Sciences & Techniques

  • Hubert Reeves, astrophysicien, a enseigné la cosmologie à Montréal et à Paris. Il a publié au Seuil de nombreux ouvrages dont Patience dans l'azur, Poussières d'étoiles, Je n'aurai pas le temps, L'Univers expliqué à mes petits-enfants, J'ai vu une fleur sauvage qui ont rencontré la faveur d'un très large public. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité et de la nouvelle Agence française pour la biodiversité.
    Près de l'étang de Malicorne, face au grand saule pleureur qui se reflète dans l'eau calme, se trouve un banc de bois : "Le banc du temps qui passe".
    Je m'y assois pour tenter de sentir ce mince filet du temps qui nous porte tout au long de notre existence.
    Après un moment de silence, me viennent à l'esprit des pensées qui prolongent ma constante interrogation sur le monde. Méditer sur ce monde qui m'émerveille, me fascine et m'inquiète à la fois, c'est aussi chercher à me rassurer.
    Ce livre est destiné à tous ceux qui se posent des questions sur le grand mystère de la réalité dans laquelle nous sommes projetés pour un temps. Je veux partager ici mes réflexions sur des thèmes qui me tiennent à cœur. Je cherche à exprimer ce qui se dégage de mes expériences de vie et de mon métier d'astrophysicien, pour livrer à ceux qui me font l'honneur de s'y intéresser mes convictions intimes, celles qui jouent pour chacun un rôle majeur quand nous avons à juger d'une situation ou à prendre une décision concrète.
    Mais rien de ces pages n'est définitif. Tout y est provisoire et à remettre à jour - indéfiniment.
    H. R.

  • Comment sommes-nous devenus humains ? Si la question de l'origine de l'Homme fascine le grand public, et souvent les chercheurs eux-mêmes, celle de l'évolution humaine et de ses processus est méconnue. Mais aussi cruciale pour la connaissance de notre espèce que l'apparition des « premiers Hommes » est la longue histoire du développement des traits qui nous caractérisent, la culture et le langage au premier chef.

    Comment les « arbres » de l'évolution humaine sont-ils construits ? Comment les nombreuses espèces d'Hominines connues sont-elles définies et situées sur leurs rameaux ? Comment la génétique des populations et la biologie moléculaire s'accordent-elles avec les conclusions tirées de l'étude des fossiles ? Comment penser l'articulation de l'évolution biologique et du devenir culturel ? Les transformations du cerveau éclairent-elles l'émergence de la cognition humaine, et celle du langage ? Quelle place les « scénarios d'hominisation » donnent-ils à la femme dans l'histoire du devenir humain ? Comment, enfin, concevoir l'« exception humaine » dans l'histoire du vivant ?

    Ce livre s'attache à dévoiler les concepts, les présupposés et les implications des sciences de l'évolution humaine aujourd'hui. Il éclaire ainsi la question - qui résume toutes les interrogations philosophiques : qu'est-ce que l'Homme ?

  • Savons-nous vraiment ce qu'est une plante ? Nos sciences naturelles, dominées par le modèle animal, méconnaissent les spécificités du monde végétal. C'est une vision neuve de ce monde, riche de surprises, que propose l'auteur, et qu'il illustre de sa main experte. Souvent considérées comme une forme de vie inférieure, les plantes constituent pourtant un succès biologique qui vaut, ou même dépasse, celui des animaux ; mais notre vision "zoocentrique" de la biologie nous empêche de le percevoir. Nous ne pourrions pas vivre sans les plantes, alors qu'elles n'ont pas besoin de nous. Plutôt que de les considérer comme des cas particuliers d'importance mineure dans une biologie focalisée sur l'animal et l'homme, ne faut-il pas recentrer les sciences de la vie sur ces êtres énigmatiques, silencieux, immobiles et trop méprisés, à qui nous devons notre existence ?
    "Je rêve d'une botanique qui saurait se déterminer de façon autonome, selon ses propres règles, cessant d'être à la traîne derrière la physiologie animale ou humaine : prenant en compte la plante elle-même, comme une forme de vie originale, comme un modèle en matière d'autonomie et de restauration de l'environnement, elle pourrait retrouver sa place au centre des sciences de la vie. Dans notre monde de fric, de frime, de pub, de bruit, de pollution et de brutalité, quel meilleur témoignage que celui des plantes, belles et utiles, discrètes et autonomes, silencieuses et d'une totale non-violence ?"
    F. H.

  • À l'heure où prospèrent sur les réseaux sociaux les attaques les plus diverses et les plus régressives contre la théorie de l'évolution, voici un bref vade-mecum de défense et illustration de cette théorie, trop souvent mal comprise.
    En une trentaine de questions-réponses concises sont discutés et réfutés les arguments critiques les plus couramment développés : " Si l'Homme descend du Singe, pourquoi reste-t-il des singes ? " ; " Ce n'est qu'une théorie ! Cela veut dire que personne n'a de certitude " ; " La nature est trop bien faite pour être le fruit du hasard " ; " La probabilité de formation spontanée d'une molécule biologique est infime ", etc.
    Une indispensable contribution à la salubrité intellectuelle collective !
    Thomas C. Durand est docteur en biologie végétale. Il a écrit quelques romans et pièces de théâtre, et a créé une chaîne très suivie sur YouTube, La Tronche en Biais. Il a déjà publié au Seuil un essai remarqué, L'Ironie de l'évolution (" Science Ouverte", 2018), qui a obtenu le prix La Science se livre 2019.

  • " Les oiseaux, leurs prouesses, leurs migrations, offrent l'un des plus émouvants témoignages de la prodigieuse richesse de notre univers. Comment le vol gracieux des hirondelles a-t-il pu émerger de la chaotique matière primordiale ? Les oiseaux seront ici nos guides dans la recherche des ferments du levain cosmique.
    Dans son évolution créatrice, la nature met en jeu toutes ses forces, elle fait feu de tout bois. Lève la pâte du cosmos : dans les débris d'étoiles éclatées, les atomes d'hydrogène et d'oxygène s'associent pour donner l'eau vitale, et les cellules se fédèrent en organismes au sein de l'océan primitif de la Terre. Il y a soixante cinq millions d'années, la chute d'une météorite au Mexique fait disparaître les dinosaures, et les mammifères se développent ; dans cette lignée évolutive à succès, apparaissent l'Homme et la pensée. Ce levain cosmique nous le portons en nous. C'est lui qui nous incite à poursuivre, à notre modeste échelle et pendant notre brève existence, la fabuleuse odyssée de la complicité cosmique. "
    H. R.

  • Ce livre rhapsodique réunit des essais sur l'histoire, la culture, la philosophie, la littérature, la langue, des sciences modernes. Il s'agit, comme dans une éprouvette de chimiste, de provoquer des réactions entre ces diverses matières de pensée, dans l'espoir de voir se produire des combinaisons inédites et stimulantes.
    La science aujourd'hui est trop complexe quant à son travail propre, trop impliquée dans les rapports sociaux, trop liée aux formes idéologiques dominantes, pour n'être analysée qu'en termes épistémologiques, sociologiques ou historiques séparés. C'est de tous côtés à la fois qu'il s'agit de la comprendre – et, peut-être, de la transformer.
    De la confrontation entre une histoire de la science à venir, une analyse du réel selon la physique, une réflexion sur les rapports de Simone Weil ou de Bergson avec la science, une relecture moderne de Lucrèce, un apologue sur l'ignorance savante, une visite au chat de Schrödinger, une lettre à Marie Curie et une autre à Gustave Flaubert, un éloge des controverses, une lecture critique de la culture scientifique, un divertissement sur la chute des astronomes dans les puits, un scénario de science-friction, etc., on souhaite que se dégage une certaine effervesc(i)ence.
    Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur émérite de l'université de Nice, est physicien, essayiste et éditeur. Il est aujourd'hui l'un des meilleurs artisans de la " mise en culture " des sciences.

  • "Un jour des années 1980, des professeurs de mathématiques ont l'idée de poser à des enfants de l'école primaire le problème suivant : "sur un bateau, il y a 26 moutons et 10 chèvres, quel est l'âge du capitaine ?", et se trouvent embarqués malgré eux dans une étrange et inquiétante aventure sur l'océan du non-sens.Qu'en est-il vraiment du sens en mathématiques ?Où se trouve-t-il ? Et que s'en transmet-il ? Face à la conformité muette et infime des "bons résultats", que révèlent les monceaux de réponses fausses, de réponses "folles" ? Que nous apprennent les erreurs sur le fonctionnement psychique réel d'un sujet confronté à un savoir, sur la nature de ce savoir, et sur les modalités de sa transmission ?"Stella Baruk propose aux enseignants, aux enseignés et à leurs parents une approche neuve à l'enseignement des mathématiques, où l'erreur cesse d'être faute dévalorisante pour devenir étape constitutive. Elle reçoit dans sa démarche l'aide en retour de ceux qu'elle a aidés, parfois sauvés : Thierry, Lisa, Christian - et l'appui d'un certain Gustave F., qui, en 1843, saturé de souffrance mathématique, en inventait ce symbole dérisoire et pérenne, le problème de l'âge du capitaine.

  • Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la " survie du plus apte " l'argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort : élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles. Patrick Tort, spécialiste de l'œuvre de Darwin, montre qu'en réalité la civilisation, née de la sélection naturelle des instincts sociaux et de l'intelligence, promeut au contraire la protection des faibles à travers l'émergence – elle-même sélectionnée – des sentiments affectifs, du droit et de la morale. Pour emblème de cet " effet réversif " de l'évolution, l'auteur choisit la bande de Möbius, dont la face unique résulte d'un retournement continu. Un essai pour en finir avec la tentation toujours présente d'utiliser Darwin pour justifier l'injustifiable.
    Patrick Tort, philosophe, historien et théoricien des sciences, est le fondateur de l'Institut Charles Darwin International (www.darwinisme.org). Professeur détaché au Muséum, il est l'auteur de nombreux ouvrages et le directeur du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (PUF).

  • Kurt Gödel (1906-1978) fut sans doute l'un des plus grands logiciens de l'histoire. Son théorème d'incomplétude, publié en 1931, est peut-être la proposition mathématique la plus significative du XXe siècle. Il a bouleversé les fondements des mathématiques et fait l'objet de commentaires philosophiques sans fin et d'exploitations abusives sans nombre. Gödel ne publiera que peu pendant la cinquantaine d'années qui suivront. Mais il laissera des milliers de pages de notes philosophiques inédites.On connaissait déjà les excentricités de la vie de Gödel, qui, craignant d'être empoisonné, mourra quasiment d'inanition. Ses notes, décryptées et étudiées ici pour la première fois en français, révèlent une pensée encore plus surprenante. Elles montrent que Gödel croyait aux anges comme au diable - parmi bien d'autres étrangetés. Il tente au cours des années de constituer ces idées bizarres en système logiquement cohérent, dont l'analyse éclaire d'un jour nouveau ses découvertes mathématiques.Cette apparente « folie » d'un esprit génial pose de redoutables questions sur la nature même de la pensée logique. L'auteur de cet essai les aborde sans hésiter à y impliquer sa propre subjectivité, sous forme de courtes fictions fantasmées. Un livre aussi inquiétant que stimulant.Pierre Cassou-Noguès est agrégé de mathématiques et docteur en philosophie. Chargé de recherches au CNRS, il enseigne également à l'UFR de philosophie de l'université Lille III.

  • " Qu'est-ce que la vie ? ", se demandent depuis des siècles naturalistes, biologistes et philosophes. Et si, pour tenter d'y répondre, on renonçait à donner du monde vivant une définition figée, pour mieux prendre en compte sa nature dynamique et ses échanges permanents avec le reste de l'univers ? De fait, la nature et maintenant les laboratoires recèlent un incroyable bestiaire d'infravies, des entités qui défient la classification binaire entre vivant et non-vivant. Plus surprenant encore, il ne s'agit pas d'exceptions mais, au contraire, des éléments mêmes sur lesquels repose l'existence du monde vivant.
    Ce livre révèle ces infravies et les accueille dans une nouvelle perspective théorique. Il propose une caractérisation scientifique inédite du vivant, qui exige d'abandonner certaines des métaphores les plus puissantes de notre temps, comme celle du vivant-machine. Cette épistémologie renouvelée, amenant à concevoir une vie sans frontières, a des répercussions majeures sur le regard éthique que nous posons sur les vivants.
    Un ouvrage d'une puissante originalité.
    Thomas Heams est maître de conférences en génomique animale à AgroParisTech, et chercheur à l'INRA.
    Il enseigne les biotechnologies et l'histoire des idées scientifiques. Il est aussi l'auteur d'un roman, Cent seize chinois et quelques, publié avec succès au Seuil (2010).

  • Echec et maths

    Stella Baruk

    On ne devrait plus pouvoir enseigner les mathématiques comme on les enseigne après avoir lu Échec et maths. Ce petit livre impertinent, devenu un grand classique, porte un coup fatal à quelques mythes, y compris ceux qui soutiennent les pédagogies obscurantistes et psychologisantes, qui, au contraire de ce qu'elles souhaitent obtenir, transforment des enfants vivants en automathes. Depuis, Stella Baruk a amplement prouvé par ses travaux ultérieurs sur le statut réel des mathématiques et sur les capacités de ceux qui les apprennent, que l'on peut efficacement lutter contre l'échec en maths. Stella Baruk continue depuis trente ans à partager son temps entre la recherche en pédagogie et l'enseignement, de la « rééducation » des élèves dits « en difficulté » jusqu'à la formation des maîtres destinés à lutter contre l'échec scolaire et l'innumérisme, illettrisme du nombre. Stella Baruk intervient dans de nombreux pays francophones, où sa réflexion sur l'enseignement est très prisée. Elle a notamment publié L'Âge du capitaine, Fabrice ou l'école des mathématiques, le fameux Dictionnaire de mathématiques élémentaires et récemment le Dico de mathématiques pour le collège et le CM2.

  • « Ainsi, toutes ces combinaisons infiniment fertiles de la matière, cette activité nucléaire des étoiles, ce bourdonnement électromagnétique des nébuleuses interstellaires, cette fièvre biochimique exubérante de l'océan primitif, tout n'aurait d'autre sens que de préparer l'holocauste nucléaire ? La conscience n'émergerait-elle - en quinze milliards d'années - que pour s'éliminer en quelques minutes ?L'univers engendre la complexité. La complexité engendre l'efficacité. Mais l'efficacité n'engendre pas nécessairement le sens. Elle peut aussi conduire au non-sens.Potentiellement, le conflit est inscrit depuis les temps les plus reculés, dans le développement de l'univers et l'édification de la complexité. Avec l'homme, il prend sa dimension tragique. Simultanément, une issue se dessine. Il revient à l'être humain de donner un sens à la réalité.Nous (notre génération) sommes les témoins et les acteurs de cette période de l'histoire où ce problème entre dans sa phase décisive. Si nous avons un rôle à jouer dans l'univers, c'est d' aider la nature à accoucher d'elle-même. L'être le plus menaçant est aussi le seul qui puisse faire réussir l'accouchement.L'intelligence n'est pas nécessairement un cadeau empoisonné. L'absurde est encore évitable. L'éveil de la jubilation est, peut-être, l'antidote le plus efficace. »Hubert Reeves

  • La théorie de l'évolution met en jeu un stimulant paradoxe : c'est justement l'évolution (de notre cerveau) qui explique les résistances à cette idée. Ainsi, les difficultés que nous éprouvons à " croire " la théorie darwinienne de l'évolution s'expliquent elles-mêmes par ladite théorie, et en constituent finalement une éclatante illustration.
    De fait, et plus généralement, la résistance aux théories scientifiques qui, par essence, vont à l'encontre de la pensée commune, a de profondes racines dans l'évolution même de notre psychisme.
    Comme l'écrit l'auteur : " Il existe des forces qui dévoient notre sens critique, qui gondolent notre objectivité, qui écaillent le beau vernis de notre cognition quand il est question des principes darwiniens. Ces forces ne sont pas à chercher dans une quelconque cabale, elles n'appartiennent à aucune coterie ni société secrète, elles sont dans notre tête, implantées là pour la simple raison que des milliers de générations en ont tiré avantage pour survivre. Ces fossiles de l'histoire de notre psyché, ce sont les biais cognitifs. Ils sont nos ennemis les plus redoutables dans la compréhension de la nature, mais ils représentent aussi la trace la plus intime, la plus troublante, des mécanismes de l'évolution de notre lignée. "
    Cette défense et illustration de la théorie de l'évolution, rédigée en termes très simples et directs, agrémentée par des illustrations humoristiques, et mettant à profit les sciences humaines, offre une critique systématique et radicale des arguments antiévolutionnistes.
    Thomas C. Durand est docteur en biologie végétale. Il a écrit quelques romans et pièces de théâtre. Il a créé et anime un programme très suivi de vulgarisation sur le web,
    La Tronche en biais (www.youtube.com/user/TroncheEnBiais).

  • Il fallait s'y attendre. Après avoir fouillé Au fond du labo à gauche, titre de son premier livre qui nous éclairait sur des recherches quelque peu obscures, Edouard Launet nous entraîne Au fond du zoo à droite. Car en matière d'articles scientifiques, la zoologie n'a rien à envier aux autres sciences. Des thèmes aussi inattendus que l'ivresse de l'éléphant, la piqûre de l'ornithorynque, le libre-arbitre de la mouche ou l'hypertension de la girafe se révèlent riches d'arrière-plans métaphysiques.« Pour l'heure, l'homme (Homo sapiens) reste le seul animal qui s'essaie à écrire des livres sur les autres animaux. Cela ne lui confère aucun avantage évolutif particulier, mais la tâche l'occupe paisiblement. Cette nouvelle tentative sera, nous l'espérons, de nature à distraire quelques lecteurs. De toute manière, le résultat est destiné in fine à alimenter les larves de divers insectes papivores, auxquels nous souhaitons par avance bon appétit. » E. L.Edouard Launet a été ingénieur et journaliste scientifique avant de devenir reporter au service Culture du quotidien Libération.

  • Combien y a-t-il de sexes ? « Deux ! », répond l'opinion. « Deux ! », répond la science. Heureuse concordance : c'est donc que l'opinion a raison, conclura-t-on. Mais est-on si certain que l'opinion et la science disent, sur la question du sexe, la même chose ? Quand l'opinion affirme qu'il y a deux sexes, elle soutient qu'il existe, dans chaque espèce, deux types d'individus et seulement deux. Il y aurait alors le masculin et le féminin comme il y a le Soleil et la Lune ou Mars et Vénus. Mais quand la science avance qu'il y a deux sexes, que vise-t-elle ? Quelle est, pour un biologiste, la signification des termes « mâle » et « femelle » ? En tentant de compter les sexes, on doit bientôt se risquer à distinguer le normal du pathologique. Offrant un riche panorama des connaissances biologiques sur le sexe, Thierry Hoquet barre la route à toute récupération hâtive visant à transposer aux humains ce que l'on pense savoir de la « nature ». Croisant des outils empruntés à l'épistémologie, à l'histoire des sciences et au féminisme, cet essai brise le cercle des questions : le genre précède-t-il le sexe, ou le sexe précède-t-il le genre ? Thierry Hoquet est professeur de philosophie à l'université Jean-Moulin Lyon 3, spécialiste de l'histoire et de la philosophie de la biologie. Il est l'auteur notamment de Darwin contre Darwin (Seuil, 2009), Cyborg philosophie (Seuil, 2011) et Sexus nullus, ou l'égalité (iXe, 2015). Il a dirigé l'ouvrage collectif, Le Sexe biologique. Anthologie historique et critique, en 3 volumes (Hermann, 2013) et traduit plusieurs essais.

  • Trop belles pour le NobelNul n'ignore que la science a longtemps été le domaine exclusif d'Homo mathematicus, que les femmes savantes sont ridicules et que les ingénieures ne sont pas légion. Mais si les sciences dures marchent à la testostérone, c'est aussi que leur histoire a été écrite par des hommes, attentifs à prouver par X + Y que les femmes sont génétiquement incapables de rigueur logique et d'abstraction.Pour en finir avec cette histoire truquée où les femmes sont soit des curiosités de la nature, soit des muses, soit des potiches, l'auteur a préféré le mode de l'anecdote à celui de la grande synthèse théorique. De la femme de Cro-Magnon à Dian Fossey en passant par Émilie du Châtelet et Ada Lovelace, les héroïnes célèbres côtoient des inconnues non moins illustres, toutes témoignant de l'omniprésence des femmes au coeur de la science.Ni pamphlet féministe, ni évaluation paternaliste de l'apport scientifique des femmes, cette galerie de portraits montre que la science a simultanément joué un rôle dans leur émancipation et dans leur marginalisation. Une façon pertinente et drôle de remettre à leur place les mythes sexistes qui voilent durablement, au préjudice de tous, la moitié féminine de la science.

  • Le carbone est bien plus qu'un élément chimique : un être multiple, à la fois naturel, social et culturel. Le charbon, le graphite, le diamant, le graphène, autant d'avatars du carbone que nous rencontrons quotidiennement, tant dans les phénomènes de la nature que dans les aventures humaines. L'impact du dioxyde de carbone sur le changement climatique est loin d'épuiser son rôle et le carbone n'est pas un démon extrait du sous-sol par l'humanité et qui se retournerait contre elle. Il inspire bien d'autres histoires, à commencer par celle de la vie, dont il constitue un élément essentiel grâce à sa versatilité chimique. Les nombreux modes d'existence du carbone se déploient sur diverses échelles de temps, depuis les éphémères réactions nucléaires jusqu'à l'âge de l'Univers en passant par des durées dont certaines coïncident avec celle de l'histoire humaine. Ainsi, les vies du carbone nous invitent à repenser la nôtre.
    Ce livre singulier, qui traite de phénomènes tantôt quotidiens et familiers, tantôt méconnus et mystérieux, combine avec originalité le style narratif de la biographie avec celui de la meilleure vulgarisation scientifique.
    Bernadette Bensaude-Vincent est professeure émérite à l'UFR de philosophie à l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Elle est membre de l'Académie des technologies et de plusieurs comités d'éthique. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages.
    Sacha Loeve est maître de conférences à l'université Jean-Moulin-Lyon 3. Ses travaux de recherche concernent la philosophie des techniques et la technologie.

  • Après Au fond du labo à gauche et Viande froide cornichons, Edouard Launet consacre au sexe le troisième volet de sa trilogie scientifique. On ne s'en doute guère, en effet, mais certaines revues savantes sont plus chaudes que des vidéos classées X et détiennent des réponses inattendues à des questions que peu de gens ont osé poser. La longueur des jupes est-elle liée aux cours de la Bourse ? Peut-on mesurer l'intensité d'un orgasme avec un scanner ? Peut-on faire l'amour en apesanteur ? Au-delà des réponses factuelles (oui, on peut se fracturer le pénis), des anecdotes piquantes et des expressions consacrées ("coller des timbres à la cave", par exemple), force est de reconnaître que la plume bien taillée de l'auteur fait merveille sur ce terrain glissant. Edouard Launet a été ingénieur et journaliste scientifique avant de devenir reporter au service Culture du quotidien Libération.

  • La science étant beaucoup trop sérieuse pour qu'on la laisse aux savants, l'auteur de ce livre a courageusement entrepris d'éplucher la presse scientifique en quête de ce qu'il nomme la « science champagne ».
    Ayant appris les meilleures façons de se suicider avec des feux d'artifice, d'analyser aux rayons X de la barbe à papa et d'étudier scientifiquement l'odeur de la girafe, le lecteur pourra s'attaquer à des problèmes cruciaux dont la portée, trop souvent, lui échappe - un coup de foudre amoureux est-il décelable au scanner ? Un accélérateur de particules peut-il servir d'horaire des marées ? Une bretelle de soutien-gorge peut-elle ne pas glisser ? - pour finalement déboucher sur des faits que nous serions condamnés, sans la science, à ignorer : le pourcentage d'admissions aux urgences dû à des chutes de noix de coco est de 2,5 en Papouasie, et de 3,4 aux îles Salomon.

  • Depuis son éclosion sur Terre, la vie a connu plusieurs crises majeures durant lesquelles la plupart des espèces animales et végétales ont disparu. La plus célèbre de ces « extinctions en masse » est celle des dinosaures et de bien d'autres espèces, il y a 66 millions d'années, qui a ouvert la voie à l'ascension des mammifères et à l'émergence d'Homo sapiens. Ce livre fait le point sur ces grandes extinctions, leurs causes et leurs conséquences, à la lumière des plus récentes découvertes scientifiques. Une nouvelle crise se profile aujourd'hui. Le développement de l'humanité s'est accompagné du massacre de la mégafaune de l'âge glaciaire, et l'essor de notre civilisation entraîne la disparition d'un nombre toujours croissant d'espèces. Parmi les causes identifiées se cumulent la surexploitation des ressources, la destruction et la fragmentation de l'habitat, l'introduction d'espèces invasives et le réchauffement climatique. Qu'en est-il de ce péril planétaire ? Quelles sont les espèces déjà éteintes et celles qui sont menacées ? Pouvons-nous encore freiner ou inverser la tendance ? Et finalement, l'espèce humaine ne risque-t-elle pas, elle aussi, de disparaître ? Charles Frankel est géologue et spécialiste du système solaire. Outre les cours de planétologie qu'il dispense en France et aux États-Unis, il a publié de nombreux ouvrages dont Dernières nouvelles des planètes (« Science ouverte », Seuil, 2009) et Terre de vignes (« Science ouverte », Seuil, 2011).

  • Et si votre vie dépendait d'un calcul de probabilités ?Dans nombre de procès importants, des arguments statistiques erronés ont été utilisés aux fins de démontrer la culpabilité des accusés. Chaque chapitre de ce livre illustre une erreur mathématique courante responsable d'erreurs judiciaires passionnantes. La célèbre affaire Dreyfus aussi bien que le récent et très médiatisé procès d'Amanda Knox figurent parmi les cas étudiés, qui vont du meurtre au vol, du scandale financier à la discrimination sexuelle, des usages de faux aux affaires d'espionnage.Mettant en lumière les risques d'un usage incontrôlé des mathémathiques devant les tribunaux, les auteures pointent les écueils d'une argumentation purement quantitative, par-delà même les fautes de raisonnement plus ou moins grossières commises par les experts (souvent autoproclamés). Le lecteur appréciera sans aucun doute leur style alerte, leur souci de la précision et leur sens du suspense.Leila Schneps est une mathématicienne américaine réputée, directrice de recherche au CNRS (Paris). Elle est également auteure de romans policiers.Coralie Colmez, sa fille, travaille en Angleterre à la diffusion des mathématiques.Les deux auteures ont elles-mêmes procédé à la traduction de l'anglais en français de leur texte.

  • L'histoire de la cosmologie moderne est-elle vraiment celle d'un triomphe aussi assuré qu'on veut bien le dire ? Le récit désormais canonique des origines de l'Univers, qui serait né d'un big bang que les spécialistes n'hésitent pas à dater de 13,8 milliards d'années, doit-il être pris au pied de la lettre ? Et les arguments en faveur de ce modèle cosmologique sont-ils indiscutables ?Voici en tout cas un ouvrage qui prend ses distances à l'égard de cette idée que le cosmos a globalement et définitivement livré ses secrets. Il ne prétend pas que les cosmologistes modernes se trompent et il ne défend aucun modèle de rechange. Mais en racontant comment s'est mise en place la conception actuellement dominante de l'Univers et en donnant la parole aux tenants de modèles cosmologiques alternatifs aujourd'hui voués à l'obscurité, cet essai préfère questionner, émettre des doutes et montrer pourquoi il est raisonnable d'être moins catégorique et moins triomphaliste.Assumant son impertinence, mais s'appuyant sur une documentation rigoureuse, ce livre invite à une réflexion critique sur la cosmologie contemporaine.Thomas Lepeltier, historien et philosophe des sciences, est l'auteur de Darwin hérétique, Seuil, 2007 et d' Univers parallèles, Seuil, 2010. Il a codirigé avec J.-M. Bonnet-Bidaud l'ouvrage collectif Un autre cosmos ?, Vuibert, 2012.

  • Se donnant comme « la Modernité », les années 1770 à 1914 sont le temps de l'industrialisation et de l'expansion impériale et coloniale. La science est victorieuse, la technique est reine, la Terre est quadrillée et mesurée, les populations sont mises en nombres, les races sont cartographiées. Laboratoires, universités et musées se répandent à l'échelle planétaire. Réunissant les contributions de spécialistes des quatre coins du monde, ce deuxième tome de l' Histoire des sciences et des savoirs nous parle des sciences physiques et mathématiques, des sciences et savoirs en Inde, de la révolution Meiji et du « provincialisme » colonial des sciences américaines. Il raconte aussi l'avènement des microbes et leur impact sur les sociétés, l'engouement populaire pour les expositions universelles et, déjà, les inquiétudes des contemporains pour la détérioration du climat. Il Un livre concret qui brosse un XIXe siècle fascinant et... inquiétant. Kapil Raj est directeur d'études à l'EHESS, historien des interactions culturelles entre Européens et Asiatiques dans le domaine des savoirs et des sciences. Il a publié Relocating Modern Science : Circulation and the Construction of Knowledge in South Asia and Europe, 1650-1900 (2007). Otto Sibum est professeur d'histoire des sciences à l'université d'Uppsala. Il a codirigé avec David Aubin et Charlotte Bigg, The Heavens on Earth, Observatories and Astronomy in Nineteenth Century Science and Culture (2010). Avec les contributions de A. Alexander, D. Aubin, L. Berlivet, J.E. Chaplin, B. Douglas, W. Feuerhahn, J.-B. Fressoz, S. Höhler, K. Ito, M.R. Levin, F. Locher, I. Löwy, S. Müller-Wille, J.V. Pickstone, K. Raj, S. Schaffer, N. Schlanger, H.O. Sibum, J. Tresch, M.N. Wise

  • Si le lien entre désir de connaître ( libido sciendi ) et désir érotique ( libido sentiendi ) se trouve déjà suggéré dans les Écritures, il devient explicite à partir de la Renaissance et joue un rôle crucial dans la configuration de la science moderne. Il s'agit ici de conter l'histoire de cette relation entre le savant, être désirant, et la femme, image de la Nature – en suivant son évolution dans la littérature, mais aussi dans l'art et le cinéma.
    C'est toujours le désir qui pousse le savant à vouloir connaître, qu'il soit inventeur de machines amoureuses, eunuque de la science régnant sur un harem de Vénus anatomiques, ou homme au scalpel en quête de cobayes consentantes. Désir érotique, désir de pouvoir aussi, car la femme reste indésirée dans ce cercle du savoir.
    À une époque où la Nature fait plus que jamais les frais de notre mode de vie et où le silicone injectable a la part belle, cet essai montre à l'évidence que la recherche scientifique n'a pas pour seule source le projet de connaissance rationnelle : elle a partie liée avec une histoire du désir et du sentiment.
    Caroline De Mulder, chargée de cours à l'université de Namur, étudie les rapports entre sciences et littérature. Elle a publié de nombreux articles ainsi qu'une monographie Leconte de Lisle, entre utopie et république aux éditions Rodopi et une traduction Uranium, de Tom Zoellner, aux éditions du Seuil.

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