FeniXX réédition numérique (Éditions Racines)

  • Confronté à l'un des spectacles les plus beaux du monde - Istanbul et le Bosphore, vus du sommet de la tour de Galata - Georges Cohen éprouve une soudaine nostalgie pour son "paradis perdu", Tunis, et la petite vie, humble et simple, qu'il a vécue au sein d'une communauté juive inconsciente des bouleversements qui allaient l'affecter. Il décide alors de raconter "le banal, le quotidien" afin de conserver au moins la mémoire de ce qui fut et n'est plus. La Tunisie qu'il décrit est "sa" Tunisie. Elle est différente de celle d'un petit Arabe de Bab Souika, d'un petit Français, fils de fonctionnaire ou de colon, d'un Italien de la "Piccola Sicilia". C'est celle d'un enfant juif, vivant à Tunis, dans un quartier qui n'est ni la Hara, ni la deuxième porte du Belvédère. Les vingt ans qui occupent ce récit seront traversés par deux événements majeurs : d'une part l'occupation allemande, en 42-43, d'autre part la lutte pour l'Indépendance et la fin du Protectorat. L'auteur essaye de comprendre et d'expliquer un processus au terme duquel des communautés qui coexistaient harmonieusement, formant une mosaïque de peuples, de races, de religions, de coutumes, de traditions, ont pris le chemin du départ. Il s'intéresse, dans ce récit, à celle qu'il connaît le mieux, la sienne.

  • Le manuscrit de Deux femmes sous le même toit (intitulé initialement L'Étrangère) fut écrit en 1962, finalisé pour l'épilogue en 1991, et proposé à plusieurs maisons d'éditions. Récit initiatique d'une rencontre entre deux femmes qui choisissent de vivre ensemble puis de se séparer, ce roman évoque la difficulté d'être une femme libre et responsable et en même temps asservie par le travail, la maternité et les dures obligations du quotidien. Histoire d'autant plus douloureuse que chacune des protagonistes (la "bourgeoise" et la "marginale") par les entrelacs d'une relation tourmentée, remet sans cesse son vis-à-vis en question. Dans la trame du récit se burine, peu à peu, une incompatibilité radicale entre les deux existences : l'une difficile mais maîtrisée, économiquement indépendante, et l'autre gouvernée par un passé tragique, une identité d'étrangère, et la recherche vaine d'un emploi. Pour libérer son amie du désespoir et de sa mémoire meurtrie, la femme qui l'héberge entreprend d'écrire un livre-miroir destiné à renvoyer à l'amie nomade et sans-abri une image et une identité neuves. Cependant que cette dernière se dévoue à la garde des enfants de sa compagne. Mais, malgré les compromis, la vie à deux s'avère impossible et la séparation mettra un terme à leur confrontation en dépit de l'attachement qu'elles se vouent.

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