Histoire de l'Europe

  • Quand la République était révolutionnaireCitoyenneté et représentation en 1848L'insurrection imprévue de février 1848 a fait naître une République. Mais que recouvre exactement le mot ?Loin de s'enfermer dans des discussions savantes, cette question fait l'objet de débats publics, de manifestations et d'affrontements, en particulier dans les rues de Paris. Deux conceptions opposées de la République se constituent. D'un côté, la République modérée, défendue par la majorité du Gouvernement provisoire puis de l'Assemblée nationale, selon laquelle la République se résume dans l'élection au suffrage « universel » (les femmes en restent exclues). D'un autre côté, la République démocratique et sociale, qui rallie des membres de clubs, des ouvriers, de simples citoyens, pour lesquels la République n'a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d'assurer l'émancipation des travailleurs.L'échec de l'insurrection de juin permet le triomphe de la République modérée et des institutions du gouvernement représentatif, mais la République démocratique et sociale se maintient, comme horizon révolutionnaire, au sein du mouvement ouvrier naissant.En retrouvant les discours et les controverses sur le sens de la citoyenneté et de la représentation, cette plongée dans le printemps 1848 laisse entrevoir la possibilité d'une République émancipatrice, non advenue mais dont la puissance révolutionnaire est toujours actuelle.Samuel Hayat est docteur en science politique de l'Université Paris 8-Saint-Denis et lauréat 2012 du prix Aguirre-Basualdo en Droit et Sciences politiques de la Chancellerie des Universités de Paris. Chercheur au Conservatoire national des arts et métiers, membre des comités de rédaction des revues Tracés et Participations, ses travaux portent sur l'histoire et la théorie de la représentation politique, ainsi que sur la sociologie historique du mouvement ouvrier français.

  • Le 17 septembre 1943, une mutinerie a lieu dans une division SS à Villefranche-de-Rouergue (sud-ouest de la France). Suivant un projet de Himmler, cette division est composée en majorité de croates musulmans recrutés de force. Les révoltés tuent cinq officiers allemands, se rendent pendant quelques heures maîtres de la ville, puis sont victimes d'une répression massive. Une vingtaine d'entre eux seront exécutés sur place, les autres seront déportés dans les camps de la mort.
    Cette affaire, gênante pour toutes les parties impliquées (l'Allemagne, la Yougoslavie, la France, mais aussi l'Angleterre), a rapidement été étouffée. Après une longue enquête, les deux auteurs en proposent, à la lumière des documents issus des archives françaises, allemandes croates, bosniaques, serbes et américaines, une reconstruction surprenante. En effet, loin d'être un événement local, cette mutinerie apporte de nouveaux éclairages sur les enjeux politiques de la Seconde Guerre mondiale, dont certains connaissent, depuis la dernière guerre en ex-Yougoslavie, un regain d'actualité. A travers l'étude de cet épisode particulier, le livre montre comment s'élabore, à partir de vérités diverses et contradictoires, le récit historique, toujours remaniable.

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