FeniXX réédition numérique (J.C. Lattès)

  • Izo est un être étrange. Grand et mince, manteau noir et chapeau melon, il arrive tout droit d'un tableau de Magritte. Sans passé, donc sans mémoire, sans langage mais d'une intelligence supérieure, sans a priori et donc ouvert à toutes les expériences, Izo devient polyglotte, philosophe, écologiste..., il s'essaie à toutes les religions, toutes les idéologies, il découvre le monde. Et ce monde, c'est le Paris d'aujourd'hui dont, pour notre plus grand bonheur, Izo l'entomologiste observe les machines et les manies, les couleurs et les travers, les folies et les snobismes. Avec ce conte moderne, joliment burlesque et tendre, traversée des apparences, Pascal de Duve nous renvoie comme en miroir une image cocasse, souvent absurde, de notre existence.

  • 4000 avant Jésus-Christ, 70 siècles après la Guerre du Feu, les hommes savaient polir les pierres, construire des huttes, et commençaient à pratiquer l'agriculture, l'élevage. C'était l'aube de la civilisation. En ce temps-là, les femmes jouaient un rôle prépondérant dans les tribus. Elles étaient les filles de la Grande Déesse, la créatrice de l'univers qui les avait dotées du pouvoir de donner la vie. Voici l'histoire du clan de Krah Longues Jambes, voici les aventures, étonnantes et pittoresques, pathétiques et tumultueuses, d'une communauté de femmes et d'hommes, avec leurs passions, leurs espérances, et leur lutte contre les fléaux naturels. Voici la sauvage épopée de nos lointains ancêtres. C'est en travaillant à un essai sur le mythe de la Grande Déesse que l'on retrouve à l'origine de la plupart des religions, qu'Henri Kubnick, historien et romancier, a eu l'idée de cette sage préhistorique, la première jamais écrite, sur ces temps, pas si lointains, où les enfants de la Grande Déesse s'apprêtaient à régner sur le monde.

  • "Cette vieille dame capricieuse et tyrannique, ingrate et séduisante, coléreuse et pathétique, cette Doyenne du quartier de la République promenant son chien dans un accoutrement fantaisiste ou encore injuriant les marchands de sa rue, cette créature crépusculaire qui, lentement, inexorablement s'enfonce dans sa nuit, est innombrable. Nous la côtoyons chaque jour, nous la contemplons chaque matin dans notre glace, car elle est nous-mêmes rendus à notre solitude." Ainsi parle Michel del Castillo dans sa préface. Mais la solitude est parfois accompagnée d'un témoin. Ici ils sont deux, le narrateur et Alain, le fils de la Doyenne, qui la néglige. Dès lors qui assumera le naufrage de la vieille dame ? Sinon le narrateur au nom d'une amitié assez trouble avec Alain. La force de ce livre rare, dans tous les sens du terme, est de montrer l'amour là où tout le monde voit une déchéance. Robert Hilt aborde pour son premier roman avec un courage téméraire un sujet qui, quoi qu'on fasse, nous concerne ou nous concernera tous : le grand âge.

  • Les Héros quittent l'Enfer. Ils y sont depuis si longtemps... Sur les milliers d'hectares de taillis et de rizières que violent buffles et charrues depuis 20 ans, pas une croix, pas un monument, mais en revanche un musée du déshonneur et de la défaite. Est-ce ainsi que nous devons remercier les Héros ? Les 7 partent en guerre. A chaque page du plus surprenant roman d'action que vous avez jamais lu, vous entendrez le hurlement des soldats abandonnés. Les guerres mortes, coloniales ou pas, impliquent-elles d'avoir à les faire mourir deux fois ? Chair et sang, drame et folie, un commando de 7 hommes dans une fascinante expédition à travers la Thaïlande, le Cambodge en lutte et le Tonkin couvé par Mao. Une croisade de la colère dont le but est de rallumer, puisque d'autres les ont soufflées, les torches du souvenir.

  • "La première fois que j'ai marché entre deux représentants de la force publique, j'avais quinze ans. Ce qui me valut alors ce privilège était d'avoir dérobé aux gens chez qui j'étais placée une demi-meule de gruyère. A cette première fois de nombreuses autres s'étaient succédées, dont le rituel ne variait guère. Ce qui faisait l'originalité de la présente, c'est qu'il n'y avait pas de délit. Et mon seul crime, s'il fallait en voir un, était d'aimer. Ça faisait quatre ans maintenant que nous avions pris la route ensemble et c'est à lui, arrêté quelques mois plus tôt aux États-Unis pour trafic de drogue, que je devais ce voyage outre-Atlantique. Moi qui n'avais jamais songé mettre les pieds en Amérique, je les avais bel et bien et qui sait pour combien de temps ? Tout dépendrait du verdict..." Ainsi commence A l'arraché. A l'arraché où Jeanne Cordelier, avec l'authenticité qui fit le succès de la Dérobade, raconte ses années de misère après qu'elle eut réussi à échapper à la prostitution. Elle témoigne de sa longue cavale, dans l'univers des petits voyous et de son combat, obstiné, pathétique, pour en sortir, pour échapper à l'alcool, l'angoisse, et la médiocrité... à l'arraché !

  • Ouvrier sans gamelle à Paris, il fait des gaufrettes en cadence ; coursier dans le quartier du Sentier, il affronte un autobus avec son vélo ; dessinateur affamé, il est payé en crème dermatologique ; à la recherche d'un amour d'enfance du côté de Gênes, il découvre que le temps épaissit les réalités corporelles ; il se croyait fidèle à son passé, il s'aperçoit qu'il l'a étourdiment renié ; candidat à l'élégance, il est dupé par un Napolitain vétéran de la magouille ; n'étant plus Rital, il constate qu'il n'est toujours pas Français... Notre "Étourdi" est un sacré voyageur imaginaire qui vogue et divague porté par la maxime "là-bas c'est mieux qu'ailleurs". Jusqu'au jour où la rencontre avec un pauvre nègre lui fait comprendre que chacun croit que le pain noir ou blanc des autres a une meilleure saveur... Tendresse et humour imprègnent ce livre qui nous dit - peut-être - qu'à 20 ans on n'a pas d'avenir mais la certitude de disposer de l'éternité.

  • Saperlipopette ! Est-ce bien Leonid Brejnev qu'on aperçoit, deux ans après sa mort, dans les environs de Fontainebleau, son fantôme, son frère ou... sa momie ? Et pourquoi le KGB a-t-il cherché à liquider un clochard nommé Athanase, héritier de la couronne d'Arménie et ancien spécialiste mondial des corbeaux dont il parle d'ailleurs la langue noire ? Quant à la ville morte de Coulanges-les-Roses où habita Encrepot-Pacha, mystérieux fondateur de la secte des onirosophes, dissimule-t-elle bien dans ses carrières souterraines la machine qui affaire aujourd'hui la parapsychologie soviétique ? Sur les ailes d'une gaieté vertigineuse, le Corbeau Rouge emporte le lecteur, comme à son insu, vers des interrogations plus graves et plus amples : la vie n'est-elle pas d'abord un chemin de métamorphose ? Et le communisme n'est-il pas le corps ténébreux, l'ombre et comme la momie de l'esprit, cuirasse d'automatismes qui n'entre en putréfaction que, telle la vieille forme de Leonid Brejnev, pour mieux aider le Christ à renaître ? Roman d'aventures fantastiques, le Corbeau Rouge ne peut bientôt plus dissimuler son secret : il est une superbe méditation sur l'oeuvre au noir, ce passage difficile qui conduit l'homme, à travers ses tristesses et ses échecs, vers la renaissance de son être, phase de l'alchimie traditionnelle dont le corbeau a toujours été le symbole.

  • 1905 : lorsqu'on est adolescent en province, que l'on se retrouve orphelin, riche d'un château et nanti d'un tuteur qui vous initie à l'épicurisme, que faire, sinon partir à la conquête du Paris des plaisirs ? Paris et ses dandys, Paris et ses bas-fonds... De fêtes cruelles en duels, ce jeune homme de bonne famille se révèle être un virtuose dans les jeux cyniques de la séduction... Pour prendre quelle revanche ?... Un récit brillant, plein de verve et d'insolence, qui révèle un jeune romancier de talent : Jean-Yves Proverbio.

  • MZ : Le plus beau programme mis au point par les stratèges du KGB pour déstabiliser l'Europe. Le programme le plus secret. Et le plus long : 30 ans ! MZ : Une arme invisible, et absolue : la manipulation de l'intelligence humaine. MZ : Responsable, Vladimir Khaldine qui, à Moscou, depuis 1964, sélectionne en Allemagne, en Angleterre et en France les enfants surdoués qui seront les pions d'une nouvelle stratégie de la guerre froide. Parmi eux, Magalie, 8 ans. Son QI stupéfiant fera d'elle l'une des femmes les plus brillantes de sa génération. Magalie, le triomphe de Khaldine... MZ : Une machination que nul, excepté Khaldine et les maîtres du Kremlin, ne sait comment enrayer...

  • Harry Williamson, un boxeur qui vient de raccrocher les gants sur une victoire, part au Brésil pour flamber sa bourse au carnaval... et enquêter sur l'étrange disparition d'un journaliste. On veut l'empêcher de savoir. Ses ennemis - policiers marrons, tueurs sadiques, hommes politiques corrompus - sont prêts à tout. Mais il a avec lui la chance, la ruse et le goût de la violence. Goût de la violence auquel il devra de rencontrer, au-delà du Rio Negro, le Maître de la brousse. Loin des cités et des lois, dans un mystérieux laboratoire au coeur de la forêt, gardé par des Indiens fanatiques, il découvrira un immense rêve. Et une autre violence...

  • La collection Dernier rayon s'ouvre à un genre maudit : la littérature érotique, celle que l'on cache au sommet des bibliothèques. L'art d'aimer n'est pas incompatible avec l'art d'écrire. DERNIER RAYON vous le prouve.

  • On l'a baptisé "le milliardaire rouge" en raison de son pouvoir financier et de son appartenance, depuis l'âge de 16 ans, au parti communiste. Il s'appelle Jean-Baptiste Doumeng. Il dirige aujourd'hui une quarantaine de sociétés dont INTERAGRA, IPITRADE, L'UCASO, la Compagnie Européenne de développement... Jean-Baptiste Doumeng fascine. Tous ceux qui l'approchent se mettent à inventer sur son compte mille histoires, à fabuler. Ainsi naît la légende, mais aussi l'envie de tout savoir de ce mystérieux personnage. Être aujourd'hui milliardaire et communiste, le cas est peu banal. Il a passionné Jacques Lamalle qui raconte ici l'étonnante ascension d'un de ces grands hommes qui, dans l'ombre, nous gouvernent.

  • 1830-1890. St-Rémy-de-Provence. Voici l'histoire authentique d'un homme qui, pour s'être marié sans le consentement familial, fut interné pendant 48 ans. Jean Mistral - parent du poète - était fils d'un riche négociant en chardons à carder la laine. Épris d'une Polonaise qu'il épousa, il fut réduit à la misère par son père. Lequel, après avoir chassé "l'Étrangère", fit enfermer son fils en le prétendant fou, malgré l'opposition violente de la population locale. C'est toute la vie d'une bourgade provençale au XIXe siècle que Jean-Paul Clébert ressuscite dans son roman : la hargne d'un notable au paternalisme outrancier, la duplicité d'hommes de loi pour qui les procès entrepris furent l'occasion de burlesques et tragiques péripéties, la cruauté d'une société rejetant celui qui ne se soumet pas à ses normes... Comment une émouvante histoire d'amour devint une affaire d'État, comment un homme seul, ruiné, humilié, résista aux siens par sa seule dignité : on s'en souvient encore, dans les Alpilles. Frédéric Mistral, le prix Nobel, s'inspira des malheurs de son cousin pour écrire Mireille.

  • Quand on demanda à Pauline Bonaparte si cela ne l'avait pas gênée de poser nue pour le sculpteur Canova, elle répondit : "Non, l'atelier était bien chauffé". Pauline Bonaparte, que l'on surnomma "la plus belle femme de son temps", était voluptueuse, frivole, et n'en rougissait pas. Épouse du général Leclerc, puis du prince Borghèse, elle traversa le Directoire, le Consulat et l'Empire en faisant beaucoup d'heureux. Fait rare, elle sut garder l'amitié de tous ses amants. Car cette femme légère avait une vertu : la fidélité. En une époque où les renversements d'alliances étaient fréquents, elle n'accepta jamais de trahir Napoléon. A l'encontre des autres membres de sa famille, dans la gloire comme dans les souffrances, elle resta d'un inébranlable attachement à son frère.

  • "J'ai tout connu, les plus grandes réussites, les plus grandes joies, les plus grands malheurs aussi et j'ai réussi à affronter tout cela. Eh bien, si j'avais à désigner ce qui est mon plus grand sujet de fierté, c'est cela que je dirais encore et encore : je n'ai jamais courbé la tête, je n'ai jamais enchaîné ma liberté". Avec l'élan et l'enthousiasme qui le caractérisent, avec des idées fortes sur la radio de l'an 2000, ce formidable précurseur raconte comment il inventa un nouveau type de relations entre les gens grâce à l'achat d'un petit émetteur privé. Lui dont la vocation est de pressentir et de convaincre, il fait revivre un morceau d'histoire et assure "ce fut l'époque la plus merveilleuse de ma vie".

  • Vous avez déjà vu Roger Carel : sur scène, il a joué Molière, Courteline et Feydeau, Ionesco, Marceau, Poiret et Offenbach ; à l'écran, à la télévision, il a, du réalisme au comique, tenu plus de cent rôles, passant de la Vie de Berlioz à La Malle des Indes, d'Arsène Lupin au Mariage de Figaro, de Montaigne à Schulmeister. Vous l'avez aussi, sans le savoir, entendu dans les dessins animés : c'est la voix française d'Astérix, et de nombreux héros de Walt Disney... Celle de Benny Hill, aussi, de Peter Sellers, de Peter Ustinov, de Charlie Chaplin (Le Dictateur)... Mais vous ne connaissez pas vraiment Roger Carel. Comique sur scène, il le reste le rideau retombé. Il aime le rire. Et sait le provoquer. Avec lui, une réplique tragique, un tournage difficile deviennent prétexte à fous rires. Même ses meilleurs amis se défient de son goût de canular. Tous en ont été - et le seront encore - victimes. « Il n'y a de bonnes gens que ceux qui rient » écrivait Benjamin Constant. Alors, avec Roger Carel, vous serez en bonne compagnie. En 30 ans de carrière, il avoue avoir beaucoup ri. Vous aussi, quand vous aurez lu ses souvenirs où, en marge des coteries, des modes et des genres, il nous fait visiter les coulisses, parfois touchantes, mais toujours drôles, de la vie d'un comédien qui, la première fois qu'il monta sur les planches, décida de ne jamais s'y ennuyer... Et tint parole.

  • Francine Gomez, avant d'être la P.D.G. la plus célèbre de France, a été cavalière. Aux dîners qui clôturaient les concours hippiques, elle chantait avec les copains. "C'était un soir, un soir à Reichshoffen, il fallait voir les cavaliers charger !". Francine Gomez écrit comme on chargeait à Reichshoffen : tout droit, en distribuant généreusement des grands coups d'un sabre qui, vous en jugerez, n'est pas de bois. Politiciens, présidents, journalistes, syndicalistes et hommes d'affaires, tout le monde est épinglé dans ce livre où l'on galope avec Francine à travers son enfance, sa carrière d'antiquaire, Waterman, l'aventure européenne et l'avenir de l'hexagone.

  • Qui, mieux qu'un cheminot, qu'un ancien "mécano" de locomotive, pouvait témoigner de cet univers fascinant, aujourd'hui disparu, qu'était celui de la vapeur ? Jacques Tonnaire a, tour à tour, été apprenti, chauffeur, mécanicien. Il a connu les petits parcours et les grandes lignes prestigieuses, les trains de nuit et les convois bombardés pendant la guerre, la fraternité de la plate-forme et l'angoisse de l'horaire. Il raconte son histoire, celle des "gueules noires", de ces équipes, mécano et chauffeur, qui se "défonçaient" pour tirer le maximum de ce qu'ils appelaient leurs infernales "bouilloires". La Vapeur, c'est la révélation d'un monde inconnu, solide, goguenard, attachant, qui porte en lui la nostalgie d'un temps, pas si lointain, où prendre le train restait une petite aventure, une promesse d'évasion.

  • A dix-huit ans, on le découvre dans "Coup de Sirocco" d'Alexandre Arcady. Pour le retrouver dans "P.R.O.F.S.", "L'Union sacrée", "Attention, bandits", ou "La maison assassinée". Patrick Bruel est, en quelques films, devenu l'un des espoirs du cinéma français. Beaucoup s'en serait contentés. Pas lui. Il a une autre passion, la chanson. Et il le prouve. "Place des grands hommes", "Alors regarde", "Casser la voix" : des millions d'albums vendus, le Zénith et une tournée triomphale pendant l'été 91. L'explosion... A trente ans, Patrick Bruel est devenu plus qu'une star, un mythe. Toute une génération, à qui il parle droit au coeur, se reconnaît en lui. Mais qui est cet artiste dont la sincérité, les convictions et la voix font vaciller des salles entières ? Pour la première fois, un livre le raconte. Patrick Bruel. Une vie. Et déjà une légende.

  • En langue d'oc, l'oustal, c'est la maison. Pas seulement la rude construction paysanne couverte de pierres plates, mais aussi le foyer, avec sa chaleur et sa vie. L'enfance, c'est celle d'un petit gardien de vaches dans un hameau du Rouergue, au début de ce siècle, parmi des paysans hauts en couleur. Norbert Calmels s'en souvient, et fait revivre, avec une émotion souriante, fêtes et deuils, moments tendres et instants cocasses de l'oustal de son enfance, dans un livre dédié au pays natal et à la vie.

  • "Les dragons de Saint-Georges" est le premier volume d'un cycle de romans picaresques, historiques et d'aventures placé sous le titre général : "Le temps des condottieri". Moïse de l'Arno, abandonné à deux ans sur les eaux du fleuve pendant le siège de sa ville natale en Toscane, recueilli par une fille à soldats, Marianna-la-Magnifique, Jacopo décide de combattre les mercenaires en formant une troupe uniquement composée de compatriotes. C'est l'irrésistible ascension de ce héros de légende qui nous est montrée dans un monde de violence, de cruauté, de passion et d'amour, parmi les intrigues mouvementées des Visconti et des Médicis. Qu'il soit mis en croix au col de San Fortunato, qu'il lutte contre les bandits de la montagne, les fantômes de la peste, une nonne faiseuse d'anges, les bretons de Jean de Malestroit, des périls aux mille visages, partout où Jacopo passe, c'est le vent de l'épopée qui souffle.

  • Vingt ans à peine, tout juste mariés et résistants, les voilà arrêtés par la Gestapo en ce printemps 1944, puis séparés. Destination : les camps. Jean sera gazé. Madeleine, internée à Ravensbrück, s'aperçoit qu'elle est enceinte. Mais, dans ce lieu d'extermination, on noie les nouveau-nés... Commence alors le combat acharné d'une jeune femme, entourée de ses compagnes toutes solidaires - Geneviève de Gaulle, Germaine Tillon, Marie-Claude Vaillant-Couturier - pour garder en vie l'enfant qu'elle porte. La faim, la soif, la peur, l'épuisement de la servitude et la menace de la folie : rien ne l'abattra. Le 25 mars 1945, vient au monde Sylvie, seule petite fille née dans un camp de la mort et à y avoir survécu. La lutte, les tourments de Madeleine ne cesseront pas pour autant avec la Libération. Il lui faudra affronter le veuvage, le harcèlement de la presse, et jusqu'à une demande d'adoption lancée par Eva Perón. Il lui faudra surtout vivre sa maternité dans la mémoire de l'horreur. Comment le dire à Sylvie ? Jamais, peut-être, sur fond de la plus radicale inhumanité, n'avait été livrée une histoire si humaine, un témoignage aussi bouleversant, disant la puissance de l'amour.

  • Après les brûlantes images de la « Guerre du désert », se sont affichées, dans le monde entier, celles, glacées, d'un immense exode hivernal à travers les montagnes. Sous les persécutions de Saddam Hussein, les Kurdes d'Irak fuient leurs terres ancestrales. Domitille et Edouard Lagourgue décident de les aider. A peine trentenaires, après un voyage de noces humanitaire en Afghanistan auprès des victimes de cette guerre, ils ont poursuivi leur engagement en fondant « Mission Enfance », une association destinée à assurer l'éducation des enfants dans les pays en difficulté. Ce livre raconte leur aventure, dans laquelle ils ont embarqué leurs deux filles de quatre et deux ans, leur rencontre avec les Chaldéens, ces chrétiens du bout du monde qui parlent encore la langue du Christ et appellent les prêtres « Rabbi », leur dialogue parfois âpre mais toujours fécond avec une société aux rythmes antiques et aux moeurs féodales, leur combat sans cesse recommencé pour donner chair à un rêve, rendre la vie à la vallée de Nehel. C'est d'un autre humanitaire qu'il s'agit ici, vécu en famille, sans idéologie, mais possédé par la folle ambition de faire reculer toutes les limites, de « chasser la mort ». Un témoignage fort et bouleversant, un récit puissant, haut en couleurs, voué aux pouvoirs du rêve.

  • Les balles sifflent de tous les côtés. Le nez dans l'herbe, je pense à la demi-heure qui a suivi la naissance de mes deux enfants, à ces instants de complète plénitude où j'ai eu le sentiment exaltant et jamais retrouvé que ma mort n'avait plus d'importance. Mais ici, dans ce champ de colza du Bengale, je tiens à la vie, oh ! comme j'y tiens... "Allez, on repart..." s'est écrié Tony. Ça a duré des siècles et puis est arrivé le moment où nous nous sommes sentis définitivement hors de portée des balles. "Tu as un bon article à faire", a dit Jacques... Aujourd'hui, c'est donc Pénélope qui part et qui parle. Si Ulysse revenait, impromptu, à Ithaque, il trouverait la maison vide et ce simple mot : "Je file" signé Pénélope. Il était temps de découvrir que l'action, même dangereuse, a plus de saveur que l'attente. Cette Odyssée, c'est Huguette Debaisieux qui l'a vécue au fil des grands reportages qu'elle a couverts pour LE FIGARO pendant dix ans. D'Israël au Bangla Desh, du Biafra à l'Irlande, des émirats des sheiks du pétrole à l'Ouganda d'Idi Amin Dada, elle a promené son regard de femme sur des sociétés d'hommes en effervescence. Faisant alterner l'aventure lointaine et l'existence plus renfermée d'une rédaction parisienne, elle s'interroge sur le métier de journaliste et les fonctions de l'information. Ce livre exceptionnel où l'intensité des événements se mêle à la vie intérieure est aussi, pour Huguette Debaisieux, l'occasion d'exposer les contradictions auxquelles doit faire face une femme lorsqu'elle veut concilier sa vie privée et sa vie professionnelle.

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