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  • Plans rapprochés

    Guy Bedos

    Comment se raconter en racontant les autres ?
    Comment choisir les meilleurs moments de sa vie, les plus doux et les plus durs, les plus joyeux et les plus graves ?
    Comment se découvrir ? Comment livrer des secrets toujours enfouis ?
    Le défi était à la hauteur du personnage : Guy Bedos.L´homme nous surprendra toujours, l´auteur qui s´affirme de livre en livre depuis Mémoires d´outre-mère prouve ici, en traçant le portrait de vingt-cinq personnes attendues ou inattendues, que ses choix ne sont pas dus au hasard, qu´en réunissant la distribution idéale, il nous révèle non seulement qui sont ses amis et ses ennemis, ses amours et ses colères mais surtout qui il est, lui, inclassable et irrésistiblement drôle, comme il l´a toujours été.D´Aragon à Signoret, de Sagan à Coluche, d´Isabelle Adjani à Michel Rocard, de Jean-Loup Dabadie à sa chère Sophie Daumier, on se dit en refermant ce portrait de groupe que seuls les absents ont vraiment tort de ne pas y figurer.

  • Nos étoiles ont filé

    Anne-Marie Revol

    Ça ne devrait pas être de la littérature, ça ne devrait même pas être un livre. Mais comme tout cela n´aurait pas dû arriver, un texte a été écrit, des lettres adressées à deux petites filles, deux étoiles filantes, aujourd´hui et depuis bientôt deux ans disparues.
    Fait divers atroce, disent les médias. Il n´y a pas de hiérarchie dans le malheur et, pourtant, en ce matin d´août 2008, la France entière se réveille sous le choc de la mort par incendie de deux enfants, moins de quatre ans à elles deux. On ne fait pas de livre avec ça, répétons-le, sauf si peu à peu le seul moyen de continuer à vivre consiste, grâce à des lettres d´une mère destinées à ses deux merveilles, à les réincarner jour après jour, à les faire précisément revivre.  Ce livre hors norme et hors catégorie est avant tout un livre d´amour pour ces deux princesses envolées, et pour leur père aimant, présent, auquel on va s´attacher page après page afin de comprendre l´incompréhensible : comment la force de ce couple aussi pur permet de se sauver.  Nos étoiles ont filé est un livre qui évite pathos et complaisance, qui hésite parfois entre rires et larmes, qui se distingue par son aspect unique, sinon ludique, et sa très saine incorrection. Pendant son écriture, un petit garçon est né du même amour. Le texte, cela n´étonnera personne, lui est dédié. Si la littérature ne sert à rien, elle aura au moins servi à cela.

  • « Lorsque j´ai été reçu à l´Éna, il y a vingt-quatre ans, mon père m´a adressé une lettre, non pas de félicitations, mais de mise en garde, m´alertant sur les dangers qui guettent ceux qui entrent dans une caste. Il est mort peu après, mais sa lettre n´a cessé de m´accompagner. Je l´ai gardée précieusement, relue mille fois, jusqu´à sa disparition inexpliquée la nuit où j´ai quitté le gouvernement de Nicolas Sarkozy en 2010.
    Cette perte a provoqué un vertige, une panique, un dénuement. Et une quête éperdue pour lui redonner corps, en restituer la substance. J´ai compris qu´elle était au coeur même de mes engagements. Cela m´a conduit à explorer des questions auxquelles j´avais jusqu´à présent refusé de répondre.
    /> De quoi est fait notre engagement ? De rencontres, de souffrances, de frustrations, d´indisciplines, de hasards, de gaffes, de disputes, d´émois, de legs, de défis. De sous-entendus, de mots lus, de personnages réels ou fantasmés. Autant de souvenirs qui s´entrelacent comme une natte.
    La Lettre perdue raconte ce qui m´a entraîné dans l´univers public, ce qui m´a guidé dans Emmaüs, ce qui m´a amené à me passionner pour la lutte contre la pauvreté, ce qui a déterminé mon rapport très particulier à la politique, ce qui m´a protégé tout en me poussant à prendre des risques avec certains conformismes. On y partagera des rencontres avec des personnages illustres, comme l´abbé Pierre ou Muhammad Yunus, et d´autres anonymes, dont l´influence aura été décisive. On voyagera dans l´hôpital, dans les ministères, dans les centres d´urgence et dans tous ces lieux, à la charge affective si forte, qui jalonnent l´itinéraire d´un engagement.

  • Moyenne

    Laurence Kiberlain

    " J'ai toujours été moyenne en tout. Moyenne en cours, j'ai eu le bac avec la moyenne, j'étais moyenne à la fac, moyenne jolie, moyenne intelligente, moyenne intéressante.  Certains événements m'ont obligée à me dépasser.  Depuis je ne peux plus n'être que moyenne.

  • Fahrenheit 2010

    Isabelle Desesquelles

    La narratrice, libraire depuis 15 ans, raconte sa vie vouée aux livres et à la littérature.

  • « Les années et le temps, l´absence et l´attente, les mots et toujours les mots sur le papier pour s´enlacer et pour s´aimer, bien étrange destinée que la nôtre. » Ainsi commence Entre nos lignes, l´histoire d´une relation qui s´est construite malgré la séparation, une distance infinie et un océan de différences entre deux cultures. Dans cette longue Lettre à Hank, Sandrine Ageorges-Skinner s´adresse à son mari Hank Skinner, condamné à mort en 1995 au Texas pour un triple meurtre qu´il a toujours nié avoir commis. Avec toute la force que lui insufflent son amour et son combat pour la vérité, Sandrine revisite pour lui, et avec lui, ce qui les rapproche, ce qui les divise et ce qui les rend inséparables. C´est le vécu d´un amour qui semble avoir toujours été là et ne jamais devoir finir, un amour qui s´est tissé d´une lettre à l´autre et qui n´a cessé de mûrir dans les dédales d´un combat incertain où la vie et la mort se côtoient à chaque instant. Un amour où seuls l´écriture et le regard ont le droit de se croiser. Leurs peaux ne se connaissent pas, ils ne se sont jamais touchés, jamais respirés. Au parloir, leurs yeux se rejoignent à travers une vitre à l´épreuve des balles et la voix est filtrée par un téléphone.
    Entre nos lignes est un bloc de béton. Peu de retours à la ligne, peu de respirations, il est coulé d´une traite, à l´image de ces centaines de lettres que Sandrine a écrites à Hank. Des lettres rédigées dans l´urgence, comme en apnée. Entre nos lignes est un livre fort, dérangeant, captivant. C´est un texte qu´on ne lâche pas. Et s´il nous arrive de sourire, c´est toujours les larmes aux yeux. Cette histoire est sidérante, cet amour est sidérant, ce pays, les États- Unis, à la fois terre de liberté et terre de barbarie, est sidérant.
    Les mots de Sandrine sonnent effroyablement juste et cognent fort. Depuis quinze ans, jamais elle n´a baissé les bras, jamais elle ne s´est autorisée le moindre doute, à peine, au détour d´une image de documentaire, une larme vite essuyée. Elle y croit, et elle a raison : au moment où elle met la dernière main à son texte, Hank Skinner vient d´obtenir que soient enfin réalisés les tests ADN qu´elle et lui réclamaient en vain depuis plus de dix ans.

  • « Un petit lexique amoureux est une occasion de dire qu´il y a aussi dans le journalisme de la naïveté, de l´utopie et de l´idéal, donc beaucoup d´affect. Dans ce métier, à vingt-cinq ans, on veut refaire le monde ; à quarante-cinq, on essaie d´en limiter les dégâts ; après on pense à autre chose, à moins que, dans le courrier du matin après une émission, on ait lu : « Merci de me donner matière à réfléchir, pas du prêt-à-penser. »  Le propos est amoureux et toujours passionné. Il s´agit d´un vécu de terrain. De l´écriture du journal à la suppression de la publicité à la télé par Nicolas Sarkozy. Du grand reportage au « tout info ». Du journalisme comme moyen de rentabilité au téléspectateur devenu le consommateur d´un « produit » en boucle. Du plaisir d´accueillir un bel auteur qu´on a envie de suivre à la minuscule jouissance du scoop. De la volonté de faire réfléchir à la fabrique de l´illusion. Du grand public à la ménagère de moins de cinquante ans. Du smartphone et du web qui feraient de vous et moi un grand reporter du monde à la communication mondialisée et occidentalisée. De l´information au « temps de cerveau humain disponible » vendu à une boisson gazeuse. »  Philippe LefaitParmi les diverses entrées de ce lexique, on trouvera :  Audimat, dommage qu´un lexique amoureux commence par ce chancre...  Infiniment, parce qu´un jour, écoutant une interview se terminer par : « Merci, Madame Bettencourt, merci beaucoup, merci infiniment... », on se demande « De quoi ? »  Fortune, celle du gagnant du loto dont on choisit de faire la une alors même qu´on génocide du côté des grands lacs en Afrique.
    Plaisir, de la rencontre, de l´invité qui se donne. Ce jour-là, Roland Dubillard.  Présentation, celle du journal, « une masturbation sans les mains ».  Solitude, quand le rouge est mis et que le ventre rétrécit, encore aujourd´hui.

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