Histoire du monde

  • Le Creuset français est désormais un « classique » sur l'immigration. Dans le débat passionnel que suscite ce thème, Gérard Noiriel fait entendre la voix de l'histoire et de la raison. Il propose de rendre compte de l'immigration dans son ensemble, sans s'en tenir aux seuls cas particuliers. L'immigration n'est pas un fait extérieur mais un problème interne à la société française contemporaine. Prendre au sérieux la diversité des origines de la population actuelle de la France, c'est adopter un autre point de vue sur son passé, c'est écrire autrement son histoire, en tentant d'analyser à nouveaux frais les impensés de la politique républicaine : quelle place faire à la question des « origines », au « sentiment d'appartenance » ? Quel rôle jouent le déracinement et les déracinés dans la constitution d'une société ? Quelles relations instaurer entre l'État et les individus ? Gérard Noiriel Spécialiste d'histoire sociale et d'histoire de l'immigration, il est directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales.

  • En quinze chapitres nourris des travaux les plus neufs en histoire, sociologie et sciences politiques, Ludivine Bantigny dresse un bilan éclairant des évolutions durant les quarante dernières années. Une histoire très contemporaine dont l'horizon est marqué par la mondialisation, le libéralisme économique et la conscience de crise. Quelle pertinence à réfléchir encore en termes nationaux au temps de l'apparent effacement des frontières ? De François Mitterrand à Emmanuel Macron, de la crise du creuset républicain aux conditions de travail, des genres de vie aux réflexions sur " l'omniprésent ", ce livre fait la part égale au politique, aux transformations sociales et aux imaginaires, dans un monde devenu multipolaire. Une fois refermée la page des années 1968, une époque nouvelle est née. Elle n'est pas encore close. Ce volume affronte de plein fouet les défis de la contemporanéité, avec un ton personnel et engagé.
    Ludivine Bantigny est maîtresse de conférences habilitée en histoire à l'Université de Rouen. Son travail porte sur les engagements politiques et les mouvements sociaux. Elle a notamment publié 1968. De grands soirs en petits matins (Seuil, 2018).

  • Jean-Noël Jeanneney livre un récit captivant de l'attentat qui faillit coûter la vie à de Gaulle quelques semaines après la fin de la guerre d'Algérie. Le 22 août 1962, emmené par le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, un commando de fanatiques opposés à l'indépendance de l'Algérie tenta d'assassiner le chef de l'État, en ouvrant le feu sur la DS présidentielle, au Petit-Clamart, à proximité de l'aéroport de Villacoublay. Quelques mois plus tard, au terme d'un procès au cours duquel il put exposer à loisir ses raisons et sa haine du « tyran », Bastien-Thiry fut fusillé. Jean-Noël Jeanneney a plongé dans les archives de la police, de la justice et de la présidence de la République, et dans les mémoires des principaux acteurs, pour reconstituer avec une netteté passionnante l'attentat, le complot qui le précède et ses suites. Il dévoile un paysage haut en couleurs, où se croisent les activistes de l'OAS, des catholiques traditionalistes lecteurs de Thomas d'Aquin et des réfugiés hongrois à la frontière du banditisme qui se considèrent comme les pieds-noirs de l'Europe. Chemin faisant, il jette une lumière neuve sur la personnalité de Charles de Gaulle, il éclaire les relations entre la puissance du hasard et les forces profondes qui sont au travail, et il fait entendre des échos inattendus entre cette époque et la nôtre : devant les fanatismes meurtriers, jusqu'où une démocratie menacée peut-elle accepter des atteintes aux libertés publiques fondamentales, au risque d'y perdre son âme ? Auteur de nombreux ouvrages et documentaires, Jean-Noël Jeanneney a été président de Radio France, de RFI, de la Mission du Bicentenaire de la Révolution et de la Bibliothèque nationale de France, et secrétaire d'État à la Communication. Il est producteur de l'émission « Concordance des temps », sur France Culture, et professeur émérite des universités à Sciences Po.

  • En 1789, Paris comptait moins de 600 000 habitants. A partir de la Restauration, sa population bondit sous l'effet des migrations très fortes : elle double en cinquante ans, quadruple en un siècle. Déjà centre politique et culturel, la capitale devient aussi le principal centre économique et financier : sa puissance inquiète, sa richesse fait envie. Effrayés par la grande métropole, les régimes successifs lui ont tous refusé l'autonomie et l'ont quasi administrée directement. Les monarchies du XIXe siècle ont essayé d'aménager la capitale. La Troisième République, appuyée sur des notables ruraux, l'a négligée. A partir du régime de vichy, Paris semble être devenu le bouc émissaire de l'aménagement. Derrière les critiques mal fondées et les politiques antiparisiennes, on devine toute une doctrine anti urbaine, apparue avec les fascismes des années 1930, qui s'oppose encore aujourd'hui à la grande ville.

  • Quand la République était révolutionnaireCitoyenneté et représentation en 1848L'insurrection imprévue de février 1848 a fait naître une République. Mais que recouvre exactement le mot ?Loin de s'enfermer dans des discussions savantes, cette question fait l'objet de débats publics, de manifestations et d'affrontements, en particulier dans les rues de Paris. Deux conceptions opposées de la République se constituent. D'un côté, la République modérée, défendue par la majorité du Gouvernement provisoire puis de l'Assemblée nationale, selon laquelle la République se résume dans l'élection au suffrage « universel » (les femmes en restent exclues). D'un autre côté, la République démocratique et sociale, qui rallie des membres de clubs, des ouvriers, de simples citoyens, pour lesquels la République n'a de sens que si elle permet au peuple de participer directement aux affaires publiques, de garder le contrôle sur ses représentants et d'assurer l'émancipation des travailleurs.L'échec de l'insurrection de juin permet le triomphe de la République modérée et des institutions du gouvernement représentatif, mais la République démocratique et sociale se maintient, comme horizon révolutionnaire, au sein du mouvement ouvrier naissant.En retrouvant les discours et les controverses sur le sens de la citoyenneté et de la représentation, cette plongée dans le printemps 1848 laisse entrevoir la possibilité d'une République émancipatrice, non advenue mais dont la puissance révolutionnaire est toujours actuelle.Samuel Hayat est docteur en science politique de l'Université Paris 8-Saint-Denis et lauréat 2012 du prix Aguirre-Basualdo en Droit et Sciences politiques de la Chancellerie des Universités de Paris. Chercheur au Conservatoire national des arts et métiers, membre des comités de rédaction des revues Tracés et Participations, ses travaux portent sur l'histoire et la théorie de la représentation politique, ainsi que sur la sociologie historique du mouvement ouvrier français.

  • Véritable illustration d'une théorie de l'histoire et des devoirs d'objectivité de l'historien, ce Livre Premier raconte, en les commentant, les trois premiers voyages aux Indes de Christophe Colomb, ainsi que quelques autres expéditions de découverte et de conquête.Si la personne du Découvreur est magnifiée, elle n'en est pas moins l'objet de critiques raisonnées sur sa responsabilité dans la future destruction des Indes : on a là, d'emblée, ce qui caractérise l'ensemble de l'oeuvre d'un acteur et d'un témoin qui est à la fois, et sans faille, un chrétien et un humaniste, et qui mènera jusqu'à sa mort un combat pour la justice et la défense des Indiens. Et l'on ne sait ce qu'il faut le plus admirer, de la rigueur de l'historien ou de l'acuité du visionnaire.

  • La guerre entre l´Allemagne nazie et l´Union soviétique, le plus grand théâtre d´opérations de la Seconde Guerre mondiale, fut élevée au rang de mythe par Staline au prix d´innombrables mensonges.
    Cet ouvrage rassemble les témoignages récents de vétérans de cette « Grande Guerre patriotique », ainsi que les Russes l´appellent encore aujourd´hui. En 1941, ces témoins étaient des citoyens ordinaires. Ils racontent l´horreur de ce conflit et écornent l´image du « peuple héros » : les collaborateurs, délateurs et tortionnaires au service des nazis, l´irresponsabilité, l´alcoolisme, le vol généralisé, le mépris de la vie du soldat, la réalité des viols de masse commis en Allemagne. Pourtant, même au milieu du pire, ils ont croisé des hommes et des femmes dont le courage et l´humanité leur ont permis de supporter des épreuves inimaginables en Occident.
    Après la guerre, certains témoins ont choisi la dissidence, d´autres ont été marginalisés parce qu´ils étaient juifs, la majorité s´est réinsérée dans le système soviétique. Aujourd´hui, presque tous ont rompu avec le mythe de la Grande Guerre patriotique et sont parvenus à faire le tri entre la gloire et l´infamie, le massacre et le sacrifice, l´héroïsme et la survie.

  • Avec ce livre troisième, le dernier, celui qui portera bientôt le beau titre de Défenseur des Indiens entre véritablement en scène. Si ce volume constitue, comme les deux premiers, la chronique de la conquête et des débuts de la colonisation, il est aussi, et peut-être surtout, le récit d'une révélation et de la «conversion» d'un homme venu aux Indes en conquérant, bénéficiaire d'une encomienda, et que les exactions dont il est témoin et les ravages causés aux Indes et aux Indiens transforme en champion passionné du droit des gens contre tous ceux qui, à la cour comme sur le terrain, justifient tous leurs méfaits par le droit de conquête : c'est bien là l'enjeu d'une lutte sans faille et la préoccupation incessante, jusqu'à son dernier souffle, de quelqu'un qui a voué sa vie à la défense des opprimés, et qui peut être considéré comme l'un des pères fondateurs des droits de l'homme.

  • Ce Livre Deuxième, en même temps que la chronique des expéditions de la première décennie du XVIe siècle aux Indes, et des débuts de l'administration espagnole dans les îles, présente une constante réflexion sur les problèmes philosophiques, religieux, et tout simplement humains, engendrés par la conquête de ce monde nouvellement découvert. Y est dénoncé, en particulier, le système de répartition des Indiens entre les conquérants, qui est, comme on le sait, l'une des causes principales de la rapide extermination des hommes qui peuplaient les îles avant l'arrivée des Espagnols.

  • Maurice Agulhon, Françoise Autrand, Pierre Bauduin, Jean-Jacques Becker, Bartolomé Bennassar, Yves-Marie Bercé, Jean-Paul Bertaud, Patrick Boucheron, Jacques-Olivier Boudon, Alain Boureau, Monique Bourin, Pierre Cabanes, Alain Cabantous, Jean-Pierre Chaline, Christophe Charle, Bernard Chevalier, Philippe Contamine, Joël Cornette, Denis Crouzet, Jean Favier, Marc Ferro, Janine Garrisson, Claude Gauvard, Jean-Noël Jeanneney, Christian Jouhaud, Philippe Joutard, André Kaspi, François Lebrun, Jacques Le Goff, Régine Le Jan, Emmanuel Le Roy Ladurie, Françoise Micheau, Pierre Nora, Michel Parisse, Michelle Perrot, Natalie Petiteau, Claude Petitfrère, Antoine Prost, Jean-Pierre Rioux, René Rémond, François Roth, Maurice Sartre, Robert Sauzet, Jean-Claude Schmitt, Jean-François Sirinelli, Michel Sot, Jean Tricard, Michel Vovelle, François Walter, Michel Winock. De Marignan à Valmy, de Bouvines à Fontenoy, de Vercingétorix à la victoire de 1918... : cinquante et un historiens redessinent et commentent, à la lumière de la recherche historique la plus récente, le grand récit de l'Histoire de France racontée naguère aux enfants.

  • Notre société est obsédée par les jeunes de cité. Cette peur sociale va de pair avec une ambition politique : assimiler à la nation les mineurs « mal nés ». Enfants naturels sous la Révolution, jeunes délinquants au début du XIXe siècle, enfants abandonnés sous la Troisième République, jeunes de banlieue aujourd'hui, tous sont condamnés à une réhabilitation physique et morale susceptible d'effacer leurs origines imparfaites.Emblématique des idéaux républicains, cette utopie intégratrice est l'une des plus anciennes politiques publiques en France. Or le « modèle français d'intégration » se révèle plutôt un contre-modèle, non seulement parce qu'il échoue à insérer les jeunes dans la société, mais aussi et surtout parce qu'il postule l'inégalité des individus.Depuis les « bâtards » de l'an II jusqu'aux « racailles » des années 2000, l'État-nation démocratique s'est confronté à toutes les figures de l'altérité juvénile, qu'il a contribué à stigmatiser en voulant les sauver. C'est cette longue entreprise que retrace Ivan Jablonka, dans un ouvrage essentiel pour comprendre notre société actuelle.Ivan Jablonka est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université du Maine, chercheur associé au Collège de France. Il a publié plusieurs livres sur l'enfance, la jeunesse et les politiques sociales, ainsi qu'une biographie familiale, Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (Seuil, 2012).

  • Une revue des années 1930, un mouvement vivant, une amitié internationale.

    Un projet de révolution personnaliste.

    Une aventure d'intellectuels confrontés aux grands drames d'un siècle de fer : la montée du fascisme, le front populaire, la guerre d'Espagne, la crise de Munich, la Seconde Guerre mondiale, Vichy, la Résistance, l'illusion lyrique de la Libération, le stalinisme, la guerre froide, la décolonisation...

  • De 1815 à 1885, la France aura vu se succéder dans une logique trépidante six régimes : la brève résurrection de l'Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, la IIe République, le Second Empire, la IIIe République. "Stupide XIXe siècle", ironisera Léon Daudet.
    Au cours de celui-ci, les hommes de lettres ont participé à tous les combats politiques. Quel que soit le régime, quelles que soient leurs tendances, ils paient de leur personne, de leurs deniers. Ils créent des journaux, des revues, s'engagent dans leurs articles, dans leurs œuvres mêmes. Ils affrontent parfois la prison ou l'exil. Pour que triomphent leurs idées, ils se jettent dans la bataille électorale, deviennent députés, sénateurs, parfois ministres. Le public ne s'y trompe pas qui, à l'époque, connaît parfois mieux leurs engagements publics que leurs œuvres quand les deux ne sont pas confondus dans un même combat.
    Leurs noms ? Chateaubriand, Constant, Guizot, Hugo, Stendhal, Balzac, Sand, Michelet, Lamartine, Quinet, Renan, Flaubert, Maupassant, Zola, Vallès, et tant d'autres qui ont su tisser le politique et la littérature.

  • Le 17 septembre 1943, une mutinerie a lieu dans une division SS à Villefranche-de-Rouergue (sud-ouest de la France). Suivant un projet de Himmler, cette division est composée en majorité de croates musulmans recrutés de force. Les révoltés tuent cinq officiers allemands, se rendent pendant quelques heures maîtres de la ville, puis sont victimes d'une répression massive. Une vingtaine d'entre eux seront exécutés sur place, les autres seront déportés dans les camps de la mort.
    Cette affaire, gênante pour toutes les parties impliquées (l'Allemagne, la Yougoslavie, la France, mais aussi l'Angleterre), a rapidement été étouffée. Après une longue enquête, les deux auteurs en proposent, à la lumière des documents issus des archives françaises, allemandes croates, bosniaques, serbes et américaines, une reconstruction surprenante. En effet, loin d'être un événement local, cette mutinerie apporte de nouveaux éclairages sur les enjeux politiques de la Seconde Guerre mondiale, dont certains connaissent, depuis la dernière guerre en ex-Yougoslavie, un regain d'actualité. A travers l'étude de cet épisode particulier, le livre montre comment s'élabore, à partir de vérités diverses et contradictoires, le récit historique, toujours remaniable.

  • Il y a deux cents ans, en juillet 1799, un officier de Bonaparte en Égypte faisait une découverte bouleversante. La stèle de granit qu'il venait de mettre au jour près de la ville de Rosette portait un même texte gravé en trois écritures différentes : en grec, en démotique et en hiéroglyphes. Pour la première fois, on disposait d'un outil pour déchiffrer l'écriture égyptienne, que plus personne ne savait lire depuis quatorze siècles ! Une fantastique aventure intellectuelle commençait. En Europe, quelques-uns des plus grands esprits de l'époque interrogeaient la pierre de Rosette, saisie par l'armée anglaise et transportée à Londres, au British Museum. Si le Suédois Johann David Akerblad et l'Anglais Thomas Young lui arrachaient quelques réponses, c'est un Français, Jean-François Champollion, fort de sa connaissance des langues orientales et d'un travail acharné sur toutes les inscriptions disponibles, qui allait parvenir à la solution. Brusquement, tout s'éclairait. L'Égypte ancienne, muette depuis si longtemps, se mettait à parler...
    Deux spécialistes de l'Égypte se sont associés pour faire revivre chaque étape de cette aventure unique.
    Dominique Valbelle, qui dirige l'Institut de papyrologie et d'égyptologie de Lille (université Lille III), est la présidente de la Société française d'égyptologie.
    Robert Solé, écrivain et journaliste d'origine égyptienne, est notamment l'auteur de Tarbouche, de l'Égypte, passion française et des Savants de Bonaparte.

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