • Le 20 janvier, comme tous les quatre ans, le président nouvel­lement élu des États-Unis d'Amérique prendra (ou reprendra) les rênes du pouvoir. Or la conquête de la Maison-Blanche est une saga qui s'étire sur de longs mois, qui absorbe des sommes astronomiques et qui remue les eaux saumâtres du passé des candidats et de leur famille. Elle est désormais suivie, un peu à la manière des Hunger Games, comme une série télévisée où seul le candidat le plus rusé, le plus connecté, le plus nanti ou le plus agressif survivra.

    2020 est une année exceptionnelle à plus d'un titre. À la tête de la Maison-Blanche, un homme prêt à tout pour conserver son siège dans le bureau ovale, qui est parvenu à lui seul à redéfinir la manière dont on pense la présidence, la façon dont les États-Unis se positionnent dans le monde, et les termes du débat politique dans le pays. Face à lui, une société frappée par des événements bouleversants, qui doit se repenser sur fond de polarisation extrême. Et la démocratie américaine, qui fait face, comme elle semble le faire une fois par siècle, à des défis sans précédent.

    Élisabeth Vallet est professeure au Collège militaire royal de Saint-Jean et directrice de l'Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand. Elle est aussi associée au Département de géographie de l'UQAM et au groupe d'études des frontières de l'Université de Victoria. Elle est chroniqueuse au Devoir et à Radio-Canada et a reçu le Richard Morrill Public Outreach Award 2017 de l'Association des géographes américains.

  • Revue littoral v.12

    Collectif

    Ce numéro fait une large place à l'écriture innue. Que l'on pense aux premiers textes autochtones publiés en Europe au xviie siècle, ce dont Pierre Rouxel nous entretient dans son article sur les prières en montagnais, aux rituels quasi chamaniques décrits par Arthur Lamothe dans son texte « Scapulomancie » ou encore aux troublants souvenirs de Jules Bacon qui évoque son arrivée au pensionnat de Malioténam.
    Des voix actuelles s'élèvent pour dire, nommer ou proclamer la culture innue, ce qui est au centre des articles sur Natasha Kanapé-Fontaine, signé par Myriam St-Gelais, ou sur Manon Nolin, lue par Nathalène Armand. Bien que les voix de femmes innues semblent s'imposer, on pourra par ailleurs lire dans la section « Inédits » les mots de Marco Boudreault, dont les origines autochtones inspirent une prise de parole originale et une quête d'identité affirmée.
    La Côte-Nord ouvrière n'est pas en reste. L'univers minier d'une ville qui rappelle Gagnon est au centre du compte rendu de la pièce Fire Lake, ville minière, 1986 par Julie Gagné. De son côté, Erika Soucy, qui s'est inspirée de la vie de chantier des hommes de sa famille pour son recueil et son roman, fait l'objet d'un compte rendu critique dans la section « Dossiers ».
    Emmanuelle Roy livre une nouvelle inédite où exil, famille, chasse, souvenirs et Côte-Nord s'entremêlent pour nous rappeler la subsistance des racines, même si elles ont pris dans une terre bien peu fertile.
    En outre, le fidèle Jean Désy, qui fait la une de ce numéro, présente, dans un touchant récit aux allures de journal, une partie de son quotidien de médecin du Nord.
    Enfin, les amateurs du poète de la Minganie Roland Jomphe, dont on souligne les cent ans de sa naissance, pourront lire dans la section « inédits » certains de ses textes jamais publiés, alors que ceux qui veulent en apprendre plus sur lui découvriront les étapes et les détails de sa venue à l'écriture dans un texte signé par notre précieux collaborateur Guy Côté.

  • Édité et annoté par Mourad Djebabla-Brun
    De Québec aux rives du Rhin, en ­Allemagne, Joseph Alphonse ­Couture, jeune enrôlé volontaire du 22e ­Bataillon, dresse un portrait complet, calepin et crayon à la main, de ce qu'a été l'expérience d'un soldat canadien de la Première Guerre mondiale. Dans ses journaux, il raconte avec beaucoup de détails son recrutement et sa formation au Canada, sa traversée de l'Atlantique, les années de souffrance au front et dans les tranchées, puis la joie de la fin de la guerre et la hâte du retour au Canada et à la vie civile.
    «Nous sommes tous à bord depuis quelques instants et nous devons partir à 5 heures pm. Beaucoup de monde sur le quai pour nous dire un bon voyage []. Que de pleurs, de scènes déchirantes à voir»
    L'exceptionnelle richesse de ce témoignage en fait un ouvrage de référence pour les lecteurs voulant découvrir la guerre de 1914-1918 par le vécu et les émotions d'un jeune combattant du Québec.

    Mourad Djebabla-Brun est historien et professeur au Collège militaire royal de Saint-Jean. Il se spécialise dans l'étude de la mobilisation de la population civile canadienne pour l'effort de guerre du Canada durant la Première Guerre mondiale. En plus d'articles parus dans des revues canadiennes et européennes de recherche en histoire, il a publié les livres Se souvenir de la Grande Guerre. La mémoire plurielle de 14-18 au Québec (VLB, 2004) et Combattre avec les vivres. L'effort de guerre alimentaire canadien en 1914-1918 (Septentrion, 2015).

  • Raymonde Beaudoin a vécu une année dans un camp de bûcherons avec ses parents. Sa mère, Colette St-Georges, a toujours été fière de parler de son travail comme cook. C'est la tête haute qu'elle affirmait avoir cuisiné quotidiennement une tarte par homme, en plus des galettes et des gâteaux. Celles et ceux qui relevaient le défi de nourrir tous les jours une cinquantaine d'hommes héritaient d'une lourde tâche: les garder en bonne santé et leur offrir une cuisine roborative et goûteuse.

    Les recettes manuscrites de sa grand-mère et de sa mère, ramassées d'un camp à l'autre, d'une génération à l'autre et d'une famille à l'autre, s'avèrent révélatrices d'une véritable tradition culinaire. Ces recettes du terroir québécois sont faciles à réaliser et demandent peu d'ingrédients. Agrémenté de commentaires, d'anecdotes et de photos d'archives inédites, cet ouvrage est plus qu'un livre de cuisine. L'auteure y offre une incursion culinaire dans le temps et y invite le lecteur à s'attabler avec les bûcherons pour partager leur repas.

    Originaire de Sainte-Émélie-de-l'Énergie, Raymonde Beaudoin est passionnée par la musique et le théâtre. En 1983, elle a créé avec ses parents un spectacle sur la vie dans les chantiers. Après une carrière comme enseignante dans les écoles secondaires, elle a publié La Vie dans les camps de bûcherons au temps de la pitoune publié au Septentrion en 2016, qui s'est mérité le Prix patrimoine des Grands Prix Desjardins de la culture de Lanaudière.

  • Combien de Québécois ont décou­vert, grâce à l'écrivain Henri Vernes, le plaisir de lire en dévorant les aventures de Bob Morane? Cela, ils le doivent en partie à Dimitri Kasan, diffuseur des ­Éditions Marabout au Québec de 1951 à 1973. Il a persuadé le hockeyeur Jean ­Béliveau de devenir porte-parole de ­Marabout et a convaincu Henri Vernes de visiter les chantiers hydro­électriques en construction pour y camper l'intrigue de Terreur à la ­Manicouagan. À la fois ­pédagogue et stratège en marketing, il a révolutionné le marché du livre de poche par ses démarches innovantes.
    Ce livre fait un tour d'horizon des publications-phares des Éditions Marabout dans les années 1950-1960 et permet ainsi de comprendre pourquoi Bob Morane et les autres livres à succès du célèbre éditeur belge ont autant conquis le coeur des Québécois.

    Jacques Hellemans est bibliothécaire à l'Université libre de Bruxelles et spécialiste de l'histoire du livre et de l'édition. Il est actif dans le domaine de la coopération bibliothéconomique internationale et a effectué de nombreuses missions en Afrique. Il est également collaborateur scientifique au Centre d'études nord-américaines et au Centre de l'édition et de l'imprimé contemporains.

  • Cet ouvrage livre un témoignage unique sur l'antisémitisme québécois des années 1930. La matière qu'on y trouve est non seulement très complète et équilibrée, mais elle est en plus livrée par un Juif pour un auditoire communautaire et dans une langue imperméable aux regards des goyim. L'ouvrage de Medresh livre sous ce rapport plusieurs éléments inédits et offre, en quelques dizaines de pages, une synthèse originale de l'impact des mouvements anti-juifs sur la communauté juive montréalaise. Plus encore, Medresh nous explique dans son ouvrage de 1964 lesquels, parmi les courants hostiles aux Juifs avaient été considérés au cours des années 1930 comme les plus menaçants et de quelle source ils tiraient leur inspiration.

  • À un Québec qui change, Jocelyn Létourneau propose ici un récit d'histoire au scénario changé. Qui pense la condition québécoise en la sortant de sa mémoire tragique et de sa culture de la séparation. Qui met l'accent sur les adaptations et actualisations d'une société plutôt que sur ses détournements et empêchements. Qui voit les oscil­la­tions québécoises non pas à l'origine d'une succession d'inhibitions nationales, mais comme un mode d'évolution par lequel une collectivité n'a cessé de passer à l'avenir.

    On lira cet ouvrage comme une tentative de cadrer le parcours historique du Québec en dehors des mythistoires et du schéma narratif qui accueillent et charpentent habituellement son déroulement. On le considérera aussi comme un essai visant à poser les bases d'une nouvelle référence historiale, si ce n'est mémorielle, pour les Québécois d'aujourd'hui, vecteurs de leur revitalisation identitaire en cours.


    Et si cet ouvrage constituait le point de départ d'une histoire décomplexée, voire décolonisée, de l'expérience québécoise dans le temps? Histoire non pas fondée sur l'axiome mélancolique d'une nation empêchée d'être et inaccomplie, en état continuel de survivance et de résistance, mais sur l'évidence d'une collectivité assurée et confiante, en état d'édification et d'élévation depuis longtemps?

    Jocelyn Létourneau est chercheur au CÉLAT et professeur à ­l'Université Laval. Pour sa contribution aux sciences humaines, il a reçu en 2018 le prix André-Laurendeau de l'ACFAS. En 2019-2020, à l'Université Yale, il a occupé la Chaire Fulbright du Canada sur l'étude des territorialités nationales et inter­nationales. Il y a aussi occupé le poste de Visiting Bicentennial Professor of Canadian Studies.

  • Saviez-vous que Gustave Eiffel avait soumis un projet pour la construction d'un pont à Québec? Que Von Ribbentrop, qui deviendra plus tard ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich, a travaillé comme manoeuvre sur le pont en 1912? Que des wagons de l'Eurotunnel y sont passés de justesse? Est-il vrai que le jonc des ingénieurs du Québec est fabriqué avec l'acier provenant des débris de la première chute du pont?
    Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis plus de 50 ans. Il a recueilli plus d'une centaine de faits inusités en lien avec cette emblématique merveille d'ingénierie qui possède une histoire riche en curiosités et en anecdotes. C'est aussi l'occasion de présenter des personnages qui ont été des témoins privilégiés ou même des acteurs de premier plan de cette histoire.

    Directeur d'école à la retraite, Michel L'Hébreux s'intéresse au pont de Québec depuis son enfance. En plus d'écrire l'histoire fascinante de ce pont exceptionnel, il a donné plus de 2 000 conférences sur le sujet. Il a reçu plusieurs prix et distinctions et son travail a été reconnu à l'échelle nationale pour sa contribution à l'histoire du génie civil au Canada.

  • Sis sur les rives des Grands Lacs et du Mississippi, le Pays d'en Haut est né au XVIIe siècle de la circulation et de l'implantation, parmi plusieurs dizaines de milliers d'Amérindiens, de quelques centaines de coureurs de bois, militaires et missionnaires français. On ne peut pas comprendre l'histoire de la Nouvelle-France sans tenir compte de cette rencontre, source de multiples formes d'échange, de métissage et d'interdépendance. L'ouvrage, dont l'approche repose à la fois sur l'histoire, l'anthropologie et la géographie, examine simultanément l'influence de l'empire français au coeur du pays indien et l'adaptation des colons aux sociétés autochtones. Il renouvelle ainsi notre compréhension de la construction des empires coloniaux, envisagée ici sous l'angle des relations interculturelles. Cette seconde édition d'Empire et métissages (prix Jean-Charles-Falardeau 2004) propose une version légèrement remaniée et est agrémentée d'une préface inédite.

    Gilles Havard, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), est spécialiste de l'histoire des relations entre Européens et Amérindiens en Amérique du Nord (XVIe-XIXe siècle). Il est notamment l'auteur d'Histoire des coureurs de bois. Amérique du Nord, 1600-1840 (Indes savantes, 2016) et le coauteur d'Histoire de l'Amérique française (Flammarion, 4e édition, 2014).

  • Les pêcheurs de la France atlantique ont alimenté une population aussi nombreuse que mobile qui exploitait les richesses du Nouveau Monde. Ces visiteurs saisonniers ont pendant le XVIe siècle défriché avec ardeur les hauts bancs du golfe du Saint-Laurent ou bien dressé des installations sommaires sur les côtes de la colonie. Leurs navires s'en retournaient chargés de morues, d'huile de baleine et même de fourrures. Leurs fils les ont suivis et commencèrent à s'installer en Amérique. Parmi ces premiers exploitants, les Basques ont marqué l'imagination de nos contemporains. On les a vus comme d'intrépides gueules d'embrun. On les a imaginés en hardis marins sillonnant les mers sur des coquilles de noix, en audacieux baleiniers qui s'en prenaient à des cétacés des centaines de fois plus gros qu'eux, en de farouches corsaires qui harcelaient les équipages étrangers, mais la vérité se veut plus nuancée. Ce livre témoigne des grandes activités économiques qui les ont amenés et retenus en Amérique. Il veut aussi montrer la richesse et la diversité de cette expérience en Nouvelle-France.

    Historien intéressé au domaine maritime canadien, Mario Mimeault a participé à de nombreuses émissions de télévision portant sur le sujet et publié des articles dans des revues scientifiques ou de vulgarisation. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et monographies, dont quelques biographies d'entrepreneurs en pêche du XIXe siècle et de l'Histoire de la Gaspésie en bref. En 2000, on lui décernait le Prix du Gouverneur général du Canada pour l'excellence en enseignement de l'histoire canadienne. Il termine actuellement un doctorat en histoire à l'Université Laval.

  • Depuis toujours le pôle Nord fascine. Territoire hostile, ce nest quau xxe siècle que les explorateurs atteindront cette destination mythique. Et pourtant, en 1595, le génial cartographe flamand Gérard Mercator publie, dans son atlas mondial, une planche

  • En flânant dans les ports et aux abords des navires, en marchandant avec un négociant en vins, en s'attablant dans un cabaret aux côtés d'ouvriers, en s'immisçant dans une soirée de la noblesse coloniale, en visitant un village amérindien, Catherine Ferland reconstitue toute la chaîne de consommation de l'alcool en Nouvelle-France. Elle aborde la production et l'importation des boissons alcooliques, la manière dont elles se distribuent géographiquement et socialement dans la colonie et termine par l'ivresse. Que peut-on retenir de cette incursion dans les XVIIe et XVIIIe siècles canadiens? Quelles sont les continuités dans les manières de boire, de France à Nouvelle-France?

    «Bacchus en Canada s'avère une contribution marquante et extrêmement originale aux connaissances dans le domaine. À partir d'un très large corpus de sources manuscrites, imprimées et matérielles, et s'inspirant des travaux d'anthropologues et d'historiens américains et français, Catherine Ferland livre une histoire interculturelle, c'est-à-dire une histoire qui permet de suivre le parcours de cette substance psychotrope d'une culture à une autre. Cet ouvrage novateur marquera autant l'historiographie de la Nouvelle-France que celle du monde atlantique français et l'ethnohistoire nord-américaine.» Laurier Turgeon Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique Directeur de l'Institut du patrimoine culturel. CELAT, Université Laval Catherine Ferland est historienne, professeure associée au Département d'histoire de l'Université de Sherbrooke et membre de l'équipe de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française. Elle a notamment dirigé l'ouvrage collectif Tabac et fumées. Regards multidisciplinaires et indisciplinés sur le tabagisme, XVe-XXe siècles (Presses de l'Université Laval, 2007) et a traduit un ouvrage marquant de David T. Courtwright, paru en français sous le titre De passion à poison. Les drogues et la construction du monde moderne (Presses de l'Université Laval, 2008).

  • La Conquête de 1760 a été perçue comme une catastrophe par les uns ou comme un bienfait providentiel par les autres. Gaston Deschênes et Denis Vaugeois ont eu l'idée de vérifier comment des gens de toutes conditions avaient vécu cette période. Une trentaine de collaborateurs se sont attelés à la tâche afin de rédiger de courtes biographies de personnages nés avant le début de la guerre de Sept Ans et morts après son dénouement.
    Cette fois, le lecteur n'est pas en face d'une histoire théorique et abstraite, mais en présence de vrai monde tel que Madame Péan, la maîtresse de Bigot, Marguerite d'Youville, fondatrice de l'Hôpital général de Montréal, Noël Voyer, un forgeron qui a su s'enrichir en profitant de cette période trouble. On y découvre aussi le parcours de militaires, de cuisiniers, de religieuses et religieux, d'Amérindiens, de captives, de veuves fort débrouillardes, de médecins, de nobles, de marchands, d'aventuriers, de voyageurs, etc. L'ensemble du tableau est passionnant.
    Denis Vaugeois est historien. Il partage son temps entre l'édition et la recherche. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Mesure d'un continent et Les Premiers Juifs d'Amérique.
    Né à Saint-Jean-Port-Joli, Gaston Deschênes est titulaire d'une maîtrise en histoire de l'Université Laval. Il a publié de nombreux ouvrages dont Le Parlement de Québec et L'Année des Anglais.
    Avec la collaboration de Yvon Desloges, Marcel Fournier, Fernand Grenier, Madeleine Juneau, Jacques Lacoursière, Jonathan Lainey, Robert Larin, Jean-Marie Lebel, Rénald Lessard, Raymonde Litalien, Jacques Mathieu, Mario Mimeault, Thomas Peace, Liliane Plamondon, Hélène Quimper, François Roy, Serge-Patrice Thibodeau, Auguste Vachon, Laurent Veyssière.

  • Publié en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


    Cette version de l'atlas est une réimpression à un format légèrement réduit (9,5 x 11,5), avec une reliure cousue et présentée sous une couverture caisse enchemisée. Le doré a été remplacé par une équivalence couleur tandis qu'un nouveau papier a été retenu. L'entièreté des textes et des illustrations sont repris dans ce volume.

    En mars 1493, Christophe Colomb rentre d'un long voyage, persuadé d'avoir touché les Indes. Pour atteindre l'Orient et ses trésors, il a fait le pari de traverser l'Atlantique. En réalité, il s'est heurté à un obstacle de taille, un immense continent qui lui barre la route de la soie et des épices. Des cartographes français le baptisent America. C'est le début de grandes explorations.

    À la recherche d'un passage vers l'Ouest, coureurs des bois, missionnaires, militaires, navigateurs et autres scientifiques en explorent les confins. Ils sillonnent les rivières, franchissent les portages, gravissent les montagnes et parcourent les plaines. Ils dessinent et cartographient le territoire en même temps qu'ils présentent et racontent ses habitants. Ils découvrent au passage les richesses de ces terres. Avec le poisson, le castor, le bois, les métaux précieux, de passage, le continent se fait habitat. Il faudra attendre 1793, soit trois siècles après Colomb, pour qu'Alexander Mackenzie puisse inscrire sur un rocher face à l'océan Pacifique : « from Canada by Land ». Mais la route qu'il a suivie est impraticable. Dix ans plus tard, ce sont les Américains Lewis et Clark qui réussissent une autre traversée du continent, en passant du Missouri au Columbia, deux majestueux cours d'eau hélas séparés par d'immenses chaînes de montagne.

    En 1814, chacun de leur côté, William Clark et le Canadien David Thompson feront sous forme de carte la synthèse des connaissances accumulées. La voie navigable tant recherchée n'existe pas. Il y a bien le passage du Nord-Ouest, depuis peu ouvert quelques semaines par année, qui permet de contourner l'Amérique et qui devient actuellement un enjeu international. Mais c'est une autre histoire.

    Pour l'instant, la parole est à ceux, Blancs et Indiens, qui ont marché, exploré et cartographié l'Amérique. oeuvres d'art, oeuvres de sciences, mais aussi pièces stratégiques d'un échiquier mondial, les cartes géographiques qu'ils nous ont laissées sont d'irremplaçables témoins de cette quête de savoir. Elles tracent une nouvelle histoire de l'Amérique du Nord, nous permettant de prendre la mesure d'un continent.

  • L'alimentation en Nouvelle-France varie au gré des couches sociales, des saisons, du climat et des prescriptions religieuses et change avec l'amélioration des techniques agricoles. Prêts à emprunter aux Autochtones des ingrédients qui assurent leur survie, les colons français s'empresseront, aussitôt leur modèle culturel alimentaire bien implanté, de rejeter ces aliments. Plus tard, au contact des Britanniques et des loyalistes, les «Canadiens» connaîtront de nouveaux goûts et adopteront de nouveaux produits. Bref, l'alimentation coloniale évolue, de sorte qu'on assiste à la naissance non pas d'une alimentation traditionnelle, mais de traditions alimentaires.

    En complément de cette histoire, Yvon Desloges vous invite à plusieurs tables où vous pourrez découvrir et déguster des plats quotidiens ou extraordinaires: à la table du paysan, dans le sillage du missionnaire et du voyageur, chez les religieuses, chez le cuisinier du gouverneur français, chez le marchand, chez l'aubergiste, chez le cabaretier et chez l'administrateur britannique.

    Yvon Desloges est historien retraité de Parcs Canada. Diplômé de l'Université Laval, il a travaillé à l'histoire du canal de Lachine pendant plusieurs années et a coécrit, avec Alain Gelly, le livre Le Canal de Lachine: du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain (Septentrion, 2002). Historien polyvalent, il compte plusieurs publications sur l'histoire de l'alimentation, sur les fortifications et sur la ville de Québec.

  • « L´air qui nourrit les Sauvages, leur exemple, ces déserts immenses, tout inspire,tout offre l´indépendance », écrit Bougainville en janvier 1759. Et ces Sauvages,comme il les appelle, ont déteint sur les Canadiens qualifiés de «peuple le plus indocileet le plus indépendant ». Ils ont inspiré aussi un nouvel art de faire la guerre. « Ils [lesCanadiens] sont braves, leur genre de courage, ainsi que [celui] des Sauvages, est des´exposer plus, de faire des embuscades ; ils sont fort bons dans les bois, adroits à tirer[...] Il faut convenir que les Sauvages leur sont supérieurs dans ce genre de combat,et c´est l´affection qu´ils nous portent qui jusqu´à présent a conservé le Canada ».Bougainville a compris l´importance des alliances franco-indiennes, mais il réaliseaussi que la cruauté des Indiens et la terreur qu´ils font régner en Nouvelle-Angleterresont en soi des motifs pour les Anglo-Américains de chercher à vaincre le Canada afinde jouir à jamais des douceurs de la paix. À titre d´aide de camp de Montcalm, Bougainville est en excellente situation pourtout savoir, tout voir. Il raconte avec finesse, parfois avec malice. Du tout puissantBigot, il dira qu´il est «homme d´esprit, travailleur [...] qui s´occupe bien de ses amiset de leur fortune. Je crois qu´il retournera en France riche », ne peut-il s´empêcher delaisser tomber, ajoutant toutefois «mais il sert bien le Roi ». Montcalm sera passablementmoins indulgent à l´endroit de Bigot !La présente édition reprend les Mémoires publiés dans le Rapport de l´archivistede la Province de Québec pour 1923-1924 et qui sont attribués à Bougainville. Aujournal de l´expédition d´Amérique ont été ajoutées une note sur la mort de Montcalmet une autre par laquelle Bougainville relate sa mission auprèsdu ministre Berryer, « ce ministre qui aimait les paraboles »,et qui aurait lancé, rapporte-t-il, «qu´on ne cherchait pointà sauver les écuries quand le feu était à la maison ». Viennentenfin une vingtaine de lettres écrites entre mars1756 et septembre 1759.Outre une carte générale du nord de la Nouvelle-France, un index détaillé permet de mieux exploiter larichesse d´informations des Écrits sur le Canada deBougainville.

  • «Des dizaines d'Iroquois pénètrent dans le fort, tous sur le qui-vive. Ils se dispersent par groupes de dix ou quinze pour inspecter les lieux. Aucun ne trouve de Français, ni la moindre trace de leur passage. Les canots ont disparu, comme envolés. Les Français se sont en apparence volatilisés. Comment ont-ils fait? Par où sont-ils passés?»Grâce à son excellente connaissance de la culture iroquoise, Radisson est recruté par les jésuites pour les aider à mener à bien leur nouvelle mission d'évangélisation en Nouvelle-France. Mais rien ne se passe comme prévu. Radisson devra faire preuve d'astuce et de ruse pour déjouer le mauvais sort qui guette les Français vivant en territoire hostile.Dans cette deuxième aventure du célèbre coureur des bois, le lecteur retrouvera l'ardeur, la détermination et la débrouillardise du jeune héros, animé par la plume habile de Martin Fournier.Spécialiste de la Nouvelle-France, Martin Fournier a enseigné l'histoire à l'Université du Québec à Rimouski. Il coordonne depuis 2007 la réalisation de l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, un important ouvrage multimédia diffusé sur Internet. Il a publié plusieurs essais historiques aux éditions du Septentrion.

  • «À peu de distance, assis sur le tronc d'un arbre déraciné, le lièvre nous regarde. Un copain décoche une flèche qui projette l'animal derrière l'arbre. Craintive, ma soeur s'approche de l'arbre mort, se penche et fait signe que non! Voilà le lièvre qui réapparaît, tout près de nous. Nous avons échangé un regard et avons plongé à l'unisson. Mais nos mains se sont refermées sur le vide! [] Ma mère a écouté notre récit en classant des piquants de porc-épic fraîchement teints dans une boîte en os. Elle réfléchit longuement et dit d'un ton sérieux: C'est Matigoué, le lièvre joueur de tours. L'oiseau, c'était aussi Matigoué. Pour l'attraper, il faudra vous montrer plus rusés que lui.»
    Onze nations amérindiennes vivent tout près de nous dans la forêt, près d'une rivière ou d'une montagne. Vous découvrirez, à travers des personnages attachants et des histoires amusantes, les moeurs et coutumes de ces Premières Nations.
    Yvon Codère est né en 1959 à Sherbrooke. Il a obtenu une maîtrise en archéologie à l'Université de Montréal en 1992. Il a mis sur pied le Centre de référence lithique du Québec et a également fondé Archéoanima, une entreprise qui avait pour mission de présenter la culture amérindienne aux enfants. C'est au contact de milliers de jeunes qu'il a été en mesure de constater la fascination qu'exerce sur eux l'aventure amérindienne.

empty