Sciences humaines & sociales

  • Le 1er septembre 1989, quand le Réseau des sports voit le jour, elle est la première voix que les amateurs de sport du Québec entendent. Près de 30 ans plus tard, le paysage médiatique est aujourd'hui méconnaissable, mais Chantal Machabée a traversé les modes et les époques, accumulant rencontres fascinantes et affectations prestigieuses. Le plus extraordinaire, c'est qu'elle y est parvenue en se démarquant dans un milieu outrageusement dominé par des hommes.

    D'abord animatrice de Sports 30, Chantal passera plus tard à la couverture quotidienne du Canadien de Montréal, devant continuellement se battre contre les préjugés. Avec l'émergence des réseaux sociaux, ces préjugés prennent souvent la forme de commentaires haineux, mais une vive dénonciation portée par les médias finit par marginaliser de tels discours. À ce combat pour sa crédibilité s'ajoutent les rumeurs les plus farfelues et la délicate gestion des relations avec les joueurs.

    Chantal mène de front carrière et vie de famille. Hugo et Simon, ses grands complices, mordus de sport comme elle, grandissent en voyant leur mère en ondes. Une fois ados, ce sont eux qui lui donnent le feu vert pour qu'elle parte sur la route suivre le Canadien en tant que journaliste de beat.

    Lire la vie de Chantal, c'est aussi revivre l'histoire de RDS, dont elle est le visage emblématique. Des balbutiements de la station jusqu'aux crises de fous rires en direct, en passant par la mort tragique du populaire Paul Buisson, Chantal vit à fond les joies et les peines d'une station qui est aussi sa deuxième famille. Le récit inspirant d'une battante qui n'a pas fini de relever les défis!

  • D'abord présentées sur les ondes d'Énergie puis de Rouge FM, les chroniques de Rosalie Bonenfant ont conquis des dizaines de milliers d'auditeurs. Tantôt mordantes et cyniques, tantôt intimistes et sensibles, les « humeurs » de Rosalie ne rejoignent pas que les gens de sa génération mais tous les Québécois, de l'adolescent au boomer... à l'exception de quelques « matantes » indignées par son ton direct ou la crudité d'un thème ou d'un mot.

    Qu'elle parle d'enjeux sociaux importants (le couple, le consentement, la famille, le féminisme, les préjugés, l'image de soi, le suicide) ou plus légers (le pot, la relâche, les potins, les galas, le temps des fêtes), Rosalie sait extraire de chaque sujet le zeste qui pique et qui fait mouche, que ce soit avec l'insolence d'une ado ou la sagesse d'une vieille âme.

    Ceux et celles qui l'ont appréciée et adoptée à la radio auront plaisir à relire ses envolées et ses confidences, tandis que d'autres la découvriront en toutes lettres, dans cette anthologie de 67 chroniques qui leur en feront voir de toutes les couleurs. Les débuts littéraires d'une enfant terrible dont on n'a pas fini d'entendre parler !

  • Comment prévenir le crime? Qu'est-ce que la cybersécurité? Comment gérer les crises et les mesures d'urgence? Ce traité contient tout ce que les praticiens et les étudiants doivent savoir sur la sécurité.

    « L'activité de sécurité inclut tous les moyens propres à résorber l'insécurité et à réduire le nombre ou la gravité des crimes, des délits, des conflits, des accidents et des crises, peut-on lire en introduction. Les spécialistes de la sécurité préviennent, surveillent, dissuadent, mettent en place des mesures d'urgence et rétablissent l'ordre. »

    Douze ans après le premier Traité de sécurité intérieure, une nouvelle édition s'imposait pour comprendre le domaine de la sécurité intérieure qui n'a cessé de s'élargir et de s'enrichir de nouvelles connaissances, du progrès des technologies et des transformations de la criminalité. Les lecteurs pourront prendre la mesure de son évolution, tant du point de vue des technologies, des méthodes d'enquête, de l'efficacité des actions que des nouvelles approches en prévention.

    Entièrement revue et réécrite par une équipe de rédacteurs provenant du Québec, de la France, de la Suisse et de la Belgique, cette nouvelle édition réunit une vingtaine de chapitres inédits en plus d'offrir une large mise à jour des autres. Cet ouvrage dresse le portrait le plus complet de la sécurité intérieure.

  • Depuis des décennies, France Labelle se consacre à l'aide directe auprès de personnes sans-abri et en difficulté ainsi qu'à l'amélioration de leurs conditions de vie, à la défense et à la promotion de leurs droits. Franchir la barre des 30 ans d'engagement au Refuge des Jeunes de Montréal l'a poussée à jeter un regard rétrospectif sur son parcours, en même temps qu'à réfléchir sur des enjeux incontournables de l'itinérance.

    Elle nous fait découvrir la réalité des jeunes sans-abri à travers une mosaïque de textes, dont certains sont des entretiens qu'elle a elle-même menés avec des gens proches du Refuge: jeunes, intervenants, bénévoles, gestionnaire, philanthrope. L'auteure démontre aussi sa fibre militante par d'autres textes aux accents de pamphlets dénonçant des injustices dont sont victimes les sans-abri. Elle raconte aussi la genèse de certaines initiatives développées par le Refuge au fil des ans: le Logement social avec soutien communautaire ou encore le célèbre Show du Refuge.

    Grâce à sa plume, son parcours, ses convictions, France Labelle réussit à restituer l'univers complexe de l'itinérance et nous interpelle sur cet enjeu crucial de notre société.

  • Il y a environ 7 500 ans, le glacier continental se retira du paysage de ce qui deviendra le Québec. Ainsi commence cette histoire fascinante et abondamment illustrée d'une terre unique et magnifique, une histoire qui s'est constamment transformée au fil des siècles au gré des mouvements des habitants de ce territoire. Dans une prose concise et élégante, traduite avec finesse de l'anglais par Hélène Paré, Peter Gossage et J. I. Little racontent le passé du peuple et de l'espace québécois, là où les interactions entre la tradition et la modernité ont forgé une identité comparable à nulle autre dans le monde.

    «Un ouvrage sérieux et approfondi - un manuel pratique sur les forces de la tradition et de la modernité.» Montreal Review of Books «L'histoire complète de Gossage et Little présente un Québec "qui n'est pas une province comme les autres".» Desmond Morton, auteur de A Short History of Canada

  • Le 14 décembre 2009, Vincent Godin s'enlevait la vie à l'âge de 16 ans. Son père, le peintre et illustrateur Eric Godin, en a perdu pendant longtemps le goût de vivre et de créer. Puis, un jour, encouragé par un ami, Zïlon, il a tenté de mettre, à défaut d'images, des mots sur le geste de son fils.
    Il en a résulté Lettre à Vincent, sorte de message qu'Eric a glissé dans une bouteille qu'il a ensuite jetée à la mer. Depuis, que ce soit sous la forme d'un essai interactif produit par l'ONF ou par le biais du Web, cette lettre a trouvé sur sa route d'autres naufragés tentés d'imiter Vincent ainsi que des parents survivants en quête d'un baume à l'âme.
    Un livre utile et précieux. Des mots simples, mais fabuleusement denses, percutants, sur des encres tantôt poignantes, tantôt apaisantes de Zïlon. Les mots germés dans le coeur d'un artiste menotté par la mort. La lettre d'un père à son fils suicidé.

  • René Lévesque (1922-1987) demeure dans la mémoire collective des Québécois une figure politique marquante du XXe siècle, mais ne fut-il pas d'abord un journaliste ? Entre la défaite de l'« équipe du tonnerre » de Jean Lesage aux élections de 1966 et l'accession au pouvoir du Parti québécois en 1976, il partage son temps entre une activité politique intense et un retour à l'une des pratiques du journalisme, la chronique. Sait-on qu'en dix ans à peine, il a signé quelque 1 400 chroniques ? Grâce à la Fondation René-Lévesque et aux Éditions Hurtubise, ces articles méconnus seront maintenant accessibles dans leur intégralité. Les historiens Éric Bédard et Xavier Gélinas ont veillé à l'établissement des textes et à leur présentation.
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    En 1970, René Lévesque a 48 ans : l'âge des bilans et des mises au point. La défaite électorale du 29 avril le plonge dans une période de doute et de remises en question. Cette fois, la défaite est personnelle : c'est non seulement celle du Parti québécois, mais la sienne aussi puisqu'il perd sa circonscription de Laurier. Pour la première fois depuis dix ans, il se retrouve sans mandat, sans emploi, sans revenu. C'est dans ce contexte trouble que Pierre Péladeau lui offre une chronique au Journal de Montréal. Le chef péquiste publiera ses réflexions sur l'actualité six jours par semaine - un mandat très lourd, comme on peut le constater dans ce volumineux deuxième tome qui commence le 29 juin 1970.

    Ces chroniques sont surtout consacrées à la politique québécoise et canadienne. Il faut dire que l'actualité a de quoi occuper Lévesque : le FLQ et la crise d'Octobre, la Loi des mesures de guerre, la réforme du système de santé, les grandes grèves. Il commente aussi l'échec de la conférence constitutionnelle de Victoria, la Commission Laurendeau- Dunton, la Baie-James et certains enjeux internationaux qui ont toujours passionné le journaliste qu'il rêve parfois de redevenir.

  • Le 5 juin 1966, l'Union nationale est reportée au pouvoir. Pour les libéraux de Jean Lesage, la défaite est amère. Plusieurs croient que l'élan de la Révolution tranquille risque de se briser sur le récif d'un conservatisme rétrograde. Parmi ceux qui broient du noir durant l'été 1966, le fougueux René Lévesque, 43 ans, réélu député de Laurier. La défaite de son parti le prend de court. Malgré des réalisations importantes en tant que ministre des Ressources naturelles et de la Famille et du Bien-être social, il a l'impression de laisser de grandes réformes en plan. Il y avait encore tant à faire pour mettre fin à l'infériorité économique des Canadiens français, assurer à chacun un minimum vital, offrir à tous des chances égales!

    Pour les révolutionnaires tranquilles, cette défaite force la réflexion. Les années 1960 sont marquées par une sorte de révolution culturelle. Les guerres de décolonisation, la colère des Afro-Américains, les révoltes estudiantines, Vatican II, la critique radicale de la famille et de l'école traditionnelles, tout concourait à l'éclipse des repères anciens. René Lévesque allait être un témoin et un acteur privilégié de ces transformations. Le 11 septembre 1966, il publie sa première chronique. Pour ce communicateur d'expérience, c'est une nouvelle aventure qui commence. Elle se poursuivra presque sans interruption pendant dix ans. Dans ce premier tome, sont reproduites ses chroniques du Dimanche-Matin et du Clairon de Saint-Hyacinthe. Ces textes des années 1966 à 1970 sont présentés avec le souci scrupuleux de respecter leur état d'origine. De nombreuses notes de bas de page visent à éclairer des personnalités, des événements, des allusions.

  • L'histoire du Québec en 30 secondes Nouv.

    La Conquête fut-elle une «heureuse calamité» ou une catastrophe? Quel a été le rôle des femmes dans la construction de la colonie? Et quel rôle a joué le FLQ sur le développement du mouvement national? La question «Quelle histoire faut-il apprendre?» n'est pas simple. Doit-on écrire l'unique récit de l'aventure historique des Québécois? Mais que faire de l'histoire des Amérindiens, des Noirs en Nouvelle-France et de tous les autres membres de cette société qui ne se reconnaissent pas dans le peuple canadien-français? Faut-il alors présenter l'histoire des différents groupes composant la société ou simplement se borner aux limites territoriales?

    Par des textes brefs rédigés dans un langage accessible, les deux auteurs relèvent le défi et livrent une extraordinaire synthèse du Québec à travers 55 événements importants de son histoire, depuis les premiers occupants avant même l'implantation de la colonie jusqu'aux accommodements raisonnables, en passant par la Nouvelle-France, les Patriotes, l'Expo 67, la Loi 101 et les référendums. L'ouvrage nous livre également le portrait de 8 personnalités importantes, plus ou moins connues, qui ont marqué l'histoire du pays. Le tout est magnifiquement illustré avec une iconographie vintage spectaculaire.

  • Les Taupes frénétiques posaient le constat de la multiplication des phénomènes de montée aux extrêmes, tant dans le domaine du spectacle que de la vie quotidienne.
    Partout il faut capter l'attention, éclipser la concurrence. Il faut se démarquer. L'existence est à ce prix. Il faut se faire remarquer. Parmi des millions d'autres qui veulent se faire remarquer.
    Le simple fait d'exister, de se produire comme individu, devient un exercice de plus en plus extrême, dans un milieu qui lui-même l'est de plus en plus, marqué par le foisonnement des processus d'escalade, des dispositifs de prolifération et des pratiques de transgression.
    L'omniprésence de l'extrême, qui apparaît partout comme normale, ce livre en poursuit la mise au jour dans les processus, les structures et les modes d'organisation de la société.
    Par leur effet structurant, ces activités, qui sont marquées au coin de ce qu'on pourrait appeler l'extrême ordinaire, constituent en quelque sorte la Fabrique de l'extrême.

  • Précédé de Les Émois de Néo-NarcisseNéo-Narcisse est la nouvelle forme sociale montante, la nouvelle figure qu'emprunte l'individu pour s'insérer - et tenter de prospérer - dans un monde de plus en plus extrême. Un monde où il lui est difficile d'inscrire des projets dans la durée, de s'ancrer dans des appartenances durables et de s'appuyer sur des représentations du monde qui font autorité pour comprendre son univers et faire face au déluge d'informations qui lui tient lieu de connaissancePour Néo-Narcisse, la situation est différente de celle où se trouvait son lointain prédécesseur, le Narcisse de la mythologie grecque. Ce dernier, prisonnier de l'amour de son reflet à la surface de l'eau, finissait par y tomber et se noyer.La noyade qui guette Néo-Narcisse est différente. Dans le monde industrialisé qu'il habite, le miroir pour ainsi dire naturel que constituait la surface de l'eau a été remplacé par des miroirs culturels et sociaux. Ce qui s'offre à Néo-Narcisse, quand il veut se rassurer sur son identité et sur le sens de sa présence dans le monde, c'est le double miroir de la consommation valorisante et du regard des autres. Et c'est là, dans cette consommation et dans ce regard, qu'il risque de se perdre.Spectateur anxieux de lui-même, voué à capturer le regard des autres, Néo-Narcisse est condamné à se donner en spectacle... dans un univers qui manifeste lui-même une dimension de plus en plus spectaculaire, et dans lequel une quantité croissante de spectacles s'offrent pour le divertir.C'est donc sur fond de spectacle permanent que s'orchestre le spectacle de sa vie... et qu'il tente de faire sa marque. Même si, pour cela, il doit établir ses quartiers dans la prison de l'urgence. Notes particulières : Grand public curieux de l'actualité et des phénomènes sociaux.

  • Si nous avions tout faux? Si les 80 000 Autochtones du Québec n'avaient jamais été chassés de leurs territoires ancestraux par la civilisation européenne? Et si les certitudes anthropologiques concernant la présence ancestrale des Autochtones sur le territoire québécois se révélaient erronées? Réjean Morissette propose une nouvelle perspective en matière d'autochtonie et de relations entre les Autochtones et la société civile québécoise. Ce livre jette un éclairage inédit sur l'histoire du Québec, celle de la présence autochtone, mais aussi de l'histoire de l'occupation du territoire par les Français et les Anglais et de leur relation avec les Autochtones. Se réapproprier la liberté et le droit de réfléchir sur les relations entre Autochtones et non autochtones constitue un enjeu de société pour le Québec. Est-il possible de développer ensemble une citoyenneté québécoise autochtone respectueuse du passé et porteuse d'avenir pour tous? Par quel moyen le Québec peut-il mettre fin à l'impasse constitutionnelle créée par la Loi canadienne sur les Indiens? Peut-on concevoir pour les Autochtones québécois un destin autre que celui les confinant dans des réserves? Les Autochtones ne sont pas des pandas, un ouvrage coup de poing au moment où le gouvernement du Québec fait la promotion du Plan Nord, politique la plus récente et la plus ambitieuse jamais proposée pour le développement du Nord du Québec.

  • Autrefois la marque du terrorisme et des mouvements politiques radicaux, l'extrême devient la nouvelle normalité, tant pour les individus que pour les groupes. N'est digne d'intérêt que ce qui est extrême. N'est désirable que ce qui est extrême. Partout le message est le même: dans les médias, sur les écrans et sur les scènes, au musée et dans les stades, dans les cours d'école et les cliniques d'entretien en tout genre... N'existe que ce qui est extrême. À partir de ce panorama de la montée aux extrêmes, l'auteur tente de repérer des cohérences, d'identifier des logiques et de dégager des tendances ou des évolutions. Une hypothèse sert de guide à cette lecture: celle que la vie occidentale, autant dans sa réalité quotidienne que dans l'image qu'en propose l'univers du spectacle, est structurée par quatre logiques: celles de la drogue, du cancer, de la délinquance et de la pornographie. Ainsi s'expliquerait la quête de l'intensité qui semble être, pour de plus en plus d'Occidentaux, le coeur de la recherche du bonheur: une fébrilité permanente, dans tous les aspects de la vie, qui permettrait d'oublier la perte de sens. Frénésie myope et agitation à courte vue... Serions-

  • À partir de quel moment les Français débarqués en Amérique sont-ils devenus des Canadiens? Assez tôt, les récits des premiers voyageurs de l'époque s'étonnent et se ravissent du caractère distinct (déjà!) et de la pureté de notre langue... Il n'y a pas que le climat extrême, les ressources fabuleuses et l'isolement de ce pays qui contribuent à façonner l'identité de ce «nouveau monde»: sa rencontre avec l'Indien sera déterminante pour son destin. Si le peuple canadien a maille à partir avec certaines nations, les Indiens représentent en général pour lui un allié, un partenaire, un bienfaiteur. Les Canayens qui sauront apprivoiser et se faire apprivoiser des Sauvages détiendront bientôt les clés du continent. Grâce à la plume savoureuse de Jean-Claude Germain, nous retraçons les origines de l'identité canayenne, incarnée par des hommes et des femmes qui nous ont transmis leur bien le plus précieux: l'esprit d'indépendance. Autant de portraits inoubliables, qui tranchent souvent avec les refrains ânonnés par les manuels et nous aident à mieux comprendre comment ce nouveau monde a pris racine et a survécu en terre d'Amérique. Écrivain, dramaturge, metteur en scène, directeur artistique, acteur, conférencier, journaliste, chroniqueur, raconteur, historien, amoureux des livres et fin goûteur de souvenirs, Jean-Claude Germain aime redonner vie à l'histoire, la grande comme la petite. Après Rue Fabre, centre de l'univers et Le Coeur rouge de la bohème, il nous convie à revisiter une galerie de personnages essentiels de l'épopée québécoise, des balbutiements de la Nouvelle-France jusqu'après la Défaite.

  • Le Québec choisit ses immigrants en fonction de critères et en vue d'objectifs qu'il définit lui-même. Cette autonomie, conquise de haute lutte dans les années 1960 et 1970, n'a d'équivalent ni dans un autre pays, ni dans une autre province du Canada. En 2011, 37 000 travailleurs qualifiés ont été sélectionnés selon leur âge, leur formation, leur expérience de travail, leurs compétences linguistiques et le profil de leur conjoint.

    La responsabilité de relever le défi de l'immigration a été confiée à un acteur principal, le ministère de l'Immigration. Depuis quarante-cinq ans, et bien qu'il ait toujours été le parent pauvre de la distribution budgétaire, ce ministère a développé un savoir-faire et des traditions non négligeables. La cohérence à long terme de la politique québécoise peut faire figure de modèle. Pourtant, elle est aujourd'hui menacée.

    Parce que l'immigration et la sélection des candidats font l'objet de questionnements, certains sembleraient prêts à faire table rase de cette expertise pour, à l'instar du fédéral, ne plus river la sélection qu'à un seul objectif : l'employabilité à court terme. Or, la sélection de futurs concitoyens doit se soucier de leur intégration au regard des caractéristiques économiques, culturelles et linguistiques propres à la société québécoise. Il importe donc de conserver des critères pluriels, comme d'assurer la qualité du processus de sélection.

    Cet ouvrage retrace l'histoire des politiques d'immigration québécoises. Il expose aussi les rouages de la politique de sélection des immigrants du Québec, ses objectifs parfois contradictoires, ses moyens et ses limites. De plus, il propose quelques pistes pour relever les défis à venir.

  • L'esclavage a-t-il existé à Montréal? Si oui, à quoi ressemblait-il? Frank Mackey s'attaque à cette question dans Une fin à l'esclavage, une étude sur les Montréalais noirs au cours des 80 années qui se sont écoulées entre la Conquête britannique et l'Union des Canadas.

    Grâce à un examen attentif de documents d'archives et d'ouvrages plus récents, Mackey met au jour de nombreux aspects méconnus de la transition vécue par les Noirs entre l'esclavage et la liberté. Sans négliger l'évolution du statut juridique de l'esclavage, l'ouvrage fournit une reconstitution précise et nuancée de la situation des Noirs à Montréal, de leur vie et de leur expérience. Il en résulte un portrait remarquablement complexe, mettant en évidence la diversité des métiers et professions exercés par les Noirs, les relations qu'ils tissaient avec leurs maîtres et leurs employeurs, leurs contacts de toute sorte avec les systèmes judiciaires et politiques, ainsi que les métissages découlant des mariages mixtes et des contrats d'apprentissage. Une fin à l'esclavage jette un éclairage nouveau sur la notion d'esclavage et celle de négritude (blackness); il démontre que les études historiques portant sur ce sujet doivent tenir compte de l'existence concrète des populations noires «marginales».

    Étayé par une vaste recherche documentaire, Une fin à l'esclavage invite les lecteurs à regarder la société coloniale à travers le prisme de l'expérience des Noirs et à découvrir que les racines du présent ne sont ni aussi saines qu'on le souhaiterait, ni aussi amères qu'on pourrait le prétendre.

  • Dans ce deuxime tome de Nous tions le nouveau monde, Jean-Claude Germain continue revisiter la galerie des personnages essentiels de l'pope qubcoise, des lendemains de la Dfaite jusqu'au Rapport Durham, en s'attardant sur les vnements les plus significatifs de cette priode. Aprs ce que l'envahisseur appelle la Conqute , des gnrations de Canadiens franais font le dur apprentissage du joug anglais et rsistent tant bien que mal l'assimilation qu'on leur impose. Dans les premires dcennies du XIXe sicle, des hommes politiques francophones s'affirment et se posent en dfenseurs d'un peuple bafou. Parmi eux, Louis-Joseph Papineau demeure la figure marquante de ce mouvement qui culmine avec la Rbellion des Patriotes, dont l'auteur retrace ici la gense mconnue et les pisodes les plus dramatiques. Mais dans la vie, comme dans l'oeuvre de Jean-Claude Germain, la tragdie est souvent maille de savoureuses scnes de la comdie humaine. On dcouvre les innovations techniques de l'poque et leurs ttonnements ; les msaventures des gouverneurs britanniques qui viennent au Bas-Canada veiller sur les intrts de la mre patrie ; le grotesque de la guerre canado-amricaine de 1812 que s'apprte clbrer en grande pompe le gouvernement Harper. Un livre d'histoire, mais d'abord et avant tout un livre d'histoires, o la petite est souvent plus intressante que la grande des encyclopdies et des monuments...

  • L'image de la violence qu'offrent la littérature et son genre policier consacré à l'homicide, ainsi que les médias, constamment à l'affût de l'extraordinaire et du monstrueux, n'a pas grand-chose à voir avec celle de la science. Ainsi les violences criminelles sont-elles sans relâche imaginées, racontées, décrites, dénoncées.

    Mais qu'en est-il vraiment au-delà du cliché et du ressenti? Ce Traité des violences criminelles rassemble trente-sept articles rédigés par une quarantaine de chercheurs traitant de la vaste thématique de la violence criminelle. Il s'agit d' :
    - un état des lieux des théories contemporaines de la violence, des contextes de son apparition, de ses manifestations, de la situation des victimes et des efforts des individus et des sociétés pour contrôler leur propre violence;
    - une synthèse de la moisson des faits et des explications engrangés par les chercheurs, considérable mais jusqu'alors éparse, qui rend compte de l'essentiel des connaissances actuelles sur les vols, viols, voies de fait et homicides;
    - une somme jusqu'alors inexistante en français;
    - un ouvrage savant sans être jargonneux, accessible aussi bien au spécialiste qu'au profane.

  • «Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, la paroisse rurale de Saint-Denis-de-Kamouraska avait rapidement et radicalement changé depuis l'époque, en 1936, où Miner en avait fait l'objet de son enquête. Si bien que, progressivement, les constatations et les diagnostics de cette enquête ont acquis un caractère rétrospectif. Qui, en 1985, parmi les étudiants et les professeurs québécois ou chez le public lecteur en général, sera encore intéressé par un passé si complètement révolu et obnubilé? «Je suis profondément convaincu que cela même est une des raisons qui doit nous stimuler à lire ou à relire Miner. Ne sommes-nous pas toujours, peut-être plus que jamais, greffés par les plus profondes fibres de notre être sur les poignants destins des protagonistes de Ringuet, sur nos grands-parents et, par eux, sur tous ceux qui ont incarné notre continuité dans le temps et dans l'espace? Le livre de Miner suscite une telle fascination nostalgique dans la mesure où il élucide la trame des travaux et des jours des opiniâtres habitants qui ont peiné dans un petit univers rural qui n'était encore qu'à peine effleuré par les remous de la vie urbaine industrielle, par la Première Guerre mondiale et par les déchéances sociales des années 30.» Tiré de la présentation de Jean-Charles Falardeau

  • Troisième édition de cet ouvrage de base en sociologie maintenant disponible en un volume regroupant les trois parties: l'action sociale l'organisation sociale - et le changement social - index des auteurs, index thématique et nouvelle bibliographie. Introduction à la sociologie générale a été traduit en six langues: anglais, espagnol, italien, portugais, persan, et grec.

  • Soigneusement construit à partir d'une recherche faite dans toutes les communautés amérindiennes, Littérature amérindienne du Québec propose soixante-treize textes provenant d'une trentaine d'auteurs. Des contes, des extraits de romans et de pièces de théâtre, des poèmes et des récits ou témoignages, tous mal connus ou le plus souvent ignorés. Cet essai témoigne d'une littérature émergente, née au coeur de l'Amérique française.

  • Dans Le Diable de Saint-Hyacinthe, le biographe Frank Myron Guttman trace le portrait de Télesphore-Damien Bouchard (1881-1962), une personnalité politique québécoise injustement oubliée, un homme aux idées en avance sur son époque. Anticlérical en un temps où le clergé dominait, Bouchard a tenté de minimiser au Québec le rôle occupé par l'Église catholique dans les domaines de la politique, des services sociaux et de l'éducation tout au long d'une carrière qui s'est étendue sur près d'un demi-siècle. Précurseur et agent de changement, il a travaillé à la réforme de l'éducation, à l'accessibilité des femmes au vote et à la législation des droits des travailleurs. Élu à l'Assemblée législative du Québec en 1912 pour la ville de Saint-Hyacinthe, il fut maire de cette ville pendant un quart de siècle. Leader à la Chambre du Parti libéral de 1936 à 1939, son intégrité et sa droiture lui valurent la hargne de ses propres collègues lorsqu'il fut ministre des Travaux publics de 1939 à 1944. Membre le plus influent du cabinet ministériel d'Adélard Godbout, il termina sa carrière publique en étant le tout premier président d'Hydro-Québec en 1944 et sénateur à Ottawa. Dès 1906, Bouchard avait compris l'importance de développer des infrastructures électriques qui permettraient de fournir à un prix raisonnable l'électricité aux citoyens et à l'industrie. Ses conceptions visionnaires ont insufflé un élan à la création de lois qui ont mené à la nationalisation des services publics. Cet ouvrage bien documenté rend hommage aux réalisations d'un homme qui a consacré sa vie à l'amélioration de la condition de la classe moyenne québécoise, tant au niveau de l'instruction que des acquis sociaux. Le portrait brillant d'un homme politique inspirant en cette période où corruption et trafics d'influence n'en finissent plus de faire les grands titres de l'actualité.

  • Au cours des deux dernières décennies, un véritable tsunami de délocalisations et de fermetures d'usines a déferlé sur le Québec. Dans cet essai, l'auteur évoque à grands traits cette désindustrialisation systémique qui a supprimé près de 200 000 emplois manufacturiers permanents.
    Malgré la gravité de la situation, l'auteur est convaincu de la nécessité et de la faisabilité d'un redressement industriel; il croit fermement qu'aujourd'hui encore, l'industrie demeure la locomotive de la croissance économique d'une société avancée, dynamique et prospère.
    En définitive, il invite les Québécois à relever le grand défi d'une renaissance industrielle qui stimulerait durablement la croissance économique, stopperait la montée du chômage et assurerait la création vigoureuse d'emplois de qualité.

  • L'acte de tuer volontairement son prochain occupe le sommet de l'échelle de gravité des crimes. C'est sans doute pourquoi cet acte a été abondamment étudié par les criminologues, les historiens, les psychologues et plusieurs autres chercheurs. Il restait à proposer une vue d'ensemble de ces connaissances et à les articuler dans une théorie cohérente, but visé par le présent ouvrage.
    Dans la première partie de ce livre, Maurice Cusson décrit les homicides perpétrés au cours de la préhistoire et dans les sociétés traditionnelles étudiées par les anthropologues. La deuxième partie examine les homicides durant le Moyen Âge, la Renaissance et le Siècle des Lumières. Durant cette période de quelque cinq siècles, les homicides décroissent fortement.
    L'auteur propose une explication de ce déclin.
    La troisième partie délaisse l'histoire pour la criminologie contemporaine. Le lecteur y trouvera d'abord une analyse des sociétés affligées par le taux élevé de meurtre, ensuite un examen de l'homicide considéré comme un acte et, enfin, un bilan de nos connaissances sur les caractéristiques des meurtriers. La dernière partie de l'ouvrage est consacrée à la non-violence : comment les hommes et les femmes épris de paix parviennent-ils à faire prévaloir la concorde et la sécurité?

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