Editions l'Escalier

  • Ce texte mythique, écrit avec une calme franchise, fondement de la résistance passive, de certains mouvements anarchistes non activistes, ainsi que de mouvements modernes de l'écologie devrait être lu par chacun d'entre nous.

  • Plus de deux mois s´écoulèrent avant que des Esseintes pût s´immerger dans le silencieux repos de sa maison de Fontenay; des achats de toute sorte l´obligeaient à déambuler encore dans Paris, à battre la ville d´un bout à l´autre.
    Et pourtant à quelles perquisitions n´avait-il pas eu recours, à quelles méditations ne s´était-il point livré, avant que de confier son logement aux tapissiers !
    Il était depuis longtemps expert aux sincérités et aux faux-fuyants des tons. Jadis, alors qu´il recevait chez lui des femmes, il avait composé un boudoir où, au milieu des petits meubles sculptés dans le pâle camphrier du Japon, sous une espèce de tente en satin rose des Indes, les chairs se coloraient doucement aux lumières apprêtées que blutait l´étoffe.

  • Cette édition reprend en parallèle la pièce originale de Maurice Maeterlinck en vis à vis avec le livret retravaillé conjointement avec Claude Debussy. Si la pièce aujourd'hui semble en disgrâce, cette double édition permet de mettre en valeur l'architecture dramatique des deux oeuvres, très proches par le texte et pourtant construites très différemment.

  • Raymonde prêta l´oreille. De nouveau et par deux fois le bruit se fit entendre, assez net pour qu´on pût le détacher de tous les bruits confus qui formaient le grand silence nocturne, mais si faible qu´elle n´aurait su dire s´il était proche ou lointain, s´il se produisait entre les murs du vaste château, ou dehors, parmi les retraites ténébreuses du parc. Doucement elle se leva. Sa fenêtre était entrouverte, elle en écarta les battants. La clarté de la lune reposait sur un calme paysage de pelouses et de bosquets où les ruines éparses de l´ancienne abbaye se découpaient en silhouettes tragiques, colonnes tronquées, ogives incomplètes, ébauches de portiques et lambeaux d´arcs-boutants. Un peu d´air flottait à la surface des choses, glissant à travers les rameaux nus et immobiles des arbres, mais agitant les petites feuilles naissantes des massifs.

    B>Version illsutrée.

  • Un recueil de deux textes du grand théoricien de l'anarchie. Entre lyrisme et précision scientifique une belle introduction à l'humanisme anarchiste.

  • Durant l'année 1902, les multiples informations provenant de Londres sur la misère noire qui y règne abondent et traversent l'Atlantique. Des informations parcellaires, contradictoires et si incroyables qu'un certain jeune écrivain américain nommé Jack London de juste 26 ans, décide de faire le voyage afin de s'immerger dans les bas fonds londoniens. Il réalise de l'intérieur, un terrible reportage sans concessions qu'il publie en 11 épisodes dans le Wilshire's magazine puis qui sera édité en livre, accompagné de 78 photographies faites par lui-même.C'est cette édition que nous vous proposons, dans la traduction de Louis Postif.

  • En 1891 Paul Gauguin, ruiné, part à Tahiti. Il y restera 2 ans avant de devoir revenir en métropole à la mort de sa fille. Ces carnets reflètent ces deux années prolixes et presque heureuses, entre la découverte de ces peuplades libres et la réalisation d'un grand nombre d'oeuvres.


    Le texte édité ici est le texte original de Paul Gauguin et non celui que l'on trouve un peu partout, réécrit et affadi par le poète symboliste Paul Morice.

  • Recueil de textes, aphorismes et chroniques écrits par Erik Satie entre 1896 et 1925. Ces textes, pleins d'humour et d'ironie, nous donnent un instantané de la vie artistique du début du XXe siècle.

  • Ecrit par un contemporain de Louis Mandrin l'ayant peut-être croisé, aventurier et homme politique célèbre à l'époque, ce texte explique et détaille les motivations du grand contrebandier en éclairant d'un jour très contemporain la société pré-révolutionnaire.

  • Recueil de 72 gravures sur bois en noir et blanc de Félix Valloton, sur la période 1890 - 1915.
    ... Mon grand plaisir, alors, était de me rendre chaque mardi matin au pied des escaliers Richelieu, chez notre « Comte Déchu » comme il aimait à se faire appeler.
    Autour d´un café bien arrosé nous faisions voler les pages des revues invendues de la semaine précédente. Parcourant sans les voir les gros titres et les colonnes verbeuses, nos regards s´illuminaient soudain devant une de ces gravures dont nous étions si gourmets, ces gravures au noir trouant le papier comme par une simple évidence on creuse un puits en l´âme du faussaire ; ces gravures faites parfois sur un coin de temps, graves et tendres à la fois, ornées de ces deux lettres comme un paraphe de Force et de Vie : FV...
    Lucien Morel - Équinoxe (1923)

  • Un recueil des lettres de guerre de Jacques Vaché à André Breton, du texte exhaustif des 5 numéros de la revue «Maintenant» de Arthur Cravan, accompagnés d´un cycle de poèmes de jeunesse de Julien Torma.

  • "Madame Pouffard était fort riche, elle portait la toilette la plus coûteuse qu´on puisse imaginer et n´avait rien trouvé de mieux pour en rehausser l´éclat, que d´ajouter un de à son nom.

    Il ne faisait pas bon oublier, quand on lui écrivait, de mettre Madame de Pouffard, châtelaine au château des Hulottes.

    Ce de et ce mot châtelaine la faisaient rougir de plaisir chaque fois qu´on les lui adressait, et de colère chaque fois qu´on osait les oublier.

    Quant à Monsieur de Pouffard, plus avisé encore que sa femme, il avait eu l´idée d´acheter des titres de noblesse..."

  • Des intérêts importants m´ont appelé en Syrie, où j´ai séjourné pendant huit ans. Ces intérêts souffraient de la rupture de très anciens pactes de fraternité et de protection, à l´abri desquels les marchands et les chefs chameliers de Damas et de Bagdad pouvaient, en toute sécurité, faire prendre à leurs caravanes la voie plus courte par le désert, à condition de payer un droit de péage tarifé aux Arabes Bédouins indépendants qui l´occupent.

    Après cette rupture, causée par le refus obstiné et déloyal des caravaniers de solder un arriéré très élevé de ces droits, réclamé, mais en vain, par ces nomades, une caravane très forte tenta de forcer le passage à main armée. Elle fut surprise, attaquée et totalement pillée après une énergique défense dans laquelle le sang avait coulé de part et d´autre en abondance, rendant ainsi toute réconciliation impossible, selon l´usage au désert, tant que le prix du sang n´est pas payé par le sang, ou n´est pas racheté par l´équivalent en espèces.

  • Parmis les premiers poèmes de Jules Laforgue, pleins de cette élégance et de cette finesse propres à l'auteur des "Complaintes".

  • "She said that she would dance with me if I brought her red roses," cried the young Student; "but in all my garden there is no red rose." From her nest in the holm-oak tree the Nightingale heard him, and she looked out through the leaves, and wondered.
    "No red rose in all my garden!" he cried, and his beautiful eyes filled with tears. "Ah, on what little things does happiness depend!... »

  • UN BERGER En cet heureux jour de liesse Qui a mis fin aux tourments amoureux De notre demi-dieu, chantons, bergers, En de suaves accents, Que soient dignes d´Orphée les accents de nos choeurs.
    Aujourd´hui s´est émue L´âme autrefois si fière De la belle Eurydice.
    Et sur son sein, Orphée a trouvé le bonheur ;
    Elle pour qui naguère , il a dans ces forêts, Tant soupiré et tant pleuré.

  • Le canon a grondé avant-hier, 1er avril 1871. Décidément la guerre civile succède à la guerre étrangère; on va se battre entre Français, sous les yeux des Prussiens qui, tranquillement logés dans nos forts, jugeront les coups et mettront le holà quand ils trouveront que nous nous sommes fait assez de mal les uns aux autres. Ainsi ont décidé nos maîtres, messieurs de la Commune, ou peut-être leurs maîtres à eux, les membres inconnus (car ils cachent leurs noms) de cette société secrète qui s´intitule Comité Central de la fédération de la garde nationale.

  • Trois mois après l´apparition du crapaud et la sinistre prédiction de la fée Rageuse, Agnella mit au jour un garçon, qu´elle nomma Ourson, selon les ordres de la fée Drôlette.
    Ni elle ni Passerose ne purent voir s´il était beau ou laid, car il était si velu, si couvert de longs poils bruns, qu´on ne lui voyait que les yeux et la bouche ; encore ne les voyait-on que lorsqu´il les ouvrait...

  • Matha, sur un des promontoires de la baie Nord, la pointe de Vanssay, se livre avec Rallier du Baly à la mensuration exacte et très minutieuse d´une base. Turquet empaille, met en bocaux, étiquette tout ce qu'il trouve ou ce qu'on lui apporte?; Gourdon classe ses cailloux, Rey vérifie ses instruments, et Pléneau, toujours gaiement, avec un entrain et une verve intarissables, aide à tout, donne un coup de main à chacun, tantôt à l'état-major, tantôt à l'équipage.

  • J'ai fait un art selon moi. Je l'ai fait avec les yeux ouverts sur les merveilles du monde visible, et, quoiqu'on en ait pu dire, avec le souci constant d'obéir aux lois du naturel et de la vie.

    Je l'ai fait aussi avec l'amour de quelques maîtres qui m'ont induit au culte de la beauté. L'art est la Portée Suprême, haute, salutaire et sacrée; il fait éclore; il ne produit chez le dilettante que la délectation seule et délicieuse, mais chez l'artiste, avec tourment, il fait le grain nouveau pour la semence nouvelle. Je crois avoir cédé docilement aux lois secrètes qui m'ont conduit à façonner tant bien que mal, comme j'ai pu et selon mon rêve, des choses où je me suis mis tout entier. Si cet art est venu à l'encontre de l'art des autres (ce que je ne crois pas), il m'a fait cependant un public que le temps maintient, et jusqu'à des amitiés de qualité et de bienfait qui me sont douces et me récompensent.

  • L'importance de la question a à peine besoin d'être rappelée. Beaucoup d'anarchistes et de penseurs en général, tout en reconnaissant les immenses avantages que le communisme peut offrir à la société, voient dans cette forme d'organisation sociale un danger pour la liberté et le libre développement de l'individu. D'autre part, prise dans son ensemble, la question rentre dans un autre problème, si vaste, posé dans toute son étendue par notre siècle : la question de l'Individu et de la Société.

  • Ce volume constitue le troisième et dernier tome des mémoires complets de Louise-Elisabeth Vigée-Lebrun entre 1796 et 1835. C`est l`époque du grand retour en France et de quelques voyages encore, en Angleterre et particulièrement en Suisse, "sa deuxième patrie".

  • Le premier tome des mémoires complets et corrigés de la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette couvrant la période 1755-1789. Une galerie très vivante de la vie française aux alentours de la révolution, agrémentée de nombreux souvenirs sur des personnalités marquante de cette fin de siècle comme le jeune Talleyrand, le vieux Voltaire, La Fayette, la Reine, et beaucoup d'autres.

  • Le deuxième tome des mémoires complets et corrigés de la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette, couvrant la période 1789-1796. Fuyant la France, et parcourant l'Europe au gré des invitations qu'elle reçoit, elle découvre l'Italie, l'Autriche, l'Allemagne et la Russie, rencontrant Paisielo, La Reine de Naples, Catherine II et beaucoup d'autres personnalités marquantes de son époque.

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