VLB éditeur

  • Mostarghia

    Maya Ombasic

    Mostar, dans le sud de la Bosnie-Herzégovine, est une ville idyllique entourée de collines ensoleillées. La cité médiévale est traversée par la Neretva, le fleuve émeraude qui charrie jusqu'à l'Adriatique la douceur de vivre dans la « vallée des arbres sucrés », où naître chrétien ou musulman, serbe ou croate, est la dernière des choses qui comptent. C'est là que vit la jeune Maya quand les obus se mettent à tomber, d'abord un à un, puis en pluie drue sur la Yougoslavie.

    Dans l'abri anti-bombardements, les scènes tragicomiques que rapportent les habitants hilares n'empêchent pas la réalité du massacre de filtrer : la guerre est là, elle va durer, il faut partir. Maya et son petit frère s'enfuient dans la caravane des gitans ; ils retrouveront leurs parents à Split, d'où la famille s'embarquera avec d'autres réfugiés pour un exil qui la mènera en Suisse, puis au Canada.

    Tout au long de ce périple, Maya grandit et s'éduque, poursuivant jusqu'à Cuba un dialogue enflammé avec son peintre de père, homme blessé, prophétique, emporté, balkanique jusqu'au bout des ongles. La résignation révoltée de Nenad, ses enthousiasmes d'enfant cent fois déçus, ses explications savantes sur l'indigence des mots pour dire la vérité du monde et des coeurs scandent le texte sensible et baroque de Maya Ombasic, qui signe avec Mostarghia son livre le plus autobiographique.

  • Dans les dernières décennies, notre conception du sexe, du genre et de la sexualité a beaucoup évolué. La logique binaire selon laquelle on serait homme ou femme, de genre masculin ou féminin, d'orientation hétérosexuelle ou homosexuelle, a été profondément remise en question en faveur d'une pluralité d'identités. Quelles sont les origines de cette révolution ? Sur quelles connaissances scientifiques est-elle fondée ? Quelles nouvelles perspectives ouvre-t-elle ? Le présent ouvrage, version entièrement remaniée d'un des premiers livres en français portant sur ces questions, explore le monde nuancé et complexe de l'intimité, de la sexualité et de l'identité. Ce faisant, il explique et définit avec précision les différentes facettes de la diversité sexuelle et de genre.

  • Quand Djemila Benhabib a pris connaissance du rapport de la commission Bouchard-Taylor, elle a été outrée qu'on demande aux Québécois d'accueillir favorablement toutes les requêtes faites au nom de l'islam. Sous prétexte de tolérance, les commissaires ont ainsi confondu musulmans et islamistes, alors que ces derniers ne sont qu'une petite minorité parmi les immigrants de culture musulmane. Or, les islamistes, Djemila Benhabib les connaît bien et elle a toutes les raisons de s'en méfier. En Algérie, où elle a vécu, elle les a vus envahir l'espace public, en tirant parti des défaillances de l'État et en pratiquant la terreur, elle les a vus imposer leur programme politique et infliger aux femmes leur tyrannie. En France, où sa famille a trouvé refuge, elle les a vus exercer des pressions insoutenables auprès des populations maghrébines pour les garder en dehors de la société d'accueil. Au Québec, elle les a vus réclamer des passe-droits et des privilèges, en invoquant la Charte des droits et la liberté de religion. C'est leur stratégie éprouvée qu'elle expose ici et qu'elle dénonce, dans un témoignage solidement documenté, mais auquel elle donne de touchants accents personnels, parce qu'il remue en elle une histoire encore douloureuse.

  • Le 11 septembre 2001 a marqué l'irruption spectaculaire de la violence des soldats d'Allah en Amérique, dans le combat - le dijhad - qu'ils mènent depuis longtemps pour faire prévaloir une vision politique qui rejette bien des valeurs que les Occidentaux tiennent pour acquises: la séparation du politique et du religieux, l'égalité des hommes et des femmes, l'égalité de tous les citoyens face à la loi indépendamment de leurs convictions religieuses... 

    Djemila Benhabib revient sur l'histoire des peuples de culture musulmane pour montrer comment l'islam politique en est venu à supplanter les mouvements démocratiques et féministes, qui étaient pourtant apparus au Moyen-Orient en même temps qu'en Occident. Elle souligne la part de responsabilité des États-Unis dans ce gâchis, eux qui ont renié leurs valeurs fondatrices pour s'assurer en approvisionnement stable en pétrole auprès de l'Arabie saoudite qui finance les réseaux islamiques les plus réactionnaires. Elle fait l'histoire de l'implantation en Europe et en Amérique des Frères musulmans et de leur stratégie pour imposer l'intégrisme islamique sur la place publique, en tirant parti des chartes des droits et de la promotion du multiculturalisme. Elle se sert de l'exemple québécois pour illustrer comment les bien-pensants de gauche et autres partisans de la "laïcité ouverte" deviennent les alliés objectifs, les "idiots utiles", de ces dangereux militants antidémocratiques.

    Dans un récit en arabesque qui passe du général au particulier, qui entremêle l'analyse des idéologies aux exemples de leurs conséquences réelles sur les individus, en Égypte ou en Iran aussi bien qu'au Québec ou en Belgique, Djemila Behabib lance ici un appel à la vigilance démocratique et un plaidoyer sans concession pour la laïcité.

  • Prenons un instant pour prendre conscience qu´il n´y a que trois façons de modifier la trajectoire de notre vie, pour le meilleur ou pour le pire : la crise, la chance et le choix.
    Sophie Parent, l´héroïne de ce livre, va passer par ces trois phases. Le jour de ses 40 ans, elle abandonne mari, enfants (2 ados) et vaisselle sale pour faire le vide pendant deux semaines dans un hôtel all-inclusiveà Mexico... Le début d´une escapade rocambolesque sans retour.
    "Sophie Parent n´avait rien d´une aventurière. Installée depuis des années dans le confort de sa banlieue, elle s´était laissé porter par la vague tranquille de son quotidien. Elle respectait l´ordre social, avait confiance en ses proches, ne mentait pas et avait pour le chaos une aversion intraitable. De l´avis de plusieurs, elle surfait avec adresse sur la grande mer de la vie. À preuve, deux mois avant que commence sa descente aux enfers, Sophie habitait encore une maison de briques dans un quartier tranquille. Elle enseignait dans une école de Montréal, partageait le lit du même homme depuis vingt ans et s´occupait de deux adolescentes avec toute l´abnégation et la tolérance qu´on exige des mères modernes. Elle parlait bien sa langue maternelle, la lisait et l´écrivait avec aisance, mais jamais elle n´avait ressenti la moindre envie d´apprendre l´anglais. Encore moins l´espagnol. Il est donc étrange qu´au moment où nous faisons la connaissance de cette femme ordinaire, elle gît en plein désert, sur l´accotement d´une route de campagne, quelque part au Texas, non loin de la frontière mexicaine."

  • Ibrahim Abou-Snobara, alias Snoreau, est vieux et fou. Dans sa chambre d'hôpital, il pense à ses cinq soeurs, Écrivaine, Musicienne, Présidente, Doctoresse et Madone. Qu'est-ce qu'il adviendra d'elles quand il ne sera plus? Et de lui, sans elles, dans cet ailleurs sans nom où l'on ne dit plus « je »? Son regard se porte sur chacune avec une acuité qui pourrait sembler cruelle si Snoreau n'était pas Snoreau, et si le roman de ses derniers jours n'était pas empreint de l'humour et de l'humanité qui caractérisent toute l'oeuvre d'Abla Farhoud.


    Je sais que j'ai été sa muse, pas moi personnellement, mais le malade que je suis. C'est le fou qui est romanesque. L'autre moi, la partie plus accrochée au réel, n'a aucun intérêt pour elle. Mais les deux sont intimement imbriqués, ma chère soeur; qui fait mal à l'un n'épargne pas l'autre!

  • Francis

    Alexandre Michaud

    Antoine Lavoie habite dans une petite ville glauque et pauvre avec samère, dépressive chronique, et son père, chômeur habituel. Il passe son temps àlire et rêve de devenir écrivain. Mais pour écrire quoi ? Il n'a rien àraconter, et ça se voit : à la poly, c'est comme s'il était transparent...Mais voilà que Francis Pigeon, la terreur du voisinage, lui fait uneproposition inespérée : il va lui faire vivre de quoi remplir son livre.

  • " C'est Vital. Ça a l'air qu'il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l'a dit dans sa radio. Tu veux qu'on t'en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p'tite ! " Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le coeur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch.

  • Le choc du numérique

    Hervé Fischer

    En ce début du troisième millénaire, l'espèce humaine doit faire face au choc numérique qui envahit tous les secteurs d'activité. Un choc qui ouvre jusqu'à la boîte de Pandore des manipulations génétiques... Nous vivons une révolution fascinante qui, trop souvent, s'accompagne d'un retour de la pensée magique. Assisterons-nous, sans esprit critique, au triomphe des cyberprimitifs? L'âge numérique sera aussi décisif pour l'aventure humaine que l'ont été l'âge du feu ou l'âge du fer. N'est-il pas urgent alors de repenser les fondements de notre humanisme pour maîtriser notre destin?

  • Excitante, choquante ou distrayante, la sexualité s'expose aujourd'hui sur toutes les scènes, sur tous les écrans. Pourquoi fascine-t-elle tant ? Et que nous révèle-t-elle de ceux qui la produisent et de nous, son public avide de tout voir et tout entendre ? Peut-on jeter un regard neuf sur le phénomène ?
    Michel Dorais nous y invite dans cet essai critique teinté d'humour.
    Il nous montre comment la sexualité spectacle tient de l'art du cirque, qu'elle se nourrit du scandale et de la censure, qu'elle fait de l'exhibitionnisme une vertu et de l'abolition de l'âge, un must. En soulevant la toile du plus grand chapiteau du monde, l'auteur nous fait voir d'un autre oeil le vaste show de la sexualité.
    Ce livre, initialement publié au Québec par VLB, a été un bestseller au Canada.

  • Ils ont grandi dans les années 2000. Ils n'ont pas connu la criminalisation de l'homosexualité, ni l'époque où elle était considérée comme une maladie mentale. La discrimination ouverte sur le motif de l'orientation sexuelle était interdite avant même leur naissance et ils ont assisté, tout jeunes, à l'autorisation des unions civiles, puis des mariages entre conjoints de même sexe. On voudrait croire que le sort des jeunes lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels ou transgenres (LGBT) québécois s'est beaucoup amélioré ; pourtant, on entend plus que jamais parler de harcèlement et d'intimidation à leur encontre. Quelque chose ne tourne pas rond. Menée auprès de 259 jeunes LGBT de 14 à 21 ans, cette enquête les a interrogés sur leurs relations avec leur famille et leurs pairs, sur la découverte puis la révélation de leur différence, sur les problèmes auxquels ils doivent faire face et leurs trop fréquentes conséquences : la honte, l'isolement, le désarroi. Elle leur a aussi permis de parler de leurs amours, de leurs projets de couple ou de famille et de leurs espoirs pour l'avenir. Ce saisissant " portrait de groupe " des jeunes de la diversité sexuelle permet de mesurer tout le chemin qui reste à faire pour atteindre leur véritable inclusion sociale et donne un aperçu de la résilience dont ils doivent faire preuve pour passer de la honte à la fierté.

  • Yukonnaise

    Mylène Gilbert-Dumas

    Béatrice, écrivaine en mal d'inspiration, arrive au Yukon avec l'espoir d'y trouver le sujet de son prochain roman. Sur la route qui relie Whitehorse à Dawson City, elle prend une femme en auto-stop et réalise très vite qu'il s'agit d'Isabelle St-Martin, une esthéticienne dont elle a déjà été la cliente. Mais la Yukonnaise qui occupe le siège du passager n'a plus rien de la Québécoise superficielle qu'elle a connue autrefois. Au fil des conversations, Béatrice découvre l'histoire d'une jeune femme que tout le monde croyait fragile et qui pourtant a réussi à s'émanciper des cadres préétablis pour refaire sa vie au Yukon. Après le succès retentissant de L'escapade sans retour de Sophie Parent, Mylène Gilbert-Dumas nous revient avec Yukonnaise, l'histoire touchante et inspirante d'une femme qui a dû s'exiler au bout du continent pour redonner un sens à sa vie. Pour la rédaction de ce douzième roman, l'auteure a elle-même séjourné à Dawson City dans le Yukon.

  • Au décès de sa soeur, Vivianne, qui n'est encore qu'une jeune étudiante, se voit confier la garde de son neveu. Ce tour du destin l'oblige à changer sa vie radicalement.

    C'est dans un environnement inconnu que Vivianne apprendra, au prix de sacrifices immenses, son nouveau rôle de mère. Mais l'affection grandissante du petit Ben et sa rencontre avec Joséphine, une femme qui, sous des dehors bourrus, cache une âme généreuse, lui feront prendre conscience que le bonheur est rarement là où on croit le trouver...

  • L'avenir de l'art

    Hervé Fischer

    En 1979, Hervé Fischer a déclaré au cours d'une performance au Centre Beaubourg à Paris : L'Histoire de l'art est terminée . Puis, il a publié sous ce titre un livre qui a eu un grand retentissement. Trente ans plus tard, où en sommes-nous ? Sa prophétie était-elle juste ? Dans L'avenir de l'art , il fait le point et montre comment la crise généralisée de l'art postmoderne, si durement dénoncé, constitue en fait l'écho légitime de la crise de sens et de valeurs que nous traversons. Mais il en prend le contre-pied en évoquant l'avenir de l'art. Une véritable tour de Babel des arts émerge aujourd'hui, qui met fin au monopole de l'art occidental et ouvre de nouvelles voies. Les arts numériques se sont imposés, dans lesquels Hervé Fischer lui-même a été un pionnier très engagé, même s'il en montre aussi les écueils. Les arts scientifiques contribuent désormais activement aux débats de société sur l'intelligence et la vie artificielle, les manipulations génétiques et l'écologie. En réaction au désenchantement généralisé de notre époque, les arts prennent la relève de la magie, remplacent la religion et se rapprochent de la philosophie. Face au scandale éthique permanent de nos sociétés, ils recourent à une esthétique interrogative et vont contribuer à mettre au monde un autre monde.

  • Sophie trouve, dans l'entretoit de sa maison tricentenaire de Neuville, au Québec, un manuscrit qui y a été déposé en 1674 par son lointain ancêtre, l'architecte et constructeur naval Guillaume Bertrand. Signé Bénédicte, ce document relate les événements majeurs qui ont contribué à la formation de la pensée et de l'oeuvre d'une philosophe née à Amsterdam au XVIIe siècle et qui a vécu de sa naissance à sa mort dissimulée sous des habits d'homme. Qui était cette Bénédicte? Comment son manuscrit s'est-il retrouvé entre les mains de Guillaume Bertrand? Et y a-t-il moyen pour Sophie d'authentifier sa découverte? Au bout d'une année d'enquête menée avec son ami Balthazar, et après bien des péripéties, Sophie découvrira, à sa grande surprise, l'identité de cette Bénédicte dont elle se sent si proche.

  • Comment fonctionne l'érotisme masculin ? Qu'est-ce qui suscite le désir, l'excitation ou la passion chez les hommes ? Comment construisent-ils leurs fantasmes ? De quelle façon choisissent-ils leurs partenaires ? Pourquoi sont-ils fidèles ou volages ? Une enquête inédite, témoignages à l'appui.

  • Je m appelle Bosnia

    Gagnon Madeleine

    Après l'enlèvement de son frère par des paramilitaires, l'internement, dans un asile psychiatrique, de sa mère broyée de douleur et l'assassinat de son père tombé à ses côtés au combat, Sabaheta, jeune résistante musulmane, adopte le nom de Bosnia. Elle file vers Sarajevo, ville dévastée par les obus et les tirs des snipers, et y retrouve son amie Adila avec son amante ainsi qu'un camarade d'université, Adem. Ensemble, ils essaient de survivre à la guerre. Lorsque sont tuées Adila et son amie, Bosnia et Adem, devenus amoureux, décident de s'exiler, d'abord en France, puis au Québec, où ils s'installent pour de bon.Roman fort et émouvant, Je m'appelle Bosnia dénonce les horreurs de la guerre, le racisme, la violence faite aux femmes, l'intolérance sous toutes ses formes. À l'amour de certains pour la mort, Madeleine Gagnon oppose le chant d'amour de tous les autres qui apportent à Bosnia et à Adem secours, hospitalité et générosité sans limites sur la route de l'exil. Avec toutes les voix d'écrivains qui hantent Bosnia, ce roman se révèle l'un des plus beaux hommages rendus au pouvoir régénérateur et consolateur de la littérature.

  • Rescape

    Gorkynian Jean-Pierr

    Les débuts de roman que Youssef empile dans la boîte au pied de son bureau sont autant de morceaux de miroir dans lesquels se reflète son identité fragmentée. Son ex partie, le Moyen-Orient à feu et à sang, un rapport à remettre tous les vendredis... Comment faire naître le sens d'un monde en déroute dans lequel on n'a pas trouvé sa place ? Comment rêver quand il nous est impossible de même fermer l'oeil ?

    Les massifs dunaires voguent d'un bout à l'autre du désert, sous l'orchestration des étoiles, et moi, je suis perdu dans leurs méandres. Quand la solitude devient insupportable, quand la violence que je vois est trop immonde, je m'échoue, en quelques clics, au pied de mirages dissipés.

    Jean-Pierre Gorkynian est un Montréalais d'origine syrienne. Il anime à la radio web de l'UQAM une chronique sur la transmigrance en littérature. Rescapé est son premier roman.

  • Dans le jargon de la pornographie, le cumshot, c'est le plan final qui met en scène la jouissance - exclusive - de l'acteur masculin. Lili Boisvert y voit l'illustration parfaite du principe dominant de la rencontre hétérosexuelle, lequel nous dit que le désir est un élan qui doit toujours partir de l'homme pour aller vers la femme. Quand on le remet en cause, on nous répond que c'est la « nature humaine », ou on nous ressort de vieilles théories psychologiques et biologisantes cent fois contredites par les faits.

    Aujourd'hui, l'éducation, la fiction, la mode et tout un ensemble de mythes et de clichés sexuels continuent de défavoriser clairement l'expression, et la satisfaction, du désir féminin. Ce système nous aliène tous, et pour le changer, il faudrait commencer par le regarder en face. C'est ce que fait Lili Boisvert dans un essai frondeur, curieux, documenté et plein d'humour. Références pop et études scientifiques à l'appui, elle esquisse rien de moins que les contours de ce que pourrait être la vraie libération sexuelle.

    1 autre édition :

  • Homme de presse élu député en 1808, Denis-Benjamin Viger (1774-1861) fut l'un des personnages politiques clés d'un Bas-Canada en ébullition. Cousin de Louis-Joseph Papineau, proche du Parti patriote dans les années 1830, il présida l'Union patriotique,
    défendit l'élection du Conseil législatif et proposa, entre autres, de freiner la consommation de produits importés au profit du développement d'une industrie nationale.

    S'il ne prit pas les armes en 1837-1838, Viger fut néanmoins emprisonné pendant 19 mois en tant que propriétaire de journaux séditieux. À sa libération, il lutta activement contre le projet d'union des Canadas. Quand l'Acte d'Union fut finalement adopté, il en dénonça les principes assimilateurs et les menaces qu'il faisait peser sur les Canadiens français.

    La rivalité entre Viger et Louis-Hippolyte LaFontaine, allié aux réformistes haut-canadiens, fut marquante. Profitant d'un contexte défavorable aux réformistes, Viger prit l'avant-scène en 1843 et forma, contre toute attente, un ministère avec William Henry Draper. Il défendit alors une nationalité canadienne-française distincte et la double majorité. En 1846, faute de soutiens influents - Papineau proposait plutôt l'annexion aux États-Unis - et devant les succès de LaFontaine, Viger fut contraint de démissionner. Deux ans plus tard, il entrait au Conseil législatif du Canada-Uni, ce qui ne manqua pas de susciter la controverse.

    Fin observateur politique, Viger a laissé de nombreux écrits de presse qui ont permis à Martin Lavallée de mettre en contexte l'action et la pensée d'un homme brillant au parcours singulier.

  • Les banques ne sont pas là pour faire la charité, on s'en doute bien. Mais ce qui est moins connu, c'est qu'elles ne sont pas tenues de favoriser le meilleur intérêt de leurs clients. La raison est simple : les bénéfices des banquiers passent d'abord.

    On donne souvent en exemple les banques canadiennes pour leur solidité, mais qu'en est-il de la qualité de leurs produits et services ? La finance canadienne est concentrée entre les mains d'une poignée d'institutions : au cours des dernières décennies, des centaines de cabinets, de trusts et de sociétés d'investissements se sont fait avaler et ont contribué à enrichir les grandes banques. Et, contredisant les promesses de nombreux politiciens, les frais financiers des particuliers n'ont pas diminué. Au contraire : ils ne cessent de grossir.

    Fabien Major jette un nouvel éclairage sur la gestion de nos finances personnelles. Il offre un point de vue de l'intérieur sur tout ce qu'on s'efforce de nous vendre, directement ou à notre insu. Car c'est bien de vente qu'il s'agit : pour satisfaire leurs actionnaires et grossir les primes de leurs dirigeants, les banques demandent à leurs employés d'atteindre des quotas souvent irréalistes, et ont recours à des pratiques très discutables - et parfois, carrément illicites. Mais, si l'on ne peut pas se fier aux conseils de son banquier, où placer et comment gérer son argent?

    Ce livre révèle toutes les ruses des institutions bancaires et donne des clés au lecteur pour protéger et faire fructifier son capital en évitant les pièges. Des exemples concrets et des mises en situation l'aideront à reconnaître les signes d'une possible duperie et, surtout, à faire respecter ses droits.

  • Ce sera tout

    Michel Gay

    L'auteur (ou serait-ce son alter ego ?) qualifie son livre de « machin-bouquin ». Il n'a pas fait, en tout cas, un roman comme les autres. Ses errances, ses réminiscences, ses « fragments de discours amoureux » sont scandés par des notes de bas de page chicaneuses, parfois signées par lui, mais aussi, souvent, par un éditeur colérique, un chargé de projet désemparé, une correctrice narquoise ou une infographiste grincheuse. Tout cela pourrait donner le tournis, mais pas du tout : le récit a été construit avec une précision d'horloger.

    Au-delà du dispositif qui lève le voile sur les métiers de l'édition - et sur le métier d'auteur au premier chef - Ce sera tout est le lieu d'un romantisme pudiquement désespéré et d'une vraie réflexion sur l'écriture et la lecture.

  • Alors même qu'il est un fugitif traqué, l'activiste Jacob Lebleu prépare des attentats contre Jean-Marc Courville, un promoteur immobilier sans scrupule aux projets mégalomanes. Ce dernier a notamment dans sa mire l'île de Hull et la dernière « maison allumette » de la rue Falardeau, épargnée par les grues de son père en 1969. Cette année-là, près de 6000 résidents aux moyens modestes avaient été expropriés. Lebleu, originaire de la région, ne l'a pas oublié. La sergente-détective Judith Allison, qui suit en Outaouais le stage de formation en contre-terrorisme de la Gendarmerie royale du Canada, ne se doute pas qu'elle sera bientôt propulsée dans une enquête haletante qui l'entraînera jusque dans le Nunavik à la poursuite de l'activiste. Le duel psychologique entre l'enquêtrice et le terroriste environnemental est au coeur de ce polar admirablement construit.

  • « J'étais seule dans la petite pièce sombre, seule avec la grosse machine qui contenanit mon secret. Seule, mais plus tout à fait. L'écran noir et blanc m'avait confié ce que j'avais dans le ventre. Nous étions quatre. »

    Quand Catherine Mathys a appris qu'elle était enceinte de triplés, son monde a chaviré. Rien ne la préparait aux épreuves physiques et mentales d'une grossesse multiple, aux choix qu'il lui a fallu faire très vite, aux sacrifices que sa (pas si) petite famille a dû consentir pour tenter d'avoir une vie normale. En dépit du manque criant d'aide et de repères pour des milliers de parents désorientés, elle a constaté, heureusement, qu'on peut survivre aux inimaginables contraintes d'une parentalité à la puissance trois. Mieux que ça : on peut la vivre, pleinement.

    Dans ce récit touchant, l'auteure nous confie l'histoire à la fois singulière et universelle d'une maternité hors normes. En parallèle, les témoignages d'autres parents de triplés qu'elle a interrogés montrent que, même dans l'exception, on trouve son salut dans la force du nombre.

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