Éditions Les Lettres Mouchetées

  • Le rêve américain est-il au bout du quai ?
    Au début du 20e siècle, le port de Cherbourg est une plaque tournante pour les émigrants européens qui rêvent de traverser l'Atlantique. Emilio a quitté son Italie natale pour tenter sa chance en Amérique. Arrivé à Cherbourg, il pense que ce n'est qu'une question de jours avant d'embarquer. Mais c'est sans compter les caprices du destin qui vont bouleverser ses projets...
    À travers le parcours d'un jeune italien, on découvre une cité portuaire en effervescence avec ses quartiers chauds, ses rues commerçantes, ses résidences bourgeoises.
    Un roman sur la thématique de l'immigration qui vous plonge dans la vie d'une cité portuaire du début du 20e siècle, à lire sans tarder !
    /> EXTRAIT
    Le coup de sirène claque dans l'air comme un coup de canon et surprend tout le monde. Le son lourd et puissant submerge la ville en un instant. La vie s'arrête, suspendue quelques secondes à son écho jusqu'à ce que celui-ci se perde dans l'ardoise grise de la cité. C'est le Clyde qui entre dans le port. Les hommes entassés dans la cour de l'hôtel Atlantique se crispent. Le son de la sirène, c'est soudain le signe tangible de leur départ. C'est peut-être sur ce paquebot qu'ils vont partir ce soir. Ou demain. Pour un peu, ils l'avaient presque oublié ! Alors, mus par une sorte d'excitation incontrôlable, ils vont, viennent, se précipitent sur une valise abandonnée là, se heurtent les uns aux autres dans une agitation chaotique.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né au nord du Cotentin, Thierry Dubois passe une partie de son enfance en Afrique. Plus tard, il enseigne dans les lycées français en Guadeloupe, au Maroc, en Colombie, à Madagascar...

  • La mission de Nelson Mandela, celle de construire une Afrique libre et autonome, se prolonge jusque dans sa mort...
    Lorsque Nelson Mandela arrive au Paradis, il est loin d'imaginer qu'il va reprendre du service... Pour lutter contre les fléaux qui minent le continent africain - les guerres, la misère, le terrorisme religieux - Dieu lui confie une mission : organiser les États Généraux de la Liberté en Afrique. Parmi ceux qui logent à la même enseigne que lui pour l'éternité, certains lui prêtent volontiers main forte. Un casting composé d'historiens, de philosophes et d'hommes politiques avec des rôles à contre-emploi. À travers ce conte politique et social, Paul Samba signe ici un véritable manifeste en s'appuyant sur les plus grands orateurs et penseurs de notre monde, le tout agrémenté d'une bonne dose d'humour et d'impertinence.
    Cet ouvrage engagé est l'expression d'une colère raisonnée et d'une résistance tous azimuts contre la fatalité qui engourdit les coeurs et les esprits.
    À travers ce conte politique et social, Paul Samba donne la parole aux "anciens " pour analyser les symptômes de cette Afrique en mal de développement ; la faillite des politiques, le terrorisme religieux, l'instabilité socio-politique, la corruption, la misère ... autant de fléaux contre lesquels il faut lutter.
    EXTRAIT
    Paul Valéry disait que les grands hommes meurent deux fois : une fois comme « homme » et une fois comme « grand ». Mandela étant un homme au-dessus des hommes, il aurait été étonnant qu'il ne meure pas trois fois ! L'arrivée des invités en disait long : keffiehs, boubous, costumes sombres, fez, abacosts, soutanes... Tous s'étaient donné rendez-vous à Soweto. Rien que par les tenues et par l'origine des délégations, on devinait l'universalité du message de Mandela. Merci Nelson pour ton précieux héritage.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Originaire de l'Afrique de l'Est, Paul Samba exerce la médecine en Normandie. Il est membre de l'association des écrivains combattants.

  • Entre mensonges et vérité, l'amour n'est-il qu'un jeu de dupes ?
    JPC, célèbre chroniqueur littéraire, ne se remet pas dela disparition soudaine de la femme qu'il aime, Virginia Manstill, écrivain surdouée à la personnalité énigmatique. Pour la retrouver, il décide d'écrire un livre confession...
    La plume habilement intrigante de Marie Vincent entend bien nous faire naviguer en eaux troubles et nous tenir en haleine jusqu'au point final.
    EXTRAIT
    « Je l'ai rencontrée au Salon du livre, porte de Versailles, en 1993. »
    Ces mots, je me souviens les avoir prononcés il y a quelques années, quand j'étais au faîte de ma notoriété. C'était la réponse à une question posée par une charmante journaliste en tailleur noir et lunettes rouges. La demoiselle avait été dépêchée pour en savoir plus sur la relation que j'entretenais à l'époque avec Virginia. Rappelez-vous...Virginia Manstill, jeune écrivain à l'avenir prometteur dont la disparition soudaine alimenta quelque temps la une des journaux, avant d'être éclipsée par la mort brutale de Lady Di, en 1997.
    Lors de cette interview, la journaliste m'avait demandé où j'avais rencontré Virginia pour la première fois. Engoncée dans un chemisier blanc laissant deviner la forme de ses seins - deux petits globes à l'arrondi parfait qu'un minuscule bouton de nacre tenait à peine prisonniers -, miss Tailleur noir se trémoussait sur sa chaise, frétillant du stylo. Une pensée m'avait alors traversé l'esprit, un frisson, une envie... mais je m'étais tout de suite ressaisi. En levant le nez de son décolleté, je remarquai que la jeune femme cachait, dissimulés derrière ses verres antireflets, de magnifiques yeux bleus, clairs comme un premier jour d'été sur la Côte d'Azur.

  • Un ouvrage aux dialogues savoureux, cocasses et graves à la fois.
    Stanislas Bakissy nous propose deux nouvelles.
    Le Spectre de la Honte est une parodie qui se joue à huis clos dans laquelle les dialogues frisent le grotesque et l'absurde. Le désarroi du malade atteint du sida - dominé par la honte et le déni - est comparable à celui du médecin, impuissant à soigner dans un système où les usages sont un frein à l'exercice de la médecine.
    Dans Seule est ma colombe, Stanislas Bakissy se sert de l'amour pour dénoncer une forme d'esclavage qui subsiste en Afrique...
    Avec humour et une certaine dose d'absurde, l'auteur décrypte les maux persistants du continent africain.
    EXTRAIT DE LE SPECTRE DE LA HONTE
    -Vous pensez que je suis séropositif ?
    -Je ne suis ni devin, ni charlatan. Attendez donc vos résultats.
    -Vous voyez bien comme je suis gros et bien portant. Pensez-vous qu'avec un tel embonpoint, je...
    -Que votre embonpoint ne vous trompe pas. Ce n'est pas un signe que vous êtes sain. Mais... s'étonna le docteur, vous avez déjà passé trois tests et ça s'est révélé positif !
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Stanislas Bakissy est né à Pointe-Noire. Auteur de plusieurs pièces de théâtre, il a été primé en 1993 pour la mise en scène de Sa Majesté Sidacytose au Festival du Théâtre (F.I.T.E.S) à Brazzaville et reçu le prix Tchikounda à Pointe-Noire pour la mise en scène d'Un pou a épousé une princesse.

  • Un parcours initiatique atypique Abel est né au fond des bois d'une femme sauvage qui vit cloitrée dans un taudis, en marge de la société. Il grandit avec les animaux de la forêt comme seul voisinage... mais un jour de recensement, le notable du village découvre avec stupéfaction l'existence du petit garçon et l'oblige à rejoindre les bancs de l'école. Abel est bouleversé, il n'a pas l'usage de la parole et ne sait rien du monde des hommes. L'institutrice, une valkyrie au grand coeur, le prend sous son aile et décèle ses aptitudes d'apprentissage. Malheureusement, cette douce accalmie dans la vie du petit Abel est de courte durée. Son destin bascule à nouveau, il doit quitter l'école et sa maîtresse pour le domaine de la Tricherie où il est vendu comme domestique. Abandonné à son triste sort, il découvre Fontgallow, un lieu envoûtant dont il cherche à percer le mystère... Le parcours initiatique d'Abel, l'idiot du village, prend des allures de conte, mêlant une vision très réaliste du contexte de la France rurale d'avant-guerre - où abondent les préjugés liés aux classes - à un univers enchanté. Tous les ingrédients sont réunis ; de la mère-marâtre à la fée-institutrice qui guide les premiers pas de son petit élève... en passant par des lieux mystérieux et des manifestations surnaturelles... La rafraîchissante naïveté, néanmoins teintée d'une grande lucidité d'Abel fait fondre les coeurs les plus blasés. Un excellent remède contre la morosité et le pessimisme. EXTRAIT Abel Truffandier était un personnage considéré par ses congénères comme un imbécile perpétuellement en butte aux sarcasmes les plus débiles. Bien qu'il fût arrivé récemment dans la contrée, il avait été tout de suite repéré. Il ne savait pas parler, il ne voyait rien, ne retenait rien, n'était pas perméable au qu'en-dira-t-on, n'avait aucune idée sur rien ni personne et ne s'intéressait qu'à son vélo et à la culture de ses légumes. L'engeance des bourgs et des hameaux alentours s'en faisait une proie facile. C'était un innocent, un idiot du village tout désigné et à la moindre occasion, le souffre-douleur. Railleries douteuses ou farces de mauvais goût, rien ne lui était épargné. Par contre, tout le monde le connaissait dans les environs pour sa bonhommie et était prêt à le sauver de sa naïveté en cas de danger. Il faisait partie des repères dont les gens avaient besoin pour s'amuser d'un rien et se reconnaître dans une communauté centrée sur le bar-tabac : boire un coup, trinquer avec le malheureux pour tenter de le saouler par un jeu délétère. On ne pouvait pas plus se passer de lui chez ces assoiffés de la bêtise que d'un abreuvoir communal pour les vaches. A PROPOS DE L'AUTEUR Jean-François Dusart vit dans la région bordelaise où il a exercé la médecine pendant 36 ans. En 2013, il prend sa retraite et s'adonne à l'écriture comme drogue de substitution pour combler le manque brutal de colloque singulier avec ses patients. Depuis, il sonde les âmes des personnages de ses romans et ceux-ci l'accaparent tout autant.

  • Si je manifeste le désir de t'écrire, c'est parce que j'ai des preuves. Les morts reviennent... Le train Express à destination de Brazzaville roule à cheval sur l'heure. À l'approche de Mvoungouti, un train de marchandises arrive en sens inverse... La collision est inévitable. Sous l'impact du choc, des dizaines de vies humaines s'éteignent à jamais... ou presque. Depuis sa tombe, Bamanissa, l'un des passagers victime de l'accident, décide d'écrire au fils que la vie ne lui a pas donné. Dans cette lettre d'outre-tombe, il règle ses comptes avec la société des vivants, adresse ses recommandations posthumes à ce fils rêvé, et retrace l'histoire de ce chemin de fer. À travers cette nouvelle surréaliste - inspirée par la catastrophe ferroviaire survenue à Mvoungouti le 5 septembre 1991 - l'auteur évoque avec une ironie macabre l'aspect dérisoire de la quête matérielle dans la vie, face à l'inéluctable. EXTRAIT Elles sont prospères ces commerçantes. Dans les différentes ruelles, elles sont assises, parfois debout, en train d'attendre les clients. La nuit, tous les chats sont gris. Ces femmes s'arrangent pour effacer leurs différences. Les vieilles se rajeunissent et les petites se font grandes. Elles n'ont pas le choix ; c'est pour cela qu'elles ont traversé le fleuve et ont révolutionné le sexe dans ce pays. L'élasticité de leur organe est telle qu'elles ne reculent jamais devant un homme, quelle que soit sa corpulence. L'eau chaude, ce calme-douleur est un remède naturel, incontestable. Conscients de cela, les hommes de toute catégorie s'y rendent. De même les agents de l'ordre en patrouille se servent tranquillement, en baissant la voix, comme il est de coutume lorsqu'on sollicite ce plat. Si elles ne travaillaient pas de la sorte, comment pourraient-elles envoyer des colis aux parents ? À PROPOS DE L'AUTEUR Fils de Maurice Mboungou Nginza et de Marie Gertrude Kambissi, Emmanuel Ngoma Nguinza est originaire de Brazzaville et signe ici son premier ouvrage ; un récit d'outre-tombe qui revient hanter le monde des vivants.

  • Parfois incisive, parfois tendre, Jasna Stark nous offre un regard nouveau sur l'histoire de la Première Guerre Mondiale « En 2014, nous assistons à une hyper médiatisation de la Grande Guerre. Pourquoi ? Parce que la majorité de la population s'en moque. » Indignée par les dérives commerciales qui polluent la Commémoration de la Guerre 14-18, Jasna Stark nous livre, à travers les pans de sa propre histoire, les liens qui la rattachent à la mémoire de ce conflit mondial. En remontant le cours de l'Histoire depuis son enfance, elle rend un bel hommage aux Poilus. Un roman autobiographique dynamique et captivant ! EXTRAIT Je suis née en 1974. Soixante ans après le début de la Grande Guerre. Ce 23 août 2014, j'ai décidé d'écrire. Par réaction. L'envie me démange depuis plusieurs semaines. La médiatisation autour du « Centenaire 14-18 » m'agace. Profondément. « Ne pas oublier », « Transmettre aux jeunes générations », « Se souvenir » ... Autant de banalités que la presse écrite, audio-visuelle et internet véhiculent. Je n'ai pas attendu le Centenaire pour penser aux 18,6 millions de morts et aux innombrables blessés civils et militaires, de toutes les nationalités. A PROPOS DE L'AUTEUR Jasna Stark, est avocate au barreau de Marseille, spécialisée dans la défense des pensionnés militaires d'invalidité. Ils sont très rares en France à exercer cette spécialité. Elle est également auteure et co-auteure de divers ouvrages, dont des ouvrages spécialisés relatifs à la gendarmerie nationale et au monde judiciaire.

  • Quand le passé resurgit, une existence peut être bouleversée... Hiver comme été, vous êtes sûrs de me trouver pour peu que vous traversiez la placette sise à l'angle des rues Ordener et Damrémont dans le XVIIIème arrondissement de Paris. J'ai accumulé couvertures, doudounes, baskets - le superflu dont vous vous débarrassez alentour. Je connais tout le monde ici. Presque tout le monde me connaît. Comme tout le monde, j'ai une histoire, des souvenirs, des rêves. Des projets ? Je ne suis pas certaine de savoir ce que signifie ce mot. Vous me regardez, vous m'ignorez. Ou alors, vous me gratifiez d'une pièce, d'une cigarette, parfois d'une parole gentille. Gentillesse... Là aussi, j'ai oublié la signification exacte. Pourtant, j'ai des choses à dire, je veux que vous les entendiez avant que je sois complètement déglinguée. Ma vie bancale a commencé sur un banc... Georgette n'a pas toujours été clodette... Avant, elle était Léa, une bourgeoise parisienne qui vivait dans le confort. Un jour, elle croise "un fantôme" qui va bouleverser sa vie. Ce roman plein d'émotions, à la fois drôle et tragique, questionne sur notre capacité à changer de peau du jour au lendemain et nous plonge dans le monde des sans-abri où la fraternité et la solidarité sont insdispensable à la survie. EXTRAIT L'homme, assis tout près, si près, a gardé ses yeux espiègles, des rides sont venues les encadrer ; les tempes sont blanches, les lèvres s'étirent en un large sourire. Il la regarde comme s'il observait le rayonnage d'un bar-tabac, car l'objet de son désir est à portée de main : quelques bouffées de plaisir volées au temps qui rechigne à vieillir. Il la regarde, ne la reconnaît pas, ou plutôt se refuse à la reconnaître : il n'y a qu'une Léa sur terre, et ce sosie ne peut être qu'elle. Mais comme il a zappé de son passé étoiles et fées, il zappe aussi le sosie et reste campé sur ses positions. Elle - Léa - n'a rien oublié. Elle sait que c'est lui, elle savait qu'elle le retrouverait : célèbre et puant, ou... éclopé et nauséabond. Puant et nauséabond... L'association des deux adjectifs la fait sourire : quel que soit le niveau du barreau social sur lequel on perche, on transmet ses odeurs. À PROPOS DE L'AUTEUR Née à Paris, Bénédicte Froger-Deslis partage sa vie entre la France et le Congo, où elle a vécu plusieurs années. Elle anime des ateliers d'écriture pour les adultes et les enfants et est formatrice en français pour les étrangers.

  • Survivre dans une société africaine chaotique, rythmée par la violence et les guerres civiles. Mongalé est de retour à Bathi batuko, son pays, après une longue période d'exil. Elle cherche à reprendre le cours de sa vie, interrompu par la guerre. Au détour d'une rue, elle retrouve Prince, le fils de son frère, seul rescapé de la famille emportée dans la tourmente. Tous les deux vont se raccrocher l'un à l'autre pour rassembler les pans de leur histoire. À travers cette fiction, ce « foutoir » évoque une société où règne le chaos et la confusion, où la liberté est un mythe, où les élites des différentes ethnies s'affrontent et où la moindre étincelle peut générer un incendie dévastateur. Un modèle de société dominé par une ploutocratie déguisée en démocratie, les exemples à travers le monde ne manquent pas... Ce roman saisissant présente une mosaïque de personnages dont la pertinence des propos n'enlève rien à la profonde affection qu'ils nourrissent pour leur pays. EXTRAIT Dans l'avion qui la ramenait dans son pays natal, elle pensait à son enfance à Mouléléké, à ses séjours à la campagne pendant les vacances, avec son père, sa mère et son frère Paul Damien Ngoko. Elle imaginait l'accueil que lui réserveraient ses amis, ses parents - ceux qui avaient eu la vie sauve pendant la guerre qui lui avait fait quitter le pays ; elle pensait aussi au récit d'un compatriote venu récemment de Batih batuko et rencontré à Braha, la capitale du pays des Bindou où elle était en exil. Ce compatriote lui avait parlé de ce ministre du commerce du premier gouvernement de l'après-guerre, qui, un jour, fit le tour des supermarchés pour exiger la hausse du prix du beurre pasteurisé, non pas pour limiter les importations, mais pour que le bas peuple n'en connût plus le goût. Il fut ovationné à son arrivée au conseil des ministres ; Son Excellence Yandi mosi-Yandi kaka - le Chef de l'État - ne tarda pas à le hisser au rang de ministre d'État. Le peuple s'en indigna. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Cette fiction apparait comme l'une des meilleures qui analyse d'une façon didactique et objective « l'Afrique des malheurs » dans le roman congolais. Et ce livre de N'kala devrait interpeler le politique africain. - Noël Kodia-Ramata, starducongo.com À PROPOS DE L'AUTEUR Alphonse N'kala, dit Chardin, est né à Moussanda, au sud du Congo. Licencié en Littératures et Civilisations africaines, poète, journaliste et enseignant, l'auteur est passionné par la culture. « Ce foutoir est pourtant mon pays » est le premier roman d'Alphonse N'kala qui dirige aujourd'hui le département du Livre de Pointe Noire.

  • ...plus il pénétrait en son coeur, plus il la trouvait attirante. Il voulait tout savoir sur elle : son passé, ses coutumes... Nous sommes en 1970, à l'île de La Réunion, aux prémices des transformations d'une société qui lutte pour conserver son identité aux facettes multiples. Le maloya, symbole d'un l'héritage culturel qui remonte au temps des esclaves, est interdit par les autorités. Sur fond d'opposition politique qui oppose le puissant député Michel Debré à Paul Vergès, le défenseur de l'identité créole, les affrontements au coeur d'une famille prise dans l'écheveau des idées préconçues qui dominent dans ce contexte post-colonial... Anielle Hoarau magnifie l'île de la Réunion, dont elle est originaire, par ses descriptions poétiques. Ce roman est un rayon de soleil au coeur de l'hiver... Ce roman, aux accents créoles, éclabousse de soleil, gronde comme un ouragan et chante et danse aux rythmes du Maloya. EXTRAIT De l'autre côté du Cap Bernard, à la Possession, dans la maison des Villemont, une radio diffusait la voix d'Alexis, suivie de la musique séga ; « Les écoles restent fermées... L'antenne tient le coup malgré quelques parasites et quelques fritures, nous pouvons encore émettre sur les ondes, c'est une chance de pouvoir rester ensemble à l'abri des bourrasques... Et maintenant un séga du malgache Henri Ratsimbazafy, reprise de Pierre Roselli « Le Lamba blanc ! ... Ah oui vraiment tu es jolie avec ton lamba blanc... ». Assise sur le canapé en rotin, Mimose, une jeune fille de couleur de 19 ans, essayait de se concentrer sur sa broderie de Cilaos. Elle entendait la radio sans l'écouter, l'esprit ailleurs. Elle tirait et repiquait machinalement l'aiguille dans le tissu. Soudain, elle poussa un petit cri, elle venait de se piquer l'index. À la vue de la perle de sang, elle posa la broderie sur ses genoux et suça son doigt de façon distraite. La radio continuait à répandre sa musique séga. À PROPOS DE L'AUTEUR Anielle Hoarau est réalisatrice de courts métrages. Maloya est né d'un scénario destiné à une adaptation cinématographique. Le temps d'en faire un film, elle en a fait tout un roman.

  • Le quotidien, entre passé et présent... Ce recueil de nouvelles décline une succession d'historiettes aux titres évocateurs ; Un mari, mari et demi, La couleuvre et la fouine, Amerture, Au pavillon de la fistule... À la fois tragiques et cocasses, ces échantillons de scènes du quotidien sont à l'image d'un peuple qui oscille sous le poids des traditions et celui de la modernité. Diplômé de l'École Nationale de l'Administration et de la Magistrature, Jérôme Nzoussi, inspecteur du Travail et des Lois sociales, exerce aujourd'hui les fonctions de Directeur Départemental de l'Action Humanitaire dans le département de la Lékoumoi. Aurore annonce les prémices d'une nouvelle ère de création pour l'auteur : celle de l'écriture. Un recueil passionnant dans lequel chacune des nouvelles apporte un nouvel éclairage sur une société congolaise en pleine mutation. EXTRAIT DE UN MARI, MARI ET DEMI - Monsieur le Président ! Mesdames, Messieurs les jurés ! Le client que j'ai l'honneur de défendre du haut de cette tribune, est un homme victime de l'ignominie, de la cupidité et de la voracité humaine. Maïkeul a commis le seul péché d'avoir non seulement fondé son espérance sur la personne de Séraphine BILA, mais aussi d'avoir fait confiance à Monsieur Charles BILA, dont il ignorait la bassesse. Il n'aurait pas imaginé un seul instant que ces deux êtres pouvaient le trahir. Monsieur le Président ! Toute l'assistance a suivi les déclarations de la partie demanderesse et de la partie défenderesse, elle attend de vous des décisions coercitives à l'issue de ce procès. Pendant que son avocat plaidait, Maïkeul, le regard vague, revivait les moments pathétiques de son idylle avec Séraphine. Non conscient du monde alentour, il revoyait le film de cette tragédie dans tous ses détails. Absent de la salle, il murmura : « Pourquoi ! Pourquoi Séraphine ! Pourquoi m'avoir poignardé ? Moi qui t'ai si chaudement couvée de toutes les tendresses... » À PROPOS DE L'AUTEUR Jérôme Nzoussi est né le 10 octobre 1958 à Mossendjo. Quand il intègre l'École Normale des Instituteurs de Loubomo, il se découvre une passion pour la littérature. Tour à tour comédien et humoriste, il écrit sa première pièce de théâtre, Infâme divorce, jouée par une troupe de théâtre à Loutété. Aurore est sa première publication.

  • Un ouvrage à mi-chemin entre le conte de tradition orale et la nouvelle
    À travers ces petites histoires, au fil de sa plume créative, Marc Mboma nous offre des instantannés de civilisations pour aborder le monde africain, sa vision de l'univers, de l'homme et de Dieu, ses valeurs, ses tabous. Ces fables modernes en disent long sur le cheminement de l'esprit dans divers contextes suivant lesquels les femmes passent du statut de victimes à celui de tortionnaires...
    Dans ces nouvelles, l'auteur explore la société congolaise et traite les différents thèmes étroitement liés à la morale avec un humour teinté de cynisme !
    EXTRAIT DE MON BÉBÉ A UN PRIX
    Belage et Moujie étaient les meilleures amies du monde. Elles avaient grandi ensemble et partageaient tout dans leur vie. Mais chacune avait sa vision sur les sentiments à l'âge adulte.
    Belage disait :
    - Moi, quand je serai grande, je me marierai avec un modeste qui m'aimera. Un homme qui travaillera dans la fonction publique, un fonctionnaire tout simplement. Lui, il sera toujours là pour moi et ne partira pas pour l'étranger.
    - Moi, par contre, disait Moujie, je me marierai avec un homme qui fait de la politique et qui est riche, même s'il voyage beaucoup et a plusieurs maîtresses.
    Quelques années plus tard... Belage s'était mariée et avait mis au monde une fille. Elle avait donc un enfant de six mois dont le père était infirmier dans un hôpital public. Moujie s'était également mariée. En attendant et faute de mieux, son choix s'était porté sur Michel, un vendeur de voitures d'occasion, venues d'Europe ou d'Asie. Cela faisait déjà deux ans qu'elle repoussait l'envie de Michel d'avoir un enfant avec elle.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Marc Mboma est né à Brazzaville le 7 juin 1968. Passionné par la lecture et l'écriture, Un coeur à la pêche est son premier ouvrage.
    Quand il n'écrit pas, Marc Mboma travaille dans l'hotellerie, où il est bien placé pour observer ces congénères...

  • Kosia-Iris, experte dans le négoce érotique.
    Samba Dikousenga jouit d'une bonne situation professionnelle et mène une vie rangée, jusqu'au jour où il tombe dans les filets de l'irrésistible et maléfique Kosia-Iris. Experte dans le négoce érotique, Kosia-Iris déroule la liste interminable de ses amants... À travers ses frasques sexuelles se dessine une société gangrénée par le pouvoir et l'argent. Les courtisanes seraient-elles des femmes libres, à la séduction mortifère et à la sexualité dévorante, dérobant par magie le libre-arbitre des hommes qui croisent leur chemin ? Ce roman - à ne pas laisser entre toutes les mains - retrace le périple d'une courtisane, non sans égratigner sérieusement la morale judéo-chrétienne.
    Découvrez un roman érotique qui retrace le périple d'une courtisane, non sans égratigner sérieusement la morale judéo-chrétienne.
    EXTRAIT
    À l'âge de 19 ans, pétillante de jeunesse, elle décida de s'inscrire au concours de Miss Congo. Avec son amie Nathalie, la noire de Bazongo, elles passèrent les préliminaires. Puis, avant d'entrer dans le tour final, où elles apparaissaient à la télé parmi les fameuses trente-deux candidates, Nathalie et Chloé se débinèrent. Les membres du jury leur avaient demandé leur chatte pour les faire passer à coup sûr. Ils avaient déclaré : « Pas de chatte, pas d'élection ! » Les deux Miss refusèrent ce deal, cette E.S.T. (Élection Sexuellement Transmissible). Conscientes de leur beauté, elles étaient certaines de gagner sans écarter les cuisses. Chloé aimait parler. On murmure que c'est le propre des enfants d'aujourd'hui qui ont appris la langue française au berceau. Alors elle parlait. Et Samba se plaisait à l'écouter pendant des heures, surtout lorsqu'elle se mettait à raconter son odyssée. C'était au début des années du premier mandat du Citoyen Président Fondateur... Elle habitait chez sa grand-mère au 69 de la rue des Yakomas à Mboto-Mboto. Elle fréquentait le lycée technique de Mbanza Vila. Les hommes commençaient déjà à lui tomber aux pieds.

  • Ce recueil de nouvelles vous invite au voyage avec une partition de la vie impactée par les actes manqués de chacun.
    Nouvelles : un couple franco-belge séjourne à Copenhague... Une jeune Camerounaise s'apprête à fêter la journée de la femme... Au Canada, un adolescent en quête de ses origines découvre l'amour... Ce chassé-croisé de personnages à travers trois nouvelles souligne la complexité de l'immigration, du déracinement et de l'intégration. En quête d'un monde meilleur, chacun poursuit le bonheur en employant les moyens dont il dispose. Trait d'Union, du Nord au Sud est une invitation au voyage, une partition de la vie impactée par les actes manqués de chaque être.
    Trois nouvelles où se croisent des personnages différents, mais qui se rejoignent par les problèmes et les actes manqués rencontrés lors de leur voyage. Un recueil qui souligne la complexité de l'immigration, du déracinement et de l'intégration.
    EXTRAIT
    Après avoir fait le tour des lieux, le jeune couple joua avec l'enfant, visiblement ravi de voir de nouvelles têtes souriantes et attentionnées occuper son espace de vie. Puis, ils remercièrent leur hôtesse et se retirèrent dans leur chambre pour se reposer de leur exténuant voyage.
    Six heures plus tôt, ils avaient quitté leur appartement d'Arlon, une petite bourgade belge, grisâtre et lugubre, ville dortoir pour les employés des localités environnantes pour Luxembourg-ville. Ensuite, ils avaient pris un bus express de la gare de la capitale financière en direction du Findel, son petit aéroport, pour embarquer à bord d'un avion de la compagnie nationale à destination de Copenhague. Pour la saison du printemps, ce transporteur aérien proposait des tarifs préférentiels sur certaines destinations pour concurrencer les vols low cost.

  • Suivez l'inspecteur Lampe et son acolyte, l'exceptionnel M. Viande, le long d'une enquête sordide !
    Merveille tue. Merveille dépèce. Merveille met en scène ses crimes en semant des indices. Le Mans est le théâtre de ses oeuvres macabres où littérature et rillettes s'entremêlent, assaisonnées de pincées d'humour noir. Monsieur Viande, ancien boucher des abattoirs, assiste l'inspecteur Lampe dans son enquête. Doté d'un sens olfactif exceptionnel, il lui suffit d'huer la chair des victimes pour retracer la genèse du crime. Aura-t-il assez de nez pour trouver l'auteur de ces crimes effroyables ?
    Un polar régional intriguant et empli d'humour noir, pour les lecteurs friands de chair et de sensations fortes...
    EXTRAIT
    Viande se souvient d'une criminelle qui piégeait ses proies avec du chocolat suisse. Des garagistes qu'elle appâtait avec une facilité déconcertante, leur proposant une « dégustation » fine chez elle. Bien sûr les friandises étaient empoisonnées ; jusque-là, une histoire banale. Mais cette femme, qui dirigeait par ailleurs une galerie d'art à Paris, trouait ensuite la totalité du corps à l'aide d'une perceuse, pour confectionner des cylindres de la taille d'un bouchon de vidange. Une fois son travail achevé, et ses bouchons bien scellés dans la peau du malheureux artisan, elle installait un magnétoscope, avec un film à l'intérieur : Les choses de la vie. L'odorat de Viande fut mis à rude épreuve. Quelques notes s'échappèrent du sang coagulé autour des pièces mécaniques. Cela sentait le compositeur Edvard Grieg. Ses narines s'approchèrent du nombril, et l'oeuvre pour le drame de Henrik Ibsen - Peer Gynt - apparut ; plus particulièrement l'Acte III, « La mort d'Ase ». Cette femme avait tué dans la douleur. Pas une mélancolie ni une colère sourde. Une plaie aux viscères, une leucémie chronique, une infection bactérienne mortelle. Dévorée jusqu'à la moelle osseuse, elle ne pouvait que se livrer aux Autorités.
    Viande attendit, bien qu'il l'eût identifiée. S'il avait frappé à sa porte, elle se serait suicidée. Elle avoua tout, en effet, de son plein gré. La mort accidentelle de son fils, en raison d'un bouchon de vidange mal revissé. Sa haine à l'égard des garagistes. Et puis son coma, qu'elle poursuit en prison. Viande sait que l'enfermement physique l'indiffère. Cloîtrée de l'intérieur. Nul besoin de mascarades. Certains jours - comme aujourd'hui - il se demande s'il n'aurait pas mieux fait d'ordonner son arrestation. Pour qu'elle meure complètement. Au lieu de croupir comme une lépreuse. Peer Gynt revient. Et ce fameux Acte III : « La mort d'Ase ». Pourquoi l'entend-il ? L'assassin de Gérard Cou serait-il - enfin - une femme ? Non, non. Viande entend aussi des tambours africains, des incantations de sorciers, des piétinements sur un sol en terre battue. Une sueur d'homme en transe. Et puis, par intermittence, une chanson de Charles Aznavour : « Je m'voyais déjà ».

  • Une jeune femme se retrouve confrontée au génocide rwandais malgré elle...
    Quand Eva part pour le Rwanda, elle pense laisser derrière elle le mal de vivre qu'elle traîne depuis l'adolescence. La beauté du pays des mille collines et sa rencontre avec les habitants d'un village proche du lac Ruhondo la comblent d'un bonheur simple qui contraste avec sa vie sentimentale chaotique. Mais bientôt le génocide rwandais rattrape les personnages de cette histoire poignante et ravage leur univers. Eva va commettre l'irréparable... et son mutisme plonge le lecteur dans une enquête pleine de rebondissements.
    Suivez le parcours d'Eva dans ce roman biographique et historique bouleversant, empli de drames et de suspense.
    EXTRAIT
    On ne s'habitue pas complètement à tout, on essaie plus ou moins de s'adapter. Au bout de deux semaines, Eva et Paul sortirent à nouveau de chez eux, reprenant partiellement les occupations d'avant. Ils avaient toutefois acquis de nouveaux réflexes : détourner la tête des horreurs étalées, se protéger le regard, c'était lâche mais probablement vital. Ils avaient également omis de demander leur rapatriement en France, aucun des deux n'y avait un seul instant songé, chacun pour des raisons qui lui étaient propres. Paul ne voulait à aucun prix abandonner ses affaires de plus en plus lucratives. Eva, de son côté, succombait à une attirance toujours plus forte et mystérieuse envers le petit pays martyrisé qu'elle aimait chaque jour davantage, peut-être justement à cause du supplice qu'on lui infligeait. Elle entretenait aussi le désir secret de revoir Solitude et les siens. Ils évitaient d'aborder ces sujets qu'ils sentaient brûlants et porteurs de désaccords violents. Eva passait ses journées entre la villa et les locaux de l'ONG. Quant à l'archéologie ? On n'en parlait plus au Rwanda. Elle se sentit en fin de compte passablement inutile. Pauvre occidentale qui rêvait d'être une Tutsie aux côtés des Tutsis ! On n'arrête pas un génocide avec des médecins, avait proclamé MSF. Encore moins avec des bénévoles, pensa Eva un matin, sortant de chez elle et trébuchant sur une masse molle et inerte. Un corps de plus affalé en travers du portail de sa maison. Mais ce corps émit, au contact du soulier d'Eva, un gémissement à peine audible. Elle faillit ne pas l'entendre, au point qu'elle avait déjà parcouru quelques mètres avant d'interrompre sa progression et se retourner. Elle vit alors une femme, vêtue d'un chemisier et d'un pagne déchirés, sales, couverts de sang. Se penchant en avant, dégageant les bras qui dissimulaient le visage, elle découvrit une face contusionnée, des lèvres enflées, bleuies, un nez fracturé, l'oeil gauche à moitié fermé d'une ecchymose.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    C'est un livre qui ne laisse pas indifférent, une histoire dont on ne sort pas indemne, avec des personnages marquants, qu'ils soient attachants ou détestables. Un superbe roman ! Un auteur à découvrir ! - -Olivier-, Babelio
    Un roman mêlant la vie d'Eva et l'Histoire du massacre rwandais qui a débuté par la triste phrase: Ils ont abattu les grands arbres. Une lecture à recommander. - Stephanie39, Babelio
    Une lecture qui m'a marquée et que je recommande. - nelson43, Babelio

  • Samir Farhat retranscrit ici l'histoire bouleversante de Hanan, une des nombreuses victimes de la traite des enfants « De nombreuses tragédies se déroulent en silence dans les régions les plus pauvres du Liban. La « Traite des enfants » en est certainement des plus graves. Les enfants qui en sont les principales victimes sont vendus par leurs parents, de véritables criminels. Cette réalité échappe au contrôle de la police et des autorités juridiques qui semblent occulter la souffrance et la violence que ces enfants subissent. Certaines familles pauvres vendent leurs propres enfants à des gens plus aisés sous prétexte qu'elles ne peuvent en prendre soin, en assurant que leur progéniture serait ainsi mieux traitée. Le marché se déroule simplement comme suit : les parents amènent leur fillette à une famille aisée pour la faire travailler comme servante pour une longue période (10 ans ou moins) touchant en contrepartie une somme d'argent modique payée à l'avance, avant de partir, « oubliant » la plupart du temps, de rendre visite à leur enfant ou de prendre de ses nouvelles. Ce problème touche la plupart du temps des fillettes âgées de cinq ans ou plus. Livrées à des inconnus, il n'est pas rare que la jeune enfant vive dans des conditions insupportables, subissant parfois des violences physiques et mentales l'amenant au suicide à la délinquance ou même à la prostitution, et entraînant parfois des handicaps mentaux ; sans parler de leur enfance et leur avenir saccagé à jamais et la perte de tous droits légitimes. Ce livre évoque l'une de ces tragédies. L'histoire est entièrement réelle elle m'a été rapportée par son héroïne âgée de 25 ans, lors d'entretiens amicaux enregistrés au cours de longs mois et après une rencontre fortuite avec la jeune fille. » Un témoignage poignant qui dénonce à sa manière les atrocités subies par les enfants, là où ils ne sont considérés que comme des marchandises... EXTRAIT - Hanan, qu'est-ce que tu fais devant cette porte, viens ici ! Ma mère est dans la pièce voisine. Devant moi, la porte est entrouverte. Dans la chambre, une femme pousse des petits cris étouffés. Je ne peux pas voir son visage. Bien qu'embrumées, ces images lointaines de mon enfance ne se sont jamais effacées. Je vois le dos nu de mon père qui oscille. Le corps de la femme n'est pas visible mais j'entends ses étranges gémissements. - Hanan ! La voix de ma mère s'élève à nouveau. Elle s'approche de moi, ferme la porte et me traîne vers l'autre pièce. - Ne regarde plus ça. Il est temps de dormir. Va au lit maintenant. - Qui est cette femme qui gémit dans le lit ? - Tu as moins que 4 ans, ne pose plus des questions qui ne te regardent pas. - Pourquoi mon père couche sur elle ? - Ce salaud de vieillard ! Il n'éprouve pas la moindre honte à amener ses prostituées à la maison ! bafouille-t-elle. Ne serait-ce pas mieux qu'il étouffe en prison ? - Où est Moussa ? Je ne le vois pas. - Il n'est pas encore rentré. J'espère qu'il amène des sous ce soir, sinon, ton père va lui tordre le cou. A PROPOS DE L'AUTEUR Samir Farhat est un journaliste libanais et engagé qui travaille à la MBC1, une chaîne de télévision arabe et indépendante. Il est également écrivain, poète et essayiste. Il écrit beaucoup suite à ses expériences sur le terrain. Sa rencontre avec Hanan en 1998 l'a bouleversé et l'a poussé à lui prêter sa plume pour raconter son histoire et dénoncer les horreurs qui continuent de se produire au Liban comme la traite des enfants.

  • Un récit bienfaisant, comme une bouffée d'espoir... Le parcours extraordinaire d'une femme qui quitte son village natal de Kabylie pour suivre son mari en France avec leur petite fille, Zineb. Malgré le contexte épineux de la guerre d'Algérie, Fatima franchit les obstacles et s'intègre grâce à sa confiance inaltérable en la vie. Bénédicte Froger-Deslis, l'auteur de La rue est mon royaume, est aussi "La cueilleuse de paroles". Au fil des pages, sa plume dessine un portrait de femme rare et déterminée à faire le bonheur de sa famille, de ses enfants. Un livre à laisser entre toutes les mains... pour l'espoir qu'il fait naître. Découvrez la biographie touchante d'une femme kabyle prête à tout pour faire le bonheur des siens ! EXTRAIT - Fatima, tu ne peux pas rester à Tifra. La guerre va sûrement éclater. Saïd ne pourra plus venir ici, il aura toutes les difficultés pour vous envoyer de l'argent ou des colis. Que tu le veuilles ou non, il va falloir que tu partes. Ta place est auprès de ton mari. - Et je fais quoi des grands-mères, de ma belle-mère et de mon beau-frère ? Je ne peux pas partir. - Votre famille est grande, il y aura bien quelqu'un pour les recueillir. Eux aussi ne sont pas en sécurité à Tifra : le village est loin de tout. Ce serait de la folie de rester dans un endroit si reculé... Fais-nous confiance, Fatima : Henri et moi, nous allons nous occuper de ta venue et de ton installation à Malakoff. Dis-toi que ta fille sera mieux là-bas avec Saïd et nous qu'ici où rien de bon ne peut arriver. - Tu es au courant, Saïd ? - Bien sûr ! Et crois-moi, je suis soulagé. Tu sais, c'est dur pour un homme de vivre seul. Surtout que si ça barde ici, je tremblerai pour Zineb et toi. Ta place est à côté de moi, Fatima. Je t'ai promis que tout irait bien, que toujours je prendrai soin de toi. Alors, fais-moi confiance. À PROPOS DE L'AUTEUR Née à Paris, Bénédicte Froger-Deslis partage sa vie entre la France et le Congo, où elle a vécu plusieurs années. Elle anime des ateliers d'écriture pour les adultes et les enfants et est formatrice en français pour les étrangers. Avec Fatima Aît-Yahia, Bénédicte Froger-Deslis signe ici sa deuxième biographie.

empty