Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • L'écran de la mémoire, c'est ce fond obscur sur lequel un personnage de Claude Simon voit défiler les images du souvenir ; mais c'est aussi cette barrière qui s'interpose entre toute parole sur un film et ce film lui-même, dont le critique ne parlera jamais qu'à distance, une fois éteinte sa vision. De cette distance, l'auteur a voulu montrer qu'elle est constitutive du discours cinématographique. A travers les différents films évoqués ici, et leurs écritures diverses apparaissent les étapes d'une même conclusion : toute création cinématographique se mesure à l'écart qui s'établit entre les perceptions immédiatement offertes et leur signification longuement élaborée dans les intervalles et les silences. Par sa mémoire des images et des sons, le spectateur participe à leur confrontation, d'où naît, au terme du parcours, la forme ultime, mais absente, du récit En ce discours indirect, conquis contre l'orientation naturelle des techniques qui le fondent, le cinéma s'affirme ainsi comme un art où le visible, pour exister, doit d'abord s'effacer. Faut-il alors s'étonner que, dans bien des films dont il est question, paroles et visions semblent émerger de la nuit, comme passées au crible par un narrateur qui dresse l'écran de sa mémoire entre ce que nous percevons et ce qu'en fait il nous dit ? Aussi ces pages représentent-elles moins le souvenir des films que leurs traces, car seules ces traces, une fois reconstituées, permettent de remonter à l'origine du souvenir, - celui, quel qu'il soit, qui parlait dans une oeuvre.

  • La psychanalyse, chacun le sait, sert à guérir le névroses et autres troubles du caractère. Mais avant tout elle est méthode d'investigation. Longtemps elle crut étudier et guérir l'homme "seul" Mais l'homme seul n'existe pas. Ce que la psychanalyse étudie et modifie, ce sont les empreintes innombrable qu'ont laissées dans l'homme ses premiers rapports avec les parents et, à travers eux, avec la société. Après soixante-dix ans d'expérience psychanalytique, on découvre en celle-ci une "pensée engagée". Ainsi, côté de l'orthodoxie psychanalytique ou au sein de celle-ci, se dessinent des tendances "anthropologiques", "personnalistes", etc. Justement, Igor Caruso, chef d'une nouvelle école viennoise, se réclame de la pensée personnaliste. Il constate que, tout comme le marxisme, la psychanalyse veut libérer l'homme en lui faisant prendre conscience de ses aliénations. Tout comme le marxisme également elle prétend faire de l'homme l'artisan de son histoire en étudiant les conditions dans lesquelles il a été objet de "réification". Igor Caruso ne prétend pas présenter un nouveau système ; les études réunies dans ce volume témoignent de différentes étapes du développement de sa pensée et même de quelques contradictions dont l'auteur est conscient. Le but de cet essai est de poser de nouvelles questions dans la perspective, ouverte au dialogue ; d'une psychanalyse centrée sur la personne et ses rapports dialectiques avec le monde.

  • Les hôpitaux psychiatriques recèlent un fonds de malades réputés incurables, qu'on renonce à soigner et qu'on cherche à cacher. Tant qu'il en sera ainsi, disent dans leur préface les Drs René Diatkine et René Angelergues, l'hôpital psychiatrique restera un lieu d'exclusion. Un groupe de soignants de l'Eau Vive, près de Paris, a relevé le défi en créant une unité spécialisée qui a pris en charge une quinzaine de ces arriérés profonds adultes. Ce livre est le récit qu'ils font de la reconquête patiente de ces êtres abandonnés. Ils ne cachent pas les secousses affectives, les traumatismes que leur infligent ces malades exceptionnels dont la demande est harassante et dont le comportement ébranle le plus profond d'eux-mêmes. Mais ils s'accrochent, et, à force d'attention, d'invention, de réflexion, quelque chose va bouger. En chacun ils ont cherché la personne et petit à petit elle se manifeste. L'un apprend à manger tout seul ; un autre commence à parler ; un autre criera pour la première fois « Maman ! » en voyant sa mère... C'est le début d'une victoire. On mesurera ce qu'il fallut de patience et de générosité pour en arriver là en lisant ce récit bouleversant d'une première tentative pour reconquérir le fragment le plus abîmé de l'humanité.

  • Le sous-lieutenant parachutiste Émile Mus, est mort en Algérie, le 21 juillet 1960, de blessures reçues au combat. Les lettres qu'il écrivit à ses parents pendant qu'il servait dans l'armée, son père les édite et les commente. Ces lettres n'étaient pas destinées à être publiées ou à porter un témoignage ; elles constituent un document d'autant plus révélateur. Paul Mus en explique le langage, l'environnement, les incidences liant l'aventure d'un combattant exemplaire au drame de l'Algérie déchirée, au destin de la France et des pays sous-développés, à cette forme de guerre "révolutionnaire" où l'homme se révèle et se marque... Le sang versé a déjà trop servi aux propagandistes. Ici, un père, dont le fils est tombé, parle des "adversaires" mais pour nous les donner à comprendre. A cette "heure des vérités", la guerre débouchera-t-elle sur la communication des cultures, sur cette réciprocité généreuse dont ce livre donne l'exemple ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • La justice ne prête plus à rire ; elle inquiète, et souvent elle fait peur, comme la police, avec laquelle elle forme un système obscur, aux liens mal connus. Lui-même magistrat, Casamayor démonte pour nous cet appareil répressif et nous informe sur le rôle des policiers, des indicateurs et des juges, mais aussi des avocats, journalistes et administrateurs qui participent à leur manière à son fonctionnement. Casamayor raconte et explique. A la lumière de son analyse "sans haine et sans crainte", le mystérieux "appareil" s'éclaircit et s'humanise.

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