FeniXX réédition numérique (Arcanes)

  • Petits textes et courtes poésies, par l'auteur de Figures tombées traces, Pluie répétitions et Nubiano, parus chez le même éditeur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • En un éclair, il avait fait volte-face et, sans se retourner, me dit : "Oui, mon cher, je connais votre question, le leur transmettre n'est-ce-pas ; qui « leur » ? C'était bien cela votre interrogation ? Rassurez-vous, « leur », c'est ce que vous observiez par la fenêtre de notre compartiment, avec un intérêt visiblement marqué ; plus précisément, ces passagers qui, stupidement conditionnés à ce que les trains s'arrêtent dans les gares, sont - d'un seul coup - bouleversés par le retard dont ils se pensent déjà victimes : la correspondance qu'ils rateront les déstabilise - correspondre pour aller où ? Dites-le moi, mon cher, pour aller où ?" J'insistai : "Ces « leur », Monsieur, sont-ils si différents de vous ?" D'une voix fuyante, il me dit : "Très certainement car, contrairement aux autres, quand un train s'arrête, je considère que je suis arrivé, je ne descends pas pour voir, je descends parce que le train s'est arrêté." La question fondamentale que sous-tend cet étrange périple n'est pas celle de l'amélioration potentielle de l'humanité mais, plus précisément, celle qui démontre que seule la haine est perfectible. L'ordre des choses est un récit incisif et dérangeant, mené à la première personne. C'est un voyage au long des lignes enchevêtrées de destins qui se croisent et se fuient comme les rails. Les événements, les paroles, les bruits, les cris, les silences, tout se heurte et s'écarte. C'est une quête existentielle du narrateur, coupé de ses repères, cahoté au rythme des roues du train, confronté à des personnages énigmatiques, qui le mènent vers un horizon qui n'est autre que le lieu qu'il avait initialement déserté.

  • Ce livre propose, au travers de la personnalité et du destin d'André Gide, une subversion de cet étrange concept clinico-moralisateur qu'est la perversion, en se mettant à la leçon de cet immense écrivain. On y trouvera donc, en accord avec l'esprit de cette collection, des hypothèses sur le désir et les fantasmes inconscients de Gide, ses signifiants majeurs, les singularités de sa structure. Et, par voie de retour, l'inscription de la perversion dans la problématique bien plus vaste de l'agir, au sens freudien du terme, et dans la clinique de la métaphore paternelle, telle que Lacan l'a définie. On y tentera également, à la lumière de l'idiome gidien, d'interroger la connexion essentielle entre la structure psychique et son temps logique.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce livre entraîne le lecteur - habitué des ouvrages de sciences humaines - dans une aventure plutôt jubilante. Tout d'abord, il va - sans retenue - fouiller là où cela fait mal, en vue d'exhumer le point critique, où les maîtres de l'époque structuraliste (Lacan, Benveniste Jakobson, Lévi-Strauss...) se sont mis à bégayer. Ils n'auraient pas bégayé n'importe où, mais au moment exact de produire un savoir décisif sur la langue ! De là, aurait pu se monter une de ces rituelles entreprises d'extermination de « fausses » sciences. Mais, loin de récuser ce point instable et de l'imputer à nos aînés comme une regrettable erreur théorique, ce livre en fait le point d'appui d'une facétieuse traversée diagonale des sciences humaines où l'on rencontre... le stade du miroir, les paradoxes de l'auto-référence, l'objet a - de la théologie négative - l'Unheimliche (« l'inquiétante étrangeté » de Freud), la logique illogique du mythe, la forme auto-subversive de la promesse, la figure de l'hystérologie, et bien d'autres étrangetés. Deux compères, Logos et Sogol, mènent la danse ; l'un retient et logicise, pendant que l'autre renverse les propositions et pousse au paradoxe. Et il apparaît, chemin faisant, que les sciences humaines, là où elles se nouent entre inconscient, récit et énonciation, pourraient bien n'être concevables qu'autour de cette part mal dite, inéliminable grain de folie - ou de sable - qu'on ne cesse de vouloir rejeter. Il s'agirait - au bout du compte - de figurer ce à quoi pourraient ressembler des sciences humaines prenant au sérieux la division du sujet...

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