FeniXX réédition numérique (Corrêa - Buchet-Chastel)

  • « Artagal » est la chronique d'une amitié et d'un amour malheureux. Cet ouvrage séduit autant par sa qualité envoûtante, incantatoire, que par son style poétique et sa construction essentiellement musicale. On peut, à ce propos, invoquer certains romans de Jean Genet. « Artagal » rend cependant un son très personnel. L'ambiance poétique, le souffle intérieur, la mélancolie à la fois aérienne et charnelle de nombreuses pages sont remarquables. Il est rare de rencontrer un premier roman d'une telle maîtrise et d'une si intense émotion.

  • À Paris, au déclin d'une chaude journée de juillet, un jeune homme, inquiet de vivre, assoiffé de justice, brûlant d'une peur secrète, tente de se délivrer, en l'exprimant, d'un premier amour malheureux. D'autres amours vont suivre celui-là. Cinq ans plus tard, moins enthousiaste mais plus lucide, le narrateur établira le bilan de sa jeunesse. Le Bien du Prochain est-il une oeuvre autobiographique ? Sans doute. Mais c'est aussi une pénétrante étude de caractères de femmes. On y trouve non seulement le reflet fidèle d'une destinée, mais la vivante, mordante chronique d'une famille française de l'Ouest, « la dernière société provinciale », dépeinte par un observateur exempt de partialité, mais non pas de passion. Très proche des romans d'amour de notre temps, cette histoire s'en distingue par le souffle, une poésie curieusement romantique, et par le style, sans exemple semble-t-il, qui nous rend sensible la discontinuité même de la vie.

  • « Écoeurement : c'est l'état de ceux à qui l'on a arraché le coeur. Je n'avais eu ma place nulle part ; mon aise dans aucun milieu : ni en famille ni chez Éliane ni dans mon rôle de militant. » Ainsi parle Robert Machaut évoquant deux années de son adolescence, de dix-sept à dix-neuf ans. Il a tenté de résister au système ; celui que servait son père, petit fonctionnaire de la République. Robert n'a pas pris son parti d'être le fils d'un laquais. Il n'a pas pris son parti d'amuser Éliane, femme du petit monde. Il n'a pas pris son parti de perdre l'amour de Ginette, fille d'un cheminot, sous prétexte que la politique les séparait. C'est que l'éducation sentimentale d'un jeune homme de 1958 est liée, même s'il les refuse, aux circonstances politiques. À travers des divertissements illusoires de l'amitié, de la passion amoureuse, Robert a vérifié peu à peu qu'il était condamné par son éducation à la domesticité la plus navrante. Et à la solitude. « L'adolescence est le plus grand des maux. On ne devient adulte que fort tard. Quand ce n'est déjà plus la peine de vivre. »

  • "La construction du livre est symphonique : sur de grands ensembles orchestraux, qui décrivent la ville et ses environs, à différents moments du jour, sous différents ciels, se greffent des soli alternativement confiés aux différents personnages : ouvriers, cheminots, cafetiers, consommateurs. Un double choeur, constitué par les habitués, riches et civilisés, des bars de la ville, et ceux, pauvres et primitifs, des bistros, commente l'action. La tonalité du roman frappe d'emblée par son caractère majestueux. Quoique les problèmes sociaux et politiques jouent ici un grand rôle, l'auteur ne s'inscrit nullement dans la tradition du réalisme socialiste. Il a voulu faire oeuvre de poète. Son écriture fait penser, dans l'ordre du roman, à Melville, dans l'ordre de la poésie à Saint John Perse. Elle a du souffle et de l'éclat. En contrepoint avec des passages majestueux, les pages qui décrivent l'existence monotone des Fribervillois, les dialogues des habitués des bars et des bistros rappellent, par leur ironie acerbe et la justesse de l'observation, les tentatives de Queneau et de Ionesco. On entend, tout au long de ce livre, une interrogation angoissée sur le sens de la vie, sur les contradictions de la politique, sur les exigences de l'« être », qui frappe par sa chaleur, son authenticité. Howlett excelle à décrire le sentiment d'attente qui envahit l'individu à l'approche des réalités essentielles. Il met aussi parfaitement en évidence la vanité aimable et têtue des occupations quotidiennes, le pathétique désespéré de l'instant." Bernard Pingaud.

  • Au fond d'une cour historique de la rive gauche, Jean Nîmes, successeur des grands orateurs de l'Antiquité, entraîne un groupe de jeunes gens dans les dangers et les passions de l'aventure intellectuelle et d'un humanisme vivant. La violence de sa pensée, sa liberté extrême vis-à-vis du monde, le magnétisme qu'il exerce et qui vient à la fois d'une sorte de sainteté et d'un instinct de ruse, en font un être à part, capable d'élever comme de broyer les jeunes destins qu'il dirige. Ses plus fidèles « élèves » sont François et Armande, humbles travailleurs dont l'étrange amour devient, par sa perfection même, fragile et trouble comme un verre teinté ; Antoine et Marie-Josèphe, auxquels les mains levées d'un pasteur protestant ont désigné pour toujours les voies du scrupule et sans doute du bonheur ; Léopoldine, petit animal de race, prompt et nerveux, tuée un beau jour et tombée aux pieds d'une Victoire qui l'a peut-être couverte de ses ailes mutilées ; et enfin un jeune dominicain dont les idées pratiques ne s'opposent pas aux prières les plus ardentes. L'auteur, avec une tendresse qui n'est pas sans réalisme, nous fait pénétrer tour à tour dans les vieux hôtels du Marais, dans les ruelles misérables qui grimpent vers les Buttes-Chaumont, dans les petits restaurants de Saint-Germain-des-Prés. Il nous abandonne dans l'hallucinante solitude des monts d'Auvergne. Mais ces décors n'empêchent pas l'homme d'être partout le même, entre son Dieu et son malheur, entre ce qui le charme et ce qui l'effraie. Voici un livre où, loin de se contredire, la foi chrétienne la plus nécessaire, l'honnêteté morale la plus sûre, rejoignent les grandes inquiétudes et les hâtes de la jeunesse. Livre « vécu », sans rhétorique, charnel et passionné, douloureux, certes, mais sans pessimisme systématique, où l'auteur, qui n'a pas trente ans, confirme les dons exceptionnels que lui ont déjà reconnus de nombreux et importants critiques.

  • Cette histoire bizarre, où l'on voit un dictateur condamner un homme à mener littéralement une vie de chien, c'est-à-dire à vivre dans une niche, nu, avec un collier au cou, en lapant sa nourriture, jusqu'à ce que cet homme, autrefois compositeur de musique, perde l'usage de la parole, puis celui de la pensée, est contée comme un fait divers. Le bouffon et l'horrible s'y côtoient, narration classique et monologue intérieur se succédant et s'interpénétrant avec autant de nonchalance que d'habilité jusqu'à la conclusion pleine de grandeur tragique. On ne pourra l'oublier. Frédéric (Abel) O'Brady est né, en 1903, à Budapest. Il se fixe en France en 1932, joue au Théâtre des Ambassadeurs, à l'Atelier, à la radio. En 1939, il s'engage à la Légion étrangère. Il y reste un an : démobilisé, il fonde, à Marseille, un curieux théâtre de marionnettes. Mêlé à un groupe de parachutistes britanniques, agents secrets, en 1941, il est arrêté. Sorti de prison, un an plus tard, il se joint à des tournées dans la « zone sud », puis à la Libération, devient secrétaire de rédaction d'un journal illustré à Paris. Pendant deux ans, O'Brady sera journaliste jusqu'au jour où Jean Mercure lui offre un rôle. Puis, Marcel Herrand l'engage aux Mathurins. Entre un film en Italie et une petite excursion en Afrique du Nord, O'Brady fait son petit tour de marionnettes dans les cabarets de la Rive Gauche et écrit son premier livre, « Extérieurs à Venise » que publie la N.R.F. en 1950, et Orson Welles avec qui il joue en anglais au Théâtre Édouard-VII à cette époque-là, se charge d'en écrire la préface. Ce livre est une sorte de manifeste satirico-cruel contre le cinéma en général, et ce thème semble revenir dans « Le Ciel d'en face » (N.R.F., 1954). En 1949, dans la mise en scène de Roger Blin, il crée « La Sonate des Spectres » de Strindberg. Depuis 1951, il ajoute à toutes ses activités celle de compositeur de musique. La R.T.F. a présenté plusieurs oeuvres de lui (opéra de chambre, concertino et même un oratorio).

  • L'action de ce roman se situe en Amérique centrale, au bord du Pacifique ; elle se déroule principalement entre trois personnages : Le vieux Pocco qui rêve de finir ses jours dans une île déserte qu'il a découverte au cours de ses mystérieuses pérégrinations et qu'il n'a jamais pu oublier. Juana, fille facile et généreuse de pêcheurs très pauvres, qui suit Pocco comme un petit chien, en rêvant d'une barque vieille mais trop chère, qui arrangerait cependant les affaires de son père. Joe Drake Muller, un nègre, un condamné à mort échappé, blessé et sans défense qui rêve seulement de ne pas mourir. Ces trois rêves sont devenus des obsessions. Mais ils se rencontrent comme les personnages qui les portent, ils se heurtent, se nourrissent ou se détruisent mutuellement. Juana aura sa barque, mais Joe Drake Muller ne sauvera pas sa vie et le vieux Pocco a tout l'air de se sacrifier. Peut-être par faiblesse, peut-être par bonté. Ce roman très court mais très dense, une fois lu, ne peut s'oublier et l'on pourrait répéter à son sujet ce qu'un grand critique écrivait à propos du Chien gris : « Il y a là plus que du talent, plus qu'un don : une manière originale de jeter une vérité que le lecteur reçoit en pleine figure. »

  • L'auteur de ce roman s'est suicidée l'été dernier, à l'âge de vingt-huit ans, et certes, l'intransigeance, le besoin d'absolu, en même temps que la confusion des valeurs dont témoigne Je jure de m'éblouir, ne sont pas étrangers à cette fin tragique. Ici tout est passion, même le cynisme, tout se passe en profondeur et engage l'être entier. Nous sommes bien dans la direction désinvolte d'une Françoise Sagan, mais avec Éveline Mahyère c'est vraiment du besoin d'aimer qu'il s'agit, ici l'ardeur est ardente et le désespoir vraiment désespéré. Ce roman, qui est donc un premier et un dernier roman, s'impose par une sorte de maîtrise forcenée, une sincérité qui sont d'une âme révoltée et qui n'a pas craint d'aller jusqu'au bout de sa révolte. C'est un livre d'une qualité et d'une gravité exceptionnelles.

  • L'apprentie sorcière - Camille - jeune fille volontaire, entreprend « l'éducation » d'une de ses condisciples, Alice ; elle lui insuffle le goût de la spéculation cynique, de la ruse, de l'amoralité, elle va jusqu'à lui imposer l'épreuve du vol. Alice s'initie assez facilement à cette éthique du mal. Elle permet même à son amie de détruire le sentiment assez conventionnel qu'elle éprouvait pour son fiancé et laisse les Allemands s'emparer de celui-ci. Georges mourra dans un camp de déportation. Cette sorte de crime aura des effets très différents sur les deux amies. Alors qu'Alice s'enfoncera de plus en plus dans la voie du cynisme et dans celle d'un dérèglement lucide, Camille, devenue professeur de philosophie, jugera sévèrement son action et, s'étant aperçue que deux de ses élèves ébauchaient des liens semblables à ceux qu'elle avait eus avec Alice, s'efforcera de séparer les deux jeunes filles, ce qui reviendra, en somme, à renier son propre passé. Ce premier roman, admirablement écrit, rend un son particulier qui le distingue de tous les autres. Il révèle une intelligence, un tempérament, une originalité et une lucidité qui ne passeront pas inaperçus.

  • "Si c'était la plus jolie personne qu'on pût voir, c'était aussi la plus déraisonnable qu'on pût imaginer" écrivait un de ses contemporains, le poète Arnault. Pierre Chanlaine, dans ce livre peu tendre pour son héroïne nous avertit tout de suite que "Pauline était ce que nous appellerions aujourd'hui une garce" Elle devait épouser en premières noces le général Leclerc après avoir été, à 15 ans, la maîtresse de Fréron (qu'elle devait retrouver à Saint-Domingue) et après avoir été demandée en mariage par Junot. N'ayant pas tardé à devenir veuve, elle épouse alors, après diverses aventures, le prince Borghèse, fabuleusement riche mais presque impuissant. Pas question pour elle de lui être fidèle. Blangini, Talma, Duchand, les liaisons se succèdent, les scandales aussi. Les frasques de cette Messaline de l'Empire défrayent la chronique de l'Europe. Toutefois, en 1814, elle gardera confiance en son frère Napoléon et ira le rejoindre à l'île d'Elbe où elle sera "la surintendante des plaisirs". La vie de cette femme, aussi pittoresque que scandaleuse, se déroule au rythme de l'épopée napoléonienne. La petite histoire se mêle à la grande. On lira ce livre aussi distrayant qu'instructif avec un plaisir certain.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Dans ce roman envoûtant qui se passe au Venezuela et aux Antilles, on retrouve la puissance dramatique de Temps chaud, du Chien gris, du Vieux Pocco. Mais l'intrigue est plus complexe, les personnages plus nombreux, si bien que l'on peut estimer que Les Singes est le premier vrai roman de Cousseau.

  • Propriétaire d'un circuit de cinémas dans la région lyonnaise, Jean-Michel Minville, que ses ambitions politiques ont amené à réagir, notamment au Festival de Cannes, contre l'immoralité grandissante des films français, se trouve à quarante-cinq ans au faîte de la puissance et de la fortune. Sa femme Hélène, une orgueilleuse et hautaine fille de soyeux, est la brillante partenaire d'un couple célèbre dans les milieux cinématographiques et dans la haute société lyonnaise. Mais l'ordonnance méticuleuse de cette vie épiée et cernée de jalousies menaçantes se heurte soudain à l'imprévisible. Pendant une conférence avec vingt-cinq de ses directeurs, Jean-Michel Minville reçoit une communication téléphonique. D'un café au bord d'une route, à trois cents kilomètres, lui parviennent quelques mots haletants de Nicole Alaumier : « J'ai eu un accident grave... J'ai voulu t'entendre une dernière fois ». Il n'est tout de même pas assez fort pour dissimuler son bouleversement. Et les autres comprennent ! Dès lors, le drame s'étend inexorablement. Abandon, chantage, esclandre, trahison... Jean-Michel connaît toutes les épreuves. Mais un matin, de la colline de Fourvière où il domine Lyon qui s'éveille, il se ressaisit et décide de reconstruire ce qui s'est effondré en quelques semaines. Pas tout cependant, puisque Nicole est morte. Ce roman puissant et extraordinairement vivant tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre. La documentation, comme le rythme du récit, a quelque chose d'implacable. Impossible d'en sauter une ligne. En un mot, c'est un vrai roman.

  • Vous n'avez pas eu une enfance heureuse, je sais. Livrée aux mains de votre terrible tante Armandine, comment, très tôt, n'auriez-vous pas préféré l'amour à l'atmosphère de la mort, qui ressemble à la misère ? Une chance a voulu que vous soyez jolie : on vous l'a dit. Que vous ayez un corps docile : vous en avez usé. Vous trouviez là une liberté magique. Vous pensiez que les hommes devaient se promener comme d'agréables pur-sangs autour de vous : c'était votre point de vue, contre l'ennui d'être obligée de mourir un jour. Votre tact, votre gentillesse devaient suffire à ceux que vous désiriez. Mais vous ne pensiez pas, adolescente, rencontrer Simon Alarmande et que Simon, en mourant peut-être pour vous, deviendrait votre juge. Vous étiez innocente en somme, mais tandis que votre innocence se jouait, pas une seconde vous n'avez empêché l'univers de tourner, ni les êtres de conspirer contre votre naturel. Je vous ai laissée à un tournant où, après un temps de sagesse feinte, le pire vous guette : exactement là où votre « naturel », trop poussé, après le suicide brutal de Simon, vient peut-être de provoquer le crime. Et le crime se paye.

  • Surpris par les Anglais, Soult vient d'abandonner Porto. Les dragons de Ligneville ont pris cantonnement au hameau de Casa-Rocca, et, de là-haut, ils couvrent la retraite. Mais voici que, chacun à leur tour, les officiers du régiment s'en vont mourir, de nuit, dans les fourrés qui bordent le village. « Arrêt du coeur, je ne vois rien de plus », répète le médecin major. Il en perd son latin. Mais Xavier Morchamps pense qu'« Il faut chercher la femme ». Survivra-t-il à ses malheureux compagnons ? Il s'agit d'un de ces romans qu'on nomme populaires. On y trouve un moine batailleur, cabaretier à ses heures perdues, un capitaine cuirassier gueulard et sac à vin, un vieux briscard, un jeune dragonneau tout en chair fraîche et en gambades, un bouc noir qui ressemble au démon, une fille qui... une fille que... la plus belle du monde enfin. Mais le ton du récit, allègre, impertinent, riche d'odeurs acerbes, de feuillages, d'insectes, de paresse au soleil, est celui qu'on attendait de l'auteur. Quant à Morchamps, lieutenant de dragons, ci-devant chevalier, émigré puis rallié à l'Empire par haine du jeu de Tric-trac, on ne peut que lui souhaiter chance tant il a de défauts.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Lucien Rioux, né à Paris en 1928, occupa durant plusieurs années diverses responsabilités syndicales. Assure depuis 1954 la rubrique sociale de "France Observateur". A publié des études sur le syndicalisme et sur le mouvement ouvrier dans diverses revues, notamment "Perspectives Socialistes".

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce n'est pas impunément qu'un petit provincial naïf, qui étouffe chez lui, découvre un jour, à 14 ans, les odeurs et la vie foisonnante de la campagne, et, par l'intermédiaire d'un maître trop aimé, l'abîme qui sépare le monde des rêves du monde tout court. Il peut se faire qu'on en meure. C'est ce qui arrive au jeune Alain, dans ce premier roman d'un auteur de 28 ans qui fut musicien avant d'être romancier, et qui l'est resté. Alain ne demande qu'à s'émerveiller, M. de Soussarin, châtelain du pays, s'enivre de son pouvoir sur cette âme neuve, et ne résiste pas au plaisir d'en jouer. Travaillé en secret par la puberté, incapable d'intégrer à ses rêves le monde de la sexualité brutalement découvert, l'enfant voit dans la mort une purification et le plus haut accomplissement de lui-même. Son suicide est un geste parfait dont M. de Soussarin comprend la grandeur désespérée. Ce roman longuement mûri est avant tout l'oeuvre d'un poète qui sait tenir son lecteur sous le charme, et le conduire, d'une main miraculeusement légère, jusqu'aux frontières de la vie et de la mort.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce n'est pas impunément qu'un petit provincial naïf, qui étouffe chez lui, découvre un jour, à 14 ans, les odeurs et la vie foisonnante de la campagne, et, par l'intermédiaire d'un maître trop aimé, l'abîme qui sépare le monde des rêves du monde tout court. Il peut se faire qu'on en meure. C'est ce qui arrive au jeune Alain, dans ce premier roman d'un auteur de 28 ans qui fut musicien avant d'être romancier, et qui l'est resté. Alain ne demande qu'à s'émerveiller, M. de Soussarin, châtelain du pays, s'enivre de son pouvoir sur cette âme neuve, et ne résiste pas au plaisir d'en jouer. Travaillé en secret par la puberté, incapable d'intégrer à ses rêves le monde de la sexualité brutalement découvert, l'enfant voit dans la mort une purification et le plus haut accomplissement de lui-même. Son suicide est un geste parfait dont M. de Soussarin comprend la grandeur désespérée. Ce roman longuement mûri est avant tout l'oeuvre d'un poète qui sait tenir son lecteur sous le charme, et le conduire, d'une main miraculeusement légère, jusqu'aux frontières de la vie et de la mort.

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