Stock (réédition numérique FeniXX)

  • C'est parce qu'on parle qu'on désire, et non l'inverse : c'est parce qu'on dit NON qu'on entre dans l'ordre du désir. On croit si facilement le contraire ! On s'imagine si spontanément que c'est l'ordre du désir qui est fondateur de toute parole, de tout discours : mais c'est le discours qui ouvre le champ du désir et le démarque du besoin. Les aventures sexuelles des hommes s'inscrivent d'emblée dans l'interdit : renoncement à l'inceste, renoncement à l'homosexualité, sont fondateurs de vie sociale, et l'homosexualité masculin est ici abordée non pas pour elle-même, mais comme « fait » social ou « psychique », mais comme symptôme. Au lieu de débat si stériles sur une tolérance toujours réclamée et souvent plus ou moins refusée, la question est ici déplacée : cette « question », de quoi parle-t-elle à son insu et que donne-t-elle à entendre d'autre que ce qu'elle croit dire ? Au lieu de « droit », de « justification », de recours à la « nature », l'auteur cherche quelle demande apparemment insoutenable soutient ces séries d'actes que la morale interdit. Ce texte n'est donc pas à verser au compte des « débats » sur l'homosexualité : il est l'écho d'une écoute clinique, et c'est un essai pour reprendre par écrit maints éléments que des livres sur ce « sujet » laissent si volontiers (et pourquoi ?) choir. Ce qui mène à exhumer le concept analytique de renoncement qui est pourtant dans le texte freudien, mais qu'on préfère oblitérer. Et c'est parce qu'on renonce qu'on désire : alors s'ouvre le champ immense des jeux en miroir du désir humain : double-jeu indéfini dans quoi tout un chacun se prend, y compris le sujet qui en dénonce toutes les dupes. Le charme est ainsi désigné comme concept majeur de l'interrogation esthétique. Mais au cours d'un tel cheminement on peut se demander ce qu'il en advient de l'amour... A mi-mots l'auteur donne à ce propos bien des choses à entendre.

  • Ce livre est consacré à la Terre, à l'Esprit, au visage humain où ils se joignent. Il tente une approche nouvelle du sens de l'icône. Les essais convergents qui le constituent - Le Visage et l'Icône, Silence et Parole de Dieu, Littérature et Foi, Dostoïevski Témoin - voudraient rouvrir, pour l'homme d'aujourd'hui, les voies d'un christianisme renouvelé par la rencontre de son propre Orient. Le paradoxe de l'Abîme et de la Croix donne un espace infini au Souffle vivifiant : dans lequel l'homme trouve son vrai visage, dans lequel aussi la terre se transfigure. Noces du ciel et de la terre dont, au terme d'un long dédoublement, finit par témoigner Dostoïevski, seule réponse sans doute à la « fidélité à la terre » de l'athéisme contemporain. Ainsi s'ébauche un christianisme de l'Esprit Saint dont Olivier Clément épelle la présence à travers le silence, la beauté, l'éros, la féminité, le cosmos, et surtout cette soif d'existence personnelle en communion qui semble animer toute l'histoire humaine. C'est dire que cette réflexion « inactuelle » éclaire parfois d'une lumière inattendue les problèmes les plus urgents de notre temps.

  • On ne peut, depuis quelque temps, ouvrir un quotidien sans rencontrer le fanatisme : l'absurde génocide de millions de Cambodgiens massacrés par les Khmers Rouges au nom d'une mystique "table rase" préliminaire à l'édification d'une utopie insaisissable, le suicide collectif "inexplicable" des neuf cents fidèles du révérend Jim Jones dans la jungle du Guyana, la Révolution islamique sanglante et puritaine de l'ayatollah Khomeiny qui interdit la musique, les baignades mixtes, et fusille les homosexuels. Ce livre essaiera de comprendre pourquoi ce concept - et pas un autre - s'applique à de tels événements. Il examinera ce qu'il peut y avoir de commun entre les stylites, l'anarchiste Netchaïev, l'antisémitisme et Charles Manson. Trois chercheurs éminents, auteurs de nombreux ouvrages, se sont attelés à cette tâche : André Haynal, Professeur de psychopathologie à l'Université de Genève, psychanalyste sensible aux déchirements de notre monde ; le Professeur Miklos Molnar, historien de l'histoire sociale et des mentalités collectives ; et Gérard de Puymège, brillant spécialiste d'histoire anthropologique. Ils ont tenté de saisir les racines historiques du fanatisme à travers des "études de cas", plutôt que d'en écrire l'histoire, tâche impossible s'il en fut. D'autre part, il leur a semblé qu'un approfondissement de la connaissance humaine dans la voie ouverte par l'oeuvre de Freud, par ce face à face avec soi-même sans idéalisation ni préjugés, cette compréhension du discours de l'homme que Freud disait "scientifique", cette approche donc leur donnerait non une réponse philosophique a priori, mais un point de vue sobre sur ce problème inquiétant de notre époque. Refusant la facilité de prétendre que le Fanatique, c'est l'Autre, ils ont essayé de montrer, à travers les méandres de l'histoire et de l'âme humaine, que la question du fanatisme nous concerne tous, nous, les fanatiques potentiels. Loin de parler des autres, ils parlent d'eux-mêmes, et de toi, lecteur.

  • C'est parce qu'on parle qu'on désire, et non l'inverse : c'est parce qu'on dit NON qu'on entre dans l'ordre du désir. On croit si facilement le contraire ! On s'imagine si spontanément que c'est l'ordre du désir qui est fondateur de toute parole, de tout discours : mais c'est le discours qui ouvre le champ du désir et le démarque du besoin. Les aventures sexuelles des hommes s'inscrivent d'emblée dans l'interdit : renoncement à l'inceste, renoncement à l'homosexualité, sont fondateurs de vie sociale, et l'homosexualité masculin est ici abordée non pas pour elle-même, mais comme « fait » social ou « psychique », mais comme symptôme. Au lieu de débat si stériles sur une tolérance toujours réclamée et souvent plus ou moins refusée, la question est ici déplacée : cette « question », de quoi parle-t-elle à son insu et que donne-t-elle à entendre d'autre que ce qu'elle croit dire ? Au lieu de « droit », de « justification », de recours à la « nature », l'auteur cherche quelle demande apparemment insoutenable soutient ces séries d'actes que la morale interdit. Ce texte n'est donc pas à verser au compte des « débats » sur l'homosexualité : il est l'écho d'une écoute clinique, et c'est un essai pour reprendre par écrit maints éléments que des livres sur ce « sujet » laissent si volontiers (et pourquoi ?) choir. Ce qui mène à exhumer le concept analytique de renoncement qui est pourtant dans le texte freudien, mais qu'on préfère oblitérer. Et c'est parce qu'on renonce qu'on désire : alors s'ouvre le champ immense des jeux en miroir du désir humain : double-jeu indéfini dans quoi tout un chacun se prend, y compris le sujet qui en dénonce toutes les dupes. Le charme est ainsi désigné comme concept majeur de l'interrogation esthétique. Mais au cours d'un tel cheminement on peut se demander ce qu'il en advient de l'amour... A mi-mots l'auteur donne à ce propos bien des choses à entendre.

  • Ce livre est consacré à la Terre, à l'Esprit, au visage humain où ils se joignent. Il tente une approche nouvelle du sens de l'icône. Les essais convergents qui le constituent - Le Visage et l'Icône, Silence et Parole de Dieu, Littérature et Foi, Dostoïevski Témoin - voudraient rouvrir, pour l'homme d'aujourd'hui, les voies d'un christianisme renouvelé par la rencontre de son propre Orient. Le paradoxe de l'Abîme et de la Croix donne un espace infini au Souffle vivifiant : dans lequel l'homme trouve son vrai visage, dans lequel aussi la terre se transfigure. Noces du ciel et de la terre dont, au terme d'un long dédoublement, finit par témoigner Dostoïevski, seule réponse sans doute à la « fidélité à la terre » de l'athéisme contemporain. Ainsi s'ébauche un christianisme de l'Esprit Saint dont Olivier Clément épelle la présence à travers le silence, la beauté, l'éros, la féminité, le cosmos, et surtout cette soif d'existence personnelle en communion qui semble animer toute l'histoire humaine. C'est dire que cette réflexion « inactuelle » éclaire parfois d'une lumière inattendue les problèmes les plus urgents de notre temps.

  • On ne peut, depuis quelque temps, ouvrir un quotidien sans rencontrer le fanatisme : l'absurde génocide de millions de Cambodgiens massacrés par les Khmers Rouges au nom d'une mystique "table rase" préliminaire à l'édification d'une utopie insaisissable, le suicide collectif "inexplicable" des neuf cents fidèles du révérend Jim Jones dans la jungle du Guyana, la Révolution islamique sanglante et puritaine de l'ayatollah Khomeiny qui interdit la musique, les baignades mixtes, et fusille les homosexuels. Ce livre essaiera de comprendre pourquoi ce concept - et pas un autre - s'applique à de tels événements. Il examinera ce qu'il peut y avoir de commun entre les stylites, l'anarchiste Netchaïev, l'antisémitisme et Charles Manson. Trois chercheurs éminents, auteurs de nombreux ouvrages, se sont attelés à cette tâche : André Haynal, Professeur de psychopathologie à l'Université de Genève, psychanalyste sensible aux déchirements de notre monde ; le Professeur Miklos Molnar, historien de l'histoire sociale et des mentalités collectives ; et Gérard de Puymège, brillant spécialiste d'histoire anthropologique. Ils ont tenté de saisir les racines historiques du fanatisme à travers des "études de cas", plutôt que d'en écrire l'histoire, tâche impossible s'il en fut. D'autre part, il leur a semblé qu'un approfondissement de la connaissance humaine dans la voie ouverte par l'oeuvre de Freud, par ce face à face avec soi-même sans idéalisation ni préjugés, cette compréhension du discours de l'homme que Freud disait "scientifique", cette approche donc leur donnerait non une réponse philosophique a priori, mais un point de vue sobre sur ce problème inquiétant de notre époque. Refusant la facilité de prétendre que le Fanatique, c'est l'Autre, ils ont essayé de montrer, à travers les méandres de l'histoire et de l'âme humaine, que la question du fanatisme nous concerne tous, nous, les fanatiques potentiels. Loin de parler des autres, ils parlent d'eux-mêmes, et de toi, lecteur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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