Langue française

  • A l'égal des oeuvres de Machiavel et de Clausevitz, ce traité de stratégie militaire, composé par Sun Tzu (VIe-Ve siècles avant J.C.), est un classique du genre. "L'Art de la guerre" ou "Les Treize Articles", où "chaque mot est une perle", pose les préceptes fondamentaux de la guerre et de la politique. Référence incontournable pour de nombreux stratèges contemporains, ce livre dangereux est un extraordinaire traité sur l'art de la tromperie et du retournement.

  • De février 1903 à Noël 1908, Rainer Maria Rilke correspond avec le jeune Franz Xaver Kappus, et l'encourage dans sa vocation. Les Lettres à un jeune poète se signalent par une qualité toute particulière du ton, une intimité chaleureuse qui n'exclut ni le scrupule ni la rigueur. Une lucidité de philosophe y épouse sans cesse étroitement la sensibililté lyrique. Elles sont devenues l'un des textes les plus célèbres et les plus appréciés du grand poète.

  • Le savoir n'est rien sans la raison. En rédigeant Le Discours de la méthode - en français, et non en latin -, Descartes (1596-1650) entend " libérer " la raison et la rendre à tous ses légitimes possesseurs, les êtres humains : " instrument universel ", elle peut nous " rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ". Par son extraordinaire remise en cause des connaissances acquises, Descartes transforma et refonda la philosophie occidentale.

  • Agathon a réuni ses amis pour fêter son récent succès au concours de tragédie : les invités prononcent chacun un discours en l'honneur de l'amour. Intervenant après Phèdre, Pausanias, Eryximaque, Aristophane et Agathon lui-même, Socrate place son éloge sur un autre plan : l'amour n'est ni la beauté ni la bonté, il en est le désir. Alcibiade arrive alors, totalement ivre... La beuverie se prolonge toute la nuit.Ce dialogue, l'un des plus célèbres de Platon (428-347 av. J.-C.), exprime un aspect essentiel de sa philosophie : s'il sait dépasser la simple attraction physique, l'amour incite à la contemplation des Idées, de l'essence des choses.

  • Pourquoi devons-nous travailler ?
    Paul Lafargue (1842-1911), penseur socialiste, tente de comprendre l'amour absurde du travail, « cette étrange folie qui possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste ».
     
    Relire Le Droit à la paresse nous rappelle que la liberté d'employer le temps est fondamentale.

  • Oedipe roi

    Sophocle

    La peste règne à Thèbes. Pour mettre fin à l'épidémie, l'oracle de Delphes réclame que soit puni le meurtrier de l'ancien roi Laïos. Au fil des interrogatoires, Oedipe mène l'enquête et découvre la vérité sur ses origines : les destin tragique rejaillit sur chacun, Jocaste se pend et lui-même se crève les yeux.

  • Écrit de mars à août 1876, Un coeur simple est vraisemblablement l'un des chefs-d'oeuvre de Flaubert. Le conte marque le triomphe d'une sensibilité à laquelle le romancier donne enfin libre cours. Celui-ci expose le destin de la servante modèle de Mme Aubain, Félicité, animée par un désir d'amour qu'aucun malheur ne parviendra à éteindre.Le film Un coeur simple, réalisé par Marion Laine, est sorti au cinéma le 26 mars 2008, librement adapté du conte de Flaubert. Sandrine Bonnaire est Félicité, Marina Foïs, Mme Aubin."Les images d'une vie, une adaptation cinématographique" de Marion Laine. Postface de Jérôme Vérain

  • « Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue. »
    Le Spleen de Paris, oeuvre majeure de Charles Baudelaire, se caractérise par une forme poétique alors singulière - la prose «  ouverte sur l'infini » - mêlant les genres et les points de vue (flâneur, philosophe, rêveur, moraliste). Il s'y révèle tout le sublime et le tragique de la vie urbaine.

  • Dieu et l'Etat Nouv.

    Le peuple n'a que trois moyens de s'en sortir :  « Les deux premiers,  c'est le cabaret et l'église,  la débauche du corps  ou la débauche de l'esprit ;  le troisième, c'est la révolution sociale. » 
    Dieu et l'État est le texte fondateur de la pensée socialiste libertaire de Mikhaïl Bakounine. Sa critique violente à l'égard  de toute autorité se révèle  toujours aussi inspirante.

  • Verlaine vit en lui "le plus beau" des "mauvais anges", Claudel "un mystique à l'état sauvage", Henry Miller "le rebelle incarné". Mallarmé, à propose de cette oeuvre fondatrice de notre modernité poétique, préféra évoquer l'éclat du "météore" : de fait, trois ans au plus séparent les vers de collège d'Arthur Rimbaud (1854-1891), écrits à seize ans, des poèmes qui précèdent Une saison en enfer. Dans cette édition intégrale, établie par Claude Jeancolas, les poèmes de Rimbaud sont présentés dans l'ordre - probable - de leur composition, et conformément à la graphie des manuscrits originaux.

  • Entre 1766 et 1779, Bougainville, marin, découvreur, journaliste, explore et raconte le Monde. De cette relation de voyage, Diderot entend donner sens aux impressions prétendument brutes rapportées par le marin. La sexualité, l'autorité, l'organisation sociale, tout est prétexte au rire et à l'analyse savoureuse du plus prophète parmi les philosophes des Lumières.

  • Comment faire la guerre Nouv.

    Napoléon n'a jamais eu le temps d'écrire le traité de guerre qu'il projetait. Comment faire la guerre comble ce manque.
    « Pour Napoléon, l'art de la guerre est tout de mouvement : surprendre l'ennemi, le contourner et l'encercler, puis l'enfoncer », analyse Jean Tulard, dans une préface inédite qui vient éclairer les 216 maximes napoléoniennes rassemblées par Gérard Guégan.
    Préface de Jean Tulard

  • « Faites déchargez, maladroits ! Détendez les arbalètes, car devant la "rondelle", vous êtes démâtés. Du faux inverti et de l'épongeur abritez-vous, apprentis fouteurs. »
    Écrites entre 1456 et 1461, les onze « ballades en jargon » de François Villon sont ébouriffantes, virtuoses, audacieuses. La grossièreté se marie avec le courtois, la gouaille avec la délicatesse, la farce avec le tragique.

  • Mille et une facéties, pensées et humeurs de Boris Vian, mille et une merveilleuses conneries que l'écrivain, chanteur, inventeur, musicien, poète, trompettiste a dites ou écrites, directement ou au travers de ses personnages.
    Une lecture jubilatoire et inépuisable, où s'expriment aussi bien la fantaisie que la sagacité de Boris Vian.

  • Au travers de cette nouvelle, infime dans l'oeuvre immense de Balzac (1799-1850), c'est le mécanisme même de l'art qui pense sur lui-même qui est représenté. Frenhofer, peintre de génie, travaille depuis plus de dix ans à son grand oeuvre, sa « Belle Noiseuse», pour finalement aboutir à un tableau quasi nul.C'est bien du drame de la création qu'il est question ici, de l'indéfectible doute qui habite tout créateur et balaye toute plénitude.

  • Première féministe française, Olympe de Gouges (1748-1793) réclame l'égalité des sexes devant l'Assemblée.
    Dans ce manifeste, elle réécrit au féminin la Déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen  : « La femme naît libre et demeure égale à l'homme en droits.»
      Le 3 novembre 1793, avant d'être guillotinée, elle aurait lancé : « Je suis certaine que nous triompherons un jour ».

  • Près de vingt-trois siècles après sa rédaction, la Poétique d'Aristote continue d'influencer la pensée critique et esthétique. L'art ne vise pas, chez Aristote, un état, mais une action. On mesure là ce qu'il y a d'étonnamment actuel dans cette poétique qui envisage l'oeuvre sous l'aspect de l'action.Au delà des normes et des règles demeure la puissance d'une interrogation philosophique qui ne cesse de s'étonner du phénomène artistique, et de nous en étonner.

  • Aphorismes

    Oscar Wilde

    Né à Dublin en 1854, Oscar Wilde, esthète et dandy à l'esprit brillant, est l'auteur notamment du Portrait de Dorian Gray.
    Il meurt en 1900, déchu et ruiné, à Paris.
     
    Ses Aphorismes, joyeusement cyniques, disent tous les paradoxes d'un auteur de génie qui n'a rien perdu de son caractère scandaleux.
     
    « Une seule chose au monde est pire que de savoir qu'on parle de vous, savoir qu'on ne parle pas de vous. »

  • Sénèque, philosophe latin né à Cordoue, a vécu entre le Ier siècle avant et le Ier siècle après Jésus-Christ. Il suit des études de réthorique et de philosophie à Rome mais est contraint à l'exil en 41 avant J.-C. À son retour à Rome, il devient le précepteur du jeune Néron et compose une satire excessivement mordante de sa société. Dans ces lettres, il s'adresse à son vieil ami Lucilius. D'origine modeste, Lucilius parvient, à force de mérites, au rang de chevalier, puis de procurateur de Sicile, au moment de sa correspondance avec Sénèque. Quoiqu'amis de longue date, Lucilius est plus jeune que Sénèque, il est donc tout à sa place dans son rôle de disciple. C'est durant les quelques mois précédant son suicide que Sénèque rédige cette correspondance sous la forme d'un recueil d'écrits moraux.

  • En 1542, six ans après sa mort, celui qui était considéré comme le Prince de la République des Lettres est décrété par les théologiens de la Sorbonne « fol, insensé, injurieux à Dieu, à Jésus-Christ, à la Vierge, aux Saints, aux ordonnances de l'Église, aux cérémonies ecclésiastiques, aux théologiens, aux ordres mendiants ».Homme de la synthèse entre christianisme et philosophie païenne, Érasme réalise le difficile équilibre entre foi et savoir.

  • Le Manifeste du Parti communiste demeure, près de cent cinquante ans après sa parution, un texte de combat. Il est temps de lire Marx, enfin débarrassé des catéchismes et des chapelles qui s'en sont inspirés et se le sont approprié en érigeant sa pensée en dogme messianique, le lire pour ce qu'il est : un théoricien révolutionnaire.

  • Tour à tour poème, confession, essai, conte, préface, roman à suspense, "Les Paradis artificiels" concentrent tout le génie de celui qui ne "supportera la condition humaine qu'en se plaçant entre elle et lui l'écran ou le filtre de l'opium". Baudelaire naît en 1821, l'année où paraissent les "Confessions d'un mangeur d'opium" de Thomas de Quincey. Quarante ans plus tard, leurs oeuvres sont à jamais mêlées.

  • Voltaire, premier défenseur des végétariens  !
    Le philosophe condamne la responsabilité des hommes dans la souffrances des bêtes. Elle révèlerait le rapport que nous avons au mal et à la douleur de l'autre.
    Cet ensemble de textes constitue un plaidoyer percutant qui rejoint nos préoccupations actuelles, en questionnant nos modes de vie et nos pratiques alimentaires.

  • Publié en 1576, Le Discours de la servitude volontaire est l'oeuvre d'un jeune auteur de dix-huit ans. Ce texte (ô combien actuel !) analyse les rapports maître-esclave qui régissent le monde et reposent sur la peur, la complaisance, la flagornerie et l'humiliation de soi-même. Leçon politique mais aussi leçon éthique et morale, La Boétie nous invite à la révolte contre toute oppression, toute exploitation, toute corruption, bref contre l'armature même du pouvoir.Traduction en français moderne par Séverine Auffret

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