Seuil

  • Les hôpitaux psychiatriques recèlent un fonds de malades réputés incurables, qu'on renonce à soigner et qu'on cherche à cacher. Tant qu'il en sera ainsi, disent dans leur préface les Drs René Diatkine et René Angelergues, l'hôpital psychiatrique restera un lieu d'exclusion. Un groupe de soignants de l'Eau Vive, près de Paris, a relevé le défi en créant une unité spécialisée qui a pris en charge une quinzaine de ces arriérés profonds adultes. Ce livre est le récit qu'ils font de la reconquête patiente de ces êtres abandonnés. Ils ne cachent pas les secousses affectives, les traumatismes que leur infligent ces malades exceptionnels dont la demande est harassante et dont le comportement ébranle le plus profond d'eux-mêmes. Mais ils s'accrochent, et, à force d'attention, d'invention, de réflexion, quelque chose va bouger. En chacun ils ont cherché la personne et petit à petit elle se manifeste. L'un apprend à manger tout seul ; un autre commence à parler ; un autre criera pour la première fois « Maman ! » en voyant sa mère... C'est le début d'une victoire. On mesurera ce qu'il fallut de patience et de générosité pour en arriver là en lisant ce récit bouleversant d'une première tentative pour reconquérir le fragment le plus abîmé de l'humanité.

  • Faut-il voir dans l'explosion de Mai 68 un psychodrame, un mime de la révolution, ou bien l'annonce d'une ère nouvelle ? L'auteur et son équipe ont voulu se placer au coeur de cette problématique de l'imaginaire ; des rôles, des situations ont été « joués », mais ce jeu révèle un nouveau mode d'action où se projette une image sociale que la réalisation relaye et relance dans une sorte d'explosion en chaîne. On ne peut davantage séparer le politique et le culturel que le réel et l'imaginaire. L'individu cherche la « retotalisation », la libération, la communication dans le brouillage des pistes anciennes (« détournement », « collage », etc.) et dans l'anticipation instantanée du bonheur utopique. Dans ce livre, acteurs et observateurs prennent successivement la parole avant qu'intervienne le sociologue, qui réfléchit, questionne, et relie ces nouveaux phénomènes à des mouvements culturels dont la signification s'éclaire aujourd'hui : Dada et le surréalisme qui proclament le droit de l'imaginaire à devenir la réalité quotidienne, le free jazz, qui allie la spontanéité inventive à la protestation politique, le cinéma de Godard et le Living Theatre, qui mêlent vie, culture et politique en un seul et même spectacle que les spectateurs sont conviés à compléter. Dans cette perspective on comprend que ce qui échoue comme révolution politique peut devenir culture - au sens le plus large du mot : mentalités et relations nouvelles, vie inventée, vie changée.

  • Qu'attendre de l'Afrique noire ? René Dumont a dit qu'elle était mal partie. Albert Meister se demande si elle peut partir, du moins avant longtemps. Trois pays de l'Afrique orientale colonisés par la Grande-Bretagne : Kenya, Ouganda, Tanganyika, lui ont fourni la matière d'une étude approfondie et de conclusions sévères qui s'étendent souvent à l'ensemble de l'Afrique noire. L'avènement de l'indépendance n'a pas vraiment transformé les structures, et les moeurs des pays développés, propagées par une nouvelle culture internationale, se combinent avec les résistances de la société traditionnelle pour paralyser les tentatives de développement. On parle de « socialisme africain », mais est-ce autre chose qu'un alibi pour éluder les nécessités de l'évolution ? Et les « nouveaux missionnaires » de la coopération, n'arrivent-ils pas trop tard, - ou trop tôt ? En lisant cette enquête impitoyable, on se demande parfois si l'Afrique n'est pas un continent perdu. Son salut n'est concevable que dans la voie d'un socialisme dur et pur, au-delà d'une modernisation inéluctable. Il faudra encore des années de pauvreté et de secousses politiques avant que l'Afrique arrive au stade où se trouve actuellement l'Amérique latine : au seuil de sa révolution. L'auteur a pensé que si l'on pouvait faire peu de choses aujourd'hui pour l'Afrique, on lui devait en tout cas la franchise. Son analyse, si rude soit-elle, est axée sur ce « lointain demain où l'Afrique noire pourra réellement partir ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Le sous-lieutenant parachutiste Émile Mus, est mort en Algérie, le 21 juillet 1960, de blessures reçues au combat. Les lettres qu'il écrivit à ses parents pendant qu'il servait dans l'armée, son père les édite et les commente. Ces lettres n'étaient pas destinées à être publiées ou à porter un témoignage ; elles constituent un document d'autant plus révélateur. Paul Mus en explique le langage, l'environnement, les incidences liant l'aventure d'un combattant exemplaire au drame de l'Algérie déchirée, au destin de la France et des pays sous-développés, à cette forme de guerre "révolutionnaire" où l'homme se révèle et se marque... Le sang versé a déjà trop servi aux propagandistes. Ici, un père, dont le fils est tombé, parle des "adversaires" mais pour nous les donner à comprendre. A cette "heure des vérités", la guerre débouchera-t-elle sur la communication des cultures, sur cette réciprocité généreuse dont ce livre donne l'exemple ?

  • "Faire monter le niveau de l'humanité... j'étais payé pour ça." C'est le proviseur d'un lycée qui parle ; il a décidé d'y changer l'ordre des choses, car le "normal, c'est la liberté". Un jour, donc, le proviseur propose un cessez-le-feu général : fin de la discipline répressive, mais aussi du chahut et des brimades ; le nouveau lycée reposera sur l'adhésion et la coopération. Réunions hebdomadaires avec des responsables élus ; parrainage des petits par les grands ; développement de l'information, du sport et des loisirs culturels ; appel à l'honneur, à la responsabilité, au goût du risque et du jeu... C'est la fin du lycée de Napoléon. Hélas ! non. "La grande connivence" a duré moins de cinq ans. L'histoire de cette révolution devient l'histoire d'un échec. Une nouvelle espèce de potaches apparaît, qui ne songe qu'à exploiter le relâchement des contraintes. Le milieu, les institutions ont été les plus forts : démission des parents, veulerie ambiante, vandalisme moutonnier qui traduit un profond malaise de la jeunesse, gonflement des effectifs... et une psychologie vulgaire qui justifie tous les laisser-aller : "Je me suis fait tuer en première ligne, envoyé au massacre par une pédagogie de faiblesse qui discrédite l'effort et calomnie l'émulation." Le récit passionnant de cette révolution manquée pose le problème central de la société française : comment faire reculer l'autoritarisme et la routine ? En tout cas, ce ne sera pas par la facilité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les idéologies qui marquèrent la première moitié du XXe siècle connaissent un regain de faveur. C'est l'occasion de porter un regard neuf sur cette période passionnante de l'histoire et la pensée politique française ; ce faisant, d'y puiser peut-être une réponse aux problèmes de notre temps. L'Action française a joué un rôle considérable pendant cinquante ans et la pensée de son inspirateur, Charles Maurras, a influencé de nombreux esprits. Pourtant historiens et sociologues parviennent mal à situer l'Action française parmi les doctrines totalitaires de l'entre-deux-guerres. Par-delà le contenu "manifeste" et rationalisé que se donnait l'Action française, l'analyse des contenus "latents" propres à son système de pensée permet de mettre à jour les parentés ou les correspondances, mais aussi la distance que le mouvement maurrassien entretient avec les autres nationalismes extrémistes dont il est contemporain. Du même coup, l'étude des archétypes qui fondent une telle pensée nous éclaire sur les motifs ou la nature des "désirs" qui appellent son retour : en réhabilitant, au détriment des valeurs, la référence aux entités abstraites, aux essences, comme justification dernière de l'action politique, l'Action française apparaît aussi comme la préfiguration d'une pensée réifiée, d'une attitude qui, tout en prônant l'efficacité, préfère à l'action dans l'histoire l'agressive pureté de son idéologie.

  • L'écran de la mémoire, c'est ce fond obscur sur lequel un personnage de Claude Simon voit défiler les images du souvenir ; mais c'est aussi cette barrière qui s'interpose entre toute parole sur un film et ce film lui-même, dont le critique ne parlera jamais qu'à distance, une fois éteinte sa vision. De cette distance, l'auteur a voulu montrer qu'elle est constitutive du discours cinématographique. A travers les différents films évoqués ici, et leurs écritures diverses apparaissent les étapes d'une même conclusion : toute création cinématographique se mesure à l'écart qui s'établit entre les perceptions immédiatement offertes et leur signification longuement élaborée dans les intervalles et les silences. Par sa mémoire des images et des sons, le spectateur participe à leur confrontation, d'où naît, au terme du parcours, la forme ultime, mais absente, du récit En ce discours indirect, conquis contre l'orientation naturelle des techniques qui le fondent, le cinéma s'affirme ainsi comme un art où le visible, pour exister, doit d'abord s'effacer. Faut-il alors s'étonner que, dans bien des films dont il est question, paroles et visions semblent émerger de la nuit, comme passées au crible par un narrateur qui dresse l'écran de sa mémoire entre ce que nous percevons et ce qu'en fait il nous dit ? Aussi ces pages représentent-elles moins le souvenir des films que leurs traces, car seules ces traces, une fois reconstituées, permettent de remonter à l'origine du souvenir, - celui, quel qu'il soit, qui parlait dans une oeuvre.

  • L'action se situe dans une famille de médecins belges. Par une calme après-midi, la jeune femme du docteur devient subitement folle. Le roman étudie les différentes étapes et les mécanismes logiques de cette démence. Cependant que chaque membre de la famille bouleversée par cette catastrophe, en vient à prendre une conscience plus claire de son destin. On sait que les études du Professeur de Greeff ont porté principalement sur la vie puissante de l'instinct. Tel est le thème central de ce roman qui offre, en même temps qu'une satire des institutions dites "de charité", les portraits affrontés d'une religieuse qui cherche à dominer son propre problème, et d'une autre qui s'abandonne aux voies les plus aberrantes de de la "spiritualité".

  • Les mutineries récentes ont attiré l'attention sur des situations intolérables. Cet ouvrage vise plus loin : le système carcéral lui-même, dans ses structures et son fonctionnement. Ce n'est pas par hasard qu'il part du plus concret : la nourriture et l'excrétion. La prison est d'abord une machine à briser et à avilir les corps, et la régression anale qu'elle provoque souvent répond à sa structure sadique. La prison est aussi construite pour produire la ségrégation en chaîne (détenus - surveillants - monde extérieur) et la rétraction de l'individu cantonné dans un espace restreint et voué à la promiscuité. Comment prétendre qu'elle puisse améliorer, re-socialiser les délinquants alors qu'elle les contraint à vivre selon les valeurs les plus conventionnelles ou les plus caricaturales, - qu'elle puisse les rééduquer, les rendre autonomes alors qu'elle les pousse au conformisme et à la servilité ? La prison appartient à un monde horrible et condamné : celui de l'exclusion, - celui des camps de concentration et des asiles. Si le milieu fermé ne change pas, il finira par corrompre aussi le milieu ouvert. La réforme est illusoire. Il faut imaginer une société sans prisons.

  • La psychanalyse, chacun le sait, sert à guérir le névroses et autres troubles du caractère. Mais avant tout elle est méthode d'investigation. Longtemps elle crut étudier et guérir l'homme "seul" Mais l'homme seul n'existe pas. Ce que la psychanalyse étudie et modifie, ce sont les empreintes innombrable qu'ont laissées dans l'homme ses premiers rapports avec les parents et, à travers eux, avec la société. Après soixante-dix ans d'expérience psychanalytique, on découvre en celle-ci une "pensée engagée". Ainsi, côté de l'orthodoxie psychanalytique ou au sein de celle-ci, se dessinent des tendances "anthropologiques", "personnalistes", etc. Justement, Igor Caruso, chef d'une nouvelle école viennoise, se réclame de la pensée personnaliste. Il constate que, tout comme le marxisme, la psychanalyse veut libérer l'homme en lui faisant prendre conscience de ses aliénations. Tout comme le marxisme également elle prétend faire de l'homme l'artisan de son histoire en étudiant les conditions dans lesquelles il a été objet de "réification". Igor Caruso ne prétend pas présenter un nouveau système ; les études réunies dans ce volume témoignent de différentes étapes du développement de sa pensée et même de quelques contradictions dont l'auteur est conscient. Le but de cet essai est de poser de nouvelles questions dans la perspective, ouverte au dialogue ; d'une psychanalyse centrée sur la personne et ses rapports dialectiques avec le monde.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Comment lire, comprendre, interpréter les écrits de l'auteur des Thèses sur la philosophie de l'histoire et de L'Origine du drame baroque allemand.

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  • On commence à dresser la carte de la lune ; mais que savons-nous de notre terre ? La révolution technique a fait de l'homme un migrant ou un touriste, qui perd le contact et la connaissance de l'environnement naturel. L'"homme habitant" disparaît, et avec lui s'affaiblit l'homme citoyen, car la ville, coupée de la campagne, se déséquilibre. C'est ainsi qu'au moment où l'on parle d'aménager les régions, "se referme progressivement le grand livre instructif de la terre". M. Le Lannou, en rassemblant ses chroniques du Monde et diverses études parues en revue, a voulu nous réapprendre à lire le paysage : ce que fut, ce qu'est, ce que pourrait être la vie des hommes s'ils comprenaient le rapport qu'ils entretiennent avec leur terre. "Géographie humaine", au plein sens du mot, où convergent l'histoire, la sociologie, l'économie, la politique, et souvent aussi la littérature. A travers la description pittoresque apparaissent des tendances, des genèses, une civilisation. Le Midi méditerranéen échappera-t-il à la colonisation touristique ? La Bretagne, à la fossilisation ? Le Massif central, au désert ? En suivant M. Le Lannou dans sa promenade, nous découvrons la France profonde, et nous voyons se dessiner les tenants et les aboutissants de ce plus grand pays, l'Europe, qui ne vivra que si elle reste fidèle à ses enracinements et aux équilibres complexes de ses sols et de ses mers.

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