Sciences humaines & sociales

  • D'une part un député de gauche, non croyant, évoquant la place grandissante de la spiritualité dans ses combats. D'autre part, un évêque catholique refusant les étiquettes politiques, clame son opposition radicale au culte de l'argent-roi et invoque le devoir d'accueil des étrangers.
    Dialogue entre François Ruffin, député de la Somme, et Mgr Olivier Leborgne, évêque d'Amiens, sur les rapports entre la spiritualité et la politique, et plus particulièrement sur les liens entre la quête de paix intérieure et la recherche de paix sociale.
    Un échange franc où se mêlent spiritualité et politique qui permettra au lecteur de découvrir deux fortes personnalités aux convictions affirmées révèlant de nombreux points de convergence et dévoilant des parties étonnantes de leur parcours !
    À PROPOS DES AUTEURS
    François Ruffin - Né en 1975. Fondateur et rédacteur en chef du journal Fakir. César du meilleur film documentaire en 2017 pour son premier film, Merci Patron !. En 2017, élu député. Siège au sein du groupe La France insoumise.
    Olivier Leborgne - Né en 1963. Prêtre puis vicaire général du diocèse de Versailles. Nommé évêque d'Amiens en 2014. Conseiller ecclésiastique de la Confédération nationale des associations familiales catholiques. Nommé évêque d'Arras en 2020.
    Propos recueillis par Hugues Pinel et Adrien Louandre.

  • Jo Spiegel revient sur son parcours et propose un renouveau démocratique. Maire de Kingersheim (Haut-Rhin), Jo Spiegel refusa en 2014 la Légion d'honneur, pour dénoncer « une démocratie en panne ». En 2015, il a rendu sa carte du PS, devenu selon lui une « officine de conquête du pouvoir ». Comme beaucoup de Français, Jo Spiegel est un citoyen en colère, déçu par le manque de courage de la classe politique. D'autant qu'à son échelle, celle d'une ville située dans la banlieue de Mulhouse, il a prouvé depuis longtemps que l'on pouvait agir. Ancien athlète de haut niveau, c'est à force d'endurance et de volonté qu'il s'est fait le champion de la démocratie participative. Dans sa commune, il a soumis tous les projets à la concertation et au vote d'un panel d'habitants, instauré le tirage au sort, délocalisé le conseil municipal dans une Maison de la citoyenneté, rencontré tous les foyers en porte-à-porte, etc. En 2014, il a été réélu au premier tour avec près de 60 % des voix. Dans ce livre d'entretien, il raconte son parcours d'élu atypique, et fait sa part d'autocritique : il confie avoir connu le goût du pouvoir et reconnaît des défaites, comme le taux d'abstention ou le score du FN qu'il n'a pas su faire baisser. Enfin, Jo Spiegel confie dans ces pages étonnantes qu'il nourrit sa politique de lectures philosophiques (Hannah Arendt, Paul Ricoeur) et d'une quête de spiritualité. Lui qui fait chaque année des retraites en monastère pour se ressourcer est un combattant acharné des dérives obscurantistes. Il appelle à redonner tout son sens à la belle expression, souvent galvaudée, de « vivre-ensemble ». Le coup de gueule d'un défenseur de la démocratie participative. À lire absolument ! EXTRAIT Les électeurs attendent l'alternative, ils ne récoltent que l'alternance. Les changements sont essentiellement sémantiques. D'où le désenchantement, le rejet et la défiance à l'égard de ceux qui ont des responsabilités ! Comment peut-il en être autrement quand, pour gagner les élections, on applique les mêmes ingrédients que pour le marketing commercial : - La séduction, alors qu'il serait urgent de parler vrai. Mais les électeurs sont-ils en capacité, dans un pays passé maître dans l'addition des corporatismes, d'entendre la vérité ? - La caricature, alors que notre société est marquée par la complexité. Mais se donne-t-on le temps et les moyens d'aller au fond des sujets ? - La posture, qui fait que l'on s'oppose quand on est dans l'opposition, et que l'on est persuadé d'avoir toujours raison quand on est dans la majorité. Quel spectacle indigne que le débat politique dans notre pays ! À PROPOS DE L'AUTEUR Ancien professeur de sport et champion d'Alsace de 800 mètres, Jo Spiegel est maire de Kingersheim (Haut-Rhin) depuis 1989. Il a été conseiller régional (1986 - 1998) et conseiller général (1988 - 2008). Sa commune est devenue un laboratoire réputé de démocratie participative.

  • Comment faire le deuil de l'avenir pour vivre et agir dans le présent ? Riche de ses quarante années de consultations comme psychologue, particulièrement en milieu rural, Cécile Entremont mesure l'impact des crises sur les comportements individuels et collectifs, familiaux notamment. Elle constate du désespoir, du fatalisme et un déni de réalité, qui consiste à ne pas voir la gravité du contexte économique, social et écologique. Face à cette situation, elle propose de faire un certain « deuil de l'avenir » pour s'ancrer dans la réalité et se mettre en mouvement. Un ouvrage qui propose des pistes très concrètes qui passent par l'éducation, l'attention aux autres et à la nature, l'ancrage local, la vie associative et le développement personnel ! EXTRAIT Les gens sont devenus tendus, perdus, malades, stressés, angoissés ; les enfants, désabusés, dispersés ; les inégalités entre les riches et les pauvres se sont creusées, et les guerres éclatent partout du Moyen-Orient à l'Afrique Centrale, au Pakistan, et s'éclaboussent même en Europe par l'intermédiaire de groupes terroristes armés. Tout cela aurait-il un lien avec la question précédente, celle de la crise globalisée de notre monde ? Je partirai de ma position de psychologue clinicienne, psychothérapeute et formatrice pour faire état de mes observations. Quels changements majeurs concernant les interrogations et les comportements humains durant les quarante dernières années seraient à souligner ? Et quels constats frappants souvent partagés m'est-il possible de faire aujourd'hui ? Quelles questions soulever alors, pour aborder l'avenir en matière d'éducation, de vie sociale et de développement personnel ? L'enjeu est de taille pour les temps qui viennent : c'est urgent. À PROPOS DE L'AUTEUR Psychologue clinicienne, psychothérapeute et docteure en théologie, Cécile Entremont pratique également l'accompagnement spirituel, individuel et en groupe. Elle vit et travaille en Bourgogne.

  • Édition revue et corrigée ! Au XIe siècle, sur fond de lutte acharnée entre le Pape et l'Empereur, l'Occident connaît une révolution qui bouleversera à jamais son visage : c'est la réforme grégorienne, inspirée du nom du pape Grégoire VII, avec des effets qui durent encore aujourd'hui. Les réformateurs du XIe siècle veulent corriger les moeurs, restaurer la discipline monastique et, de manière générale, séparer nettement dans la société les clercs et les laïcs, au profit des premiers. Ils conduisent à la querelle des investitures, marquée par des affrontements violents. En voulant trancher la question de l'équilibre des pouvoirs entre deux puissances à vocation universelle - l'Empire et la Papauté -, la réforme grégorienne désacralise le pouvoir politique et conduit à un profond renouvellement des élites d'Eglise. Paradoxalement, en séparant le temporel du spirituel, elle participe à son corps défendant à l'émergence d'un pouvoir laïc à la tête des sociétés médiévales. Marquant à jamais la chrétienté latine, l'oeuvre des papes Léon IX, Grégoire VII et Urbain II constitue l'une des matrices du développement politique, religieux et culturel européen. La réforme grégorienne a fait l'objet de nombreux travaux depuis un siècle, mais jamais aucun n'aura été aussi accessible et aussi lumineux sur la façon dont ce lointain passé a façonné notre présent. EXTRAIT L'histoire de la réforme grégorienne - et l'affrontement entre la Papauté et l'Empire qui s'en est suivi - fait partie des épisodes les plus célèbres et les plus importants de l'histoire du Moyen Âge européen. Ce qui s'est déroulé au cours du XIe et au début du XIIe siècle a profondément marqué le paysage politique et religieux de l'Europe médiévale, et certaines de nos idées ou représentations contemporaines du pouvoir y ont leurs racines. À PROPOS DE L'AUTEUR Sylvain Gouguenheim est un historien médiéviste français. Après avoir rédigé une thèse de doctorat à l'Université de Paris X-Nanterre consacrée, sous la direction d'André Vauchez, à la mystique rhénane Hildegarde de Bingen, il a été maître de conférence à l'Université de Paris I-La Sorbonne et membre du LAMOP (Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris) avant de devenir professeur des universités à l'ENS Fontenay-Saint-Cloud (ENS LSH de Lyon) de Lyon. En 2008, il publie Aristote au Mont-Saint-Michel, un livre dans lequel il prend le contrepied de certains cercles d'historiens qui considèrent que le monde musulman a joué un rôle important dans la transmission à l'Occident médiéval de l'héritage culturel antique.

  • Les dérives de la Modernité démocratique. Le blog politique d'Alain Soral est l'un des plus visités de France : ce constat dérange et interroge. D'une part, Soral exècre le système démocratique, fustige la « république maçonnique », fait commerce de l'antisémitisme et entretient l'imaginaire conspirationniste. Mais d'autre part, les principes qu'il invoque sont ceux de notre Modernité démocratique : liberté d'expression contre « censure » ; discours antiraciste (au service de la haine des Juifs) ; esprit critique face aux « vérités officielles »... Le tout diffusé de façon très efficace sur Internet et les réseaux sociaux. Un paradoxe terrible s'impose à nous : les principes de la Modernité démocratique se retournent désormais contre eux-mêmes. A partir du travail d'enquête qu'il a mené sur Alain Soral et son entourage, c'est le symptôme d'un danger plus global que Bruno Di Mascio analyse. Celui d'une société moderne arrivée au bout de ses contradictions, où le débat public valorise l'extrémisme pulsionnel plutôt que la critique raisonnée, et où les conflits identitaires sont attisés par l'ouverture à la globalisation. Le conspirationnisme et la défiance communautaire se banalisent pour mener au séparatisme politique, intellectuel et symbolique, dans un pays fracturé. La France de Soral serait-elle la France qui vient ? Une étude très intéressante qui souligne la pente glissante qu'est en train d'emprunter le débat public, où antisémitisme et conspirationnisme occupent malheureusement toujours plus d'espace ! EXTRAIT Que ce soit à l'occasion d'un attentat, d'une élection ou d'une crise économique, les thèses conspirationnistes s'immiscent dans le débat public. Sur les réseaux sociaux et les blogs spécialisés, elles prétendent démasquer l'action malfaisante des services secrets français, américains ou israéliens. En France, les figures de proue du mouvement conspirationniste sont incontestablement l'humoriste Dieudonné et surtout Alain Soral, essayiste et président du mouvement Égalité & Réconciliation (E&R). À chaque événement d'actualité d'ampleur, l'un et l'autre élaborent et relaient massivement les théories du complot sur fond d'antisémitisme ; une vision du monde qui se retrouve jusque dans les spectacles de Dieudonné. Le succès de ce phénomène ne doit pas être sous-estimé : si la « Liste Antisioniste » qu'ils ont conduite aux élections européennes de 2009 en Île-de-France n'avait alors obtenu « que » 1,30 % des voix (mais plus de 5 % dans certaines communes de Seine-Saint-Denis), sur le plan médiatique, en revanche, dieudosphere.com (le site de Dieudonné) et egaliteetreconciliation.fr (celui de Soral) font partie des sites les plus visités en France, avec 4 à 12 millions de visiteurs par mois. Ils sont ainsi plus consultés que des sites d'informations comme Atlantico ou Médiapart. C'est à tel point que dans deux discours prononcés en 2013, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, a nommément dénoncé l'emprise idéologique d'Alain Soral. À PROPOS DE L'AUTEUR Bruno Di Mascio, né à Rouen en 1994, est diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Paris et de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Les souterrains de la démocratie est son premier livre.

  • Retour sur un courant politique qui est omniprésent dans la société. Le néolibéralisme est-il une idéologie ? Comment s'est-il imposé dans le monde depuis quarante ans ? Quel est son bilan ? Pourquoi faut-il distinguer libéralisme et néolibéralisme ? Toutes ces questions, et beaucoup d'autres, Claude Simon les aborde de front dans cet ouvrage très clair et documenté. Il explique comment le néolibéralisme, sous couvert de liberté et d'efficacité économique, s'est imposé dans tous les domaines de notre vie. Et comment il a été pensé et imposé par des théoriciens, comme Friedrich Hayek ou Milton Friedman, et par des politiques, comme Margaret Thatcher ou Ronald Reagan. Claude Simon est aussi retourné aux sources : si le libéralisme est né au siècle des Lumières pour libérer l'homme du pouvoir absolu et mettre l'économie à son service, le néolibéralisme, lui, a inversé cette logique en plaçant les individus et les États au service de l'économie et des marchés. Un ouvrage très intéressant qui éclaire sur l'origine et les conséquences de l'idéologie néolibérale. EXTRAIT De nombreux observateurs constatent une mutation, opérée à la fin de la décennie soixante-dix ou au cours des années quatre-vingt. En fonction de leur spécialité - politique, économique, financière -, ces auteurs lui donnent différentes causes : les gouvernements Reagan et Thatcher pour les premiers, les théories de Friedman et Hayek pour les deuxièmes, la libéralisation des marchés pour les troisièmes. Sont évoqués, pour traduire ce phénomène, les termes d'ultralibéralisme ou de néolibéralisme. Ce dernier étant le plus fréquemment utilisé, nous le choisirons pour cet ouvrage. Pour autant, nous n'avons pas trouvé d'analyse de cette profonde mutation qui l'aborde sous ses multiples composantes - philosophique, économique, politique - et qui soit accessible à un grand public. Nous nous sommes alors posé plusieurs questions : le néolibéralisme constitue-t-il le système de pensée qui sera dominant au XXIe siècle ? Si oui, quelles sont ses origines et ses conséquences ? En quoi diffère-t-il du libéralisme ? Où va le monde s'il persiste dans sa domination ? CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ce petit bouquin est donc une lecture indispensable : il met en perspective l'enchaînement des fausses évidences qui conduit à la destruction de nos démocraties, lesquelles se voulaient civilisées. - Collectif Roosevelt À PROPOS DE L'AUTEUR Claude Simon est professeur émérite d'économie à l'ESCP-Europe. Il a récemment publié : Stop à la dérive des banques et de la finance puis co-rédigé Stop au mirage de la croissance (l'Atelier/ Collectif Roosevelt).

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